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Le président américain Donald Trump a assuré, ce mercredi, être « un grand fan » de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en le recevant à la Maison Blanche, quelques semaines après l’offensive militaire d’Ankara dans le nord-est de la Syrie, et alors que se déroulait au Congrès la première audition publique de la procédure d'impeachment qui le vise.

« Je suis un grand fan du président », a déclaré Donald Trump au début de leur conférence de presse commune, se félicitant que le cessez-le-feu conclu mi-octobre « continue à tenir ». « La Turquie, comment tout le monde le sait, est un important allié au sein de l’Otan », a ajouté le président américain.

Evasif sur la Syrie
« Le cessez-le-feu continue à tenir », s’est félicité Donald Trump, restant muet sur les critiques selon lesquelles il a, par son retrait précipité, abandonné les forces kurdes qui ont pourtant joué un rôle clé sur le terrain dans la lutte contre les jihadistes.
Les atermoiements de Donald Trump et l’offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l’Alliance atlantique – dont la Turquie est membre – qui redoute une résurgence de Daesh. Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l’absence totale de coordination avec les Etats-Unis sur ce dossier.

Dénonçant, dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist, « une agression » menée par la Turquie, « dans une zone où nos intérêts sont en jeu », il avait jugé que l’Otan était en état de « mort cérébrale ». Dans une pique au président français, Donald Trump s’est fait l’écho du mécontentement de la Turquie. « Je pense que le président (turc) n’a vraiment pas apprécié (..) et je pense que beaucoup d’autres gens ont eu la même réaction », a-t-il déclaré. « Inacceptable », a simplement ajouté. Erdogan dont les propos étaient traduits par un interprète

20minutes.fr


Kemi Seba : lettre ouverte au président guinéen Alpha Condé

A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, le président guinéen, Alpha Condé, fait feu de tout bois, pour réviser la Constitution du pays. Une situation qui a fait basculé la Guinée dans une série de manifestations gigantesques, à travers lesquelles le peuple guinéen continue à démontrer à la face du monde sa détermination à s'opposer à toute modification de la Constitution ainsi qu'à tout éventuel troisième mandat de l'actuel président.

 Pour apporter son soutien à ce vaillant peuple de Guinée dans sa lutte légitime pour la victoire de la démocratie, Kemi Seba, président de l’Ong Urgences panafricanistes, s’adresse, dans une lettre ouverte,  au Chef de l’Etat guinéen, l'invitant à écouter son peuple en renonçant clairement - pendant qu'il est encore temps - à toute velléité d'un troisième mandat ainsi qu'à toute modification de la Constitution. En voici la teneur :

Kémi Séba : "Lettre à Alpha Condé"

À son excellence le président actuel de la République de Guinée Conakry, Monsieur Alpha Condé.

Je vous écris ce message en une période critique de l’Histoire  de Guinée, et de l’Afrique de manière générale.

Monsieur le Président,

Vous avez été durant vos débuts politiques (dans l’opposition) un héroïque et fervent défenseur de la démocratie. Défenseur qui fût même envoyé en prison pour ses convictions.

Aujourd’hui au pouvoir, vous l’ex-détenu politique pro-démocratie, vous incarcérez illégitimement  à foison. Pire  vous faites assassiner ceux qui ont le malheur de s’opposer à votre tragique dérive dictatoriale.

Vous étiez un ESPOIR, vous êtes en train de devenir UN CAUCHEMAR. A cause de quoi? A cause de votre amour MALADIF du POUVOIR.

Vous souhaitez un 3ème mandat. Et la majeure partie du peuple s’y oppose. Elle ne s’y oppose pas uniquement  parce qu’elle tient religieusement à la loi des 2 mandats maximum pour un président. La majorité du peuple guinéen s’oppose aussi  à votre 3ème mandat car dans les faits vous n’avez rien fait de bon  sur le terrain de la justice sociale durant vos 2 mandats. Et il y a un adage qui dit jamais 2 sans 3.

Corruption, népotisme, enrichissement d’une minorité, paupérisation de la majorité. Triste est le bilan.

Monsieur le Président, si vous aimez l’Afrique plus que le pouvoir, je vous en conjure, arrêtez le massacre. Retirez-vous avec dignité, présentez vos excuses aux familles de ceux de vos compatriotes que vous faîtes assassiner. Libérez ceux qui comme mon courageux  frère et ami ELIE KAMANO, ont été injustement INCARCÉRÉS car (comme vous auparavant) ils se battent pour la LIBERTÉ.


Monsieur le président, chaque persécution a un début et une fin. Vous êtes à une période où vous avez les pleins pouvoirs dans vos mains et vous vous pensez  sans doute intouchable. Mais n’oubliez jamais qu’aucun président n’est éternel, et tôt ou tard si vous ne vous retirez pas avec dignité, le peuple finira par vous déloger. Et à ce moment-là,  c’est le pire que vous risquerez.

Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes.


Deux nonnes tombées enceintes après une mission en Afrique

L'Eglise catholique enquête sur deux nonnes qui sont tombées enceintes après une mission en Afrique.

Les deux femmes, dont l'une est une Mère supérieure, appartiennent à deux ordres différents en Sicile.

D'origines africaines, les deux nonnes ont été envoyées à leur continent d'origine pour une mission de charité, indique le New York Times.

Une des femmes, âgée de 34 ans, a découvert sa grossesse au cours d'une visite médicale de routine après des douleurs à l'estomac.

La mère supérieure, dont l'âge n'est pas connue, est basée dans un institut qui s'occupe des femmes vulnérables et de leurs enfants.

Selon une source à Rome, cette nouvelle a créé la consternation.

"Une enquête est en cours. Elles ont toutes les deux enfreint la règle stricte de la chasteté mais le bien-être de leurs enfants est prioritaire", indique la même source.

bbc.com


L’infarctus du myocarde, qu’est-ce que c’est ?

Selon la Fédération française de Cardiologie, il représente en France la 2e cause de décès après les cancers. L’infarctus du myocarde – ou crise cardiaque -, doit être pris en charge très rapidement. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Et comment le reconnaître ?
L’infarctus du myocarde est une complication de l’angine de poitrine, qui provoque elle aussi des douleurs thoraciques. Dans le cas de l’angine de poitrine, l’artère coronaire, qui amène le sang oxygéné jusqu’au cœur, est simplement rétrécie. C’est lorsqu’elle se bouche complètement que l’on parle d’infarctus du myocarde.

Lorsque la paroi artérielle est altérée, on parle d’athérosclérose. Elle se caractérise par la formation de plaques d’athérome, essentiellement composées de cholestérol, de débris cellulaires et de fibres, sur la paroi des artères, explique l’Inserm. La rupture de ces plaques et leur migration dans le sang, jusqu’à boucher l’artère, est la principale cause de l’infarctus du myocarde.

Les symptômes. En général, chez les hommes, l’infarctus se manifeste en premier lieu par une douleur intense au milieu du thorax. La sensation d’oppression, de serrement, est brutale ou évolue par vagues. La douleur peut se propager à la gorge, aux mâchoires, à l’épaule et aux bras, voire aux poignets. Elle peut s’accompagner d’une fatigue intense, de sueurs, de pâleur, d’un essoufflement, de palpitations, d’une sensation de malaise ou de mort imminente. Peuvent s’ajouter des signes digestifs, comme les nausées et les vomissements, indique la Fédération française de Cardiologie.

Les symptômes qui doivent spécifiquement alerter les femmes sont moins connus : sensation d’épuisement, d’essoufflement à l’effort, nausées ou douleurs à l’estomac en font partie.

Cas extrême : la mort subite constitue une complication qui apparaît dès les premières minutes avec une perte de connaissance, puis des arrêts cardiaques et respiratoires. Elle provoque chaque année en France la mort de 12 000 personnes, selon l’Inserm.

A noter : le facteur temps est crucial en cas de malaise cardiaque. Si vous êtes témoin d’un malaise, appelez le 15. Vous pouvez aussi apprendre les gestes qui sauvent auprès des pompiers ou de la Protection civile.

sudouest.fr


France : une mère de famille meurt happée par son robot cuiseur

La mère de famille était en train de faire un gâteau avec son fils quand son foulard s'est coincé dans le robot, l'étranglant. Une fois sur place, les pompiers et le Samu ont vainement tenté de ranimer la quinquagénaire.

Une femme de 58 ans qui confectionnait un gâteau avec son fils, est morte étranglée ce dimanche à Saint-Etienne lorsque son foulard s'est coincé dans son robot multi-cuiseur, a appris l'Agence France-Presse (AFP) auprès des pompiers et de la police.

Vers 10 heures, les secours ont été appelés par le fils de la victime, âgé de 15 ans, qui se trouvait à ses côtés dans l'appartement au moment de l'accident domestique. Les pompiers et le Samu ont vainement tenté de ranimer la quinquagénaire.

Avant leur arrivée, l'adolescent avait, sur les conseils des secours, coupé l'alimentation électrique du robot ménager et tranché le foulard porté par sa mère, précise-t-on de mêmes sources.

D'après les premiers éléments de l'enquête, l'accident est survenu alors que la quinquagénaire confectionnait dans sa cuisine un gâteau avec son fils, à l'aide d'un robot multi-cuiseur électrique, dont la marque n'a pas été précisée.

Jé. M. avec AFP


Qui a tracé les frontières en Afrique





Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde


Mali : une attaque terroriste contre des militaires fait 54 morts

C’est un véritable carnage et le bilan n’est pour l’instant que provisoire. L’armée malienne a essuyé vendredi une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années avec la mort de 53 soldats et d’un civil dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire à Indelimane, près de la frontière avec le Niger. Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a également fait état de « dix rescapés » et de « dégâts matériels importants ».

Une attaque pour le moment non revendiquée
Le gouvernement malien a pour sa part fait savoir vendredi soir qu’il « condamnait » cette « attaque terroriste qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels du côté des Forces nationales de défense et de sécurité ». « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a ajouté le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours. Cependant les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

20minutes

Le Front populaire ivoirien, le parti fondé par Laurent Gbagbo, a protesté mercredi 30 octobre contre « la honteuse immixtion » du gouvernement ivoirien dans la procédure à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président, dénonçant une « cabale ».

L’État de Côte d’Ivoire a déposé le 25 octobre une demande auprès de la CPI pour s’opposer à la libération sans condition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, mais en liberté surveillée en Belgique en raison d’un appel de la procureure Fatou Bensouda.

Il s’agit là d’«une honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans la procédure », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, au nom de son parti et de la coalition d’opposition « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS).

« Une cabale pour écarter un adversaire »
« Par ces agissements, le RDR (ancien nom du parti au pouvoir) et (le président ivoirien) Alassane Ouattara viennent de faire tomber le masque derrière lequel ils n’ont eu cesse de manipuler la procureure ». « Le procès n’est rien d’autre qu’une cabale politique pour écarter un adversaire », à un an de la prochaine élection présidentielle, a-t-il assuré au cours d’une conférence de presse. Interrogé à sa sortie du conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, a décliné tout commentaire.

"Ils veulent l'empêcher de rentrer"
Par ailleurs, Assoa Adou a affirmé que la justice ivoirienne a confirmé en appel mardi la condamnation à 20 ans de prison de Laurent Gbagbo. En janvier 2018, l’ex-président avait été condamné, ainsi que trois coaccusés, à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-11.

« Ils veulent l’empêcher de rentrer au pays. Peu importe, quand il sera libéré par la CPI, il rentrera. S’ils veulent l’arrêter, ils l’arrêteront. On verra bien ce qui se passera », a commenté à l’issue de la conférence de presse un proche de Laurent Gbagbo. Dans l’attente de la décision de la CPI après l’appel de la procureure, l’ancien président réside à Bruxelles. Laurent Gbagbo et Charles Ble Goudé, ont été jugés pour crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales, avant d’être acquittés et libérés sous conditions. Son éventuel retour en Côte d’Ivoire avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer.

jeuneafrique


Ce que l'on sait du nouveau chef de Daesh


Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi a été désigné, ce jeudi, comme le nouveau chef de Daesh, après que l'organisation a officiellement confirmé la mort de son précédent leader Abou Bakr al-Baghdadi.

Daesh a confirmé, ce jeudi, la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d'attentats sanglants. Le nom de son successeur a également été dévoilé. Il s'agit d'Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi. Celui-ci n'avait que rarement été  mentionné parmi les potentiels successeurs de al-Baghdadi.

Le principal juge de Daesh
L'organisation a précisé que le "Majlis al-choura (l'assemblée consultative en arabe, NDLR)" avait prêté allégeance à Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi en tant que "commandeur des croyants" et nouveau "calife des musulmans".

"Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu'il est le principal juge de Daesh et qu'il dirige l'Autorité de la charia (loi islamique)", a indiqué Hicham al-Hachemi, un expert irakien de Daesh.

Son nom, "al-Qourachi", indique que, comme al-Baghdadi, le nouveau chef de Daesh est un descendant de la tribu des Qourachi, celle du prophète Mohammed, soit un pré-requis nécessaire pour devenir "calife".

L'utilisation de la particule "al-Qourachi" indique, selon un spécialiste interviewé par le New York Times, que Daesh se voit ainsi toujours comme un "califat" alors que le "califat" territorial de Daesh a été déclaré défait par les Américains en mars dernier dans son dernier réduit en Syrie.

D'autres prétendants avaient été avancés
Abou Bakr al-Baghdadi était originaire du village de Al Jallam, en Irak. Un détail important, note le New York Times dans sa nécrologie de l'ancien leader de Daesh, car Al Jallam est peuplé par des membres de la tribu al-Badri, dont la lignée remonte à la tribu des Qourachi, celle du prophète Mohammed. Des origines qui lui ont alors permis de devenir facilement "calife" de l'organisation.

Parmi les prétendants à sa succession, si Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi n'avait pas été mis en avant, d'autres avaient été pressentis, comme Abdallah Qirdash, un proche d'al-Baghdadi depuis plusieurs années, et Abou al-Hassan al-Mouhajir, bras droit de l'ancien chef de Daesh. Mais il a été révélé plus tard que ce dernier est également mort lors du raid américain.

Mort "comme un chien", selon Trump
Donald Trump a annoncé dimanche la mort du chef de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, lors d'une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie, un succès à l'international pour le président américain, accueilli avec retenue par ses alliés européens.
   
Le président américain a livré un récit détaillé du raid au cours duquel le chef de Daesh a été acculé par les forces américaines, puis s'est fait sauter avec sa ceinture d'explosifs. Mercredi, le Pentagone a diffusé plusieurs photos et extraits vidéos où l'on voit notamment une dizaine de soldats approcher, dans la nuit de samedi à dimanche, de l'enceinte du complexe où était caché le chef jihadiste dans le village de Baricha, dans le nord-ouest de la Syrie.

Le "calife" autoproclamé en 2014 ayant un temps présidé aux destinées de 7 millions de personnes en Irak et en Syrie est mort "comme un chien", a assuré Donald Trump.

Clément Boutin avec AFP


Mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, chef mystérieux du groupe État islamique


Le président américain Donald Trump a confirmé la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, le 27 octobre à Idleb, lors d'une opération américaine. Surnommé « le fantôme » pour sa discrétion, cet Irakien ultra-radical a d’abord été proche d’al-Qaïda avant d'être l’artisan de la montée en puissance du groupe terroriste.

Il y a un peu plus de cinq ans, Abou Bakr al-Baghdadi devenait le visage de l’organisation État islamique. Le 4 juillet 2014, il se présentait au minbar de la mosquée al-Nouri de Mossoul (nord de l’Irak) pour prononcer un prêche devant un parterre de croyants, entouré de gardes du corps. Aujourd’hui, la mosquée et son célèbre minaret penché ont été rasés et Baghdadi « est mort », a confirmé Donald Trump lors d'une conférence de presse dimanche 27 octobre. La dernière apparition du « calife Ibrahim » remontait au mois d'avril dernier,dans une vidéo de propagande.

Le prêche, filmé et abondamment diffusé par le groupe État islamique, relevait plus d’une nécessité que d’un choix, comme l’expliquait alors notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh. Pour se proclamer « commandeur des croyants » dans les règles, l’intéressé devait se départir de sa prudence habituelle. Il devait revendiquer ce titre au vu et su de tous. Depuis, ces images d’un quadragénaire exalté à la barbe grisonnante, habillé et coiffé de noir, ont fait le tour du monde. Notamment parce qu'elles sont l'une des deux seules traces vidéo connues d'al-Baghdadi : celui-ci a su rester discret pendant ces cinq dernières années, commandant ses troupes tout en restant caché et apparaissant surtout par le biais d'enregistrements audio.

Des études de théologie

Feu le chef de l'organisation terroriste État islamique serait né en 1971 à Falloujah, dans le centre de l’Irak (selon un document parcellaire déclassifié par l’agence américaine Freedom of Information), ou plus probablement à Samarra, au nord de Bagdad, selon d'autres sources concordantes. Ibrahim Awad al-Badri – de son vrai nom – appartient au clan des Badrites et grandit dans une famille pauvre. « Les biographies diffusées par les partisans d'al-Baghdadi le présentent comme un descendant direct de l'imam Ali ben Abi Taleb, cousin et gendre du prophète de l'islam. Ce lignage prestigieux lui attribue des origines remontant à Quraich, la tribu de Mahomet, une condition indispensable pour prétendre au titre de calife », expliquait notre journaliste Paul Khalifeh en 2014.

Le jeune Ibrahim aime le football et croit déjà dur comme fer. Avec des amis, ils s'appellent « l'équipe des mollahs », rapporte la journaliste Sofia Amara pour l'hebdomadaire Paris Match. Auprès de l’Agence France-Presse (AFP), l'auteure d’un documentaire sur al-Baghdadi décrit aussi un jeune « introverti, pas très sûr de lui », dont les notes et la vue sont trop mauvaises, respectivement pour lui permettre de devenir avocat ou militaire, comme il l’espérait.

Ibrahim Awad al-Bidri se tourne donc vers la religion. Au début des années 1990, il obtient un doctorat en études islamiques à l’université de Bagdad. C’est ce qui lui aurait permis d’enseigner la charia (loi islamique) dans plusieurs mosquées d’Irak et lui aurait valu le premier surnom de « docteur Ibrahim ».

Détenu à Camp Bucca

L’invasion américaine de 2003 en Irak est décisive pour le futur chef terroriste : il s’y oppose en prenant la tête d’une milice et le nom d'Abou Duaa. Arrêté en 2004 par des soldats américains, qui cherchaient en réalité à arrêter l'un de ses proches, il passe dix mois dans la prison de Camp Bucca. Le complexe pénitentiaire, proche de la frontière koweïtienne, est considéré comme un véritable vivier de jihadistes, où combattants islamistes et baasistes de l’ancien régime de Saddam Hussein se côtoient et nouent des alliances.

Il est remarqué pour son intelligence et ses qualités de stratège par ses codétenus. Il va même jusqu'à résoudre des conflits entre les prisonniers et l'administration pénitentiaire. Ses geôliers américains, faute de preuves manifestes de sa dangerosité (il est arrêté désarmé et en tant que « prisonnier civil », et non comme combattant), décident de le relâcher en décembre 2004.

À sa sortie de prison il prête allégeance à Abou Moussab al-Zarqaoui dont il a rencontré les proches à Camp Bucca et se rapproche d’al-Qaïda. Le futur al-Baghdadi attire l’attention du Pentagone, selon le quotidien britannique The Telegraph, qui évoque un document de 2005 des autorités américaines : « Abou Duaa est lié à l’intimidation, à la torture et au meurtre de civils à Al-Qaïm », une ville irakienne proche de la frontière syrienne. « Il kidnappe des personnes ou des familles entières, les accuse, les juge et les exécute publiquement », peut-on lire dans ce même document.

« Comme un fantôme qui réapparaît sans cesse »

Celui qui prétendra à devenir le calife de tous les musulmans monte rapidement dans l’organisation État islamique en Irak. Celle-ci est née des cendres de la branche irakienne d’al-Qaïda, dont le Jordanien al-Zarqaoui, tué dans une frappe américaine en 2006, a été l’un des derniers chefs.

Au début des années 2010, al-Qaïda semble être en perte de vitesse partout dans la région. La mort de son leader emblématique Oussama Ben Laden, en mai 2011, puis le début des Printemps arabes semblent condamner l'organisation terroriste à disparaître. Mais un homme va donner un nouveau souffle au groupe État islamique en Irak : celui qui a pris le nom d’Abou Bakr al-Baghdadi, en hommage à son ami et prédécesseur à la tête de l’organisation, Abou Omar al-Baghdadi, et au premier calife de l’islam et successeur de Mahomet, Abou Bakr. Al-Baghdadi signifie littéralement « qui vient de Bagdad ».

Ainsi Abou Bakr al-Baghdadi, nommé calife de l’État islamique en mai 2010, rallie à sa cause d'anciens baasistes dont les connexions lui sont profitables et multiplie les attentats. Le tout en prenant ses distances vis-à-vis d'al-Qaïda. Moins de sept ans après avoir été relâché, en octobre 2011, sa tête est mise à prix pour 10 millions de dollars par le gouvernement américain. Quelques années plus tard, la prime atteindra même 25 millions.

On dit d’Abou Bakr al-Baghdadi qu’il est capable d'adopter plusieurs accents arabes pour se fondre dans le décor. La légende veut qu’il soit parfois en première ligne avec ses troupes et qu’il ne se manifeste que le visage caché quand il est entouré de personnes ne faisant pas partie de sa garde rapprochée, pour ne pas être trahi.

Sa mort elle-même, annoncée plusieurs fois, relève alors du fantasme. Déjà en 2014, un ancien des forces spéciales britanniques témoignait auprès du Telegraph : « On a capturé ou tué une demi-douzaine d’hommes qui portaient le même nom que lui. Il est comme un fantôme qui réapparaît sans cesse, je ne sais pas où s’arrête la réalité et où commence la fiction. » À l’époque, certains pensent que plusieurs personnes partagent le nom de guerre d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Au milieu de l’année 2011, al-Baghdadi dépêche, depuis l’Irak où il est basé, des soldats et des lieutenants de son organisation vers la Syrie. Il profite de la guerre civile naissante pour participer à la création du Front al-Nosra, et lutter contre les chiites et le gouvernement de Bachar el-Assad.

Malgré les guerres fratricides qui rongent les mouvements jihadistes de la région –al-Nosra et l'EI entrent même en guerre ouverte pendant plusieurs mois –, al-Baghdadi réussit en 2013 à unifier ses troupes des deux côtés de la frontière irako-syrienne sous la bannière de l’État islamique en Irak et au Levant, bientôt raccourci au seul « État islamique ». Contre la stratégie d'al-Qaïda dont il s’émancipe définitivement, al-Baghdadi livre une guerre ouverte aux musulmans chiites afin d'obtenir le soutien des tribus sunnites de la région.

Vie et mort du califat ?

Mais les ambitions d’al-Baghdadi, comme celles de son héros Oussama Ben Laden dont il a juré de venger la mort, vont bien au-delà du Moyen-Orient. Au moment de la prise de la ville irakienne de Falloujah par ses troupes début 2014, al-Baghdadi annonçait aux Américains, dans un enregistrement audio, que la guerre ne faisait que commencer et qu’ils verraient bientôt « les moudjahidines au cœur de [leur] pays ». Six mois plus tard, après avoir pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, il y annonce la création d’un califat à cheval sur les territoires syrien et irakien et fait symboliquement détruire la frontière qui les sépare.

Ces deux dernières années, le territoire de l'État islamique avait réduit comme peau de chagrin, l'organisation ne cessant de perdre du territoire. Le 23 mars 2019, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) proclamait la fin du califat de l'EI en Syrie, mais son influence demeure en Syrie eten Irak. On ne compte plus néanmoins les centaines de victimes d’attentats commis par des terroristes ayant prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi et à son organisation. Il est très probable que sa mort ne signifie donc pas la fin définitive de celle-ci.

rfi

Le président-élu Kaïs Saïed et sa femme Ichraf Chebil, dimanche à Tunis après l'annonce des premiers sondages. Photo Zoubeir Souissi. Reuters

Le candidat indépendant, juriste de formation, a été élu très largement dimanche avec plus de 70% des voix selon les sondages à la sortie des urnes, devant l’homme d’affaires Nabil Karoui. Des milliers de Tunisiens ont envahi le centre-ville pour un rassemblement jamais vu depuis la révolution.

«C’est la révolution qui reprend ! Regardez comment les gens sont heureux. Vous avez vu les scores : de droite, de gauche, le peuple a voté Kaïs Saïed. Avec notre soutien, il pourra réussir à instaurer une égalité de droit entre tous les Tunisiens et en finir avec les castes», se réjouit Abdelrazak Zammlai au milieu d’une foule massée sur l’avenue Bourguiba, la principale artère du centre-ville de Tunis. Les sondages à la sortie des urnes – les résultats officiels sont attendus lundi ou mardi – sont sans appel : avec entre 72 et 77% des voix pour une participation de 57,8%, le professeur de droit Kaïs Saïed, qui était le favori après être arrivé en tête au premier tour le 15 septembre, devrait obtenir environ 2,5 millions de voix de plus que son adversaire, l’homme d’affaires controversé Nabil Karoui.

Des chiffres qui se traduisent vestimentairement dans la rue où, n’en déplaise à certains élus français, les jeans taille basse côtoient les abayas et les barbes de hipster, les kamis des salafistes. Dans les cafés, les consommateurs de Celtia (la bière locale) trinquent avec les buveurs de thés en chantant «le pouvoir au peuple». Tout le monde est bienvenu à condition de laisser son appartenance politique de côté. Des partisans de Ennahdha (musulman-conservateur) se sont vus arracher leur drapeau aux couleurs de leur parti qu’ils voulaient brandir.

Feu d’artifice
Sur les marches du théâtre municipal, les militants les plus fervents déclenchent un feu d’artifice improvisé obligeant les familles venues avec leurs enfants à s’éloigner. Une effervescence non maîtrisée qui rappelle, à beaucoup de participants, la révolution. Et plus précisément les sit-in de Casbah pour Abdelrazak Zammlai. Au lendemain du 14 janvier 2011, jour de la fuite de Ben Ali, des jeunes occupent la place du gouvernement (Casbah) à deux reprises pour obliger le Premier ministre d’alors, Mohamed Ghannouchi, à changer son gouvernement, puis à démissionner.

La mobilisation avait débouché sur l’élection de l’assemblée constituante. C’est durant ces journées entre le janvier et mars que Kaïs Saïed émerge médiatiquement en donnant son avis de professeur de droit constitutionnel. Il arpente alors la Casbah pour soutenir les manifestants, restés ces fidèles huit ans après. «Kaïs, ce n’est pas seulement qu’on le soutient, on l’aime. Il est d’une rigueur, d’une honnêteté intransigeante. Quand il parle, on sait que ce n’est pas pour mentir. Ça, les Tunisiens l’ont compris et apprécient», assure Syrine Mrabet, coordinatrice de la campagne du président élu.

«Bye-bye, Makrouna !»
Abstentionniste par conviction, Bahram Aloui est sorti se mêler à la foule pour prendre la température. Le cinéaste avoue qu’il est agréablement surpris : «C’est un vrai mélange de tous les Tunisiens. Je ne suis pas sûr qu’il y avait autant de monde pour la révolution. Après, comparer ça à Casbah 1 ou 2, je ne sais pas. Faut voir avec le temps. Là, c’est surtout festif.» La foule s’amuse d’ailleurs à chanter des slogans contre le perdant du jour : «Bye-bye Makrouna !» Nabil Karoui est surnommé «Makrouna» (pâtes, en tunisien) par ses détracteurs à cause de la mise en avant jugée outrancière du travail de son œuvre caritative par sa chaîne de télévision, Nessma TV, afin de se présenter comme «le candidat des pauvres».

Ce dernier a dans la soirée de dimanche accepté sa défaite – sans s’interdire toutefois de déposer recours – mais a souligné que la campagne avait été inéquitable à cause de sa détention provisoire pendant quarante-sept jours, du 23 août au 9 octobre : «C’est comme faire les Jeux olympiques et on vous casse un genou avant le 100 mètres.» Le magnat de la presse a également rappelé que son parti, Qalb Tounes, était arrivé second des législatives du 6 octobre. «La partie ne fait que commencer. Nous serons dans une opposition constructive.»

Sans majorité parlementaire
La question de la majorité parlementaire, alors que Kaïs Saïed n’a aucun parti à l’Assemblée mais que beaucoup de formations de l’extrême gauche à l’extrême droite ont appelé à voter pour lui, se révèle déjà épineuse. Membre du mouvement des jeunes du Watad (parti de gauche panarabe), Marouene Bendhiafi célèbre la victoire dans les rues de Tunis mais prévient : «On espère tous qu’il saura rassembler le peuple. Je crois en lui. Mais s’il refuse d’avancer sur les questions sociétales comme la dépénalisation de l’homosexualité, nous serons dans la rue, comme ce soir, mais contre lui.»

Dans la salle d’apparat du Tunisia Palace, à deux pas de la foule, Omar Habib, beau-frère de Kaïs Saïed, ne se fait aucun souci : «C’est un excellent médiateur. Il saura rassembler. D’ailleurs, son score très important va l’aider.» Quelques minutes plus tard, Kaïs Saïed prononce son premier discours de président élu. Debout, les bras raides le long du corps, il pose, martial, les premiers jalons de sa mandature : «"Le peuple veut… !" [slogan de la révolution, ndlr] et sa volonté sera appliquée à tous et à moi en premier lieu […] L’époque de la soumission est finie.»

Mathieu Galtier correspondant à Tunis - Libération


 Le Premier ministre britannique propose un nouvel accord sans contrôles à la frontière irlandaise

Alors que le Premier ministre britannique doit ce mercredi présenter une offre « de la dernière chance » à l’Union européenne pour encadrer la sortie du Royaume-Uni, Boris Johnson a affirmé que le Brexit aurait bien lieu, « quoi qu’il arrive », le 31 octobre. Avec ou sans accord, donc, alors qu’une loi, votée récemment à la Chambre des communes, l’empêche théoriquement de partir sans accord avec Bruxelles.

La proposition du Premier ministre ne comporte pas le rétablissement de contrôles à la frontière irlandaise. C’est le principal point d’achoppement qui empêche, jusque-là, la ratification de l’accord de sortie par le Royaume-Uni.

Le Premier ministre conservateur a dit espérer que l’Union fasse « un compromis, à son tour », pour une sortie en bon ordre du pays. Boris Johnson a par ailleurs affirmé que l’année 2020 serait celle du « chaos, avec deux référendums » si jamais Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, dans l’opposition, arrivait, à nouveau, à retarder le Brexit.

20minutes


Tribune - Télés africaines : haro sur les télénovelas

Vous avez peut-être – vous aussi -  déjà essayé , dévoré par la nostalgie et le mal du pays, de vous saisir de votre télécommande, de zapper sur les mille et une chaînes étrangères pour aller, un brin,  vous ressourcer sur une chaîne bien de chez nous ; une chaîne africaine, de beauté et de noirceur d’ébène, pour y étancher votre soif d’Afrique, loin de la torpeur, du miasme et de la grisaille des contrées lointaines d’Europe et d’Amérique, ou tout simplement vous soulager de la misère humaine, partout ailleurs où vos routes vous mènent.

Scène de Mogo-Puissant de Boubakar Diallo
Mais une fois sur votre chaîne – si jamais vous arrivez à la trouver – vous vous retrouvez nez-à-nez avec des personnages excentriques, parlant à peine un français intelligible, du fait d’un doublage médiocre fait à la va-vite, avec des voix sinon à vous faire perdre votre latin, du moins à vous foutre en rogne : bienvenue dans une télénovela !
Scène de Yaaba, un film d'Idrissa Ouédraogo

Point de Sembène Ousmane à l’œil critique et à la plume authentique ; point d'Idrissa Ouédraogo peignant nos us et coutumes pour nous extirper de nos brumes ; nulle trace d’un Boubakar Diallo nous plongeant si habilement dans les réalités bien nôtres, grossissant de son objectif les tares de nos sociétés. Exit Cheikh Anta Diop, retraçant avec doigté l’histoire authentique de Kemet. Pas une ombre de mon Afrique traditionnelle, l’Afrique de nos valeurs morales et culturelles.

Vous êtes bien sur une chaîne africaine, mais sur votre écran, c’est Rio qui défile ; ou Mexico en plein dans le mille, si ce n’est Hollywood qui se raconte ou Paris qui se défonce. Sacrés  directeurs des programmes africains, pétris de complexes mexicains, obnubilés par des rêves brésiliens, noyés dans la fange occidentale, loin de nos terres profondes, de nos peuples multiples et de nos cultures millénaires.

A quand donc une vraie télé africaine digne de ce nom, dépeignant nos propres réalités, démontrant à la face du monde la valeur de sa contribution à la culture de l’Universel, nous représentant dignement au rendez-vous du donner et du recevoir ? Haro donc sur ces valeurs importées, aux mœurs et coutumes éhontées, car nulle télé brésilienne, mexicaine ou occidentale ne diffuserait le meilleur film africain aux dépens des siens, encore moins aux heures de grande audience.

Abdoulaye Jamil Diallo


Accusé de viols, Tariq Ramadan se dit «victime d’un traquenard»

Interviewé vendredi 6 septembre par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, l’islamologue suisse mis en examen dans deux affaires de viol a traité ses accusatrices de «menteuses» et assuré qu’il n’avait «jamais été violent».

Tariq Ramadan en conversation avec un groupe de personnes, à sa sortie du Palais de justice à Paris, après une audition le 30 août 2019. afp.com/Martin BUREAU

«Quand une femme me dit non, c’est non, je sais ce qu’est le non». Ce vendredi 6 septembre, sur BFMTV-RMC, Tariq Ramadan a clamé son innocence pendant une demi-heure face à Jean-Jacques Bourdin, à l’occasion de la sortie de son livre Devoir de vérité (Presses du Châtelet). «Ce livre, c’est l’histoire du cheminement d’un homme qu’on a diabolisé et déshumanisé dans ce pays. [...] Pendant deux ans, je ne me suis pas exprimé, mais tout a été déballé dans les médias. Je me suis tu mais le tribunal populaire a déterminé que j’étais coupable. [...] Je suis victime d’une injustice, mais je ne vais rien lâcher», a-t-il martelé, comparant son cas à celui d’Alfred Dreyfus.

Le quinquagénaire est revenu sur chacune des accusations de viol portées contre lui, traitant les femmes qui affirment avoir été violées de «menteuses». «Je suis victime d’un traquenard», a-t-il déclaré, assurant que ces femmes se connaissaient et lui avaient tendu un piège. Il a longuement évoqué les cas des deux premières personnes à l’avoir mis en cause, Henda Ayari et Christelle (dont il a révélé le nom à l’antenne). «Tout ce qu’il dit est faux, et il le sait», a rapidement réagi Me Eric Morain, l’avocate de cette dernière, toujours sur BFMTV. «C’est absurde, il n’y a pas une once de début de traquenard.»

«Je n’ai jamais été violent»
Interrogé sur la nouvelle plainte déposée mi-juillet par une quatrième femme, qui l’accuse de l’avoir violée le 23 mai 2014 à l’hôtel Sofitel de Lyon, le quinquagénaire a assuré qu’il ne connaissait pas cette personne. «Je ne l’ai jamais contactée, je ne sais même pas qui elle est. Je ne suis jamais descendu au Sofitel de Lyon, et le 23 mai 2014, je donnais une conférence à Baltimore (États-Unis) devant 10.000 personnes. Cette plainte, c’est un écran de fumée sur tout ce que l’on sait.» Selon l’AFP, l’entourage de l’islamologue a ensuite précisé que le 23 mai, il avait quitté l’Europe depuis Londres à 16h35 et que la conférence avait en fait eu lieu le lendemain.

L’islamologue a nié toute «violence» ou «emprise» envers la gent féminine. «Tout ce que j’ai pu faire avec une femme a toujours été dans le consentement. Je n’ai jamais été violent et je déteste la violence. Je suis un homme de paix et de dialogue». De quoi faire bondir Me Morain: «Tout le dossier n’est que violence!». Tariq Ramadan a cependant reconnu avoir menti en niant toute relation sexuelle avec Henda Ayari et Christelle. «J’ai voulu me protéger et protéger ma famille. C’était une erreur. Mais c’est un mensonge complètement différent de celui des femmes qui disent avoir été violées, alors qu’il n’y a pas de viol».

Bourdin critiqué
Tariq Ramadan a par ailleurs présenté ses excuses «à Dieu, à [sa] famille, et à ceux qu’[il a déçu] dans la communauté musulmane» pour avoir été «en contradiction avec certains de [ses] principes». «Je ne suis pas un imposteur, je suis un homme, avec toutes mes contradictions. J’ai fait mon examen de conscience et j’essaye d’être meilleur», a-t-il insisté, soulignant que le fait qu’il ait des «défaillances morales» ne voulait pas dire qu’il était «coupable sur le plan du droit».

Critiqué pour avoir invité l’islamologue soupçonné de viols en plein Grenelle contre les violences conjugales, Jean-Jacques Bourdin s’est justifié en évoquant la présomption d’innocence du mis en examen, l’interview précédemment faite par BFMTV d’une des accusatrices de ce dernier, et son refus de choisir ses invités «en fonction du calendrier du gouvernement». «Je ne vous donne pas une tribune mais la parole», a tenu à préciser Jean-Jacques Bourdin, qui n’a pas ménagé son invité durant l’interview.

lefigaro.fr

 Au lendemain de la condamnation puis de l'incarcération de Patrick Balkany pour fraude fiscale, l'ancien président Nicolas Sarkozy a fait part samedi de son soutien à son "ami d'enfance", le maire de Levallois-Perret, et à son épouse.

Le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, entouré de journalistes alors qu'il se présente au tribunal de Paris pour son procès, le 13 septembre 2019. Benoit Tessier, Reuters.


Au lendemain de la condamnation puis de l'incarcération de Patrick Balkany pour fraude fiscale, l'ancien président Nicolas Sarkozy a fait part samedi de son soutien à son "ami d'enfance", le maire de Levallois-Perret, et à son épouse.

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a dit samedi 14 septembre avoir "de la peine" pour son "ami d'enfance" Patrick Balkany, condamné vendredi à quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt, et espérer que le maire Les Républicains de Levallois-Perret et son épouse Isabelle "vont tenir le coup".

"C'est un ami d'enfance et ça m'a fait de la peine pour lui, ça me fait de la peine pour elle. C'est certainement pas quand les gens sont dans la difficulté qu'il faut les abandonner", a déclaré à la presse l'ancien chef de l'État, un très proche du couple Balkany, qui s'exprimait en marge d'une séance de dédicace de son livre à Neuilly-sur-Seine.

"Un peu d'humanité ne fait pas de mal. Je sais la règle dans la vie politique et je connais la règle aussi de la vie médiatique : quand vous êtes dans la tourmente, il n'y a plus personne", a ajouté M. Sarkozy.

"J'espère qu'ils vont tenir le coup et qu'ils vont surmonter ce qui est une épreuve. Peut-être qu'on peut les laisser tranquille maintenant et peut-être qu'on peut faire preuve aussi d'un peu de pudeur", a conclu l'ancien président de la République.

Condamné pour fraude fiscale, Patrick Balkany, une figure de la droite française, a passé sa première nuit à la prison de la Santé à Paris. Selon une source proche du dossier, l'ancien député a été placé en détention au quartier "pour personnes vulnérables", "qui n'est en aucun cas un quartier VIP". Ce quartier spécifique accueille notamment des fonctionnaires de police, des élus et des hommes soupçonnés d'infractions à caractère sexuel.

Une peine "inédite"

Les avocats du maire de Levallois-Perret, qui a aussi été condamné à dix ans d'inéligibilité, ont dénoncé une peine "inédite" et "qui bat tous les records". Ils ont immédiatement fait appel et déposé une demande de mise en liberté. Cette demande sera examinée par la cour d'appel de Paris, qui doit statuer dans les deux mois.

Isabelle, son épouse et première adjointe, a elle été condamnée à trois ans de prison ferme, mais sans mandat de dépôt. "Je ne comprends pas (...) et je comprends d'autant moins que le président du tribunal a dit deux fois qu'il n'y avait pas un centime d'argent public" dans la fraude fiscale du couple, a réagi Isabelle Balkany sur BFMTV juste après la condamnation.

Le couple a "toujours assumé" ses fautes, a estimé la première adjointe de Levallois-Perret, qui cogérait avec son mari cette ville cossue proche de Paris. "Je pensais, peut-être naïvement – j'aurais dû poursuivre mes études de droit –, que l'on plaçait sous mandat de dépôt quelqu'un qui représentait éventuellement un danger pour l'ordre public ou qui pourrait quitter la France subitement. Ce n'est évidemment pas le cas de mon époux", a ajouté Mme Balkany.

Des habitants sous le choc

À Levallois-Perret, l'incarcération de Patrick Balkany, âgé de 74 ans et dirigeant la commune des Hauts-de-Seine depuis 1983, a suscité la stupeur chez de nombreux habitants.

Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées, samedi 14 septembre, devant la mairie pour dénoncer la détention du maire de la ville. "Cette condamnation est inadmissible, incompréhensible, c'est tout simplement scandaleux", s'est emportée Anne auprès de l'AFP. Ex-habitante de Levallois-Perret, elle a fait le déplacement pour signer un livre d'or de soutien au couple, installé devant l'hôtel de ville.

Réaction similaire pour Nathalie, qui vit dans cette ville cossue depuis 12 ans : "Aller en prison pour fraude fiscale, c'est complètement disproportionné ! Il paie pour tous les autres." Une vision partagée par Thierry Khayat, tee-shirt blanc floqué de l'inscription "Soutien total à Balkany". Pour lui, "cette histoire de mandat de dépôt, ça n'a pas de précédent. Personne, aucun politique condamné n'a dormi en prison. On fait ça pour l'humilier."

Une heure après le début du rassemblement, Isabelle Balkany, qui assure l'intérim de son époux en tant que première adjointe, est sortie, sous les acclamations, saluer les habitants. "Je suis profondément touchée", a-t-elle déclaré à la presse.

Réélu en 2014 pour un quatrième mandat municipal, Patrick Balkany espère toutefois pouvoir retrouver ses pleines fonctions à la mairie si sa demande de mise en liberté est acceptée. Son épouse assure qu'en son absence, elle continuera de "travailler pour les Levalloisiens" et mènera notamment le conseil municipal" prévu le 23 septembre.

France 24 avec AFP

JUSTICE - Le maire de Levallois-Perret a été condamné à 4 ans de prison ferme avec incarcération immédiate pour "fraude fiscale". Son épouse, Isabelle, a - elle - été condamnée à 3 ans de prison ferme mais sans mandat de dépôt. Patrick Balkany a été immédiatement conduit à la prison de la Santé. Il a déposé dans la foulée une demande de remise en liberté.

Le couperet du volet "fraude fiscale" au procès de Patrick et Isabelle Balkany est tombé ce vendredi. Le couple a été reconnu coupable des faits qui leur étaient reprochés. Isabelle Balkany a été condamnée à 3 ans de prison. Patrick Balkany a lui été condamné à 4 ans de prison avec incarcération immédiate. Une peine nécessaire" selon le tribunal. Il a été conduit immédiatement à la prison de la Santé à Paris et a ensuite déposé une demande de remise en liberté.  

A l'énoncé du jugement, les policiers se sont avancés vers le "baron des Hauts-de-Seine", 71 ans, sous les yeux de son épouse venue assister au délibéré. Le tribunal correctionnel a également condamné les deux élus LR de cette commune cossue de l'ouest parisien à 10 années d'inéligibilité.

Le tribunal a estimé notamment que les époux Balkany avaient fait usage de "dispositifs sophistiqués" pour cacher leur patrimoine au fisc."L’écart ne peut s’expliquer que par la volonté résolue des époux Balkany de dissimuler à l’administration fiscale l’étendue réelle de leur patrimoine", a notamment lu le président du tribunal faisant référence à la villa Pamplemousse, le riad de Marrakech et le moulin de Giverny. 

Dans ce volet "fraude fiscale", l'accusation avait demandé contre lui quatre ans de prison ferme assortis d'une incarcération immédiate. Des réquisition intégralement suivie. Contre son épouse, quatre ans dont deux ferme, une peine aménageable. Et contre tous deux, dix ans d'inéligibilité, le maximum.

"On s'est payé Balkany"

Interrogé par la presse à la sortie de la salle d'audience, Éric Dupond-Moretti, avocat de Patrick Balkany, a déclaré : "Je ne suis absolument pas surpris. J’avais prévenu tout le monde. On a une leçon de morale publique, c’est le  jugement dont vous avez entendu la lecture. Naturellement on a oublié que ces faits étaient anciens. On a résumé toute l’action de monsieur Balkany à sa fraude et toute sa vie à cette fraude. (...) Ce qui me choque le plus c’est le mandat de dépôt totalement inutile et pour nous insupportable. Jamais personne ne peut dire sérieusement que Monsieur Balkany aurait tenté de prendre la fuite. Il était présent à tous les actes de la procédure. Je pense que l’on s’est payé Balkany, nous allons bien sûr interjeter appel."

L'avocat d'Isabelle Balkany, Pierre-Olivier Sur a lui indiqué qu'il trouvait "disproportionné" la condamnation. "Je considère que c'est jugé de façon très très lourde, que d'envoyer quelqu'un en prison alors qu'il n'y a pas d'argent public détourné et que la juridiction n'est pas en mesure de déterminer quelle est l'assiette de l'impôt qui aurait été éludé. Oui cela me semble injuste mais il a fallu que le tribunal envoie une image. C'est cette image pour vous, mesdames et messieurs de la presse, c'est cette image pour cette justice qui est devenue surtout médiatique, c'est cette image d'un homme qui part en prison avec sa femme qui l'enlace et qui pleure."
"Jusqu'à la Cour Européenne" s'il le faut"

Le PNF et le fisc, qui avait porté plainte en 2015, reprochent aux Balkany de n'avoir pas payé d'ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d'euros annuels minimum. Mais également d'avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014.

Au total, les sommes éludées sont estimées à plus de 4 millions d'euros d'impôts sur le revenu et la fortune, un montant contesté par la défense. Les élus de Levallois-Perret ont admis des "fautes", reconnaissant certaines des accusations de fraude fiscale.

L'incarcération immédiate demandée par le PNF avait suscité l'ire de la défense. "Il faudrait l'envoyer en prison pour que tout le monde se régale ?", s'était insurgé son avocat, Eric Dupond-Moretti, appelant à ne pas ajouter une "humiliation" à la condamnation de son client. Les avocats du couple avaient soutenu que "la richesse considérable des familles" explique aisément la différence entre revenus déclarés et dépenses somptuaires, et tenté de décrédibiliser les estimations du patrimoine avancées par l'accusation.

Dimanche, une journaliste de l'émission Quotidien avait interrogé un Patrick Balkany tout sourire dans la rue. À la question "et si vous êtes condamné ?", le maire avait répondu qu'il "ferait appel" et qu'il irait jusqu'à la "Cour européenne" s'il le fallait.

Le second jugement, attendu le 18 octobre, s'annonce plus risqué encore pour le baron des Hauts-de-Seine, contre qui sept ans de prison, l'incarcération immédiate et la confiscation de tous ses biens ont été requis.

LCI


Environ 100 000 Nigérians vivent dans la première puissance du continent. Les actes xénophobes ont fait 12 morts en une semaine à Johannesburg.

Après une semaine « d’anarchie » et de violences xénophobes en Afrique du Sud qui ont fait déjà douze morts, le Nigeria va rapatrier quelque 600 de ses ressortissants. Un geste hautement politique dans un contexte de tensions entre les deux grandes puissances du continent.

Après trois jours d’accalmie, de nouvelles violences ont éclaté, dimanche 8 septembre, dans plusieurs quartiers de Johannesburg. La police a été contrainte de tirer des balles en caoutchouc et des grenades paralysantes pour disperser une foule de plusieurs centaines de manifestants armés de bâtons, qui ont détruit des magasins en exigeant « le départ des étrangers ». Au moins deux personnes ont été tuées, a annoncé un porte-parole de la police de la ville, Xolani Fihla, portant le bilan à douze morts.

Bien que les victimes soient majoritairement des nationaux, les attaques, les pillages de commerces et les bastonnades sont, eux, dirigés contre les étrangers établis dans la première puissance industrielle du continent. La police a effectué plus de 600 arrestations et les dégâts sont considérables, particulièrement dans les townships et le centre-ville de Johannesburg, où les magasins étaient restés fermés lundi.

« Rentrer à la maison »
Dans sa troisième intervention en moins d’une semaine, le chef de l’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, a assuré lundi que son « gouvernement ne laisserait pas l’anarchie et la violence » s’installer en Afrique du Sud. Il a également rappelé que « la majorité des étrangers respectent la loi et ont le droit de vivre (…) en paix ».

La semaine dernière, de nombreux pays africains avaient vivement réagi face à la violence des images qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux, et le Nigeria, qui rivalise depuis des années avec l’Afrique du Sud pour la place de première puissance économique du continent, a pris la tête du mouvement.


Lundi, la présidence nigériane a « donné les instructions nécessaires pour l’évacuation immédiate de tous les Nigérians qui souhaitent rentrer à la maison ». Le consulat nigérian à Johannesburg a déclaré à l’AFP que 600 personnes environ, sur « plus de 100 000 Nigérians » vivant actuellement en Afrique du Sud, s’étaient manifestées et devaient être rapatriées à partir de mercredi.

L’émissaire spécial envoyé la semaine dernière à Pretoria pour rencontrer le président Ramaphosa est rentré à Abuja ce week-end et en a rendu compte au chef de l’Etat, Muhammadu Buhari lundi.

« Le président Ramaphosa reconnaît que cette vague de violence est déconcertante et gênante, a fait savoir la présidence lundi. Elle abîme non seulement l’image du pays, mais aussi ses relations avec ses frères, les pays africains. » Les deux présidents doivent se rencontrer en Afrique du Sud en octobre, lors d’une visite prévue depuis plusieurs semaines.

« Monopole de la bêtise »
Depuis une semaine, au Nigeria, chaque célébrité, petite ou grande, et chaque homme politique réagit, tantôt pour annuler concerts et festivals de cinéma, tantôt pour « déclarer la guerre totale » à l’Afrique du Sud.

Le président du parti au pouvoir, Adams Oshiomhole, est allé jusqu’à demander au gouvernement fédéral nigérian de « saisir » et de nationaliser la compagnie sud-africaine MTN, au moment où le géant des télécoms fermait ses antennes à travers le pays pour protéger ses agents et ses clients des attaques contre l’enseigne.

Dans de nombreux points de contrôle de police ou de l’armée traversés par des journalistes de l’AFP ces derniers jours, les agents de sécurité demandaient aux étrangers s’ils étaient sud-africains, sur un ton mi-sérieux mi-amusé, mais de manière assez insistante pour laisser percevoir la tension qui s’est emparée du Nigeria.

« Certains politiciens en Afrique du Sud exploitent le sentiment xénophobe pour leur propre intérêt. Certains politiciens au Nigeria exploitent les violences xénophobes en Afrique du Sud pour leur propre intérêt. Aucun n’a le monopole de la bêtise », a conclu sur Twitter l’économiste Nonso Obikili, spécialiste des relations entre les deux pays.

Le Monde avec AFP


La Côte d'Ivoire dit adieu à son idole DJ Arafat

Des incidents ont troublé samedi à Abidjan l'hommage rendu par des dizaines de milliers de fans au chanteur ivoirien DJ Arafat, l'un des artistes les plus populaires d'Afrique de l'Ouest, mort dans un accident de moto à 33 ans.

Alors que la cérémonie d'hommage exceptionnelle, à la fois empreinte de joie et d'émotion, s'était déroulée sans problème toute la nuit dans le plus grand stade du pays, des fans ont gâché la fête au matin en ouvrant la tombe et le cercueil du chanteur peu après son inhumation.

Sur des photos et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on pouvait voir une foule de jeunes, agités et vociférants qui prenaient en photo sa dépouille.

"Nous avons voulu voir le corps de notre idole avant la fermeture du tombeau", a expliqué un fan à un journaliste de l'AFP.

"C'est Yoro, c'est lui!", a crié un autre fan, en référence au surnom "Yorobo" de DJ Arafat.

Les policiers qui surveillaient la tombe ont été débordés par la foule de ceux qui n'avaient pu suivre la cérémonie au stade, a expliqué une source policière.

La police est intervenue pour disperser la foule, faisant usage de gaz lacrymogène et a repris le contrôle des lieux. Plusieurs personnes ont été blessées, selon des témoins.

Auparavant, des échauffourées avaient éclaté aux abords du cimetière entre la police et des fans mécontents d'être tenus à l'écart de l'enterrement qui s'est déroulé dans l'intimité.

Vers midi, des troubles étaient toujours en cours à Adjamé, selon une source sécuritaire et un journaliste de l'AFP qui a vu des barricades et des pneus enflammés dans une artère menant au cimetière.

Lors de la nuit d'hommage musical au roi du "coupé-décalé", de nombreuses stars africaines ont chanté sur scène pour saluer sa mémoire: Davido, Sidiki Diabaté, Fally Ipupa, Serge Beynaud...

Vendredi soir, le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, avait décoré à titre posthume de l'ordre national du mérite culturel DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Houon, "pour son immense contribution au rayonnement artistique" de la Côte d'Ivoire. La cérémonie, digne de funérailles nationales, a été payée par l'Etat ivoirien.

"Daishinkan", pour ses fans (en référence à un superhéros de BD), est mort le 12 août des suites d'un accident de moto à Abidjan. Sa musique au rythme endiablé, à la fois genre et attitude, est née en 2003 dans les boîtes de nuit ivoiriennes puis s'est popularisée dans toute l'Afrique.

Après une nuit de musique et de danse, la dépouille du chanteur est arrivée au stade Félix Houphouët-Boigny au lever du jour, pour un dernier adieu, saluée par les applaudissements de la foule.

Une grande émotion s'est emparée de l'assistance, de nombreux jeunes tombant en pleurs, alors que le cercueil était déposé sur un piédestal au centre de la pelouse.

- 'On a perdu un grand homme' -
Né d'un père ingénieur du son réputé et d'une mère chanteuse, DJ Arafat s'était formé à la musique sur le tas. DJ dans les maquis (bars) de la rue Princesse à Yopougon, le grand lieu de la fête à Abidjan, il avait percé avec "Jonathan" en 2003, avant d'enchaîner les tubes pendant 15 ans: "Kpangor" (2005), Djessimidjeka (2012), Maplorly (2015), Dosabado (2018).

- Sur le trône du coupé-décalé -

Arafat a "révolutionné le coupé-décalé, en mélangeant les sons, les rythmes. Il s'est par exemple inspiré de musiques traditionnelles africaines, mais aussi de l'afrobeat nigérian, du rap, du baile funk brésilien. Il était aussi un danseur exceptionnel et a associé à sa musique des concepts de danse nouveaux", a expliqué Franck Alcide Kacou, directeur label d'Universal Music Africa (filiale de Vivendi), la compagnie qui produisait l'artiste depuis 2013.

"Il était l'artiste le plus influent d'Afrique de l'Ouest, avec une communauté de deux millions de fans sur Facebook". "Il commençait à percer en Europe et en Amérique, à toucher un public au-delà de la diaspora ivoirienne", selon M. Kacou. Sur son dernier album, "Renaissance", il avait invité des artistes internationaux tels que Maître Gims, Dadju, Davido et Fally Ipupa.

"Il est parti de rien, il a pris le trône du coupé-décalé. Vraiment ça c'est quelque chose qui motive les jeunes aujourd'hui, ceux qui n'ont rien", a témoigné une de ses fans, Olga Manou.

La star était parfois controversée, pour ses "clashes" sur les réseaux sociaux avec d'autres artistes ou pour ses déclarations homophobes.

"C'était une personnalité clivante. Il était très sensible, d'où ses réactions +sans filtre+. Mais c'étaient aussi des coups marketing", selon M. Kacou.

DJ Arafat avait été désigné "meilleur artiste de l'année" aux awards du coupé-décalé en 2016 et 2017. Il avait aussi été distingué en 2012 "meilleur artiste africain" au Kora Music Awards, des récompenses musicales panafricaines.

AFP


Alimentation : le régime sans gluten est-il fait pour vous ?


Du 3 au 5 septembre, un congrès international sur la maladie cœliaque se tiendra à Paris. Un colloque est prévu sur les "mythes et réalités" à propos du gluten.
L'occasion de se pencher sur le régime sans gluten. Est-il recommandé à tout le monde ? Ses effets ont-ils été prouvés ? Le point sur ce qu'on en sait.

Où trouve-t-on du gluten ?
Le gluten est une protéine présente sur certaines céréales, comme le blé, le seigle, l'orge ou l'épeautre. Se passer du gluten signifie donc se passer de produits aussi courants que le pain, les pâtes, les pizzas, les biscuits... Un choix très engageant, donc.
D'autant que nombre de produits industriels font un usage abondant du gluten, qui sert de liant aux aliments.

Que peut-on manger ?
Les fruits, les légumes ne contiennent pas de gluten. Il en est de même pour la viande, lorsqu'elle n'est pas transformée. Les merguez, saucissons et autres steaks pas 100% bœuf sont donc à proscrire.
Pour remplacer les céréales, des alternatives existent. On fait des pâtes et du pain au maïs ou au riz, des biscottes au quinoa, etc. Pour les passionnés de cuisine, ça peut même devenir très amusant ! En revanche, c'est beaucoup plus onéreux.
Exemple chez Carrefour, où le kilo de farine de blé le moins cher coûte 0,53€... contre 4,32€ pour l'équivalent sans gluten le moins cher.

L'intolérance au gluten, une maladie auto-immune

En France, on compte environ 330 000 personnes qui sont allergiques au gluten, soit 0,5% de la population. La plupart du temps, cette maladie auto-immune est détectée dès l'enfance, au moment où le bébé est confronté au gluten dans ses petits pots. Si elle n'est pas diagnostiquée, elle peut entraîner des retards de croissance, des carences, un amaigrissement...
Chez l'adulte, si cette intolérance au gluten n'est pas traitée, elle provoque des diarrhées, favorise l'apparition d'autres maladies auto-immunes, voire du cancer.
Bref, pour les malades cœliaques, ne pas manger de gluten est impératif.

Les hypersensibles, sujet sensible...
Troubles intestinaux, douleurs à l'abdomen, flatulences... Des personnes se plaignent de ce que les spécialistes appellent une hypersensibilité non cœliaque au gluten.
"Nombreux sont ceux qui s'autoproclament malades, sans avoir fait de test sanguin, expliquait Brigitte Jolivet, présidente de l'association des intolérants au gluten, au Figaro. On voit aussi des stars suivre des régimes sans gluten, c'est une grande mode en ce moment."

Dans son viseur, notamment, Novak Djokovic numéro 1 mondial de tennis, vainqueur de 16 tournois du Grand Chelem. Un cador, qui, à l'écouter, devrait beaucoup à l'adoption d'une alimentation sans gluten. Au point qu'il en a fait un livre : "Les Secrets du vainqueur - Une alimentation sans gluten pour une parfaite forme physique et mentale".

Malheureusement, aucun test ne permet objectivement d'établir cette hypersensibilité. Et l'utilité du régime sans gluten dans ce cas est l'objet de controverses scientifiques. Si la réalité des syndromes digestifs n'est nullement remise en cause, le rôle (et donc la responsabilité) du gluten n'est pas encore parfaitement connu.

Un régime sans carence, mais attention aux graisses
Quoi qu'il en soit, le régime sans gluten ne vous fera pas de mal : "Il n’y a pas de risque à suivre un régime sans gluten même si on n’est pas malade", explique Nadine Cerf-Bensussan, directrice de recherche à l’Inserm, à Franceinfo. "Cela ne va pas entraîner de carences. Cela va entraîner une alimentation plus saine car le gluten est très présent dans les aliments transformés."
Vigilance, tout de même. Selon des recherches datées de 2017, les produits sans gluten contiennent moins de protéines, mais plus de sucres et de graisses. Passer au sans gluten, cela veut donc dire de repenser vos équilibres nutritionnels et non remplacer strictement les produits conventionnels par leur pendant "gluten-free".

Ne plus manger de gluten ne fait pas maigrir
Par contre, si vous voulez éliminer le gluten pour maigrir, vous pouvez passer votre chemin.
"Malgré les allégations santé pour manger sans gluten, aucune preuve expérimentale publiée ne soutient une allégation de perte de poids pour un régime sans gluten ou suggère que la population générale devrait éviter le gluten", explique une étude américaine de 2015. Depuis, rien n'est venu contredire cette conclusion.

Progres.fr