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La France confirme le rapatriement des djihadistes français détenus en Syrie

La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a précisé, jeudi sur RTL, que les autorités françaises étudiaient « plusieurs options ».

La question du sort des djihadistes français détenus dans les prisons françaises et par les Kurdes en Syrie se pose avec acuité aux autorités françaises.

La ministre de la justice Nicole Belloubet a d’une part confirmé, jeudi 31 janvier sur RTL, qu’une « trentaine » de djihadistes ayant purgé leur peine allaient sortir de prison en 2019. « Lorsque nous sommes face à des détenus de ce type, il y a une évaluation de leur dangerosité, il y a un placement dans un quartier étanche. A leur sortie, il y a évidemment un suivi extrêmement strict par les services de renseignement territoriaux », a précisé Nicole Belloubet.

Concernant le retour de ceux détenus en Syrie, « Nous avons fait un choix, qui est celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France », a déclaré la garde des sceaux, tout en précisant que les autorités françaises étudiaient « plusieurs options ».

« La situation nouvelle, qui est liée notamment au retrait des forces américaines [de la région], a bouleversé la donne et évidemment nous nous préparons à un éventuel retour des Français qui sont actuellement au nord de la Syrie. »

Lire nos informations : Le retour des djihadistes français détenus en Syrie n’est plus un tabou
« 75 % d’enfants »
La ministre a confirmé au passage un changement de doctrine de Paris, qui affirmait jusqu’alors que les djihadistes français devaient être jugés par les autorités locales.

« Au moment où je vous parle, rien n’est certain, évidemment. Mais ce n’est plus le seul scénario et il va de soi que si les Français qui sont détenus par les Kurdes devaient être remis en liberté, expulsés, nous avons, je crois, collectivement plutôt intérêt à nous assurer de ce qu’ils deviennent plutôt que de les laisser libres sans savoir où ils sont. »

Elle a confirmé que les adultes qui reviendront en France seraient interpellés à leur arrivée mais précisé que ces Français détenus par les Kurdes syriens dans des camps étaient en majorité des enfants. « Nous pensons qu’à peu près à 75 % ce seraient des enfants de moins de 7 ans », a déclaré Nicole Belloubet. Elle a cependant dit ne pas être en mesure de préciser à ce stade le nombre total de ressortissants français concernés.


Mercredi soir, sur France Inter, Edouard Philippe a également défendu la nouvelle position française : « S’ils sont expulsés, je préfère qu’ils soient jugés et condamnés, sévèrement (…) punis en France plutôt qu’ils se dispersent dans la nature pour fomenter d’autres actions y compris contre notre pays », a-t-il déclaré.

Un retour critiqué
Plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite ont dénoncé l’éventuel retour de ces djihadistes, le député LR Pierre-Henri Dumont appelant même à des « assassinats ciblés ».

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait affirmé que la doctrine française n’avait « jamais varié ». « Ceux qui peuvent être jugés dans des Etats qui ont des institutions qui permettent de les juger » seraient jugés « là-bas », a-t-il dit. Quant aux Etats « qui n’auraient pas ces institutions, si les forces qui ont la garde de combattants terroristes français prenaient la décision de les expulser vers la France, ils seraient immédiatement remis à la justice », a-t-il expliqué.

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a expliqué de son côté que les enfants des djihadistes concernés feraient l’objet d’un « traitement spécial, au cas par cas, en relation avec la Croix-Rouge internationale et sous le contrôle des autorités judiciaires françaises. »

lemonde.fr

L'Ethiopie, le tigre africain qui étonne le monde

L'Ethiopie est le pays qui a connu la plus forte croissance mondiale en 2017. Son meilleur atout ? Ethiopian Airlines, qui prospère sous l'aile protectrice de l'Etat et des Chinois. Reportage à Addis-Abeba et dans les régions du sud, où les espoirs suscités par le nouveau Premier ministre n'ont d'égal que la pauvreté de la population.

Les roses sont à peine écloses. Cueillies voilà quelques heures aux environs d'Addis-Abeba, elles attendent par millions l'avion qui les transportera ce soir vers Liège, en Belgique. Au total, ce sont 184 tonnes de fleurs qui sont acheminées vers l'Europe, chaque nuit, par deux avions-cargos. « On en glisse quelques tonnes de plus dans les vols passagers, direction Paris, Londres, Francfort, Madrid... », explique Fitsum Seifu, en charge de la logistique. La zone de fret représente l'équivalent de vingt terrains de football, ce qui en fait de loin la plus grande d'Afrique. Elle a été construite en 2017 par Ethiopian Airlines, afin de faire d'Addis-Abeba le principal carrefour aérien entre ce continent et le reste du monde.

La plus grande compagnie aérienne du continent
Si la formule ne rappelait pas les pires heures de l'esclavage, on dirait qu'Ethiopian Airlines a instauré une forme de commerce triangulaire : l'avion qui transportera des fleurs ce soir vers la Belgique repartira ensuite vers l'Asie, rempli de produits européens. Une liaison aérienne a ainsi récemment ouvert pour acheminer du saumon d'Oslo (Norvège) vers Guangzhou (Chine). Après son « crochet » par l'Asie, il reviendra en Afrique chargé de produits électroniques.

L'Ethiopie n'est pas vraiment gagnante dans l'affaire : elle exporte l'équivalent de 3 milliards de dollars par an - principalement des fleurs - mais importe cinq fois plus en valeur (16 milliards de dollars). Ethiopian Airlines, en revanche, prospère : sa réputation est telle qu'elle assure même des liaisons entre Saragosse (Espagne) et Miami (Etats-Unis). « Ce sont des avions Zara ! », raconte le PDG, Tewolde GebreMariam, dans un bâtiment décrépi qui jouxte l'aéroport.

L'ancien agent de comptoir, qui contrôlait les billets d'avion au début de sa carrière, a mis vingt-cinq ans pour atteindre le sommet de l'entreprise. Qu'importe le délabrement des bureaux et son parcours atypique : il a fait d'Ethiopian Airlines la plus grande compagnie d'Afrique et s'attaque désormais aux géants mondiaux. Le partenariat qu'il vient de conclure avec l'espagnol Inditex - la maison-mère de Zara - est un pied de nez aux compagnies américaines et européennes, qui monopolisaient les lignes transatlantiques jusqu'alors.

Addis-Abeba, porte d'entrée de l'Afrique
Côté voyageurs, la frénésie est encore plus palpable : le terminal passagers d'Addis-Abeba est au bord de l'implosion. Conçu pour 8 millions de voyageurs par an, il en accueille 11 millions aujourd'hui... À défaut de sièges, des milliers d'entre eux s'affalent à même le sol, l'oeil rivé aux écrans de télévision qui, en ce début décembre, annoncent la mort de George Bush. Ils viennent de Guinée, du Tchad, de Zambie et attendent un autre vol pour Pékin, Bombay, Los Angeles ou São Paulo. 70% d'entre eux sont en escale, confirmant qu'Addis-Abeba n'est finalement qu'une porte d'entrée vers l'Afrique. Ethiopian Airlines a ainsi formé le plus gros hub de transit du continent.

Avec une population africaine qui doit doubler dans les trente ans qui viennent (à 2,5 milliards d'individus), la compagnie est promise à un développement exponentiel. « C'est déjà celle qui connaît la plus grande croissance mondiale », affirme son vice-président, Henok Teferra. Il y a quinze ans, elle réalisait 300 millions de dollars de chiffre d'affaires. Ce chiffre a décuplé depuis.

Des acquisitions tous azimuts
« C'est une réussite absolument unique, prouvant que les Africains sont capables de créer une multinationale par eux-mêmes. C'est le genre de succès qui devrait accroître leur confiance en eux », souligne l'homme d'affaires Zemedeneh Negatu (Fairfax Africa) au bar de l'hôtel Sheraton. Les capacités de l'aéroport devraient doubler cette année, grâce au concours des Chinois qui financent et rénovent le terminal. Le fait que la compagnie soit 100% publique apporte aussi quelques avantages : « Nous avons un plan de développement sur quinze ans. Si nous avions des actionnaires, nous aurions l'obligation d'optimiser nos profits à court terme », fait valoir le PDG Tewolde GebreMariam.

Singapore Airlines et Emirates, elles aussi étatiques, ont prouvé la puissance du modèle. Pour se rendre incontournable, Ethiopian Airlines crée des compagnies aériennes sur tout le continent, ou investit dans les existantes (Tchad, Malawi, Togo, Mozambique, Zambie, Guinée, Ghana). Leurs avions volent sous des marques différentes. Mais à l'aéroport d'Addis, les hangars de maintenance sont drapés de toutes les couleurs d'Afrique. Les ingénieurs ont beau être salariés d'Ethiopian Airlines, ils réparent les moteurs togolais d'Asky, les dérives de Chadian Airlines, les voilures d'Air Malawi.

« On les facture 40% moins cher, c'est notre prix partenaire », explique Henok Teffera. Pilotes et hôtesses du continent sont aussi formés là, dans une académie qui constitue une vraie tour de Babel. Une piscine géante permet de vérifier qu'ils savent tous nager. C'est aussi ça, la force d'Ethiopian Airlines : avoir développé des activités annexes (maintenance, formation, hôtel, etc) qui représentent presque 20% de ses revenus, fret inclus.

Une course contre la montre pour rattraper les Occidentaux
Cette croissance tous azimuts n'est pas sans risque. La compagnie acquiert certains concurrents au bord de la faillite, dans des pays parfois très corrompus... Mais pour Tewolde GebreMariam, le danger est d'être trop lent plutôt que trop rapide : le secteur aérien est en pleine consolidation - en Europe comme aux Etats-Unis - et Ethiopian Airlines doit atteindre une taille critique s'il ne veut pas se laisser dévorer par les mammouths.

En Afrique, le trafic aérien est contrôlé à 80% par des compagnies extérieures au continent - Air France-KLM et Emirates en tête. Le but d'Ethiopian Airlines est de ramener cette part à 50%. « C'est une course contre la montre, sans quoi il n'y aura pas de champion africain. Nous ne voulons pas être des spectateurs de la mondialisation, mais des acteurs », explique le dirigeant.

Cette soif de croissance est d'autant plus remarquable que le pays reste l'un des plus pauvres du monde. Il figure parmi les derniers en termes de développement humain (173e rang mondial sur 189) dans le classement établi par le Programme des Nations Unies pour le développement.

Dans les supermarchés d'Addis-Abeba, les rayons sont une réplique, à peine plus moderne, de ceux de l'Union soviétique. Les marques sont si peu nombreuses qu'elles s'étalent sur plusieurs mètres de linéaire. Une seule lessive, un seul dentifrice, un seul type de gâteaux : le pays exportant peu, il n'a pas assez de liquidités pour importer à hauteur de ses besoins. Pendant six mois l'an dernier, les Ethiopiens ont ainsi vécu sans sucre. Plus grave, les diabétiques ont été privés d'insuline, faute de pouvoir se fournir à l'étranger.

L'industrie dans l'une des zones les plus pauvres du monde

Cette misère reste peu visible car les 105 millions d'Ethiopiens habitent encore, pour les trois quarts, dans les campagnes. À Hawassa, dans le sud du pays, le mois de décembre coïncide avec le début des moissons. Les femmes fauchent le teff à la faucille et le déposent dans des carrioles en bois tirées par des vaches. D'autres charrient sur leur dos d'immenses meules de foin. Les boeufs foulent les graines en tournant les uns derrière les autres. Le tableau a beau être profondément esthétique, il témoigne surtout du degré d'arriération du pays.

L'incongruité est totale quand ces agriculteurs lèvent la tête pour voir un avion atterrir au milieu des champs. Comme chaque matin, il déverse des dizaines de Chinois, Indiens et Américains, attendus par des 4×4 sur un parking poussiéreux. Ce ne sont pas des touristes, mais des investisseurs ayant fait le pari d'installer là leurs dernières usines textiles, dans un parc industriel construit par les Chinois, à la demande du gouvernement. Parmi les marques présentes, ou qui recourent à des sous-traitants : H&M, Calvin Klein, Levi Strauss, Guess mais aussi l'indien Raymond, l'un des plus grands fabricants de costumes du monde.

Une aubaine fiscale pour les exportateurs
« Nous voulions ouvrir une première usine en dehors de l'Inde. Nous avons hésité entre le Vietnam, le Bangladesh, l'Indonésie et l'Ethiopie. C'est finalement elle qui l'a emporté », raconte le responsable local, Shashi Bhushan. L'usine est flambant neuve. Sur 300 mètres de long se succèdent les tailleuses, les couseuses et les repasseuses. Les costumes sont accrochés aux cintres que l'on retrouvera, un mois plus tard, dans les magasins new-yorkais. L'étiquette, avec le prix en dollars, figure déjà sur les manches.

Mais rien de tout cela n'est réellement produit en Ethiopie : les cintres et étiquettes sont importés d'Inde, les tissus de Chine et de Hong Kong. À défaut d'expérience industrielle, le pays africain ne fait qu'assembler le tout. C'est le maillon le plus récent, et le plus faible, de cette mondialisation. Financièrement, c'est une vraie aubaine : ces petites mains du textile sont parmi les moins payées du monde. Elles gagnent 50 dollars par mois, soit cinq fois moins que les Chinoises et deux fois moins que les Vietnamiennes.

« Ce sont des femmes que nous sauvons de la traite humaine. Beaucoup auraient été abusées, où qu'elles aillent. Ces jobs contribuent à les protéger », fait valoir Likyelesh Abay, chargée de promouvoir les parcs industriels auprès des investisseurs étrangers.

Un volontarisme industriel à la chinoise

Mais, au-delà de la faiblesse salariale, c'est surtout l'absence de barrières douanières qui ravit les investisseurs. Les habits fabriqués en Ethiopie peuvent inonder le marché américain sans être soumis au moindre dollar de taxe douanière. Cet accord « Agoa » a été conclu par Bill Clinton il y a exactement vingt ans pour aider une quarantaine de pays africains. Et, par miracle, Donald Trump ne l'a pas remis en cause, du moins pour l'instant. Vendu aux Etats-Unis, un vêtement « made in Ethiopia » est donc 27% moins cher que s'il était importé du Vietnam ou du Bangladesh. Un accord similaire a été négocié avec l'Europe.

Chinois et Indiens ont donc fait de l'Ethiopie leur cheval de Troie : au lieu d'exporter de chez eux, ils se servent de l'Afrique pour inonder l'Occident de leurs marchandises, en franchise de taxes. Pratiquement tous les pays africains pourraient en tirer avantage. Mais l'Ethiopie - le plus peuplé du continent après le Nigeria - tranche par son volontarisme industriel. Avec une population qui augmente de 2,5 millions par an, elle ressent une profonde urgence à créer des emplois, et donc de la croissance.

Soif de revanche contre l'Occident
Les résultats sont spectaculaires : en 2017, l'Ethiopie est, de toute la planète, le pays qui a généré la plus forte croissance (10,2%), selon la Banque mondiale - en partant d'une base très faible il est vrai. Depuis sept ans, elle s'inscrit constamment dans le Top 5 des nations les plus dynamiques.

Comme pour les « tigres » asiatiques dans les années 90 (Vietnam, Thaïlande, Indonésie, etc.), l'Etat est pleinement engagé dans le développement économique du pays et la réduction de la pauvreté. « En Afrique, beaucoup de pays se focalisent sur le patronage : l'idée est moins de faire croître l'économie que de répartir les richesses existantes, assez inégalement d'ailleurs », explique Stefan Dercon, un professeur d'Oxford qui a longtemps enseigné à Addis-Abeba.

Alors que le Nigeria partage sa richesse pétrolière entre une poignée de notables, l'Ethiopie tente de tirer toute la population vers le haut. L'explosion du nombre d'universités en témoigne : on en dénombre une quarantaine aujourd'hui, contre deux il y a vingt ans. Très dirigiste, le pays oriente 70% des étudiants vers les sciences, afin d'accélérer son industrialisation. « En taux de scolarisation, nous avons accompli des progrès considérables. En qualité, nous pouvons certainement faire mieux », reconnaît l'homme d'affaires Zemedeneh Negatu.

Planification à outrance
L'Ethiopie tente de tirer toute la population vers le haut.
Beaucoup veulent voir dans l'Ethiopie une version miniature de la Chine, avec la même soif de revanche contre l'Occident, la même volonté de ressusciter une gloire perdue. « Nos deux pays ont trois mille ans d'histoire derrière eux. Quand Lalibela s'est construite [NDLR : une ville chrétienne au nord du pays], nous étions au sommet de la civilisation mondiale. Nous avons tout perdu, comme la Chine au xviiie siècle », résume Zemedeneh Negatu.

Le pays, qui a troqué le régime dictatorial du communiste Mengitsu pour un parti d'influence marxiste, toujours au pouvoir, affiche aussi un certain goût pour la planification à outrance. « L'Ethiopie veut tout faire à la fois, à très grande échelle. Rien ne tourne vraiment, rien n'est complètement terminé », regrette Bernard Coulais, qui dirige la filiale locale du groupe français BGI (bières et vins).

Non content d'avoir construit un grand parc industriel, le gouvernement en prévoit une dizaine d'autres, quitte à ce que la plupart restent désespérément vides... Trop dépendant des importations, il s'est également mis en tête de construire une douzaine de sucreries.

4 milliards de dollars ont été engloutis mais pas un seul gramme de sucre n'a encore été produit. Et pour cause : l'Etat a « oublié » de faire planter des cannes à sucre autour. Les usines restent donc inactives. « Ils auraient prévu deux sucreries au lieu de onze, cela aurait certainement mieux marché », résume Bernard Coulais.

Des défis immenses
L'Ethiopie, le tigre africain qui étonne le monde
Si l'Ethiopie excite les investisseurs, on est ainsi loin de l'Eldorado. « Ici, personne ne devient milliardaire en cinq ans, comme au Nigeria, en Angola ou dans les autres pays pétroliers », résume Serge Tiran, qui dirige la filiale locale d'une entreprise logistique (Massida Solutions).

L'Indien Shashi Bhushan ne cache pas l'ampleur des difficultés depuis l'ouverture de son usine textile à Hawassa, il y a deux ans. Recrutées dans des villages isolés, les ouvrières découvrent l'industrie pour la première fois de leur vie. Il a fallu leur expliquer l'usage des toilettes et leur inculquer une certaine discipline : « Au début, il n'était pas rare qu'elles posent leur tête sur leur machine à coudre pour faire une petite sieste. On a dû leur apprendre à rester éveillées. Quand l'une s'évanouissait, les autres l'entouraient pour pleurer, craignant sa mort prochaine. On leur a fait visiter le service de santé et les hôpitaux pour les rassurer », explique-t-il.

La logistique reste par ailleurs effroyable. Sans accès à la mer, l'Ethiopie doit compter sur le port voisin de Djibouti pour exporter. Mais les conducteurs de camion s'arrachent les cheveux. Serge Tiran résume la situation ainsi : « Le port de Djibouti n'est pas plus grand que celui de Rouen. Et la route qui relie les deux pays représente l'équivalent d'une départementale française mal entretenue. Pour un pays de 100 millions d'habitants, c'est aberrant. »

Une ligne de chemin de fer vient d'être construite par des sociétés chinoises pour accélérer les transits. Son coût : 4 milliards de dollars, financés par des créanciers... chinois. Les recettes ne couvrent pas les frais d'exploitation, encore moins les investissements consentis. Plus grave : la ligne ferroviaire n'est pas reliée aux sites de stockage pétroliers, obligeant le pays à s'alimenter par la route. « L'Ethiopie monte des projets qui ne sont pas pensés jusqu'au bout », résume Bernard Coulais.

Un nouveau modèle pour l'Afrique ?
Elu l'an dernier, le Premier ministre Abiy Ahmed tente de rationaliser l'action gouvernementale. Quadragénaire plein d'énergie, il veut privatiser les sucreries et freiner les grands projets chinois. Il promeut une économie plus libérale, impliquant la privatisation totale ou partielle de nombreux joyaux nationaux, tels Ethiopian Airlines et Ethio Telecom.

Mais la pression démographique est forte : la population devrait doubler d'ici à 2050, et l'industrialisation provoquer une migration massive vers les villes. Celles-ci devront absorber 100 millions d'habitants supplémentaires à cette échéance. À Addis-Abeba, les taudis où s'agglutinent les plus pauvres sont déjà menacés par les projets de grandes tours.

Le Premier ministre a beau jouir d'une popularité immense, le risque est que cette urbanisation favorise la contestation sociale. Du FMI à la Banque mondiale en passant par l'ONU, tous surveillent l'Ethiopie comme du lait sur le feu, dans l'espoir d'en faire un nouveau modèle pour l'Afrique. S'il est un pays à suivre de près cette année, c'est lui.



  • 1930 : Tafari Mekonnen est couronné sous le nom d'Hailé Sélassié. Il fera l'objet, par la suite, d'un culte en Jamaïque (le rastafarisme). 1936 : L'Italie de Mussolini occupe partiellement l'Ethiopie, et ce pendant cinq ans. Mais elle ne parviendra jamais à la coloniser.
  •  1974 : Mengistu Haïlé Mariam renverse Hailé Sélassié et proclame le « socialisme éthiopien », le Derg. Jusqu'à 500 000 opposants sont assassinés pendant la « terreur rouge ». 
  •  1984 : La sécheresse entraîne une famine qui fait 1 million de morts. Les images d'enfants squelettiques et de villages décimés font le tour du monde. 
  •  1991 : Le régime du Derg est officiellement renversé par une guérilla marxiste. Le parti formé à l'époque (Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien) est toujours au pouvoir aujourd'hui. 
  •  Avril 2018 : Abiy Ahmed (photo) devient Premier ministre. Il conclut la paix avec l'Erythrée. Il promet la libéralisation du pays et un vaste plan de privatisations.
Lire cet article sur les Echos

Paludisme : quand l'OMS interdit l'artemisia pourtant très efficace contre la maladie

Le paludisme,connu aussi sous le nom de malaria, fait 438 000 morts par an, et constitue la première cause de mortalité chez les enfants de 0 à 10 ans en Afrique subsaharienne.

Il existe certes des médicaments reconnus et unanimement conseillés par l'OMS et les firmes pharmaceutiques internationales, mais qui - en plus de leurs effets secondaires - sont souvent commercialisés à des prix excessifs pour les populations touchées par cette maladie ; des populations qui, en guise d'alternative, ont pu découvrir, grâce aux travail de médecins dévoués à la cause humanitaire, les vertus d'une plante (l'artemisia), aussi efficace que dépourvue d'effets secondaires, et qui, en plus de guérir la maladie, protège aussi contre le paludisme.

Sauf que l'OMS, sous la pression des firmes pharmaceutiques internationales, non contentes de cette trouvaille, interdit l'usage de l'artemisia, une plante qui, malgré la mise en garde de l'Organisation mondiale de la santé, est pourtant en train de supplanter, dans de nombreux pays, les médicaments officiels, notamment grâce à son efficacité et à son coût beaucoup plus abordable (voir vidéo ci-dessous).

Otr'Actu

Elle perd un œil après s'être douchée avec ses lentilles de contact

Une terrible mésaventure est arrivée à une Belge qui a gardé ses lentilles de contact pendant qu'elle se douchait.

Porteurs de lentilles de contact, soyez très attentifs avec l'eau du robinet... Une Belge de 56 ans a raconté jeudi à la radio belge Radio 2 Antwerpen (lien en flamand), qu'elle avait perdu un œil après s'être douchée avec ses lentilles de contact.

Après avoir fait de la voile, cette Belge se lave, avec ses lentilles. "De l'eau s'est infiltrée entre mon œil et ma lentille de contact. Elle contenait un parasite, inoffensif sauf s'il atteint les yeux", témoigne-t-elle.
Ne pas rincer ses lentilles avec l'eau du robinet

Face aux brûlures dont elle souffre, les gouttes dans les yeux sont inefficaces et elle se rend à l'hôpital. Elle a perdu la vue et doit être opérée de la cornée. La greffe ne prend pas et les médecins lui retirent l'œil.

"C'est très rare que cela arrive", assure le professeur Carina Koppen, ophtalmologiste à l'université d'Anvers. "Mais quoi qu'il en soit, ne rincez jamais vos lentilles de contact avec l'eau du robinet", conseille-t-elle.

Le daufiné libéré

Gilets jaunes : Macron ne s’exprimera pas avant lundi

Le président de l’Assemblée nationale a confié à l’AFP que le président s’exprimerait devant les Français « en début de semaine prochaine », soit plus de trois semaines après le début du mouvement de protestation des gilets jaunes.

Emmanuel Macron s’exprimera « en début de semaine prochaine » sur la crise des « gilets jaunes », le chef de l’État ne souhaitant « pas mettre d’huile sur le feu » avant les manifestations de samedi, a annoncé vendredi le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand à l’AFP.

« Après différents échanges et un tour d’horizon, le Président, lucide sur le contexte et la situation, ne souhaite pas mettre d’huile sur le feu et par conséquent n’a pas l’intention de s’exprimer avant samedi », a déclaré M. Ferrand. « À l’inverse, en début de semaine prochaine, il sera amené à s’exprimer », a-t-il ajouté.
Dispositif « exceptionnel »

Trois semaines après la première grande mobilisation contre la hausse de la taxe sur les carburants, le gouvernement se prépare au pire et craint une nouvelle flambée de violences pour « l’acte IV » du mouvement des « gilets jaunes ».

Un dispositif « exceptionnel » de 89 000 membres des forces de l’ordre, dont 8 000 à Paris, sera déployé sur tout le territoire pour tenter d’éviter les mêmes scènes d’émeutes que samedi dernier, notamment sous l’Arc de Triomphe.

À Paris, pour la première fois depuis des décennies, l’État engagera même des « VBRG », ces véhicules blindés à roue de la gendarmerie, pour maintenir l’ordre face notamment à des groupuscules d’extrême gauche et d’extrême droite déterminés à en découdre.
« On ne peut plus les arrêter »

Jeudi, tous les membres du gouvernement ont multiplié les appels au calme et à la responsabilité, relayés désormais par la plupart des partis d’opposition, les syndicats et même les évêques de France.

« Il faut sauver la République. Elle est aujourd’hui menacée », s’alarme le président du Sénat Gérard Larcher (LR).

Plusieurs responsables de la majorité font état de « remontées inquiétantes ». Des élus et leurs familles ont été intimidés. Des proches collaborateurs de M. Macron ont reçu des menaces de mort jusque sur leur téléphone.

« Si je ne me fais pas casser la gueule d’ici la fin du mandat, je considère que j’aurai de la chance. Je me dis que ça va arriver, dans ce climat violent, d’hystérisation », dit une députée LREM.

Dans le Figaro vendredi, Jacline Mouraud, une des représentantes du mouvement prévient : les « gilets jaunes, on ne peut plus les arrêter ».
Recule du gouvernement

Les concessions du gouvernement, qui a définitivement abandonné, après 24 heures d’extrême confusion, toute augmentation de la taxe carbone sur les carburants en 2019, semblent n’avoir eu aucun effet.

Si ce n’est d’avoir fragilisé le Premier ministre Édouard Philippe, en première ligne depuis quelques jours et qui défendait une simple suspension de la hausse avant d’être brutalement désavoué par l’Élysée.

Emmanuel Macron est plus que jamais la cible numéro un des « gilets jaunes ». Sur tous les barrages, les appels à la démission fusent. Sa visite éclair dans la semaine à la préfecture du Puy-en-Velay, incendiée samedi, s’est achevée dans un flot d’insultes et de menaces.
Appels à renverser les institutions sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, les mots d’ordre évoquent un renversement des institutions : « dissolution de l’Assemblée nationale », « Manu, on arrive ! », « Pot de départ de Macron ! », ou encore « Tous à la Bastille ».

« Il est conscient que pour l’instant il est l’incarnation de ce que les protestataires portent. Mais il ne renonce jamais », soutient un proche du président.

En attendant, Paris et d’autres grandes villes se préparent à vivre un nouveau samedi noir. La tour Eiffel et le Louvre resteront fermés, tout comme les commerces sur les Champs-Élysées, point de crispation principal.

À Bordeaux, une dizaine d’établissements culturels et espaces publics seront fermés. Six matches de la Ligue 1 de football ont d’ores et déjà été reportés.
Extension de la grogne à d’autres secteurs

L’exécutif craint une alliance entre ultradroite, ultragauche, « gilets jaunes » les plus remontés et jeunes de banlieue, dont certains se sont livrés à des pillages samedi dernier dans la capitale.

On redoute aussi une extension à d’autres secteurs, notamment les agriculteurs, les transporteurs routiers et l’éducation où la situation est très tendue.

Plus de 700 lycéens ont ainsi été interpellés par les forces de l’ordre jeudi lors de la quatrième journée de mobilisation lycéenne, marquée une nouvelle fois par des incidents et des violences.

ouest-france.fr

Angela Merkel défend son héritage avant de céder la tête de la CDU

AFP - Angela Merkel a défendu vendredi la ligne centriste et humaniste qu'elle a imprimée pendant 18 ans à la tête du parti conservateur allemand, avant qu'il ne choisisse pour lui succéder entre une de ses proches et un rival tenant d'un virage à droite.

La chancelière a été longuement applaudie debout pour ses adieux à ce poste au cours d'un congrès à Hambourg par un millier de délégués. Certains étaient en larmes et tenaient des pancartes orange sur lesquelles était écrit "merci Cheffe".

Mais avant de passer la main, elle a défendu avec vigueur son héritage politique, malgré les critiques dont il fait l'objet en Allemagne et en dehors des frontières, notamment sur la question des migrants.

"En ces moments difficiles, nous ne devrions pas oublier nos valeurs chrétiennes-démocrates", a mis en garde la chancelière, manifestement émue.

Angela Merkel, qui quitte le tête de son parti mais entend rester chancelière jusqu'à la fin de son mandat en 2021, a établi une longue liste des dangers actuels comme "la remise en cause du multilatéralisme, un repli sur le national, la réduction de la collaboration internationale" et les menaces de "guerre commerciale". Une référence évidente à la politique du président américain Donald Trump notamment. 

 Appel à l'unité

Elle a aussi au cours de ce congrès lancé un appel à l'unité de son parti, la campagne des dernières semaines pour sa succession ayant avivé les tensions en son sein.

"Je souhaite que nous sortions de ce congrès bien armés, motivés et unis", a-t-elle dit.

Trois prétendants briguent le poste, qui est aussi à terme un strapontin pour la chancellerie allemande.

Le ministre de la Santé Jens Spahn étant jugé hors course, le vote devrait se résumer à un duel entre une proche de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer ("AKK", 56 ans) qui endosse la ligne centriste de Mme Merkel, et un rival, Friedrich Merz, 63 ans, partisan d'un net virage à droite.

Ce conservateur traditionnel de la vieille école veut ainsi récupérer les déçus de la CDU qui sont allés voter pour l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), en particulier après l'ouverture des portes de l'Allemagne à plus d'un million de réfugiés syriens ou irakiens en 2015 et 2016.

Autrefois affectueusement surnommée "Mutti" (Maman) par l'opinion, Angela Merkel a été contrainte fin octobre de renoncer à se représenter à la tête de son parti après deux élections régionales très décevantes.

Chacun des candidats a promis de respecter son souhait de rester chancelière jusqu'en 2021. Mais une cohabitation harmonieuse de longue durée avec Friedrich Merz, poussé il y a une décennie hors de la CDU justement par Angela Merkel, paraît difficilement envisageable.

Beaucoup prédisent son départ de la chancellerie dès l'an prochain après les élections européennes de mai si les partis traditionnels sont de nouveau sanctionnés ou au plus tard à l'automne après des scrutins dans trois Länder (Etats régionaux) de l'est, tous des bastions de l'extrême droite.

A moins que son partenaire au sein de la coalition gouvernementale, le parti social-démocrate lui-même en pleine crise, accélère le départ de la chancelière en quittant lui-même le gouvernement.

Prises de distance

Friedrich Merz a reçu un précieux soutien en la personne du président de la chambre des députés Wolfgang Schäuble, pour qui son élection "serait ce qu'il y a de miLa CDU est concurrencée sur sa droite par l'AfD et rongée au centre par les Verts. La formation ne recueille plus avec son allié bavarois CSU que 26 à 28% des intentions de vote dans les sondages.

Elle était sortie affaiblie des législatives de septembre 2017, mais avec encore 33% des suffrages.

Tous les prétendants cherchent en conséquence un moyen de se démarquer de l'héritage d'Angela Merkel.

En matière de politique migratoire, "AKK" a plaidé pour l'expulsion des Syriens reconnus coupables d'actes criminels, un pas que même le très conservateur ministre de l'Intérieur bavarois Horst Seehofer a exclu de sauter.

Friedrich Merz, quant à lui, est allé jusqu'à remettre en cause le droit d'asile. Il a aussi proclamé son intention de "diviser (les résultats de) l'AfD par deux" et indirectement reproché à la chancelière d'avoir favorisé la montée de ce parti.

Trump : "L'accord de Paris est fondamentalement mauvais"

Donald Trump profite de la crise des "gilets jaunes" pour tacler Emmanuel Macron.. Sur Twitter, le président américain a évoqué la situation en France pour justifier son retrait de l'accord de Paris sur le climat.

Le débat sur les "gilets jaunes" traverse l'Atlantique. Donald Trump a ironisé, mardi 4 décembre, sur les concessions faites par Emmanuel Macron au sujet des taxes sur les carburants – le gouvernement français a annoncé un moratoire sur la hausse de la taxe carbone et un gel des tarifs du gaz et de l'électricité. Un argument, selon lui, pour justifier le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, qu'il considère comme voué à l'échec.

"Je suis heureux que mon ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris soient tombés d'accord sur la conclusion à laquelle j'avais abouti il y a deux ans", a écrit le président américain sur son compte Twitter. Et Donald Trump de continuer : "L'accord de Paris est fondamentalement mauvais car il provoque une hausse des prix de l'énergie pour les pays responsables, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs au monde."

L'Elysée a choisi de s'abstenir de commenter ce message. "Pas de commentaire", a répondu l'entourage du président à une interrogation de l'AFP, alors que les relations entre les deux chefs d'Etat se sont singulièrement refroidies ces derniers mois.

francetvinfo.fr

Gilets jaunes: Trump twitte sur les "vastes manifestations"

Le président américain Donald Trump, le 16 novembre 2018 à la Maison Blanche, à Washington DC afp.com/SAUL LOEB
Le président américain a une nouvelle fois mis la pression sur Emmanuel Macron et l'Union européenne.
Donald Trump a une nouvelle fois mis la pression dimanche sur Emmanuel Macron et plus largement sur l'Union européenne au sujet du commerce et des dépenses militaires en montrant au président français qu'il suit de près les manifestations des "gilets jaunes" en France.

"Les vastes et violentes manifestations en France ne prennent pas en compte à quel point les Etats-Unis ont été mal traités sur le plan du commerce par l'Union européenne ou sur nos dépenses justes et raisonnables pour notre GRANDE protection militaire. Il faut remédier à ces deux sujets bientôt", a lancé le président américain dans un message assez obscur sur Twitter.


Il n'a pas directement mentionné son homologue français, mais sa déclaration intervient au lendemain d'une nouvelle journée de mobilisation en France des "gilets jaunes", un mouvement hétéroclite qui dénonce la baisse du pouvoir d'achat et la hausse des taxes sur le carburant décidée par Emmanuel Macron.

Répliques humoristique

Elle fait également suite à une passe d'armes inédite entre les deux dirigeants. Mi-novembre, à peine rentré de Paris où il avait célébré la paix avec les autres dirigeants du monde, Donald Trump s'était vivement attaqué à la France et à Emmanuel Macron, dont il avait raillé la "très faible cote de popularité".

Dans une série de tweets, il avait attaqué sa proposition de créer une armée européenne et s'en était pris au secteur du vin. "Entre alliés on se doit le respect", avait répondu le président français.

Du côté de la twittosphère française, on a répondu avec humour au message de Trump, avec des références à l'univers d'Astérix ou en plaisantant sur le rapprochement par le président américain de deux informations sans grand rapport...

lexpress.fr

Kiev envoie des renforts à ses navires capturés en eaux territoriales russes

Deux autres bâtiments de guerre de la Marine ukrainienne ont quitté vers midi le port de Berdiansk, dans la mer d’Azov, pour rejoindre trois navires de guerre que Kiev avait envoyés ce matin dans l’espace maritime russe près du détroit de Kertch, a annoncé le FSB

Deux bateaux d'artillerie blindés ukrainiens qui ont quitté dimanche à 11h30, heure locale, le port de Berdiansk, dans la mer d’Azov, se dirigent à vitesse maximale vers le détroit de Kertch où Kiev a organisé ce matin une provocation dans l’espace maritime russe, indique le département des frontières du Service fédéral de sécurité (FSB) en République de Crimée.

Le FSB a mis en garde les autorités ukrainiennes contre «les actions dangereuses et irresponsables» et a souligné que des mesures nécessaires étaient mises en place «pour empêcher cette provocation».
Rappelons que ce dimanche, vers 7h00, trois navires de guerre de la Marine ukrainienne sont illégalement entrés dans l'espace maritime russe et se sont dirigés vers le détroit de Kertch. Selon le FSB, après avoir «traversé la frontière russe de façon illégale», les bâtiments ont effectué des manœuvres dangereuses en négligeant les demandes des autorités russes.

fr.sputniknews.com

Brexit : l'Espagne dit avoir trouvé un accord avec le Royaume-Uni sur Gibraltar

AFP/Archives Le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez et la Première ministre britannique Theresa May lors d'un Conseil européen à Bruxelles le 18 octobre 2018
Madrid va donc lever son veto et voter en faveur du Brexit, a déclaré le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Gibraltar a très largement voté contre le Brexit, craignant un isolement total du reste du continent.

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé officiellement à Madrid, samedi 24 novembre, que l'Espagne avait obtenu "un accord sur Gibraltar" et voterait "en faveur du Brexit". Cette enclave britannique a toujours irrité les Espagnols et ceux-ci souhaitaient obtenir un droit de regard sur les conditions de sortie de Gibraltar de l'Union européenne.

Gibraltar, enjeu du Brexit

"Je viens d'annoncer au roi d'Espagne que l'Espagne est parvenue à un accord sur Gibraltar", a déclaré Pedro Sanchez à la télévision. "Par conséquent, le Conseil européen aura lieu demain", a-t-il dit, en annonçant très clairement que "l'Espagne lèvera son veto et votera en faveur du Brexit". D'intenses négociations s'étaient poursuivies dans la journée entre Londres, Madrid et Bruxelles.

Madrid voulait des garanties sur l'avenir de Gibraltar
Madrid exigeait d'obtenir noir sur blanc un droit de veto à l'application de tout accord futur entre l'UE et Londres à Gibraltar, un territoire britannique située à l'extrême sud de la péninsule ibérique, et dont l'Espagne revendique la souveraineté. Pedro Sanchez avait averti que l'Espagne mettrait "son veto à l'accord sur le Brexit" si l'Espagne n'obtenait pas satisfaction.

La détermination de l'Espagne à obtenir des "garanties" sur l'avenir de Gibraltar avait fait planer le doute sur la réussite du sommet européen de dimanche sur le Brexit, qui doit sceller un accord historique de divorce entre l'UE et le Royaume-Uni.

Après 17 mois de négociations, les deux parties ont en effet réussi à finaliser un "traité de retrait" du Royaume-Uni puis une "déclaration politique" ébauchant les futures relations de Londres avec l'UE. Mais ces derniers jours, les exigences espagnoles étaient apparues comme un obstacle inattendu à l'approbation unanime de l'accord.

franceinfotv.fr

Brexit: Les dirigeants des 27 approuvent l'accord de divorce avec le Royaume-Uni

Emmanuel Macron aux côtés du négociateur en chef de l'UE Michel Barnier, du chancelier fédéral d'Autriche Sebastian Kurtz et du président du conseil européen Donald Tusk — JOHN THYS / AFP
SEPARATION - C'est une page historique qui se tourne, le Royaume-Uni étant le premier pays à claquer la porte du cercle européen...

Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne ont tourné une page historique en approuvant ce dimanche l’accord de divorce avec le Royaume-Uni ainsi que la déclaration ébauchant la relation post- Brexit avec ce pays. « Le Conseil européen approuve l’accord de retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique », écrivent les 27 dans les conclusions du sommet, ajoutant vouloir instaurer la relation « la plus proche possible » post-Brexit avec Londres.

Cette relation future a fait l’objet d’une « déclaration politique » séparée de l’accord de divorce, qui a également été approuvée par le Conseil européen.

La question de Gibraltar chère à Madrid
Les 27 ont remercié le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier « pour ses efforts inlassables » et « sa contribution pour maintenir l’unité parmi les 27 Etats membres tout au long des négociations » avec Londres.

Le procès-verbal du sommet réaffirme qu’un accord sur la pêche est « une priorité » et qu’il devrait être négocié avec le Royaume-Uni « bien avant la fin de la période de transition » fin décembre 2020.

Dans des documents annexes, dont une lettre du représentant britannique au conseil européen ainsi qu’une lettre du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du président du Conseil européen Donald Tusk au Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, des assurances sont données à l’Espagne sur le fait qu’elle aura son mot à dire dans les discussions sur la future relation entre l’UE et Gibraltar.

Cette question du rocher de Gibraltar, territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne, a menacé l’organisation du sommet jusqu’à la veille de la rencontre.

Un texte à l'épreuve du parlement britannique 
Le « traité de retrait », négocié dans la douleur pendant 17 mois entre Londres et Bruxelles, doit encore passer l’épreuve de la ratification du Parlement européen et surtout celle du parlement britannique avant d’entrer en vigueur le 29 mars 2019.

L’accord des députés britanniques, qui devront voter en décembre, est loin d’être gagné.

« Je ferai campagne corps et âme pour remporter ce vote, (…) pour le bien du Royaume-Uni et de l’ensemble de notre population », a promis Theresa May dans une lettre ouverte publiée dimanche dans la presse britannique.

 Nous resterons des alliés, des partenaires et des amis » avec le Royaume-Uni, a déclaré Michel Barnier à son arrivée au sommet.

Voir le Royaume-Uni « quitter l’UE n’est pas un moment de jubilation ni de célébration, c’est un moment triste et c’est une tragédie », a déclaré de son côté Jean-Claude Juncker.

20minutes avec AFP

Au Sénégal, un centre pour former les Africains à la cybersécurité

Etudier à Dakar (4/5). L’établissement formera policiers, militaires et civils à la lutte contre le terrorisme, le piratage informatique et la criminalité dans l’espace numérique.

Les ministres français et sénégalais des affaires étrangères ont inauguré, mardi 6 novembre à Dakar, une école de cybersécurité à vocation régionale. « Aucun pays ne peut se prémunir à lui seul des cyberattaques », a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise, Sidiki Kaba, à l’occasion du cinquième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Présenté lors de l’édition précédente du forum, le projet a été conçu pour développer les compétences des pays africains en matière de lutte contre la cybercriminalité et le cyberterrorisme, mais pas seulement. « Cette école n’est pas qu’un projet de défense mais répondra aussi aux besoins de régulation économique dans l’espace numérique », confiait lors de l’annonce de sa création, en novembre 2017, une source haut placée au sein de la Direction de la coopération de sécurité et de défense, organe du Quai d’Orsay qui pilote ce projet : « L’Afrique est en train d’effectuer des sauts technologiques plus rapides que l’Europe sans avoir tous les systèmes de protection nécessaires. Cet établissement permettra aux élites africaines de pallier leurs vulnérabilités informatiques. »

L’une des « priorités du futur »
Impulsée par la France mais portée par le Sénégal, l’idée de ce centre de formation est d’abord une volonté de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, qui voit dans la cybersécurité l’une des « priorités du futur » sur le continent.

« Les phénomènes d’usage d’Internet pour le financement du terrorisme et la diffusion de discours extrémistes encourageant à la radicalisation constituent des menaces pour la stabilité de ces Etats, a expliqué dans un communiqué le ministère français des affaires étrangères. Extorquer de l’argent ou détourner des systèmes de transfert constitue également un défi à la sécurité. En outre, le cyberespace ne connaissant pas de frontière, cette criminalité peut potentiellement affecter les Etats au-delà du continent africain. »

Provisoirement installé à Dakar, au sein des locaux de l’Ecole nationale d’administration (ENA), ce centre de formation disposera bientôt de son propre bâtiment dans la ville nouvelle de Diamniadio, située à une trentaine de kilomètres à l’est de la capitale. Il fera partie du réseau des Ecoles nationales à vocation régionale (ENVR), ces établissements de formation sécuritaire issus de partenariats entre la France et des Etats africains. Il en existe aujourd’hui seize dans dix pays, couvrant des domaines tels que le déminage, le maintien de l’ordre, la sécurité maritime et la protection civile. Deux ENVR ont été créées au Sénégal, l’une pour la formation de l’infanterie, à Thiès, et l’autre pour les officiers de gendarmerie, à Ouakam. Comme pour les autres établissements du réseau, l’école de cybersécurité devra respecter la règle suivante : 30 % d’étudiants nationaux et 70 % en provenance d’autres pays africains.

Si l’école s’adresse en priorité aux policiers et aux militaires, il est prévu qu’elle accepte aussi des civils et forme des jeunes à destination des entreprises. Ses cursus couvriront aussi bien la lutte contre le piratage informatique ou la surveillance d’Internet et des réseaux sociaux que la mise en place de cyberpatrouilleurs et de réseaux étatiques sécurisés.

Succès de la division spéciale
Plusieurs raisons expliquent le choix du Sénégal comme pays d’accueil. « Les Sénégalais possèdent des capacités numériques avancées et nous coopérons activement avec eux dans ce domaine, avance Jay Dharmadhikari, conseiller de Jean-Yves Le Drian. En outre, Dakar organise chaque année les Security Days [sur la sécurité numérique en Afrique] avec des entreprises françaises et le pays a adhéré à la convention de Budapest sur la cybercriminalité en 2016. »

La création de cette ENVR apparaît comme la suite logique des succès de la division spéciale de cybersécurité. Mise sur pied en six mois et opérationnelle depuis juillet 2017, cette structure, qui dépend de la direction de la police judiciaire sénégalaise, a déjà plusieurs faits d’armes. Elle a par exemple permis l’arrestation d’une quarantaine de hackeurs qui s’étaient introduits dans le système informatique de grandes entreprises sénégalaises pour détourner des sommes évaluées à plus de 100 000 euros. La France avait participé à la création de cette unité en fournissant 80 000 euros de matériel et en mettant à disposition un expert technique.

Episode 3 L’Université virtuelle du Sénégal, du numérique au physique
« Internet ne peut pas être une zone de non-droit qui échappe au contrôle de nos sociétés », a souligné Jean-Yves Le Drian, estimant que l’école « permettra de renforcer les capacités des Etats africains à exercer leur souveraineté sur le cyberespace ».

Des pays comme le Tchad, le Cameroun, la République démocratique du Congo (RDC), le Mali, le Gabon et le Niger sont régulièrement épinglés pour des coupures d’Internet et la censure sur les réseaux sociaux, en particulier lors des périodes électorales ou des manifestations d’envergure. N’y a-t-il pas un risque de voir ces enseignements et ces outils de cybersécurité détournés de leur usage afin d’augmenter la surveillance électronique et de limiter la liberté d’expression des populations du continent ? La question reste en suspens.

lemonde.fr

Michelle Obama et Elizabeth II : L'amusante vérité sur leur accolade scandaleuse(Avec AFP)

First Lady remarquable durant le mandat de son époux Barack, Michelle Obama a-t-elle fauté, ce fameux jour de 2009 où elle a sans embages passé son bras autour de la reine Elizabeth II ? Cela ne se fait pas et la buzzosphère avait manqué d'en faire une syncope. A posteriori, l'Américaine explique les raisons insoupçonnées de ce geste inattendu.

Nul n'est censé ignorer la loi... qui veut qu'on ne pose en aucune manière la main sur la monarque britannique. Pourtant, en ce 1er avril 2009, Michelle Obama enfreint la règle et passe son bras dans le dos de la reine Elizabeth II – laquelle lui rend la pareille – en pleine réception au palais de Buckingham à l'occasion du sommet du G20 alors organisé à Londres. Ce n'est pas un poisson d'avril. Stupeur chez les observateurs avertis (du protocole) et bad buzz dans les médias...

Bien des années plus tard, l'épouse de l'ancien président américain Barack Obama, qui entre-temps a revu à plusieurs reprises la vénérable souveraine, a ce moment encore bien en tête. Mais elle a aussi une explication insoupçonnée et un rien perchée à son geste, qu'elle fournit dans ses mémoires événement intitulés Becoming : cette accolade était en réalité un étonnant moment de solidarité féminine...


Tout était parti d'une remarque de la reine, qui, de son mètre 63 sous la toise, n'avait pas résisté à l'envie de faire remarquer à son invitée qu'elle la trouvait "tellement grande". Michelle Obama, qui culmine effectivement à 1,80 mètre, avait alors répondu en soulignant que ses talons Jimmy Choo y étaient aussi pour quelque chose. C'est alors qu'Elizabeth II avait eu "un geste d'agacement en désignant ses propres escarpins noirs", et de lâcher : "Ces chaussures sont vraiment inconfortables, n'est-ce pas ?"

Le faux pas ultime
L'ex-First Lady des États-Unis, qui décrit dans son livre la monarque britannique comme une "authentique icône" et reste marquée par "son sourire délicat", relate la suite de cet échange insolite : "J'ai avoué à la reine que j'avais mal aux pieds. Elle m'a avoué qu'elle aussi avait mal aux pieds. Nous nous sommes regardées avec la même expression, l'air de dire 'mais combien de temps va-t-on encore rester debout à ne rien faire avec ces grands dirigeants mondiaux ?'. Et là-dessus, elle est partie d'un rire absolument charmant. Oubliez un instant qu'elle porte parfois une couronne sertie de diamants et que j'étais arrivée à Londres à bord de l'avion présidentiel : nous n'étions rien d'autre que deux dames fatiguées opprimées par nos chaussures. Alors, j'ai fait ce que je fais instinctivement lorsque je me sens en phase avec une nouvelle personne, à savoir extérioriser mes sentiments. J'ai affectueusement passé la main par-dessus son épaule. À cet instant précis, je ne savais pas que j'étais en train de commettre ce qui allait être considéré comme un faux pas ultime."


Navrée après-coup, devant le tollé provoqué, que ce geste spontané ait pu faire de l'ombre aux efforts politiques que son mari déployait alors dans le cadre du G20, Michelle Obama n'y voit toujours pas le mal et explique en toute sincérité : "Si je n'ai pas fait ce qu'il fallait, au moins j'ai fait quelque chose d'humain. Je dirais même que cela n'a pas posé de problème à la reine, parce que lorsque je l'ai touchée, tout ce qu'elle a fait, c'est se rapprocher de moi, posant sa main gantée avec douceur dans le bas de mon dos."

Elizabeth II a par la suite accueilli à trois autres reprises le couple Obama, en 2011 à l'occasion d'une visite officielle, en 2012 pour les Jeux olympiques de Londres et en 2016 pour une nouvelle visite d'État coïncidant avec les célébrations de son 90e anniversaire. Elle les a également comiquement affrontés par vidéo interposée lorsque le prince Harry les a tous trois sollicités pour la promotion de ses premiers Invictus Games.

purepeople.com

60% des cadres envisagent de démissionner, selon une étude de Cadremploi

Selon Cadremploi, les 3 millions de cadres du secteur privé français évoluent sur un marché de plein emploi, ce qui expliquerait d'une part leur appétit de changement retrouvé et d'autre part la difficulté qu'affrontent les entreprises pour les recruter et à les fidéliser.

Les employeurs et leurs DRH risquent de tomber de leur chaise en lisant ce sondage réalisé par l'Ifop pour le compte de Cadremploi : six cadres sur dix envisagent de démissionner de leur poste actuel, principalement pour améliorer leurs perspectives professionnelles et leur salaire, selon une étude Ifop pour Cadremploi publiée mardi. 20% des cadres pensent même "souvent" à démissionner et "plus d'un cadre sur trois" va jusqu'à envisager une reconversion, d'après cette enquête.

Pour 80% des cadres, démissionner a été positif sur le bien-être général
Mais quatre cadres sur dix perçoivent la démission "comme risquée". Pourtant, parmi les cadres qui ont déjà démissionné, plus de 80% "constatent un impact positif sur leur niveau de bien-être général", notamment sur leur vie privée, relève Cadremploi dans un communiqué.

Pour ceux qui pourraient franchir le pas, "le manque de perspectives professionnelles et la rémunération" seraient "les principaux déclencheurs de démission", devant les "relations avec le management", "l'intérêt des missions" et "des raisons relevant de la vie personnelle", précise Cadremploi.

"Les cadres - qui sont plus de 3 millions en France dans le secteur privé - évoluent sur un marché de plein emploi où les entreprises ont des difficultés à les recruter et à les fidéliser. Les cadres ont donc la chance de pouvoir envisager de quitter leur entreprise pour tenter d'être plus heureux ailleurs si cette dernière ne répond pas à leurs attentes", souligne Julien Breuilh, directeur des études de Cadremploi, cité dans le communiqué.

Démissionner et toucher le chômage ? Une nouveauté bien accueillie
La loi "Avenir professionnel" est "bien accueillie" par six cadres sur dix, selon l'enquête. Votée l'été dernier, cette loi va ouvrir le droit à une indemnisation chômage, sous conditions, en cas de démission avec un projet de reconversion ou avec un projet de création ou reprise d'entreprise.

Mais pour entrer en vigueur, ce dispositif doit encore être retranscrit dans la nouvelle convention d'assurance chômage dont les négociations entre partenaires sociaux viennent à peine de commencer.

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Méthodologie

Cette enquête a été réalisée en ligne, du 10 au 16 octobre, auprès d'un échantillon de 1.001 cadres, représentatif de la population française des cadres actifs en poste selon la méthode des quotas. Cadremploi se présente comme le premier site pour l'emploi des cadres du secteur privé en France, notamment avec des offres d'emploi et le dépôt de CV.

latribune.fr

Etats-Unis : ce que les résultats des "midterms" changent pour Donald Trump

Avec une majorité désormais démocrate à la Chambre des représentants, les deux prochaines années s'annoncent difficiles pour Donald Trump. Franceinfo vous détaille les conséquences de l'issue de ces "midterms" pour le président américain.

Donald Trump n'aura pas obtenu la vague "rouge" qu'il espérait lors des élections de mi-mandat, mardi 6 novembre. Le président américain devra désormais cohabiter avec le Parti démocrate après la victoire du "camp bleu" à la Chambre des représentants. Mercredi 7 novembre, à 7 heures (heure française), les démocrates avaient gagné 24 sièges supplémentaires à la chambre basse du Congrès, au détriment du parti présidentiel.

A l'issue du scrutin, Donald Trump bénéficie pourtant encore d'une majorité au Sénat, renforcée d'au moins trois sièges, selon les dernières estimations du New York Times* mercredi matin. Affaibli par une nouvelle majorité "bleue" à la Chambre des représentants, mais aidé par un Sénat plus "rouge", comment Donald Trump pourra-t-il mener les deux dernières années de son mandat ? Franceinfo fait le point sur ce que ces midterms vont changer pour le président américain.

1 - Son agenda législatif bloqué
Avec une majorité d'élus démocrates à la Chambre des représentants – l'équivalent américain de l'Assemblée nationale – "l'agenda législatif conservateur risque de mourir", explique le site américain Vox*. Minoritaires, les élus républicains pourront difficilement proposer de nouvelles lois à leur exécutif au cours des deux prochaines années.

Concrètement, plusieurs des mesures emblématiques du programme de Donald Trump risquent d'être bloquées sur le plan législatif. Sans majorité, Donald Trump sera ainsi incapable d'abroger la loi Obamacare, réforme emblématique de l'assurance-maladie mise en place sous la présidence de Barack Obama. Il pourra difficilement toucher aux budgets alloués à plusieurs programmes sociaux, et réduire encore davantage la taxation des entreprises et des ménages américains les plus favorisés. Donald Trump devra également renoncer à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, précise Le Figaro. Il perdra enfin une marge de manœuvre conséquente sur la négociation des traités, puisque ceux-ci sont ratifiés par le Congrès, explique France Culture.

Cette cohabitation entre une Maison Blanche "rouge" et une chambre basse "bleue" risque d'engendrer une "impasse", relève Vox. Le site rappelle en effet que Donald Trump bénéficie d'un pouvoir de veto – les propositions démocrates risquent ainsi d'être bloquées, à leur tour, par le dirigeant. De son côté, le président aura toujours la possibilité d'avancer ses pions en signant des décrets présidentiels, auxquels Barack Obama avait largement eu recours après avoir perdu le contrôle démocrate de la Chambre des représentants. Mais ces décrets seraient susceptibles d'être défaits par une simple signature d'un prochain président.

2 - Vers de nouvelles enquêtes parlementaires le concernant
Une majorité démocrate à la Chambre des représentants implique aussi de nouvelles investigations visant le président américain. Comme le note la chaîne britannique BBC*, les démocrates vont désormais prendre la tête d'importants comités à la chambre basse, ce qui peut leur permettre de lancer des enquêtes, entre autres, sur les accusations d'agressions sexuelles visant Donald Trump, ou encore sur les affaires concernant ses sociétés, telles que le Trump International Hotel.

Le président américain semble également menacé par Bill Pascrell, un élu démocrate du New Jersey, qui se bat pour la diffusion des déclarations fiscales de Donald Trump. Victorieux mardi soir, ce parlementaire pourrait prendre la tête de la commission des "Ways and Means", en charge de la fiscalité à la Chambre des représentants, relève France Culture.

Les enquêtes existantes sur les soupçons de collusion entre la campagne de Donald Trump et la Russie, en 2016, risquent enfin de s'accélérer, une fois les démocrates à la tête de la Chambre des représentants. Toute politique controversée pourrait faire l'objet d'une enquête, note Vox.

3 - Son pouvoir de nomination des juges fédéraux conservé
Avec une majorité conservée et consolidée au Sénat, Donald Trump a échappé au pire cas de figure, celui d'un Congrès contrôlé par une "super-majorité" démocrate. Avec la chambre haute acquise à sa cause, le président pourra continuer à remodeler les tribunaux fédéraux à son image. Il va aussi conserver le pouvoir de nomination des juges fédéraux, qui peuvent peser sur des décisions concernant un large éventail de sujets, comme la protection sociale, le droit de vote ou l’accès à l’avortement.

Pendant les deux premières années de son mandat, la majorité républicaine au Sénat avait déjà permis à Donald Trump d’utiliser allègrement ce pouvoir de nomination. La chambre haute a ainsi confirmé 29 nominés de Donald Trump à des tribunaux d’appel fédéraux, alors qu’à titre de comparaison, elle n’avait confirmé que deux nominés à des postes équivalents lors des deux dernières années du mandat de Barack Obama, comme le souligne NPR.

4 - La perspective de sa destitution définitivement écartée
Avec une majorité simple à la Chambre des représentants, les démocrates pourraient théoriquement lancer une procédure d’"impeachment" à l’encontre du président des Etats-Unis. Mais une fois cette première étape franchie, le président ne serait destitué qu’à l’issue d’un procès et d’un vote au Sénat nécessitant une majorité qualifiée de deux tiers, c’est-à-dire de 67 sénateurs.

C’est en raison de cette condition que dans l’histoire des Etats-Unis, aucun président sous le coup d’une procédure d’impeachment n’a été destitué. Et avec une majorité de républicains au Sénat, le scénario d'une destitution de Donald Trump est tout simplement impossible.

francetvinfo.fr

Découverte fortuite du secret de la construction des pyramides

Des égyptologues sont tombés sur une rampe qui pourrait expliquer comment d’immenses blocs de pierre ont été empilés.

Le secret de la construction des pyramides est l’un des mieux gardé par l’Histoire. Mais en septembre, des égyptologues ont reçu un petit coup de pouce du destin. Alors qu’ils étudiaient des inscriptions anciennes sur le site de Hatnoub, une ancienne carrière dans le désert égyptien, ces derniers sont par hasard tombés sur une rampe datant de la même époque que la Pyramide de Gizeh (il y a 4 500 ans).

Longue de 30 mètres, sur trois mètres de large, encadrée par deux escaliers parallèles comportant des trous de poteaux, elle représente le haut d’une rampe de plus de 100 mètres de long. Cette découverte suggère qu’il existait à l’époque une technique plus développée que ce que l’on pensait jusqu’ici, qui aurait permis de construire les merveilles du monde plus rapidement.


Si la théorie de la rampe pour porter les blocs de pierre n’est en réalité pas entièrement inédite, la rampe découverte par l’équipe de chercheurs franco-anglaise contient des caractéristiques inattendues : elle est tout d’abord beaucoup plus inclinée que ce qui était imaginé jusqu’ici, ce qui est révolutionnaire : « La théorie de la rampe droite retrouve un intérêt car elle n’a plus besoin d’être si longue !

C’est une avancée extrêmement importante dans la pyramidologie ! », s’est exclamé Yannis Gourdon, le fondateur et codirecteur de la mission archéologique d’Hatnoub, interrogé par Ouest France. De plus, la présence de poteaux et de trous des deux côtés de la rampe suggère que les constructeurs parvenaient à hisser les blocs de pierre des deux côtés de la rampe (au lieu de les tirer derrière eux).

Enfin, elle permet d’imaginer un système selon lequel les personnes situées en-dessous du bloc utilisaient les poteaux pour créer un système de poulies tandis que celles situées au-dessus de celui-ci tiraient simultanément, l’empêchant de retomber.
Lire aussi > Un tombeau du dieu Amon découvert en Égypte

La construction des merveilles du monde pourrait donc avoir été beaucoup plus rapide que ce qu’on croyait jusqu’ici, même si le travail et le nombre de personnes impliquées sont conséquents : « Le système que nous avons découvert permettrait à plus de personnes d’exercer leur force en même temps.

Cela signifie donc que vous seriez en mesure d’exercer plus de force et de déplacer les blocs plus rapidement », a déclaré le Dr Roland Enmarch, maître de conférences en égyptologie à l’université de Londres, Liverpool et codirecteur du projet qui a fait la découverte (appelé le Hatnub Survey).

Bien sûr, plus de recherche sera nécessaire pour confirmer que cette rampe trouvée dans une carrière était bel et bien utilisée pour construire les pyramides. Mais des inscriptions ont révélé que la rampe datait de la même époque que le pharaon Khéops, qui avait construit la grande pyramide d’Égypte.

Et si la technique était utilisée dans le pays à l’époque, il y a fort à parier qu’elle a été utilisée par les constructeurs des pyramides. Une découverte de taille !

Source : Paris Match

Midterms 2018 : les Américains aux urnes pour un scrutin à l’issue incertaine

Les bureaux de vote sont ouverts aux Etats-Unis pour des élections de mi-mandat en forme de scrutin pour ou contre la politique de Donald Trump.

Les Américains sont appelés aux urnes, mardi 6 novembre, pour désigner leurs représentants au Congrès. Deux ans après la présidentielle de 2016 qui avait propulsé Donald Trump à la Maison Blanche, le scrutin va prendre des allures de référendum pour ou contre le président américain, dans un pays profondément divisé. En jeu : les 435 sièges de la Chambre des représentants, 35 au Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d’Etats, de la Floride à l’Alaska.
Les premiers bureaux de vote viennent d’ouvrir. Ils fermeront entre 18 et 21 heures (Etat de New York, Iowa, Dakota du Nord).

Signe du grand intérêt suscité par ces élections : déjà plus de 36 millions de bulletins avaient été déposés le 5 novembre dans les Etats permettant le vote anticipé ou par procuration. Ce chiffre est nettement supérieur aux quelque 22 millions enregistrés avant le jour du vote lors d’un rendez-vous comparable en 2014.

Incertitude réelle
L’impact de ces scrutins pourrait être monumental : en plus de cent cinquante ans, le parti du président n’a que très rarement échappé à un vote sanction, et les républicains redoutent de perdre le contrôle du Congrès.

Mais l’incertitude est réelle et les enquêtes sont trop serrées dans une vingtaine de circonscriptions pour pouvoir dire avec certitude qui, des républicains ou des démocrates, sera le vainqueur. Les sondeurs, échaudés par la « surprise » Trump en 2016 se gardent bien d’être trop définitifs dans leurs analyses. Le dernier billet de Nate Silver, le patron du site FiveThirtyEight, résume bien cette extrême prudence : « Les démocrates ne sont pas certains de prendre la Chambre, mais ils sont assez clairement les favoris. »

Pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, les démocrates doivent gagner 23 sièges supplémentaires et la victoire est à leur portée même si une trentaine de scrutins sont très serrés, selon les sondeurs ;
Les républicains devraient, en revanche, conserver le contrôle du Sénat : ils y disposent d’une courte majorité (51-49), mais la carte électorale de la Chambre haute est beaucoup plus défavorable aux démocrates car ils doivent défendre 26 sièges – et six d’entre eux sont menacés – contre seulement neuf pour les républicains.

Les électeurs républicains mobilisés
La bonne santé de l’économie américaine, qui connaît une situation de plein emploi et une croissance qui pourrait dépasser 3 % cette année, n’a pas été jugée comme un thème suffisamment fédérateur pour endiguer ce qui, un temps, a pu apparaître comme une vague bleue démocrate qui pourrait emporter la Chambre des représentants. Donald Trump a fait campagne jusqu’au bout, enchaînant les rassemblements « Make America Great Again », délivrant un message anxiogène sur l’immigration et en critiquant les élites représentées par une presse qu’il qualifie de mensongère et partisane.

En outre, la confirmation à la Cour suprême du juge conservateur Brett Kavanaugh, accusé d’abus sexuels lorsqu’il était lycéen, a provoqué un réveil de l’électorat évangélique, attaché aux questions liées à la famille et à la religion.

Les démocrates en manque de leadeurs
Les démocrates ont fait campagne sur la défense du système de santé. Mais ils parient aussi sur le rejet de Donald Trump, qu’ils sont nombreux à qualifier ouvertement de menteur et de catalyseur des violences racistes et antisémites récentes.

Faute de figure démocrate emblématique, l’ancien président Barack Obama est sorti de la réserve qu’il observait depuis son départ de la Maison Blanche et est venu faire campagne pour son parti, appelant avant tout les Américains à voter pour ce qu’il a qualifié d’élections les plus importantes de leur vie.

Inquiétudes sur la manipulation du scrutin
A la veille du scrutin, les agences de renseignement ont mis en garde les Américains contre les acteurs étrangers, « la Russie en particulier », qui continuent d’essayer d’influencer l’opinion publique.

Et Facebook a annoncé avoir bloqué environ 30 comptes, ainsi que 85 comptes sur le réseau de partage de photos Instagram qu’il détient, qui pourraient être liés à des entités étrangères et servir à des ingérences dans les élections américaines.



Lemonde.fr

Cour suprême : une femme accuse le candidat de Trump d'agression sexuelle

VIDÉO - L'agression, que le juge Kavanaugh a formellement démentie, se serait produite dans les années 1980 au lycée selon le témoignage d'une femme publié dimanche dans le Washington Post. Un retournement qui pourrait perturber sa confirmation par le Sénat américain.


Nouveau retournement dans le processus de nomination du juge Kavanaugh au siège de la Cour suprême. Dans un témoignage publié dimanche dans le Washington Post, une femme a accusé le candidat de Donald Trump d'agression sexuelle dans les années 1980, lorsqu'il était lycéen. Un retournement qui promet de perturber sa confirmation par le Sénat américain. Magistrat conservateur, ancien conseiller du président George W. Bush, le juge Brett Kavanaugh, 53 ans, conteste catégoriquement ces accusations. Les démocrates ont immédiatement réagi, exigeant le report du vote au Sénat sur sa confirmation.

L'enjeu est grand. Brett Kavanaugh pourrait, s'il est confirmé à ce poste à vie, faire basculer pendant au moins une génération l'équilibre de la Cour suprême. Elle est chargée aux États-Unis de trancher sur des questions divisant profondément la société, comme l'avortement ou les armes. Les républicains disposent d'une très courte majorité (51-49) au Sénat, qui a le dernier mot sur les candidats désignés par le président américain. Déjà sous la loupe, la réaction de deux sénatrices républicaines défendant le droit à l'avortement va donc être scrutée de près dans les prochains jours.

«Devoir civique»
A deux mois d'élections parlementaires qui pourraient voir les démocrates prendre la majorité au Congrès américain, la Maison Blanche et les républicains n'ont pas de temps à perdre. Mais le témoignage de Christine Blasey Ford, publié dimanche par le Washington Post, pourrait enrayer un processus qui s'annonçait rapide.

Professeure universitaire de psychologie âgée de 51 ans, elle affirme qu'au début des années 1980, lorsque Brett Kavanaugh était scolarisé dans la proche banlieue de Washington, ce dernier et un ami «complètement ivres» l'auraient coincée dans une chambre lors d'une soirée. Brett Kavanaugh l'aurait maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements par dessus ses vêtements, qu'il aurait tenté sans succès de lui retirer. Quand elle aurait tenté de crier, il lui aurait couvert la bouche avec la main. «J'ai pensé qu'il risquait de me tuer sans le vouloir», a-t-elle confié au journal. Elle avait finalement pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce.

Christine Blasey Ford dit n'avoir parlé à personne des ces faits, qui l'ont pendant longtemps affectée, jusqu'à une séance de thérapie de couple avec son époux en 2012. Elle a fourni au journal des notes prises par son psychothérapeute à l'époque, quand elle évoquait «une tentative de viol» pendant son adolescence. Ces informations étaient parvenues dès cet été dans une lettre confidentielle à une influente sénatrice démocrate, Dianne Feinstein, qui n'en avait pas touché mot aux autres sénateurs. Cette dernière avait finalement révélé jeudi avoir donné sa lettre à des inspecteurs.

Christine Blasey Ford explique au Washington Post que face aux rumeurs folles qui couraient depuis sur son identité, elle a décidé de sortir de l'ombre. «J'estime désormais que mon devoir civique pèse plus lourd que mon angoisse et ma terreur face à des représailles», explique cette professeure de l'université de Palo Alto. Electrice démocrate, elle a fait des petits dons à des organisations politiques, précise le Washington Post.

«Une insulte pour les femmes»
Un vote en commission sénatoriale est prévu jeudi sur la confirmation de Brett Kavanaugh, avant le vote final en séance plénière qui pourrait intervenir dès fin septembre. Maintenant que l'accusatrice a parlé publiquement «il revient au FBI de mener une enquête. Cela devrait se produire avant que le Sénat n'avance sur cette nomination», a déclaré dimanche Dianne Feinstein, dans un communiqué. «Insister pour voter maintenant serait une insulte pour les femmes américaines et l'intégrité de la Cour suprême», a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

Dénonçant depuis jeudi une «opération de la dernière chance», la Maison Blanche a renvoyé le Washington Post vers le démenti «catégorique et sans équivoque» de Brett Kavanaugh publié en fin de semaine. «Je n'ai pas fait cela, que ce soit au lycée ou à n'importe quel autre moment», écrivait le juge, catholique pratiquant, marié et père de deux filles. Plus de 60 femmes disant le connaître à l'époque l'ont défendu dans une lettre.

«Au cours de ses 25 ans dans la fonction publique le FBI a consciencieusement et régulièrement étudié le parcours de Brett Kavanaugh», avait insisté jeudi la Maison Blanche. Un argument repris par les républicains au Sénat. Après la publication de l'interview, le sénateur républicain Lindsey Graham s'est toutefois dit prêt à entendre Christine Blasey Ford en commission si elle le désire. Avant d'ajouter que cela devrait «être fait immédiatement, afin que le processus puisse se poursuivre comme prévu».

lefigaro.fr

Présidentielle au Sénégal : le PDS se déchire autour de la candidature de Karim Wade

Une succession de lettres a mis le feu aux poudres au Parti démocratique sénégalais (PDS), où certains responsables commencent à questionner la stratégie du « va-tout » autour de la candidature de Karim Wade à l'élection présidentielle, prévue en février prochain.

Faut-il prévoir une alternative à la stratégie du « Karim ou rien » ? C’est une question qui agite le PDS depuis des mois mais que ses principaux responsables prenaient soin jusqu’ici de ne pas aborder, du moins publiquement. L’échange épistolaire peu amène qui vient de se jouer entre Abdoulaye Wade et son homme de confiance – et patron des députés du PDS -, l’avocat Madické Niang, à défaut de trancher le débat, laisse affleurer le clivage qui se joue en interne sur cette question stratégique pour le premier parti d’opposition au Sénégal.

Dans une lettre signée depuis Dubaï, Abdoulaye Wade n’y est pas allé de main morte pour s’attaquer à Madické Niang, accusant explicitement ce dernier de trahison. « Compte tenu des relations que nous avions entre nous, j’étais en droit de penser qu’il n’aurait jamais choisi la forme du coup de poignard dans le dos », assène Gorgui (« le Vieux », en wolof). Cause de son courroux : une missive reçue quelques jours plus tôt et dont Madické Niang serait, à ses yeux, l’instigateur occulte.

« La seconde option »
Le texte en question est pourtant bien flagorneur. Daté du 2 septembre et adressé à « son Excellence Maître Abdoulaye Wade », qualifié notamment de « défenseur des causes justes » et de « visionnaire », il invite celui-ci à « une discussion stratégique sur la présidentielle du 24 février 2019 ». Et surtout à désigner un autre candidat pour le PDS, après le rejet par la Cour suprême du recours formulé par Karim Wade en vue de son inscription sur les listes électorales.

« Cette décision de la Cour suprême nous impose une alternative qui est d’affronter Macky Sall dans la rue au risque de détruire le pays que vous avez construit ou de le battre dans les urnes en choisissant un autre candidat, écrit l’auteur de la lettre, un certain Thierno Birahim Thiobane, qui se présente comme conseiller départemental PDS à Kaolack. Et tout votre cursus politique nous oriente vers la seconde option. »

"À L’UNISSON, LES TÉNORS DU PARTI  ÉVOQUENT PUBLIQUEMENT LA PERSPECTIVE « D’UN BRAS DE FER » AVEC LE RÉGIME POUR IMPOSER LEUR CANDIDAT"

Une tonalité bien différente du mantra répété en boucle ces derniers mois sur « l’absence de plan B » au PDS en vue de la présidentielle de février 2019. À l’unisson, les ténors du parti  évoquent même publiquement la perspective « d’un bras de fer » avec le régime pour imposer leur candidat. « Nous sommes prêts à tout et nous avons l’expérience de la lutte », déclarait ainsi à JA, il y a quelques jours, le porte-parole du parti, Babacar Gaye.

« On n’a fait qu’exprimer une opinion interne au sein du parti, se défend Thierno Birahim Thiobane. Si Abdoulaye Wade a réagi avec une telle véhémence, c’est peut-être parce qu’il est manipulé par son fils. » Et de rappeler que plusieurs élus (notamment cinq députés) et responsables locaux du PDS ont cosigné la missive.

L’un des députés « signataires », Mor Kane, affirme pourtant n’avoir jamais été associé à cette initiative. « On m’a appelé en me demandant quelle devrait être la marche à suivre après le rejet du recours devant la Cour suprême, explique ce dernier à Jeune Afrique. Et j’ai simplement répondu qu’il fallait s’adresser à notre président Abdoulaye Wade, que je respecte beaucoup. Je n’ai jamais vu cette lettre. »

« Une candidature de recours »
Quid du rôle de Madické Niang dans cette affaire ? « Je n’ai jamais été en contact avec lui lors de la rédaction de ce texte », assure Thierno Birahim Thiobane. Même son de cloche du côté de l’intéressé, qui jure dans un communiqué relayé par la presse en ligne sénégalaise n’avoir « jamais trahi Abdoulaye Wade » et « n’être ni de près ni de loin mêlé à l’initiative de Thiombane, que je n’ai jamais rencontré et avec qui je n’ai pas parlé une seule fois ».

Mais dans le même texte, Madické Niang – qui demeurait injoignable ce mardi – révèle aussi avoir envoyé une lettre à l’ancien président, le 3 septembre, où il lui proposait « une candidature de recours en cas de nécessité ». « J’avais choisi cette voie directe et confidentielle parce qu’il s’agit pour moi d’une question importante pour l’avenir du Sénégal qui mérite une réflexion profonde et lucide », estime-t-il.

Un discours à rebours de celui tenu en public depuis des mois par ce haut responsable du PDS. Le même jour, 3 septembre, Madické Niang affirmait ainsi à JA : « Il ne s’agit pas de boycotter l’élection mais de l’empêcher de se tenir sans Karim. »

jeuneafrique.com

Guerre commerciale : Ford ne fait pas de cadeaux à Trump

VIDEO. Contrairement à ce qu'espérait le président américain, le constructeur américain ne fabriquera le modèle Active de la gamme Ford Focus aux Etats-Unis.

Ford n'a pas l'intention d'offrir une victoire symbolique à Donald Trump. Le constructeur automobile a douché l'enthousiasme du président américain en annonçant qu'il ne fabriquerait pas la Ford Focus Active aux Etats-Unis.

« Ce n'est que le début. Cette voiture peut maintenant être FABRIQUEE AUX ETATS-UNIS et Ford ne paiera pas de taxes de douane ! », s'était pourtant félicité d'avance le magnat de l'immobilier sur Twitter, rappelant que Ford avait renoncé en août à  importer aux Etats-Unis des véhicules fabriqués en Chine .

Pas rentable
« Il ne serait pas rentable de produire la Ford Focus Active aux Etats-Unis étant donné que les ventes annuelles ne devraient pas dépasser 50.000 unités et qu'il s'agit d'un produit de niche », a immédiatement répliqué le constructeur automobile.

L'arrêt de la fabrication de ce crossover assemblé à Chongqing (sud-ouest de la Chine) a été annoncé face à la perspective d'une augmentation des droits de douane américains sur les produits importés de Chine aux Etats-Unis. Cette décision n'aura pas de conséquence sur les effectifs, ni d'impact significatif sur le volume de ventes du constructeur américain, avait alors assuré le président de Ford Amérique du Nord, Kumar Galhotra.

VIDEO. Guerre commerciale USA-Chine : les raisons de l'affrontement

Escalade
Alors que Washington a annoncé qu'il pourrait  taxer 200 milliards de dollars de biens chinois , Donald Trump a de nouveau évoqué, la semaine dernière,  une salve supplémentaire portant sur 267 milliards de dollars. La Maison-Blanche justifie ces décisions par la volonté de réduire le déficit commercial entre les deux économies. Jusqu'ici, la Chine a répliqué à chacune des mesures américaines par des sanctions identiques.

La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump suscite l'inquiétude des grandes entreprises américaines. Apple a ainsi fait savoir qu'il pourrait  être contraint d'augmenter le prix de ses produits en raison de la hausse des droits de douane. Ce à quoi le président américain a répondu : « Il y a une solution simple. Fabriquez vos produits aux Etats-Unis au lieu de la Chine. Commencez à construire de nouvelles usines dès aujourd'hui. Excitant ! »

Adrien Lelièvre - lesechos.fr