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Trump, Macron et Erdogan enflamment le sommet de l’OTAN


Une série de passes d’armes entre Donald Trump, Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan a aggravé la zizanie au sein de l’OTAN mardi, avant le sommet de son 70e anniversaire, l’affaiblissant face à la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

Les récentes déclarations du président français jugeant l’Alliance née en 1949 en état de « mort cérébrale » et la montée des tensions avec le président turc au sujet de son intervention en Syrie ont électrisé les échanges dans les heures précédant le début des commémorations à Londres.

Le milliardaire américain a lancé les hostilités en qualifiant les propos d’Emmanuel Macron de « très insultants » et de « très, très méchants » : « Personne n’a besoin de l’OTAN plus que la France », a-t-il dit.

Donald Trump a également durement critiqué la volonté de Paris de taxer les géants technologiques américains. Son gouvernement a déjà menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français, dont les fromages, les yogourts, le vin pétillant.

Face au président français plus tard dans la journée, le milliardaire américain a adopté un ton plus conciliant. Les deux dirigeants se sont accordés sur leur capacité à surmonter ce que M. Trump a qualifié de « différend mineur » commercial.

Mais la fâcherie perdure concernant l’OTAN. Le chef de l’État français est resté ferme et « maintient » ses propos qui ont irrité la plupart des alliés.

Le patron de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a défendu l’organisation, se disant « en désaccord ».

« Il ne faut pas mettre en doute l’unité et la volonté des alliés de se défendre les uns les autres », a-t-il déclaré.

La Turquie et le dossier syrien
Mais en interne, l’intervention lancée par Ankara en octobre dans le nord-est de la Syrie, sans en informer les autres membres de l’Alliance, a fait monter la tension. La situation a tourné à l’incident diplomatique entre Paris et Ankara la semaine dernière, lorsque Recep Tayyip Erdogan a estimé que le président français était lui-même en état de « mort cérébrale ».

« Quand je regarde la Turquie, ils se battent à présent contre ceux qui ont combattu à nos côtés. Et parfois, ils travaillent avec des intermédiaires » du groupe djihadiste État islamique, a renchéri M. Macron face à la presse avec Donald Trump.

En fin d’après-midi, une rencontre de près d’une heure rassemblant MM. Macron et Erdogan ainsi que Boris Johnson et Angela Merkel n’a pas permis de régler le différend. « Toutes les clarifications n’ont pas été obtenues et toutes les ambiguïtés n’ont pas été levées », a déclaré Emmanuel Macron à l’issue de la réunion.

Avec la Turquie, a-t-il expliqué, « il y a des désaccords qui existent, des choix qui ne sont pas les mêmes, mais il y a la nécessité d’avancer ».

« La réunion a été intéressante, mais ce ne peut être que le début d’un processus de discussion plus long », a pour sa part déclaré Angela Merkel.

Les questions chinoise et russe
Ces échanges ont éclipsé les sujets dont doivent débattre les membres de l’OTAN, qui se réunissent mercredi matin dans un club de golf de luxe à Watford, en périphérie de Londres, après un dîner mardi soir autour de la reine Élisabeth II au palais de Buckingham. En tête des préoccupations : la montée en puissance de la Chine et la militarisation de l’espace, en plus des relations difficiles avec la Russie.

Vladimir Poutine a dénoncé mardi le comportement « pas correct, voire grossier » de l’OTAN, accusée par le Kremlin d’avoir continué à s’agrandir malgré les promesses faites, selon Moscou, avant la chute de l’URSS. Mais il s’est dit prêt à coopérer avec l’Alliance atlantique.
« Nous devons entreprendre un dialogue sans naïveté avec la Russie pour réduire la conflictualité » avec ce pays, a pour sa part soutenu Emmanuel Macron, réclamant comme « préalable » des « avancées » sur le règlement de la crise entre la Russie et l’Ukraine.

Outre les attaques contre la France, Donald Trump, qui depuis son élection pousse ses alliés à augmenter leurs budgets militaires pour partager davantage le fardeau, a lancé une nouvelle charge contre les « mauvais payeurs » de l’OTAN, notamment l’Allemagne.

Il veut maintenir la pression sur les alliés pour leur faire respecter leur engagement de consacrer 2 % de leur PIB à leurs budgets militaires en 2024. La France dépensera l’équivalent de 2 % en 2025, mais l’Allemagne, à 1,42 % en 2020, ne respectera pas son engagement avant le début de la décennie 2030.

S’il s’est félicité d’avoir « obtenu 130 milliards de dollars », en référence à la somme que le Canada et les membres européens auront ajoutée aux budgets de la défense en quatre ans, M. Trump s’est dit toujours insatisfait.

ledevoir


 Plus de 60 migrants africains sont morts noyés au large de la Mauritanie en tentant de gagner l'Europe, dans le pire naufrage en 2019 sur la route des migrations longeant la côte Atlantique.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état de 62 décès, une source sécuritaire de 63 morts après que cinq corps eurent été rejetés par la mer jeudi, au lendemain du désastre. Possible présage d'un bilan plus lourd encore.

L'un des rescapés a raconté l'épreuve vécue par ce groupe, des Gambiens dans la très grande majorité, qui a passé une semaine en mer à bord de ce que les Mauritaniens ont décrit comme une embarcation de fortune.

Dia Alpha Sonoko, un jeune qui se dit Sénégalais, pays voisin de la Gambie d'où est parti le bateau, a pris la mer "pour aller chercher de quoi gagner (sa vie) pour survivre et pour aider nos parents, parce qu'il n'y a pas assez de travail là-bas dans notre pays". Il a raconté comment les passeurs les avaient laissés tomber et comment les passagers de l'embarcation ont erré en mer, avant le naufrage.

"On était 195 personnes sur le navire, il n'y a que 81 personnes qui ont survécu, tous les autres sont dans la mer", a-t-il dit.

Près de 25.000 personnes sont mortes depuis janvier 2014 en tentant de rejoindre l'Europe pour un mélange de raisons économiques, sociales ou politiques, a indiqué l'OIM. La grande majorité (19.154) ont péri en Méditerranée sur les principales routes d'accès au continent européen. Mais plus de 480 ont aussi perdu la vie sur la route d'Afrique de l'Ouest, dont environ 160 en 2019.

Le naufrage survenu mercredi est le plus meurtrier cette année sur cette route, selon l'OIM.

Le groupe, parmi lequel des femmes et surtout des jeunes de 20 à 30 ans, s'était embarqué le 27 novembre en Gambie, à bord d'une pirogue à moteur, selon les informations concordantes de l'OIM et des autorités mauritaniennes.

Destination: les Canaries, archipel espagnol au large du Maroc et porte d'entrée potentielle en Europe.

"Ils n'avaient plus d'essence, ils ont voulu se rapprocher de la Mauritanie et ont heurté un rocher", a relaté la porte-parole de l'OIM pour l'Afrique de l'Ouest, Florence Kim.

Anonymes
L'embarcation "a commencé à prendre l'eau. Ils n'étaient pas très loin du rivage, mais une forte houle les a empêchés d'atteindre la côte en bateau", a dit une source sécuritaire mauritanienne.

Ils ont quitté l'embarcation à la nage. Quatre-vingt-trois naufragés, dont dix mineurs, sont parvenus à rejoindre le rivage selon l'OIM. Mais des dizaines d'autres ont péri.

Les victimes ont été enterrées près de Nouadhibou dans la nuit, sans attendre, selon les prescriptions musulmanes, et sans être identifiées, selon la porte-parole de l'OIM.

Les rescapés ont été pris en charge à Nouadhibou, place portuaire et deuxième ville de Mauritanie.

Parmi les rares images en provenance de la région éloignée, proche du Sahara occidental, des photos montrent les survivants éprouvés, assis sur des nattes sous des couvertures à l'abri du soleil, et recevant la visite de responsables mauritaniens.

Les rescapés ont été recueillis "suivant les règles d'hospitalité qu'exigent la solidarité humaine, la fraternité et l'hospitalité africaines", a dit le ministère mauritanien de l'Intérieur.

"Cette situation rappelle, s'il en est besoin, la tragédie que cause le phénomène de l'immigration clandestine, qui décime la jeunesse africaine".

Pays de départ-
Parmi les voies de migration pour gagner l'Europe, la route de l'Afrique de l'Ouest, par mer ou par terre, fut l'un des itinéraires privilégiés, emprunté par des dizaines de milliers de migrants au milieu des années 2000. Par la mer, des sortes de bateaux taxis collectent les migrants dans les ports au départ du golfe de Guinée.

Les Canaries (Espagne), à une centaine de kilomètres des côtes marocaines, offraient l'une des principales portes d'entrée à l'Union européenne.

Les mesures prises par l'Espagne ont réduit le flux, au point qu'un centre pour les migrations à Nouadhibou a été fermé, rapporte un correspondant de l'AFP. Au même moment, les migrants empruntaient en nombre les trajets méditerranéens vers l'Espagne, la Grèce ou l'Italie.

Mais la route occidentale connaît un relatif regain depuis environ deux ans, en raison des mesures prises contre la migration transitant par la Libye, indique Florence Kim.

La Gambie est, en proportion de sa population d'environ deux millions d'habitants, l'un des pays qui connaissent le plus de départs, pour une combinaison de raisons, et pas seulement économiques malgré la pauvreté du pays, dit la porte-parole. Elle évoque l'absence de foi dans l'avenir, ou la pression familiale intense comme au Sénégal voisin.

Hademine OULD SADI AFP

Le premier ministre Pedro Sanchez (à droite) avec des bénévoles lors d'une visite du centre des congrès IFEMA à Madrid, le 30 novembre 2019, qui accueillera le sommet pour le climat de l'ONU COP25 du 2 au 13 décembre prochains. PIERRE-PHILIPPE MARCOU/AFP 
196 pays sont appelés à réviser leur ambitions climatiques.

L'humanité doit mettre fin à sa «guerre contre la nature»,a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres ce dimanche, à la veille de l'ouverture de la conférence climat de l'ONU (COP25) à Madrid, dénonçant les engagements «totalement insuffisants» de la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les délégations de 196 pays signataires de l'accord de Paris sur le climat de 2015 doivent se retrouver ce lundi 2 décembre à Madrid pour 12 jours. Organisée en dernière minute dans la capitale espagnole, après le désistement du Brésil puis du Chili, en pleine crise sociale, la réunion s'annonce ardue. États participants ou démissionnaires, principaux enjeux, points d'achoppements... Faisons le point.

Une COP25 organisée en urgence à Madrid
Après le désistement du Brésil, qui avait renoncé, en novembre 2018, dans la foulée de l'élection du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climato-sceptique assumé, le Chili s'était porté volontaire pour accueillir la COP 25 en 2019. Mais le 30 octobre dernier, le président chilien a fini par annoncer que son pays, aux prises avec une contestation sociale qui ne faiblit pas, renonçait à accueillir la Conférence de l'ONU sur le climat.

Le lendemain, l'Espagne a alors proposé d'accueillir la conférence sur les changements climatiques, aux mêmes dates que celle prévue initialement au Chili. Vu l'urgence du calendrier, la proposition a été acceptée dès le surlendemain par l'ONU.

Les 25.000 délégués, dont la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, seront donc accueillis à l’Ifema, un immense salon des foires situé à proximité de l’aéroport international de Madrid. Si le Chili conserve la présidence de l’événement, de nombreuses critiques ont émergé de la société civile, avec la crainte que la délocalisation empêche certains participants de se déplacer jusqu’à Madrid (frais supplémentaires, visas, etc.).

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dès 2020
«Time for action» : le moment d'agir. Le slogan de cette 25e réunion annuelle de l'ONU sur le climat est clair. L'objectif principal est d'inciter les États signataires à réviser, d'ici à la fin 2020, leurs engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L'accord de Paris de 2015 prévoit que les quelque 200 pays signataires révisent d'ici à fin 2020 leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'horizon, pour beaucoup d'entre eux est donc pour dans un an.

68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements d'ici à 2020, mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts, qui doutent que la Chine ou l'UE dévoilent leurs intentions avant le milieu de l'année prochaine. Quant aux États-Unis, ils ont confirmé début novembre leur retrait de l'accord de Paris l'an prochain.

Il y a pourtant urgence. Dans l'espoir de limiter le réchauffement de la terre à 1,5°C, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dès l'an prochain, et ce jusqu'en 2030, a indiqué l'ONU le 26 novembre dernier dans un rapport. Selon ce rapport, les températures moyennes risquent de progresser de 3 à 5°C au cours du siècle sur la tendance actuelle des rejets de gaz à effet de serre.

Les points qui fâchent : marchés carbone et «pertes et préjudices»
Avec une présidence chilienne affaiblie, certaines négociations risquent d'être plus compliquées, notamment pour boucler le manuel d'utilisation de l'accord de Paris. La COP24 a doté l'an dernier à Katowice (Pologne) le pacte climatique des règles nécessaires à sa mise en oeuvre, sauf sur un dossier compliqué et très controversé, les marchés carbone (les échanges d’émissions de CO2 qui permettent aux pays les moins pollueurs de revendre des quotas à ceux émettant plus).

utre sujet récurrent de discorde qui reviendra sur la table : l'assistance aux pays en développement pour s'adapter aux incidences et réduire leurs émissions. Les pays du Nord ont promis de porter ces financements à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020. Selon le dernier rapport de l'OCDE, ces chiffres sont en hausse, avec 71,2 milliards en 2017.

Mais les pays du Sud réclament aujourd'hui une accélération des négociations sur le financement des «pertes et dommages» subies, qu'un groupe d'ONG a récemment estimé à 300 milliards par an en 2030.

Présence discrète des États-Unis, Macron absent
Le sommet sur le climat est mis à mal par un contexte géopolitique défavorable. Outre les États-Unis qui ont officialisé leur retrait de l'accord de Paris sur le climat, le Brésil de Bolsonaro et l’Australie, dirigée par le conservateur Scott Morrison, ont tous deux boudé, en septembre dernier, le sommet spécial de l'ONU sur le climat. Les regards se tournent également vers l'UE, troisième pollueur mondial après la Chine et les États-Unis, dont le Parlement a voté, le 28 novembre, l'urgence climatique.

Près de cinquante chefs d’Etat et de gouvernement assisteront à l’ouverture de la COP25 ce lundi. Les États-Unis seront représentés à Madrid par une responsable du département d'État. Leur retrait de l'accord sur le climat, en raison d'une clause particulière, ne sera effectif, au plus tôt, que le 4 novembre 2020.

La France, elle, sera représentée par le premier ministre Édouard Philippe, accompagné de la secrétaire d’État Brune Poirson. L'absence d'Emmanuel Macron, qui avait déjà boudé la COP24 en Pologne, est d'ores et déjà pointée du doigt par les militants écologistes.

lefigaro.fr


En 1992, une jeune fille âgée de 12 ans avait pris la parole devant de nombreux officiels pour leur parler de l'urgence climatique.

Greta Thunberg pourra difficilement se défaire de la comparaison. Depuis son discours, militant et engagé, lors de la COP 24 il y a un peu plus d’un an, et tandis que la COP 25​ s’ouvre à Madrid, ce lundi, l’ombre de  Severn Cullis-Suzuki plane sur elle. Et à raison. Cette canadienne originaire de Vancouver avait fait face aux représentants de plus de 175 pays, à l’occasion du troisième Sommet de la Terre, à Rio, en 1992, pour faire part de sa colère et de son incompréhension. Comme Greta.

« Ce que vous faites me fait pleurer la nuit », leur avait-elle alors avoué. Avant de leur intimer l’ordre de faire « que vos paroles s’accordent avec vos actes ».

Militante et engagée pour les minorités
Depuis, la jeune fille a bien grandi. Militante toujours très active, la désormais biologiste et ethnoécologiste, âgée de 40 ans, s’est installée sur l'archipel Haïdas Gwaii, où elle a épousé un Haïdas avec qui elle a eu un enfant.

Elle y a aussi appris le Xaayda kil, le dialecte Skidegate de la langue Haïda menacé de disparition

20minutes.fr


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La Chine montre la voie de l'épuration ethnique en toute impunité

Au Xinjiang, un million de personnes sont emprisonnées dans des camps de concentration. Qui s'en soucie ?



Les révélations publiées le 16 novembre par le New York Times [et celles de l'ICIJ, reprises par dix-sept médias dont Le Monde le 24 novembre, ndlr], basées sur des centaines de pages de documents du Parti communiste chinois ayant fuité, détaillent l'organisation et les délibérations derrière les détentions de masse dans les camps de rééducation pour musulmans de la province chinoise du Xinjiang, dont la majorité des prisonniers sont membres du groupe ethnique des Ouïghours.

L'article écrit par Austin Ramzy et Chris Buckley expose la conviction du président Xi Jinping que le radicalisme islamique est comparable à un «virus» qui ne peut se soigner qu'au moyen d'une «période de traitement interventionniste douloureux».

Informations prévisibles
Dans l'un des passages les plus glaçants, on découvre les instructions données aux responsables locaux sur le discours à tenir aux membres de la famille de prisonniers qui rentrent chez eux après un séjour dans d'autres régions de Chine et s'étonnent de la disparition de leurs proches.

Il faut leur dire que ceux-ci reçoivent une «formation» afin de les instruire sur les dangers de l'extrémisme, et que s'ils n'ont pas enfreint la loi, il ne leur est pourtant pas permis de s'en aller. Il faut leur dire que leur famille doit «se réjouir de cette opportunité d'éducation gratuite fournie par le parti et le gouvernement visant à éradiquer totalement les pensées fautives, mais aussi à apprendre le chinois [le ouïghour est une langue turque, ndlt] et une formation professionnelle».

On les prévient également que leurs proches détenus sont soumis à un système de notation par points qui détermine à quel moment ils seront libérés, et que le comportement de leur famille a une influence sur cette note.

Aussi inquiétantes que soient ces informations, elles étaient prévisibles. Cela fait un bon moment que la communauté internationale est au courant des exactions commises à l'encontre des Ouïghours. Les récits des survivants et l'imagerie satellite montrent l'ampleur du processus de détention, de la surveillance et des limitations de la liberté religieuse auxquelles sont soumis les musulmans du Xinjiang.

À l'instar de hauts représentants américains comme le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'État Mike Pompeo, l'ONU a condamné la Chine. Les États-Unis ont imposé des restrictions de visa et des sanctions à un certain nombre de hauts fonctionnaires et d'entités soupçonnées de jouer un rôle dans la répression des Ouïghours.

Et pourtant, la réaction du monde reste particulièrement discrète face à l'emprisonnement de ce qui pourrait se chiffrer à un million de personnes dans des camps de concentration sur la base de leur religion et face à la tentative systématique, confinant au génocide culturel, d'effacer toute une identité.

Critiques tues
Très peu d'entreprises ou d'organismes boycottent la Chine. Dans deux ans, les Jeux olympiques d'hiver seront probablement lancés sans anicroche.

La réponse des États-Unis est affaiblie par le fait que Donald Trump ne figure pas parmi les hauts fonctionnaires qui attirent l'attention sur les camps. Malgré ses nombreuses critiques de la Chine, le président américain aborde rarement le sujet des droits humains, et il n'a pas évoqué les musulmans chinois lors d'un récent discours, largement médiatisé, sur la liberté religieuse.

Le gouvernement chinois a habilement brouillé les pistes en utilisant la menace bien réelle du terrorisme et de l'extrémisme religieux pour justifier la détention de masse de centaine de milliers de personnes qui n'ont de lien ni avec l'un, ni avec l'autre.

L'expert en terrorisme Colin Clarke a récemment expliqué sur Slate.com comment, pour justifier son autoritarisme, la Chine semble avoir emprunté des éléments de langage de la «guerre contre le terrorisme» des États-Unis.

Le reportage du New York Times laisse penser que c'était tout à fait délibéré: Xi Jinping a exhorté les autorités à imiter la réaction américaine aux attaques du 11-Septembre, et d'autres hauts fonctionnaires chinois avancent que les attentats en Grande-Bretagne sont la conséquence de la décision du gouvernement britannique de faire primer «les droits humains sur la sécurité».

Il est possible que la Chine soit désormais tout simplement trop puissante et trop mêlée à l'économie mondiale pour faire l'objet de vives critiques. Des organisations comme la NBA ont récemment appris ce qu'il en coûtait de critiquer, même légèrement, les politiques du pays quant aux droits humains.

Les gouvernements de nombreux pays islamiques observent un silence assourdissant sur la question, espérant discrètement maintenir des liens économiques avec Pékin et conserver la faveur de ses investisseurs.

Slate.fr


Quelles sont les dix choses qui nous rendent plus heureux ?

Vous vous êtes peut-être demandé ce qui vous rendrait plus heureux si vous deviez vous retirer sur une île (sic) ou vous installer dans un nouveau pays ou tout simplement vous lancer dans un nouveau projet de vie personnel ou professionnel.  Aussi étonnant que cela puisse paraître, personne - selon les études menées - n’aurait songé à emporter ses biens les plus précieux (voiture de luxe, bijoux de pierres précieuses ...) ni même le plus bel homme ou la femme la plus  séduisante. Tous ont porté leur choix sur des choses plutôt simples. En voici les dix les plus récurrentes :

Notre famille
Nous choisirions en premier notre famille proche, nos enfants, notre partenaire ou encore nos parents. Il s’agit de personnes avec lesquelles nous partageons nos peurs et nos joies, ces personnes sûres constamment présentes lors de nos décisions. « Notre noyau », explique le journaliste du Pais, Alberto Vasquez, dans sa chronique de psychologie. « Ces personnes avec qui l’on peut être silencieux sans se sentir mal à l’aise », ajoute-t-il.
Nos amis
Ceux à qui l’on confie nos moindres secrets. Ceux qui vous tiennent la main lorsque vous êtes au plus bas et ceux qui se réjouissent véritablement de vos succès, sans une quelconque jalousie.

Notre travail
L’espace de travail est un endroit où l’on se sent productif, un lieu d’idées, une aire de participation où l’on résout des problèmes et où l’on communique avec autrui. Un travail stimulant peut être une source de plaisir. Il s’agit d’ailleurs de l’une des raisons principales pour lesquelles les personnes décident de s’éloigner de leur ville ou de leur entourage.

Nos livres, notre musique et nos photos
Tout ce qui nous rappelle l’harmonie dans notre vie. La culture est synonyme d’oisiveté, de croissance personnelle ou encore de plaisir. La littérature et la musique provoquent chez l’humain de puissantes émotions créatrices de vie, évocatrices de souvenirs, du premier moment amoureux ou encore de la première peine ressentie.

Notre style de vie
Les activités que nous réalisons pour être en forme comme aller au cinéma, la pratique du sport, nos réunions d’amis ou encore notre manière de prendre soin de nous-mêmes. Celui-ci est lié aux choix que nous avons faits tout au long de notre existence et aux expériences bénéfiques autant pour notre santé que pour notre état d’esprit.

Notre malle aux souvenirs
Ce lieu particulier qui a formé la mémoire de notre vie, de nos expériences tristes, romantiques, passionnées, sauvages et irascibles. Cette malle renferme des moments comme ce souper lors duquel nous avons pris une décision importante, ce regard que nous avons croisé, le jour où notre ami nous a trahi, le visage ému de notre enfant ou encore les remerciements d’un inconnu.

Nos animaux domestiques
Ils sont pour nous comme une partie de notre famille qui ne nous abandonnera jamais.

Nos émotions
Nos rires, nos pleurs, nos peines et frustrations mais également nos joies et moments forts. Tous les points évoqués dans cette liste n’auraient pas de sens s’ils n’étaient pas créateurs d’émotions. Ces dernières nous font sortir de la routine et sont en quelque sorte notre moteur.

La technologie
Elle nous aide à rendre notre vie plus simple. Il est évident qu’elle peut avoir un côté esclavagiste mais il ne faut pas négliger l’aspect utile des avancées techniques.

La science 
La médecine, les découvertes, l’ingénierie et l’intelligence ont permis à l’humain d’avancer et d’améliorer son quotidien. Ces disciplines sont pour nous une source de dépassement qui nous permet de vivre dans un monde plus confortable et sûr.
De nombreuses études ont montré que les personnes ressentent davantage de bonheur grâce aux expériences que grâce aux biens matériels, explique El País. « Le matériel perd sa valeur au moment même de l’acquisition alors que les émotions qui résultent des expériences perdurent dans le temps et dans la mémoire. En nous rappelant un vécu, nous pouvons ressentir une nouvelle fois une expérience sans avoir à la répéter ». « Les personnes les plus heureuses le sont non pas parce qu’elles possèdent plus que les autres mais parce qu’elles focalisent leur attention sur ce qui a du sens », conclut le journaliste Alberto Vasquez.

Source : Pais Semanal


La Gambie a porté plainte, le lundi 11 novembre, contre l’État birman auprès de la Cour internationale de justice. Elle dénonce un génocide visant la minorité musulmane rohingya.

La démarche est inédite, comme le constate le quotidien sud-africain Daily Maverick :

Habituellement, ce sont les pays étrangers qui traînent les gouvernements africains en justice pour avoir commis des atrocités. Mais, cette semaine, la petite nation ouest-africaine de Gambie renverse la situation en accusant le Myanmar [autre nom de la Birmanie] devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour génocide présumé contre la minorité musulmane rohingya.”
Au nom des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique, les autorités de Banjul, la capitale gambienne, accuse Naypyidaw de génocide, de viols et autres actes de violence à caractère sexuel contre les filles et les femmes rohingyas. La plainte a été déposée à la CIJ le lundi 11 novembre par le ministre de la Justice gambien, Abubacarr Tambadou.

Une procédure rare
“La Gambie exploite une disposition peu connue et rarement invoquée de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 pour attaquer le gouvernement du Myanmar”, analyse le Daily Maverick. Contrairement à la Cour pénale internationale, qui poursuit des individus, la CIJ, juridiction onusienne également installée à La Haye, règle les différents entre États.
La plainte de l’État gambien repose sur les résultats de multiples enquêtes, dont 600 témoignages recueillis dans les camps de réfugiés au Bangladesh, ainsi que des vidéos et des images satellites faisant office de preuves.

En attendant le déroulement de la procédure, qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, la nation ouest-africaine demande à la CIJ de prendre des mesures d’urgence et d’ordonner à la Birmanie de cesser la répression toujours en cours contre les 600 000 Rohingyas toujours présents dans le pays.

Sidy Yansané - Source Daily Maverick

Le président américain Donald Trump a assuré, ce mercredi, être « un grand fan » de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en le recevant à la Maison Blanche, quelques semaines après l’offensive militaire d’Ankara dans le nord-est de la Syrie, et alors que se déroulait au Congrès la première audition publique de la procédure d'impeachment qui le vise.

« Je suis un grand fan du président », a déclaré Donald Trump au début de leur conférence de presse commune, se félicitant que le cessez-le-feu conclu mi-octobre « continue à tenir ». « La Turquie, comment tout le monde le sait, est un important allié au sein de l’Otan », a ajouté le président américain.

Evasif sur la Syrie
« Le cessez-le-feu continue à tenir », s’est félicité Donald Trump, restant muet sur les critiques selon lesquelles il a, par son retrait précipité, abandonné les forces kurdes qui ont pourtant joué un rôle clé sur le terrain dans la lutte contre les jihadistes.
Les atermoiements de Donald Trump et l’offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l’Alliance atlantique – dont la Turquie est membre – qui redoute une résurgence de Daesh. Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l’absence totale de coordination avec les Etats-Unis sur ce dossier.

Dénonçant, dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist, « une agression » menée par la Turquie, « dans une zone où nos intérêts sont en jeu », il avait jugé que l’Otan était en état de « mort cérébrale ». Dans une pique au président français, Donald Trump s’est fait l’écho du mécontentement de la Turquie. « Je pense que le président (turc) n’a vraiment pas apprécié (..) et je pense que beaucoup d’autres gens ont eu la même réaction », a-t-il déclaré. « Inacceptable », a simplement ajouté. Erdogan dont les propos étaient traduits par un interprète

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Kemi Seba : lettre ouverte au président guinéen Alpha Condé

A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, le président guinéen, Alpha Condé, fait feu de tout bois, pour réviser la Constitution du pays. Une situation qui a fait basculé la Guinée dans une série de manifestations gigantesques, à travers lesquelles le peuple guinéen continue à démontrer à la face du monde sa détermination à s'opposer à toute modification de la Constitution ainsi qu'à tout éventuel troisième mandat de l'actuel président.

 Pour apporter son soutien à ce vaillant peuple de Guinée dans sa lutte légitime pour la victoire de la démocratie, Kemi Seba, président de l’Ong Urgences panafricanistes, s’adresse, dans une lettre ouverte,  au Chef de l’Etat guinéen, l'invitant à écouter son peuple en renonçant clairement - pendant qu'il est encore temps - à toute velléité d'un troisième mandat ainsi qu'à toute modification de la Constitution. En voici la teneur :

Kémi Séba : "Lettre à Alpha Condé"

À son excellence le président actuel de la République de Guinée Conakry, Monsieur Alpha Condé.

Je vous écris ce message en une période critique de l’Histoire  de Guinée, et de l’Afrique de manière générale.

Monsieur le Président,

Vous avez été durant vos débuts politiques (dans l’opposition) un héroïque et fervent défenseur de la démocratie. Défenseur qui fût même envoyé en prison pour ses convictions.

Aujourd’hui au pouvoir, vous l’ex-détenu politique pro-démocratie, vous incarcérez illégitimement  à foison. Pire  vous faites assassiner ceux qui ont le malheur de s’opposer à votre tragique dérive dictatoriale.

Vous étiez un ESPOIR, vous êtes en train de devenir UN CAUCHEMAR. A cause de quoi? A cause de votre amour MALADIF du POUVOIR.

Vous souhaitez un 3ème mandat. Et la majeure partie du peuple s’y oppose. Elle ne s’y oppose pas uniquement  parce qu’elle tient religieusement à la loi des 2 mandats maximum pour un président. La majorité du peuple guinéen s’oppose aussi  à votre 3ème mandat car dans les faits vous n’avez rien fait de bon  sur le terrain de la justice sociale durant vos 2 mandats. Et il y a un adage qui dit jamais 2 sans 3.

Corruption, népotisme, enrichissement d’une minorité, paupérisation de la majorité. Triste est le bilan.

Monsieur le Président, si vous aimez l’Afrique plus que le pouvoir, je vous en conjure, arrêtez le massacre. Retirez-vous avec dignité, présentez vos excuses aux familles de ceux de vos compatriotes que vous faîtes assassiner. Libérez ceux qui comme mon courageux  frère et ami ELIE KAMANO, ont été injustement INCARCÉRÉS car (comme vous auparavant) ils se battent pour la LIBERTÉ.


Monsieur le président, chaque persécution a un début et une fin. Vous êtes à une période où vous avez les pleins pouvoirs dans vos mains et vous vous pensez  sans doute intouchable. Mais n’oubliez jamais qu’aucun président n’est éternel, et tôt ou tard si vous ne vous retirez pas avec dignité, le peuple finira par vous déloger. Et à ce moment-là,  c’est le pire que vous risquerez.

Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes.


Deux nonnes tombées enceintes après une mission en Afrique

L'Eglise catholique enquête sur deux nonnes qui sont tombées enceintes après une mission en Afrique.

Les deux femmes, dont l'une est une Mère supérieure, appartiennent à deux ordres différents en Sicile.

D'origines africaines, les deux nonnes ont été envoyées à leur continent d'origine pour une mission de charité, indique le New York Times.

Une des femmes, âgée de 34 ans, a découvert sa grossesse au cours d'une visite médicale de routine après des douleurs à l'estomac.

La mère supérieure, dont l'âge n'est pas connue, est basée dans un institut qui s'occupe des femmes vulnérables et de leurs enfants.

Selon une source à Rome, cette nouvelle a créé la consternation.

"Une enquête est en cours. Elles ont toutes les deux enfreint la règle stricte de la chasteté mais le bien-être de leurs enfants est prioritaire", indique la même source.

bbc.com


France : une mère de famille meurt happée par son robot cuiseur

La mère de famille était en train de faire un gâteau avec son fils quand son foulard s'est coincé dans le robot, l'étranglant. Une fois sur place, les pompiers et le Samu ont vainement tenté de ranimer la quinquagénaire.

Une femme de 58 ans qui confectionnait un gâteau avec son fils, est morte étranglée ce dimanche à Saint-Etienne lorsque son foulard s'est coincé dans son robot multi-cuiseur, a appris l'Agence France-Presse (AFP) auprès des pompiers et de la police.

Vers 10 heures, les secours ont été appelés par le fils de la victime, âgé de 15 ans, qui se trouvait à ses côtés dans l'appartement au moment de l'accident domestique. Les pompiers et le Samu ont vainement tenté de ranimer la quinquagénaire.

Avant leur arrivée, l'adolescent avait, sur les conseils des secours, coupé l'alimentation électrique du robot ménager et tranché le foulard porté par sa mère, précise-t-on de mêmes sources.

D'après les premiers éléments de l'enquête, l'accident est survenu alors que la quinquagénaire confectionnait dans sa cuisine un gâteau avec son fils, à l'aide d'un robot multi-cuiseur électrique, dont la marque n'a pas été précisée.

Jé. M. avec AFP


Qui a tracé les frontières en Afrique





Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde


Mali : une attaque terroriste contre des militaires fait 54 morts

C’est un véritable carnage et le bilan n’est pour l’instant que provisoire. L’armée malienne a essuyé vendredi une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années avec la mort de 53 soldats et d’un civil dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire à Indelimane, près de la frontière avec le Niger. Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a également fait état de « dix rescapés » et de « dégâts matériels importants ».

Une attaque pour le moment non revendiquée
Le gouvernement malien a pour sa part fait savoir vendredi soir qu’il « condamnait » cette « attaque terroriste qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels du côté des Forces nationales de défense et de sécurité ». « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a ajouté le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours. Cependant les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

20minutes

Le Front populaire ivoirien, le parti fondé par Laurent Gbagbo, a protesté mercredi 30 octobre contre « la honteuse immixtion » du gouvernement ivoirien dans la procédure à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président, dénonçant une « cabale ».

L’État de Côte d’Ivoire a déposé le 25 octobre une demande auprès de la CPI pour s’opposer à la libération sans condition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, mais en liberté surveillée en Belgique en raison d’un appel de la procureure Fatou Bensouda.

Il s’agit là d’«une honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans la procédure », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, au nom de son parti et de la coalition d’opposition « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS).

« Une cabale pour écarter un adversaire »
« Par ces agissements, le RDR (ancien nom du parti au pouvoir) et (le président ivoirien) Alassane Ouattara viennent de faire tomber le masque derrière lequel ils n’ont eu cesse de manipuler la procureure ». « Le procès n’est rien d’autre qu’une cabale politique pour écarter un adversaire », à un an de la prochaine élection présidentielle, a-t-il assuré au cours d’une conférence de presse. Interrogé à sa sortie du conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, a décliné tout commentaire.

"Ils veulent l'empêcher de rentrer"
Par ailleurs, Assoa Adou a affirmé que la justice ivoirienne a confirmé en appel mardi la condamnation à 20 ans de prison de Laurent Gbagbo. En janvier 2018, l’ex-président avait été condamné, ainsi que trois coaccusés, à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-11.

« Ils veulent l’empêcher de rentrer au pays. Peu importe, quand il sera libéré par la CPI, il rentrera. S’ils veulent l’arrêter, ils l’arrêteront. On verra bien ce qui se passera », a commenté à l’issue de la conférence de presse un proche de Laurent Gbagbo. Dans l’attente de la décision de la CPI après l’appel de la procureure, l’ancien président réside à Bruxelles. Laurent Gbagbo et Charles Ble Goudé, ont été jugés pour crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales, avant d’être acquittés et libérés sous conditions. Son éventuel retour en Côte d’Ivoire avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer.

jeuneafrique


Ce que l'on sait du nouveau chef de Daesh


Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi a été désigné, ce jeudi, comme le nouveau chef de Daesh, après que l'organisation a officiellement confirmé la mort de son précédent leader Abou Bakr al-Baghdadi.

Daesh a confirmé, ce jeudi, la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d'attentats sanglants. Le nom de son successeur a également été dévoilé. Il s'agit d'Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi. Celui-ci n'avait que rarement été  mentionné parmi les potentiels successeurs de al-Baghdadi.

Le principal juge de Daesh
L'organisation a précisé que le "Majlis al-choura (l'assemblée consultative en arabe, NDLR)" avait prêté allégeance à Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi en tant que "commandeur des croyants" et nouveau "calife des musulmans".

"Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu'il est le principal juge de Daesh et qu'il dirige l'Autorité de la charia (loi islamique)", a indiqué Hicham al-Hachemi, un expert irakien de Daesh.

Son nom, "al-Qourachi", indique que, comme al-Baghdadi, le nouveau chef de Daesh est un descendant de la tribu des Qourachi, celle du prophète Mohammed, soit un pré-requis nécessaire pour devenir "calife".

L'utilisation de la particule "al-Qourachi" indique, selon un spécialiste interviewé par le New York Times, que Daesh se voit ainsi toujours comme un "califat" alors que le "califat" territorial de Daesh a été déclaré défait par les Américains en mars dernier dans son dernier réduit en Syrie.

D'autres prétendants avaient été avancés
Abou Bakr al-Baghdadi était originaire du village de Al Jallam, en Irak. Un détail important, note le New York Times dans sa nécrologie de l'ancien leader de Daesh, car Al Jallam est peuplé par des membres de la tribu al-Badri, dont la lignée remonte à la tribu des Qourachi, celle du prophète Mohammed. Des origines qui lui ont alors permis de devenir facilement "calife" de l'organisation.

Parmi les prétendants à sa succession, si Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi n'avait pas été mis en avant, d'autres avaient été pressentis, comme Abdallah Qirdash, un proche d'al-Baghdadi depuis plusieurs années, et Abou al-Hassan al-Mouhajir, bras droit de l'ancien chef de Daesh. Mais il a été révélé plus tard que ce dernier est également mort lors du raid américain.

Mort "comme un chien", selon Trump
Donald Trump a annoncé dimanche la mort du chef de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, lors d'une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie, un succès à l'international pour le président américain, accueilli avec retenue par ses alliés européens.
   
Le président américain a livré un récit détaillé du raid au cours duquel le chef de Daesh a été acculé par les forces américaines, puis s'est fait sauter avec sa ceinture d'explosifs. Mercredi, le Pentagone a diffusé plusieurs photos et extraits vidéos où l'on voit notamment une dizaine de soldats approcher, dans la nuit de samedi à dimanche, de l'enceinte du complexe où était caché le chef jihadiste dans le village de Baricha, dans le nord-ouest de la Syrie.

Le "calife" autoproclamé en 2014 ayant un temps présidé aux destinées de 7 millions de personnes en Irak et en Syrie est mort "comme un chien", a assuré Donald Trump.

Clément Boutin avec AFP


Mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, chef mystérieux du groupe État islamique


Le président américain Donald Trump a confirmé la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, le 27 octobre à Idleb, lors d'une opération américaine. Surnommé « le fantôme » pour sa discrétion, cet Irakien ultra-radical a d’abord été proche d’al-Qaïda avant d'être l’artisan de la montée en puissance du groupe terroriste.

Il y a un peu plus de cinq ans, Abou Bakr al-Baghdadi devenait le visage de l’organisation État islamique. Le 4 juillet 2014, il se présentait au minbar de la mosquée al-Nouri de Mossoul (nord de l’Irak) pour prononcer un prêche devant un parterre de croyants, entouré de gardes du corps. Aujourd’hui, la mosquée et son célèbre minaret penché ont été rasés et Baghdadi « est mort », a confirmé Donald Trump lors d'une conférence de presse dimanche 27 octobre. La dernière apparition du « calife Ibrahim » remontait au mois d'avril dernier,dans une vidéo de propagande.

Le prêche, filmé et abondamment diffusé par le groupe État islamique, relevait plus d’une nécessité que d’un choix, comme l’expliquait alors notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh. Pour se proclamer « commandeur des croyants » dans les règles, l’intéressé devait se départir de sa prudence habituelle. Il devait revendiquer ce titre au vu et su de tous. Depuis, ces images d’un quadragénaire exalté à la barbe grisonnante, habillé et coiffé de noir, ont fait le tour du monde. Notamment parce qu'elles sont l'une des deux seules traces vidéo connues d'al-Baghdadi : celui-ci a su rester discret pendant ces cinq dernières années, commandant ses troupes tout en restant caché et apparaissant surtout par le biais d'enregistrements audio.

Des études de théologie

Feu le chef de l'organisation terroriste État islamique serait né en 1971 à Falloujah, dans le centre de l’Irak (selon un document parcellaire déclassifié par l’agence américaine Freedom of Information), ou plus probablement à Samarra, au nord de Bagdad, selon d'autres sources concordantes. Ibrahim Awad al-Badri – de son vrai nom – appartient au clan des Badrites et grandit dans une famille pauvre. « Les biographies diffusées par les partisans d'al-Baghdadi le présentent comme un descendant direct de l'imam Ali ben Abi Taleb, cousin et gendre du prophète de l'islam. Ce lignage prestigieux lui attribue des origines remontant à Quraich, la tribu de Mahomet, une condition indispensable pour prétendre au titre de calife », expliquait notre journaliste Paul Khalifeh en 2014.

Le jeune Ibrahim aime le football et croit déjà dur comme fer. Avec des amis, ils s'appellent « l'équipe des mollahs », rapporte la journaliste Sofia Amara pour l'hebdomadaire Paris Match. Auprès de l’Agence France-Presse (AFP), l'auteure d’un documentaire sur al-Baghdadi décrit aussi un jeune « introverti, pas très sûr de lui », dont les notes et la vue sont trop mauvaises, respectivement pour lui permettre de devenir avocat ou militaire, comme il l’espérait.

Ibrahim Awad al-Bidri se tourne donc vers la religion. Au début des années 1990, il obtient un doctorat en études islamiques à l’université de Bagdad. C’est ce qui lui aurait permis d’enseigner la charia (loi islamique) dans plusieurs mosquées d’Irak et lui aurait valu le premier surnom de « docteur Ibrahim ».

Détenu à Camp Bucca

L’invasion américaine de 2003 en Irak est décisive pour le futur chef terroriste : il s’y oppose en prenant la tête d’une milice et le nom d'Abou Duaa. Arrêté en 2004 par des soldats américains, qui cherchaient en réalité à arrêter l'un de ses proches, il passe dix mois dans la prison de Camp Bucca. Le complexe pénitentiaire, proche de la frontière koweïtienne, est considéré comme un véritable vivier de jihadistes, où combattants islamistes et baasistes de l’ancien régime de Saddam Hussein se côtoient et nouent des alliances.

Il est remarqué pour son intelligence et ses qualités de stratège par ses codétenus. Il va même jusqu'à résoudre des conflits entre les prisonniers et l'administration pénitentiaire. Ses geôliers américains, faute de preuves manifestes de sa dangerosité (il est arrêté désarmé et en tant que « prisonnier civil », et non comme combattant), décident de le relâcher en décembre 2004.

À sa sortie de prison il prête allégeance à Abou Moussab al-Zarqaoui dont il a rencontré les proches à Camp Bucca et se rapproche d’al-Qaïda. Le futur al-Baghdadi attire l’attention du Pentagone, selon le quotidien britannique The Telegraph, qui évoque un document de 2005 des autorités américaines : « Abou Duaa est lié à l’intimidation, à la torture et au meurtre de civils à Al-Qaïm », une ville irakienne proche de la frontière syrienne. « Il kidnappe des personnes ou des familles entières, les accuse, les juge et les exécute publiquement », peut-on lire dans ce même document.

« Comme un fantôme qui réapparaît sans cesse »

Celui qui prétendra à devenir le calife de tous les musulmans monte rapidement dans l’organisation État islamique en Irak. Celle-ci est née des cendres de la branche irakienne d’al-Qaïda, dont le Jordanien al-Zarqaoui, tué dans une frappe américaine en 2006, a été l’un des derniers chefs.

Au début des années 2010, al-Qaïda semble être en perte de vitesse partout dans la région. La mort de son leader emblématique Oussama Ben Laden, en mai 2011, puis le début des Printemps arabes semblent condamner l'organisation terroriste à disparaître. Mais un homme va donner un nouveau souffle au groupe État islamique en Irak : celui qui a pris le nom d’Abou Bakr al-Baghdadi, en hommage à son ami et prédécesseur à la tête de l’organisation, Abou Omar al-Baghdadi, et au premier calife de l’islam et successeur de Mahomet, Abou Bakr. Al-Baghdadi signifie littéralement « qui vient de Bagdad ».

Ainsi Abou Bakr al-Baghdadi, nommé calife de l’État islamique en mai 2010, rallie à sa cause d'anciens baasistes dont les connexions lui sont profitables et multiplie les attentats. Le tout en prenant ses distances vis-à-vis d'al-Qaïda. Moins de sept ans après avoir été relâché, en octobre 2011, sa tête est mise à prix pour 10 millions de dollars par le gouvernement américain. Quelques années plus tard, la prime atteindra même 25 millions.

On dit d’Abou Bakr al-Baghdadi qu’il est capable d'adopter plusieurs accents arabes pour se fondre dans le décor. La légende veut qu’il soit parfois en première ligne avec ses troupes et qu’il ne se manifeste que le visage caché quand il est entouré de personnes ne faisant pas partie de sa garde rapprochée, pour ne pas être trahi.

Sa mort elle-même, annoncée plusieurs fois, relève alors du fantasme. Déjà en 2014, un ancien des forces spéciales britanniques témoignait auprès du Telegraph : « On a capturé ou tué une demi-douzaine d’hommes qui portaient le même nom que lui. Il est comme un fantôme qui réapparaît sans cesse, je ne sais pas où s’arrête la réalité et où commence la fiction. » À l’époque, certains pensent que plusieurs personnes partagent le nom de guerre d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Au milieu de l’année 2011, al-Baghdadi dépêche, depuis l’Irak où il est basé, des soldats et des lieutenants de son organisation vers la Syrie. Il profite de la guerre civile naissante pour participer à la création du Front al-Nosra, et lutter contre les chiites et le gouvernement de Bachar el-Assad.

Malgré les guerres fratricides qui rongent les mouvements jihadistes de la région –al-Nosra et l'EI entrent même en guerre ouverte pendant plusieurs mois –, al-Baghdadi réussit en 2013 à unifier ses troupes des deux côtés de la frontière irako-syrienne sous la bannière de l’État islamique en Irak et au Levant, bientôt raccourci au seul « État islamique ». Contre la stratégie d'al-Qaïda dont il s’émancipe définitivement, al-Baghdadi livre une guerre ouverte aux musulmans chiites afin d'obtenir le soutien des tribus sunnites de la région.

Vie et mort du califat ?

Mais les ambitions d’al-Baghdadi, comme celles de son héros Oussama Ben Laden dont il a juré de venger la mort, vont bien au-delà du Moyen-Orient. Au moment de la prise de la ville irakienne de Falloujah par ses troupes début 2014, al-Baghdadi annonçait aux Américains, dans un enregistrement audio, que la guerre ne faisait que commencer et qu’ils verraient bientôt « les moudjahidines au cœur de [leur] pays ». Six mois plus tard, après avoir pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, il y annonce la création d’un califat à cheval sur les territoires syrien et irakien et fait symboliquement détruire la frontière qui les sépare.

Ces deux dernières années, le territoire de l'État islamique avait réduit comme peau de chagrin, l'organisation ne cessant de perdre du territoire. Le 23 mars 2019, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) proclamait la fin du califat de l'EI en Syrie, mais son influence demeure en Syrie eten Irak. On ne compte plus néanmoins les centaines de victimes d’attentats commis par des terroristes ayant prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi et à son organisation. Il est très probable que sa mort ne signifie donc pas la fin définitive de celle-ci.

rfi

Le président-élu Kaïs Saïed et sa femme Ichraf Chebil, dimanche à Tunis après l'annonce des premiers sondages. Photo Zoubeir Souissi. Reuters

Le candidat indépendant, juriste de formation, a été élu très largement dimanche avec plus de 70% des voix selon les sondages à la sortie des urnes, devant l’homme d’affaires Nabil Karoui. Des milliers de Tunisiens ont envahi le centre-ville pour un rassemblement jamais vu depuis la révolution.

«C’est la révolution qui reprend ! Regardez comment les gens sont heureux. Vous avez vu les scores : de droite, de gauche, le peuple a voté Kaïs Saïed. Avec notre soutien, il pourra réussir à instaurer une égalité de droit entre tous les Tunisiens et en finir avec les castes», se réjouit Abdelrazak Zammlai au milieu d’une foule massée sur l’avenue Bourguiba, la principale artère du centre-ville de Tunis. Les sondages à la sortie des urnes – les résultats officiels sont attendus lundi ou mardi – sont sans appel : avec entre 72 et 77% des voix pour une participation de 57,8%, le professeur de droit Kaïs Saïed, qui était le favori après être arrivé en tête au premier tour le 15 septembre, devrait obtenir environ 2,5 millions de voix de plus que son adversaire, l’homme d’affaires controversé Nabil Karoui.

Des chiffres qui se traduisent vestimentairement dans la rue où, n’en déplaise à certains élus français, les jeans taille basse côtoient les abayas et les barbes de hipster, les kamis des salafistes. Dans les cafés, les consommateurs de Celtia (la bière locale) trinquent avec les buveurs de thés en chantant «le pouvoir au peuple». Tout le monde est bienvenu à condition de laisser son appartenance politique de côté. Des partisans de Ennahdha (musulman-conservateur) se sont vus arracher leur drapeau aux couleurs de leur parti qu’ils voulaient brandir.

Feu d’artifice
Sur les marches du théâtre municipal, les militants les plus fervents déclenchent un feu d’artifice improvisé obligeant les familles venues avec leurs enfants à s’éloigner. Une effervescence non maîtrisée qui rappelle, à beaucoup de participants, la révolution. Et plus précisément les sit-in de Casbah pour Abdelrazak Zammlai. Au lendemain du 14 janvier 2011, jour de la fuite de Ben Ali, des jeunes occupent la place du gouvernement (Casbah) à deux reprises pour obliger le Premier ministre d’alors, Mohamed Ghannouchi, à changer son gouvernement, puis à démissionner.

La mobilisation avait débouché sur l’élection de l’assemblée constituante. C’est durant ces journées entre le janvier et mars que Kaïs Saïed émerge médiatiquement en donnant son avis de professeur de droit constitutionnel. Il arpente alors la Casbah pour soutenir les manifestants, restés ces fidèles huit ans après. «Kaïs, ce n’est pas seulement qu’on le soutient, on l’aime. Il est d’une rigueur, d’une honnêteté intransigeante. Quand il parle, on sait que ce n’est pas pour mentir. Ça, les Tunisiens l’ont compris et apprécient», assure Syrine Mrabet, coordinatrice de la campagne du président élu.

«Bye-bye, Makrouna !»
Abstentionniste par conviction, Bahram Aloui est sorti se mêler à la foule pour prendre la température. Le cinéaste avoue qu’il est agréablement surpris : «C’est un vrai mélange de tous les Tunisiens. Je ne suis pas sûr qu’il y avait autant de monde pour la révolution. Après, comparer ça à Casbah 1 ou 2, je ne sais pas. Faut voir avec le temps. Là, c’est surtout festif.» La foule s’amuse d’ailleurs à chanter des slogans contre le perdant du jour : «Bye-bye Makrouna !» Nabil Karoui est surnommé «Makrouna» (pâtes, en tunisien) par ses détracteurs à cause de la mise en avant jugée outrancière du travail de son œuvre caritative par sa chaîne de télévision, Nessma TV, afin de se présenter comme «le candidat des pauvres».

Ce dernier a dans la soirée de dimanche accepté sa défaite – sans s’interdire toutefois de déposer recours – mais a souligné que la campagne avait été inéquitable à cause de sa détention provisoire pendant quarante-sept jours, du 23 août au 9 octobre : «C’est comme faire les Jeux olympiques et on vous casse un genou avant le 100 mètres.» Le magnat de la presse a également rappelé que son parti, Qalb Tounes, était arrivé second des législatives du 6 octobre. «La partie ne fait que commencer. Nous serons dans une opposition constructive.»

Sans majorité parlementaire
La question de la majorité parlementaire, alors que Kaïs Saïed n’a aucun parti à l’Assemblée mais que beaucoup de formations de l’extrême gauche à l’extrême droite ont appelé à voter pour lui, se révèle déjà épineuse. Membre du mouvement des jeunes du Watad (parti de gauche panarabe), Marouene Bendhiafi célèbre la victoire dans les rues de Tunis mais prévient : «On espère tous qu’il saura rassembler le peuple. Je crois en lui. Mais s’il refuse d’avancer sur les questions sociétales comme la dépénalisation de l’homosexualité, nous serons dans la rue, comme ce soir, mais contre lui.»

Dans la salle d’apparat du Tunisia Palace, à deux pas de la foule, Omar Habib, beau-frère de Kaïs Saïed, ne se fait aucun souci : «C’est un excellent médiateur. Il saura rassembler. D’ailleurs, son score très important va l’aider.» Quelques minutes plus tard, Kaïs Saïed prononce son premier discours de président élu. Debout, les bras raides le long du corps, il pose, martial, les premiers jalons de sa mandature : «"Le peuple veut… !" [slogan de la révolution, ndlr] et sa volonté sera appliquée à tous et à moi en premier lieu […] L’époque de la soumission est finie.»

Mathieu Galtier correspondant à Tunis - Libération


 Le Premier ministre britannique propose un nouvel accord sans contrôles à la frontière irlandaise

Alors que le Premier ministre britannique doit ce mercredi présenter une offre « de la dernière chance » à l’Union européenne pour encadrer la sortie du Royaume-Uni, Boris Johnson a affirmé que le Brexit aurait bien lieu, « quoi qu’il arrive », le 31 octobre. Avec ou sans accord, donc, alors qu’une loi, votée récemment à la Chambre des communes, l’empêche théoriquement de partir sans accord avec Bruxelles.

La proposition du Premier ministre ne comporte pas le rétablissement de contrôles à la frontière irlandaise. C’est le principal point d’achoppement qui empêche, jusque-là, la ratification de l’accord de sortie par le Royaume-Uni.

Le Premier ministre conservateur a dit espérer que l’Union fasse « un compromis, à son tour », pour une sortie en bon ordre du pays. Boris Johnson a par ailleurs affirmé que l’année 2020 serait celle du « chaos, avec deux référendums » si jamais Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, dans l’opposition, arrivait, à nouveau, à retarder le Brexit.

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