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LE SCAN POLITIQUE - Le recadrage infligé par le chef de l'État à un collégien dans les Hauts-de-Seine n'est pas le premier du genre. Certaines prises de bec précèdent son élection.

La soufflante du Mont Valérien n'était pas une première. Lors d'un déplacement officiel lundi, Emmanuel Macron a sèchement recadré un collégien qui, après avoir entonné les premières paroles de L'Internationale , s'était permis de hêler le président en l'appelant «Manu». La scène a déjà fait le tour des réseaux sociaux, où elle a été vue des centaines de milliers de fois. «Tu fais les choses dans le bon ordre. Le jour où tu veux faire la révolution, tu apprends d'abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même, d'accord? Et à ce moment-là tu iras donner des leçons aux autres», lui assène-t-il notamment.

L'affaire du «costard»
Emmanuel Macron est coutumier de ce type de réaction à chaud. En tant que ministre de l'Économie de François Hollande, il s'était illustré, déjà, en répondant aux interpellations dont il pouvait faire l'objet à l'occasion de ses déplacements. L'une des séquences les plus emblématiques fut celle du «costard», lorsqu'en mai 2016, l'intéressé s'était rendu à Lunel pour une visite dédiée au numérique. Accueilli par des grévistes opposés à la loi El Khomri, le fondateur d'En Marche! a perdu patience.


«Je n'ai pas de leçons à recevoir. Si vous ne voulez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer. (...) Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler», avait lancé Emmanuel Macron à ses contradicteurs.

La séquence Whirlpool
L'un des moments phares de la campagne présidentielle fut le chassé-croisé Macron-Le Pen sur le site de l'usine Whirlpool d'Amiens, le 27 avril 2017. Après le coup de com' de la candidate frontiste, venue s'afficher avec les ouvriers menacés de perte d'emploi, son adversaire est sorti de sa réunion avec l'intersyndicale sous les huées. Improvisant une rencontre avec des syndicalistes en colère, Emmanuel Macron a choisi de se montrer ferme, quitte à bousculer ses contempteurs.



«J'ai quitté mon emploi de ministre et ce qui va avec et la fonction publique, (...) pour prendre mon risque! Donc les leçons de morale et compagnie, je veux bien qu'on me les fasse. Mais pas aujourd'hui, pas ici!», a-t-il tonné, avant de prier son interlocuteur de ne pas le tutoyer. François Ruffin, qui à l'époque était connu surtout en tant que réalisateur du documentaire militant Merci patron!, était également venu interpeller le candidat. Lequel n'a pas dévié: «Interdire de verser des dividendes ou interdire à une entreprise de fermer un site qu'elle a décidé de fermer, c'est quelque chose qui n'est pas possible. (...) Si je fais ça demain, il n'y a plus personne qui viendra investir en France!» Les deux hommes se sont revus dans l'usine quelques mois plus tard, l'un en tant que député Insoumis, l'autre en tant que président de la République, pour discuter du projet de reprise du site.

Tensions à Saint-Martin
Parfois, l'échange tendu peut s'achever sur une note légère. En témoigne celui entre Emmanuel Macron et une habitante de l'île de Saint-Martin, ravagée l'automne dernier par l'ouragan Irma. Venu constater les dégâts, le chef de l'État s'est vu reprocher par Lila d'être «sur une tour d'ivoire».

«Je ne vais pas dire “M. le président”, parce que je ne peux pas», a-t-elle entamé, annonçant qu'elle appellerait l'Élysée si Emmanuel Macron n'était pas de retour sur place dans les six mois. Avant de prévenir: «Je suis une chieuse». «Est-ce que je peux me permettre de vous dire que ça se voit un peu? Mais je ne vous demande pas de changer pour autant», a répondu le président avec ironie. Une familiarité qui permet à Emmanuel Macron de se placer à un niveau d'égal à égal avec ses concitoyens.

«Embrouille» sur la colonisation
Le collégien du Mont Valérien n'est pas le seul jeune à avoir subi les foudres présidentielles. Lors d'une déambulation à Alger en décembre, Emmanuel Macron a été rattrapé par le sujet de la colonisation française, sur lequel il avait perdu quelques plumes en tant que candidat. «Il faut que la France assume son passé colonial vis-à-vis de l'Algérie», a lancé un badaud au chef de l'État avant de l'accuser de vouloir «éviter le sujet».


La réplique ne s'est pas fait attendre. «Qui évite quoi? J'évite de venir vous voir? J'évite de dire ce qui s'est passé? (...) Il y a des gens qui ont vécu des histoires d'amour ici. Il y a des gens, français, qui aiment encore terriblement l'Algérie, qui ont contribué et qui ont fait des belles choses, il y en a qui ont fait des choses atroces. On a cette histoire entre nous mais moi je n'en suis pas prisonnier. Mais vous, vous avez quel âge?», s'est défendu Emmanuel Macron. «J'ai 25 ans», a répondu le jeune homme. Après quoi le président a rétorqué: «Mais vous n'avez jamais connu la colonisation! Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller avec ça? Vous votre génération, elle doit regarder l'avenir.»

Glyphosate et SNCF
L'actualité économique et sociale est la principale source de ces algarades parfois musclées. L'une des plus tendues fut celle du premier Salon de l'agriculture du quinquennat. Après avoir essuyé de nombreuses huées, le président de la République est allé au contact de céréaliers mécontents, venus l'interpeller au sujet de la suppression du glyphosate, herbicide classé cancérogène. Piqué au vif, Emmanuel Macron a invoqué l'exemple de l'amiante, expliquant qu'il aurait à répondre de ce qu'il fait «demain, après-demain» auprès des Français.


«Moi, les ouvriers agricoles, les consommateurs, qui demain diront, “vous aviez le glyphosate, vous le saviez, vous n'avez rien fait”, ils me regarderont les yeux dans les yeux! Ils n'iront pas vous chercher, vous!», a-t-il lancé aux agriculteurs, qui lui ont signifié qu'il perdait ses nerfs. «Attendez, vous êtes calmes?! Vous m'avez sifflé dans le dos depuis tout à l'heure et vous me donnez des leçons?», leur a-t-il rétorqué, affirmant qu'un «engagement a été pris» sur le sujet et que l'exécutif le respecterait.
Même tonalité lors du déplacement présidentiel dans les Vosges, en avril. Cette fois-ci, c'est la réforme ferroviaire qui est dans tous les esprits. Un cheminot de la CGT demande à l'État de reprendre la dette de la SNCF. «Cette réforme, je ne vais pas vous mentir, on doit la faire. (...) Les propositions de la CGT ne permettent pas de réformer», répond Emmanuel Macron, qui discute près d'un quart d'heure avec le syndicaliste, parfois sur des points très techniques du projet de loi. «Vous pouvez râler, (...) mais ne bloquez pas tout le pays et il ne faut pas être insultant, c'est tout», poursuit-il avant de mettre fin à l'échange. Quelques mètres plus loin, il prévient les journalistes: «Je ne vais pas différer les réformes pour que je puisse le promener dans les rues tranquillement, (...) je ne vais pas me calfeutrer».

Preuve que ces prises de bec «au débotté» sont devenues une marque de fabrique du chef de l'État: son équipe numérique les publie quasiment toutes in extenso sur son compte YouTube.

lefigaro.fr

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