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Vous avez peut-être – vous aussi -  déjà essayé , dévoré par la nostalgie et le mal du pays, de vous saisir de votre télécommande, de zapper sur les mille et une chaînes étrangères pour aller, un brin,  vous ressourcer sur une chaîne bien de chez nous ; une chaîne africaine, de beauté et de noirceur d’ébène, pour y étancher votre soif d’Afrique, loin de la torpeur, du miasme et de la grisaille des contrées lointaines d’Europe et d’Amérique, ou tout simplement vous soulager de la misère humaine, partout ailleurs où vos routes vous mènent.

Scène de Mogo-Puissant de Boubakar Diallo
Mais une fois sur votre chaîne – si jamais vous arrivez à la trouver – vous vous retrouvez nez-à-nez avec des personnages excentriques, parlant à peine un français intelligible, du fait d’un doublage médiocre fait à la va-vite, avec des voix sinon à vous faire perdre votre latin, du moins à vous foutre en rogne : bienvenue dans une télénovela !
Scène de Yaaba, un film d'Idrissa Ouédraogo

Point de Sembène Ousmane à l’œil critique et à la plume authentique ; point d'Idrissa Ouédraogo peignant nos us et coutumes pour nous extirper de nos brumes ; nulle trace d’un Boubakar Diallo nous plongeant si habilement dans les réalités bien nôtres, grossissant de son objectif les tares de nos sociétés. Exit Cheikh Anta Diop, retraçant avec doigté l’histoire authentique de Kemet. Pas une ombre de mon Afrique traditionnelle, l’Afrique de nos valeurs morales et culturelles.

Vous êtes bien sur une chaîne africaine, mais sur votre écran, c’est Rio qui défile ; ou Mexico en plein dans le mille, si ce n’est Hollywood qui se raconte ou Paris qui se défonce. Sacrés  directeurs des programmes africains, pétris de complexes mexicains, obnubilés par des rêves brésiliens, noyés dans la fange occidentale, loin de nos terres profondes, de nos peuples multiples et de nos cultures millénaires.

A quand donc une vraie télé africaine digne de ce nom, dépeignant nos propres réalités, démontrant à la face du monde la valeur de sa contribution à la culture de l’Universel, nous représentant dignement au rendez-vous du donner et du recevoir ? Haro donc sur ces valeurs importées, aux mœurs et coutumes éhontées, car nulle télé brésilienne, mexicaine ou occidentale ne diffuserait le meilleur film africain aux dépens des siens, encore moins aux heures de grande audience.

Abdoulaye Jamil Diallo

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