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Le Front populaire ivoirien, le parti fondé par Laurent Gbagbo, a protesté mercredi 30 octobre contre « la honteuse immixtion » du gouvernement ivoirien dans la procédure à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président, dénonçant une « cabale ».

L’État de Côte d’Ivoire a déposé le 25 octobre une demande auprès de la CPI pour s’opposer à la libération sans condition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, mais en liberté surveillée en Belgique en raison d’un appel de la procureure Fatou Bensouda.

Il s’agit là d’«une honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans la procédure », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, au nom de son parti et de la coalition d’opposition « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS).

« Une cabale pour écarter un adversaire »
« Par ces agissements, le RDR (ancien nom du parti au pouvoir) et (le président ivoirien) Alassane Ouattara viennent de faire tomber le masque derrière lequel ils n’ont eu cesse de manipuler la procureure ». « Le procès n’est rien d’autre qu’une cabale politique pour écarter un adversaire », à un an de la prochaine élection présidentielle, a-t-il assuré au cours d’une conférence de presse. Interrogé à sa sortie du conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, a décliné tout commentaire.

"Ils veulent l'empêcher de rentrer"
Par ailleurs, Assoa Adou a affirmé que la justice ivoirienne a confirmé en appel mardi la condamnation à 20 ans de prison de Laurent Gbagbo. En janvier 2018, l’ex-président avait été condamné, ainsi que trois coaccusés, à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-11.

« Ils veulent l’empêcher de rentrer au pays. Peu importe, quand il sera libéré par la CPI, il rentrera. S’ils veulent l’arrêter, ils l’arrêteront. On verra bien ce qui se passera », a commenté à l’issue de la conférence de presse un proche de Laurent Gbagbo. Dans l’attente de la décision de la CPI après l’appel de la procureure, l’ancien président réside à Bruxelles. Laurent Gbagbo et Charles Ble Goudé, ont été jugés pour crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales, avant d’être acquittés et libérés sous conditions. Son éventuel retour en Côte d’Ivoire avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer.

jeuneafrique

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