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Kemi Seba : lettre ouverte au président guinéen Alpha Condé

A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, le président guinéen, Alpha Condé, fait feu de tout bois, pour réviser la Constitution du pays. Une situation qui a fait basculé la Guinée dans une série de manifestations gigantesques, à travers lesquelles le peuple guinéen continue à démontrer à la face du monde sa détermination à s'opposer à toute modification de la Constitution ainsi qu'à tout éventuel troisième mandat de l'actuel président.

 Pour apporter son soutien à ce vaillant peuple de Guinée dans sa lutte légitime pour la victoire de la démocratie, Kemi Seba, président de l’Ong Urgences panafricanistes, s’adresse, dans une lettre ouverte,  au Chef de l’Etat guinéen, l'invitant à écouter son peuple en renonçant clairement - pendant qu'il est encore temps - à toute velléité d'un troisième mandat ainsi qu'à toute modification de la Constitution. En voici la teneur :

Kémi Séba : "Lettre à Alpha Condé"

À son excellence le président actuel de la République de Guinée Conakry, Monsieur Alpha Condé.

Je vous écris ce message en une période critique de l’Histoire  de Guinée, et de l’Afrique de manière générale.

Monsieur le Président,

Vous avez été durant vos débuts politiques (dans l’opposition) un héroïque et fervent défenseur de la démocratie. Défenseur qui fût même envoyé en prison pour ses convictions.

Aujourd’hui au pouvoir, vous l’ex-détenu politique pro-démocratie, vous incarcérez illégitimement  à foison. Pire  vous faites assassiner ceux qui ont le malheur de s’opposer à votre tragique dérive dictatoriale.

Vous étiez un ESPOIR, vous êtes en train de devenir UN CAUCHEMAR. A cause de quoi? A cause de votre amour MALADIF du POUVOIR.

Vous souhaitez un 3ème mandat. Et la majeure partie du peuple s’y oppose. Elle ne s’y oppose pas uniquement  parce qu’elle tient religieusement à la loi des 2 mandats maximum pour un président. La majorité du peuple guinéen s’oppose aussi  à votre 3ème mandat car dans les faits vous n’avez rien fait de bon  sur le terrain de la justice sociale durant vos 2 mandats. Et il y a un adage qui dit jamais 2 sans 3.

Corruption, népotisme, enrichissement d’une minorité, paupérisation de la majorité. Triste est le bilan.

Monsieur le Président, si vous aimez l’Afrique plus que le pouvoir, je vous en conjure, arrêtez le massacre. Retirez-vous avec dignité, présentez vos excuses aux familles de ceux de vos compatriotes que vous faîtes assassiner. Libérez ceux qui comme mon courageux  frère et ami ELIE KAMANO, ont été injustement INCARCÉRÉS car (comme vous auparavant) ils se battent pour la LIBERTÉ.


Monsieur le président, chaque persécution a un début et une fin. Vous êtes à une période où vous avez les pleins pouvoirs dans vos mains et vous vous pensez  sans doute intouchable. Mais n’oubliez jamais qu’aucun président n’est éternel, et tôt ou tard si vous ne vous retirez pas avec dignité, le peuple finira par vous déloger. Et à ce moment-là,  c’est le pire que vous risquerez.

Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes.


Deux nonnes tombées enceintes après une mission en Afrique

L'Eglise catholique enquête sur deux nonnes qui sont tombées enceintes après une mission en Afrique.

Les deux femmes, dont l'une est une Mère supérieure, appartiennent à deux ordres différents en Sicile.

D'origines africaines, les deux nonnes ont été envoyées à leur continent d'origine pour une mission de charité, indique le New York Times.

Une des femmes, âgée de 34 ans, a découvert sa grossesse au cours d'une visite médicale de routine après des douleurs à l'estomac.

La mère supérieure, dont l'âge n'est pas connue, est basée dans un institut qui s'occupe des femmes vulnérables et de leurs enfants.

Selon une source à Rome, cette nouvelle a créé la consternation.

"Une enquête est en cours. Elles ont toutes les deux enfreint la règle stricte de la chasteté mais le bien-être de leurs enfants est prioritaire", indique la même source.

bbc.com


Qui a tracé les frontières en Afrique





Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde


Mali : une attaque terroriste contre des militaires fait 54 morts

C’est un véritable carnage et le bilan n’est pour l’instant que provisoire. L’armée malienne a essuyé vendredi une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années avec la mort de 53 soldats et d’un civil dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire à Indelimane, près de la frontière avec le Niger. Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a également fait état de « dix rescapés » et de « dégâts matériels importants ».

Une attaque pour le moment non revendiquée
Le gouvernement malien a pour sa part fait savoir vendredi soir qu’il « condamnait » cette « attaque terroriste qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels du côté des Forces nationales de défense et de sécurité ». « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a ajouté le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours. Cependant les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

20minutes

Le Front populaire ivoirien, le parti fondé par Laurent Gbagbo, a protesté mercredi 30 octobre contre « la honteuse immixtion » du gouvernement ivoirien dans la procédure à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président, dénonçant une « cabale ».

L’État de Côte d’Ivoire a déposé le 25 octobre une demande auprès de la CPI pour s’opposer à la libération sans condition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, mais en liberté surveillée en Belgique en raison d’un appel de la procureure Fatou Bensouda.

Il s’agit là d’«une honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans la procédure », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, au nom de son parti et de la coalition d’opposition « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS).

« Une cabale pour écarter un adversaire »
« Par ces agissements, le RDR (ancien nom du parti au pouvoir) et (le président ivoirien) Alassane Ouattara viennent de faire tomber le masque derrière lequel ils n’ont eu cesse de manipuler la procureure ». « Le procès n’est rien d’autre qu’une cabale politique pour écarter un adversaire », à un an de la prochaine élection présidentielle, a-t-il assuré au cours d’une conférence de presse. Interrogé à sa sortie du conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, a décliné tout commentaire.

"Ils veulent l'empêcher de rentrer"
Par ailleurs, Assoa Adou a affirmé que la justice ivoirienne a confirmé en appel mardi la condamnation à 20 ans de prison de Laurent Gbagbo. En janvier 2018, l’ex-président avait été condamné, ainsi que trois coaccusés, à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-11.

« Ils veulent l’empêcher de rentrer au pays. Peu importe, quand il sera libéré par la CPI, il rentrera. S’ils veulent l’arrêter, ils l’arrêteront. On verra bien ce qui se passera », a commenté à l’issue de la conférence de presse un proche de Laurent Gbagbo. Dans l’attente de la décision de la CPI après l’appel de la procureure, l’ancien président réside à Bruxelles. Laurent Gbagbo et Charles Ble Goudé, ont été jugés pour crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales, avant d’être acquittés et libérés sous conditions. Son éventuel retour en Côte d’Ivoire avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer.

jeuneafrique


Environ 100 000 Nigérians vivent dans la première puissance du continent. Les actes xénophobes ont fait 12 morts en une semaine à Johannesburg.

Après une semaine « d’anarchie » et de violences xénophobes en Afrique du Sud qui ont fait déjà douze morts, le Nigeria va rapatrier quelque 600 de ses ressortissants. Un geste hautement politique dans un contexte de tensions entre les deux grandes puissances du continent.

Après trois jours d’accalmie, de nouvelles violences ont éclaté, dimanche 8 septembre, dans plusieurs quartiers de Johannesburg. La police a été contrainte de tirer des balles en caoutchouc et des grenades paralysantes pour disperser une foule de plusieurs centaines de manifestants armés de bâtons, qui ont détruit des magasins en exigeant « le départ des étrangers ». Au moins deux personnes ont été tuées, a annoncé un porte-parole de la police de la ville, Xolani Fihla, portant le bilan à douze morts.

Bien que les victimes soient majoritairement des nationaux, les attaques, les pillages de commerces et les bastonnades sont, eux, dirigés contre les étrangers établis dans la première puissance industrielle du continent. La police a effectué plus de 600 arrestations et les dégâts sont considérables, particulièrement dans les townships et le centre-ville de Johannesburg, où les magasins étaient restés fermés lundi.

« Rentrer à la maison »
Dans sa troisième intervention en moins d’une semaine, le chef de l’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, a assuré lundi que son « gouvernement ne laisserait pas l’anarchie et la violence » s’installer en Afrique du Sud. Il a également rappelé que « la majorité des étrangers respectent la loi et ont le droit de vivre (…) en paix ».

La semaine dernière, de nombreux pays africains avaient vivement réagi face à la violence des images qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux, et le Nigeria, qui rivalise depuis des années avec l’Afrique du Sud pour la place de première puissance économique du continent, a pris la tête du mouvement.


Lundi, la présidence nigériane a « donné les instructions nécessaires pour l’évacuation immédiate de tous les Nigérians qui souhaitent rentrer à la maison ». Le consulat nigérian à Johannesburg a déclaré à l’AFP que 600 personnes environ, sur « plus de 100 000 Nigérians » vivant actuellement en Afrique du Sud, s’étaient manifestées et devaient être rapatriées à partir de mercredi.

L’émissaire spécial envoyé la semaine dernière à Pretoria pour rencontrer le président Ramaphosa est rentré à Abuja ce week-end et en a rendu compte au chef de l’Etat, Muhammadu Buhari lundi.

« Le président Ramaphosa reconnaît que cette vague de violence est déconcertante et gênante, a fait savoir la présidence lundi. Elle abîme non seulement l’image du pays, mais aussi ses relations avec ses frères, les pays africains. » Les deux présidents doivent se rencontrer en Afrique du Sud en octobre, lors d’une visite prévue depuis plusieurs semaines.

« Monopole de la bêtise »
Depuis une semaine, au Nigeria, chaque célébrité, petite ou grande, et chaque homme politique réagit, tantôt pour annuler concerts et festivals de cinéma, tantôt pour « déclarer la guerre totale » à l’Afrique du Sud.

Le président du parti au pouvoir, Adams Oshiomhole, est allé jusqu’à demander au gouvernement fédéral nigérian de « saisir » et de nationaliser la compagnie sud-africaine MTN, au moment où le géant des télécoms fermait ses antennes à travers le pays pour protéger ses agents et ses clients des attaques contre l’enseigne.

Dans de nombreux points de contrôle de police ou de l’armée traversés par des journalistes de l’AFP ces derniers jours, les agents de sécurité demandaient aux étrangers s’ils étaient sud-africains, sur un ton mi-sérieux mi-amusé, mais de manière assez insistante pour laisser percevoir la tension qui s’est emparée du Nigeria.

« Certains politiciens en Afrique du Sud exploitent le sentiment xénophobe pour leur propre intérêt. Certains politiciens au Nigeria exploitent les violences xénophobes en Afrique du Sud pour leur propre intérêt. Aucun n’a le monopole de la bêtise », a conclu sur Twitter l’économiste Nonso Obikili, spécialiste des relations entre les deux pays.

Le Monde avec AFP


La Côte d'Ivoire dit adieu à son idole DJ Arafat

Des incidents ont troublé samedi à Abidjan l'hommage rendu par des dizaines de milliers de fans au chanteur ivoirien DJ Arafat, l'un des artistes les plus populaires d'Afrique de l'Ouest, mort dans un accident de moto à 33 ans.

Alors que la cérémonie d'hommage exceptionnelle, à la fois empreinte de joie et d'émotion, s'était déroulée sans problème toute la nuit dans le plus grand stade du pays, des fans ont gâché la fête au matin en ouvrant la tombe et le cercueil du chanteur peu après son inhumation.

Sur des photos et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on pouvait voir une foule de jeunes, agités et vociférants qui prenaient en photo sa dépouille.

"Nous avons voulu voir le corps de notre idole avant la fermeture du tombeau", a expliqué un fan à un journaliste de l'AFP.

"C'est Yoro, c'est lui!", a crié un autre fan, en référence au surnom "Yorobo" de DJ Arafat.

Les policiers qui surveillaient la tombe ont été débordés par la foule de ceux qui n'avaient pu suivre la cérémonie au stade, a expliqué une source policière.

La police est intervenue pour disperser la foule, faisant usage de gaz lacrymogène et a repris le contrôle des lieux. Plusieurs personnes ont été blessées, selon des témoins.

Auparavant, des échauffourées avaient éclaté aux abords du cimetière entre la police et des fans mécontents d'être tenus à l'écart de l'enterrement qui s'est déroulé dans l'intimité.

Vers midi, des troubles étaient toujours en cours à Adjamé, selon une source sécuritaire et un journaliste de l'AFP qui a vu des barricades et des pneus enflammés dans une artère menant au cimetière.

Lors de la nuit d'hommage musical au roi du "coupé-décalé", de nombreuses stars africaines ont chanté sur scène pour saluer sa mémoire: Davido, Sidiki Diabaté, Fally Ipupa, Serge Beynaud...

Vendredi soir, le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, avait décoré à titre posthume de l'ordre national du mérite culturel DJ Arafat, de son vrai nom Ange Didier Houon, "pour son immense contribution au rayonnement artistique" de la Côte d'Ivoire. La cérémonie, digne de funérailles nationales, a été payée par l'Etat ivoirien.

"Daishinkan", pour ses fans (en référence à un superhéros de BD), est mort le 12 août des suites d'un accident de moto à Abidjan. Sa musique au rythme endiablé, à la fois genre et attitude, est née en 2003 dans les boîtes de nuit ivoiriennes puis s'est popularisée dans toute l'Afrique.

Après une nuit de musique et de danse, la dépouille du chanteur est arrivée au stade Félix Houphouët-Boigny au lever du jour, pour un dernier adieu, saluée par les applaudissements de la foule.

Une grande émotion s'est emparée de l'assistance, de nombreux jeunes tombant en pleurs, alors que le cercueil était déposé sur un piédestal au centre de la pelouse.

- 'On a perdu un grand homme' -
Né d'un père ingénieur du son réputé et d'une mère chanteuse, DJ Arafat s'était formé à la musique sur le tas. DJ dans les maquis (bars) de la rue Princesse à Yopougon, le grand lieu de la fête à Abidjan, il avait percé avec "Jonathan" en 2003, avant d'enchaîner les tubes pendant 15 ans: "Kpangor" (2005), Djessimidjeka (2012), Maplorly (2015), Dosabado (2018).

- Sur le trône du coupé-décalé -

Arafat a "révolutionné le coupé-décalé, en mélangeant les sons, les rythmes. Il s'est par exemple inspiré de musiques traditionnelles africaines, mais aussi de l'afrobeat nigérian, du rap, du baile funk brésilien. Il était aussi un danseur exceptionnel et a associé à sa musique des concepts de danse nouveaux", a expliqué Franck Alcide Kacou, directeur label d'Universal Music Africa (filiale de Vivendi), la compagnie qui produisait l'artiste depuis 2013.

"Il était l'artiste le plus influent d'Afrique de l'Ouest, avec une communauté de deux millions de fans sur Facebook". "Il commençait à percer en Europe et en Amérique, à toucher un public au-delà de la diaspora ivoirienne", selon M. Kacou. Sur son dernier album, "Renaissance", il avait invité des artistes internationaux tels que Maître Gims, Dadju, Davido et Fally Ipupa.

"Il est parti de rien, il a pris le trône du coupé-décalé. Vraiment ça c'est quelque chose qui motive les jeunes aujourd'hui, ceux qui n'ont rien", a témoigné une de ses fans, Olga Manou.

La star était parfois controversée, pour ses "clashes" sur les réseaux sociaux avec d'autres artistes ou pour ses déclarations homophobes.

"C'était une personnalité clivante. Il était très sensible, d'où ses réactions +sans filtre+. Mais c'étaient aussi des coups marketing", selon M. Kacou.

DJ Arafat avait été désigné "meilleur artiste de l'année" aux awards du coupé-décalé en 2016 et 2017. Il avait aussi été distingué en 2012 "meilleur artiste africain" au Kora Music Awards, des récompenses musicales panafricaines.

AFP


Mémoires de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf

« Tant que la fortune te sourit, tu auras beaucoup d'amis, si les nuages se montrent, tu te retrouveras seul », écrit l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, dans ses Mémoires publiés aux Editions Seuils. Un livre riche en anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Otr’Actu vous en présente ici un extrait.

« C'est à partir du moment où je fus relevé de mes fonctions de gouverneur du Sine-Saloum que, pour la première fois, je fus véritablement confronté à l'ingratitude des hommes.

J'ai pu alors constater que, tant que vous êtes une autorité, les hommes vous sont fidèles et sont à vos pieds, mais dès que vous êtes en disgrâce, ou qu'ils vous y croient, certains d'entre eux n'ont plus de considération pour vous et vous tournent le dos.

C'est le cas de ce grand chef religieux qui, lorsque j'étais encore gouverneur, m'avait demandé de lui installer une coopérative dans un village de la région. Au moment de quitter mes fonctions, j'ai pensé qu'il valait mieux prendre l'arrêté avant de partir, afin que mon successeur puisse finaliser rapidement le projet. J'avais fait cela avec un zèle qui correspondait au respect que je vouais à ce guide.

J'ai donc signé l'acte et je voulais lui dire au téléphone de ne pas s'inquiéter , puisque j'avais tout fait. J'ai eu une grande surprise. Un de ses disciples m'a fait attendre longtemps et, à la fin, quelqu'un d'autre a pris l'appareil pour me dire : «  Gouverneur, le marabout vous salue bien, il m'a chargé de vous dire qu'il est très occupé en ce moment mais qu'il vous souhaite le meilleur ».

Je lui ai répondu que c'était tout juste pour lui dire que j'avais signé l'arrêté pour la coopérative. Dans mon for intérieur, je me disais que ce n'était pas possible qu'il me traitât ainsi .
Que dire également du comportement de cet homme qui était toujours dans nos cortèges à crier à tue - tête : « Maintenant nous avons le meilleur gouverneur du pays, un gouverneur qui nous porte bonheur ».  Il le faisait avec tout ce qu'ont pouvait imaginer comme obséquiosité, louanges,ovations et autres envolées dithyrambiques .

Pourtant, quand j'ai quitté mes fonctions, il ne savait pas encore que j'étais affecté à un nouveau poste et un jour, en sortant du ministère des Affaires étrangères, je l'ai aperçu devant la pharmacie du Rond- Point et me suis dirigé vers lui.
Il m'a aussitôt tourné le dos et j'ai compris que, s'il avait agit de la sorte, c'est qu'il ne voulait pas se compromettre avec quelqu'un qui était en disgrâce ou en tout cas qui était considéré comme tel.
Pour le jeune homme de 27 ans que j'étais, qui croyait à tant d'idéaux, voir les hommes se comporter cette façon fut un choc. Et me sont revenus en mémoire mes jeunes années de latinistes au lycée Faidherbe et les vers qu'Ovide, exilé par Auguste au bout du monde, à Tomis, sur les bords de la mer Noire, écrivait dans les Tristes : « Tant que la fortune te sourit, tu auras beaucoup d'amis, si les nuages se montrent, tu te retrouveras seul ». 

Il y a eu certes ce griot et ce grand chef religieux que j'admirais tant, mais il y a eu bien d'autres encore ».

Abdou Diouf, Mémoires - Editions Seuil.


Monnaie unique ouest-africaine : entre enthousiasme et circonspection

Les polémiques vont bon train depuis l’annonce, en juin dernier, de la création, dès 2020, d’une nouvelle monnaie ouest-africaine dans l’espace Cédéao. Si certains y voient un projet à l’échéance hâtive du fait de disparités non négligeables entre les différents Etats membres, d’autres, plus enthousiastes, se félicitent déjà de l’indépendance du Trésor français et de l’apaisement social et politique qui en résulteraient.

Indépendance du Trésor français
Pour certains observateurs à l’instar d’Hervé Lado, professeur des sciences économiques à l’Université de Paris I, la future monnaie unique ouest-africaine aurait un impact positif - autant pour les pays de la ZMOA (Nigéria, Ghana, Gambie, Guinée, Sierra Leone) que ceux de l’UEMOA (Sénégal, Guinée-Bissau, Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Bénin, Togo, Niger) - dès lors qu’elle ferait jouer à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) le même rôle de régulateur que la Banque centrale européenne (BCE) ; elle leur offrirait le loisir de ne plus rester sous le parapluie du Trésor français et donc la liberté de se soustraire des accords de coopération monétaire passés avec la France depuis 1945.
Surtout qu’en vertu de ses accords, ces pays doivent se plier aux conditions imposées par l’État français en matière de convertibilité, lesquelles n’ont pour effet que de garantir le monopole des entreprises françaises dans les secteurs clés de leurs économies respectives.

Facteur d’apaisement social
La monnaie unique ouest-africaine aurait aussi des avantages politiques non négligeables, si l’on considère les manifestations sporadiques mais véhémentes et régulières, ces dernières années en Afrique, de militants anti-franc CFA à l’image du célèbre Franco-Béninois Kémi Séba, expulsé du Sénégal vers la France pour avoir brûlé un billet de banque, et devenu indésirable dans d’autres pays de la zone. Un militantisme qui continue de faire des émules nombreuses en France et ailleurs, ainsi que sur les réseaux sociaux. De ce point de  vue, la nouvelle monnaie unique ouest-africaine serait un véritable facteur d’apaisement social, un motif libérateur, notamment pour la majeure partie de la population de ces pays, en l’occurrence la jeunesse.

Une échéance assez contraignante
Si certains jubilent à l’idée de se voir débarrassés du joug du Trésor français et de ses conditions aux avantages quasi unilatéraux, d’autres sont plutôt circonspects face aux risques qui résulteraient d’un abandon hâtif de cette couverture. Car si l’on en croit, Skandar Onaies, professeur des sciences économiques et ancien conseiller au Fonds souverain du Koweït, « les pays d'Afrique de l'Ouest n'ont pas intérêt à quitter à court terme le parapluie monétaire que la France offre grâce à son appartenance à la zone Euro », arguant qu’ « un défaut de paiement sur les dettes extérieures serait une catastrophe ». Le soutien de Bercy, ajoute Onaies, serait donc « indispensable dans ce cas de figure ». D’autant plus que l’échéance, qui ne dépasse guère les cinq ans, semble assez courte et quelque peu contraignante quand on sait qu’avant d’instaurer l’Euro comme monnaie commune en 1999, l’Union européenne a eu besoin de pas moins d’un demi-siècle. 

Et si la BAD encourage le projet, elle n’a pas manqué d’exprimer, dans un rapport récent, son inquiétude quant au retard accusé pour ce qui est du lancement et de la possibilité réelle de maintenir cette échéance à 2020.

Disparités assez inquiétantes
En plus de l’échéance courte, certains analystes se montrent par ailleurs moins enthousiastes que le rapport de la BAD qui, selon le professeur Onaies, ne  prend pas en compte certains aspects des variations sociétales, institutionnelles, tribales de la région. Soulignant que «  le fait de mettre en commun les réserves peut représenter un obstacle. Les dettes extérieures des pays ne sont pas non plus au même niveau. Enfin, les flux de capitaux sont différents selon les pays et ne concernent pas forcément les mêmes secteurs ». C’est cela même qui serait, selon lui,  la raison de la réticence de certains chefs d’État « frileux quant à cette politique monétaire ».

L’on craindrait, selon les analystes, un manque de diversification propre aux pays pétroliers, lequel serait préjudiciable aux pays réalisant des entrées de capitaux de portefeuilles.

Bref, la future monnaie unique africaine n’a pas fini de susciter des débats passionnés. Et entre ceux qui sont tout enthousiastes à l’idée de son prochain lancement et ceux qui sont encore sceptiques, il faudrait peut-être tout simplement dire : «  Que son règne vienne ! ». Et pour le reste, « donnons du temps au temps ! ».


Qui est Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique?

Avec une fortune personnelle estimée à plus de 15 milliards de dollars, le businessman nigérian fait partie des hommes les plus riches du monde. Même lui n’en revient pas.

En 2019 et pour la huitième année consécutive, Aliko Dangote figure au classement du magasine américain Forbes. Premier milliardaire d’Afrique et 136e du monde, l’homme d’affaires de 62 ans a fait fortune dans le ciment. Le plus grand producteur d’"or gris" sur le continent a d’ailleurs eu du mal à réaliser à quel point il était riche.

Un jour, j’ai retiré 10 millions de dollars à ma banque (…). Je les ai pris à la maison, je les ai regardés et dit : 'Maintenant je sais que j’ai de l’argent'Aliko Dangoteau Forum Mo Ibrahim, à Abidjan, en avril 2019
Une famille d’entrepreneurs

Issu d’une riche famille musulmane de Kano, la grande ville du nord du Nigeria, Aliko Dangote acquiert vite le sens du commerce. Inspiré par son grand-père entrepreneur, il lance son premier "business" à 8 ans en vendant ses propres friandises, comme il le raconte au magazine Forbes.

Mais tout commence vraiment à 21 ans. Après une formation à l’université égyptienne Al-Azhar, le jeune diplômé en gestion et commerce emprunte de l'argent à son oncle et crée une petite entreprise de vente de ciment. Le succès est au rendez-vous et il multiplie très vite son capital.

Quand vous êtes jeune, votre premier million est important, mais après les chiffres ne veulent plus dire grand-choseAliko Dangoteau Forum Mo Ibrahim, à Abidjan, en avril 2019
L’empire Dangote

Au fil des ans, l’homme d’affaires nigérian amasse une fortune impressionnante grâce à la production de ciment. Sa société, présente dans une quinzaine de pays en Afrique, se développe et se diversifie. Sucre, farine, pâtes, sel, gestion immobilière… Dangote group est aujourd’hui un conglomérat avec des entreprises de production cotées en bourse. Il s’intéresse depuis peu au pétrole avec la construction d’une raffinerie au Nigeria, qui pourrait devenir l’une des plus grandes au monde. Le magnat africain a par ailleurs des visées sur le club de football d’Arsenal.
Investir en Afrique

Avec son ascension fulgurante et sa fortune colossale, Aliko Dangote suscite l’admiration, mais aussi les critiques. Certains l’accusent de s’être rapproché des politiques pour profiter de passe-droits. Mais le businessman ne s’en formalise pas et continue de développer ses activités en Afrique. Selon lui, les deux secteurs les plus prometteurs sont les nouvelles technologies et l’agriculture. Il appelle les jeunes entrepreneurs du continent à voir grand et à investir sur le long terme. "J’aimerais pouvoir me cloner", dit-il dans un entretien au magasine américain Time. Aliko Dangote fait dans le même temps un calcul rapide et affirme que dix comme lui feraient l’affaire...

francetvinfo.fr


C’est quoi le franc CFA ?

14 pays utilisent encore la monnaie des colonies françaises d’Afrique créée en 1945 et controversée depuis longtemps.

Lors de son déplacement au Burkina Faso, ce mardi 28 novembre, le président de la République s’est prêté à une séance de questions-réponses avec les 800 étudiants de l’université de Ouagadougou. Parmi les questions posées, une portait sur le franc CFA, monnaie en vigueur dans quatorze pays africains, dont le Burkina Faso.



Le franc CFA, dernière monnaie coloniale encore en activité, est sujet à de nombreuses controverses depuis longtemps. Déjà en 1990, le présentateur du JT d’Antenne 2 indiquait : « l’un des problèmes qu’il faudra bien résoudre un jour, dans les rapports entre la France et l’Afrique, c’est celui du franc CFA ».

Les billets sont toujours imprimés en France
Créé en 1945 sur décret du Général De Gaule, il s’agissait à l’époque du franc des Colonies françaises d’Afrique. Certains pays ont quitté la zone franc CFA au moment de leur indépendance, d’autres plus tard.

Aujourd’hui, il existe deux zones : le franc de la Communauté financière africaine, plutôt présente dans l’Afrique de l’Ouest, et le franc de la coopération financière en Afrique centrale, plutôt concentré dans les pays d’Afrique centrale. Par ailleurs, les billets sont toujours imprimés par la Banque de France dans l’Hexagone. Et son taux de change est fixé sur l’euro, ce qui pose un problème pour beaucoup de pays.

Le franc CFA, « une taxe sur les exportations et une subvention sur les importations »
Les détracteurs du franc CFA estiment en effet que cette monnaie est un frein à l’économie, ainsi qu’un outil du néocolonialisme. C’est le cas de l’ancien ministre du Togo, Kako Nubuko, et co-auteur de Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : « Pour des économies aussi faibles que les nôtres, avoir une monnaie arrimée à l’euro, qui est une des monnaies les plus fortes au monde, ça agit comme une taxe sur les exportations et une subvention sur les importations. »

Du côté des défenseurs de cette monnaie, au contraire, le principal avantage du franc CFA est sa stabilité, comme l’explique le président ivoirine Alassane Ouatera : « cette monnaie est solide, elle est appropriée ».

Une monnaie unique d’ici 2020
Depuis 1980 déjà, un projet existe de créer une nouvelle monnaie unique. Les membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest se sont fixés 2020 comme pour le réaliser.

Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré à ce propos que la France accompagnerait « la solution portée par les présidents africains. »

franceinfo.fr

Une succession de lettres a mis le feu aux poudres au Parti démocratique sénégalais (PDS), où certains responsables commencent à questionner la stratégie du « va-tout » autour de la candidature de Karim Wade à l'élection présidentielle, prévue en février prochain.

Faut-il prévoir une alternative à la stratégie du « Karim ou rien » ? C’est une question qui agite le PDS depuis des mois mais que ses principaux responsables prenaient soin jusqu’ici de ne pas aborder, du moins publiquement. L’échange épistolaire peu amène qui vient de se jouer entre Abdoulaye Wade et son homme de confiance – et patron des députés du PDS -, l’avocat Madické Niang, à défaut de trancher le débat, laisse affleurer le clivage qui se joue en interne sur cette question stratégique pour le premier parti d’opposition au Sénégal.

Dans une lettre signée depuis Dubaï, Abdoulaye Wade n’y est pas allé de main morte pour s’attaquer à Madické Niang, accusant explicitement ce dernier de trahison. « Compte tenu des relations que nous avions entre nous, j’étais en droit de penser qu’il n’aurait jamais choisi la forme du coup de poignard dans le dos », assène Gorgui (« le Vieux », en wolof). Cause de son courroux : une missive reçue quelques jours plus tôt et dont Madické Niang serait, à ses yeux, l’instigateur occulte.

« La seconde option »
Le texte en question est pourtant bien flagorneur. Daté du 2 septembre et adressé à « son Excellence Maître Abdoulaye Wade », qualifié notamment de « défenseur des causes justes » et de « visionnaire », il invite celui-ci à « une discussion stratégique sur la présidentielle du 24 février 2019 ». Et surtout à désigner un autre candidat pour le PDS, après le rejet par la Cour suprême du recours formulé par Karim Wade en vue de son inscription sur les listes électorales.

« Cette décision de la Cour suprême nous impose une alternative qui est d’affronter Macky Sall dans la rue au risque de détruire le pays que vous avez construit ou de le battre dans les urnes en choisissant un autre candidat, écrit l’auteur de la lettre, un certain Thierno Birahim Thiobane, qui se présente comme conseiller départemental PDS à Kaolack. Et tout votre cursus politique nous oriente vers la seconde option. »

"À L’UNISSON, LES TÉNORS DU PARTI  ÉVOQUENT PUBLIQUEMENT LA PERSPECTIVE « D’UN BRAS DE FER » AVEC LE RÉGIME POUR IMPOSER LEUR CANDIDAT"

Une tonalité bien différente du mantra répété en boucle ces derniers mois sur « l’absence de plan B » au PDS en vue de la présidentielle de février 2019. À l’unisson, les ténors du parti  évoquent même publiquement la perspective « d’un bras de fer » avec le régime pour imposer leur candidat. « Nous sommes prêts à tout et nous avons l’expérience de la lutte », déclarait ainsi à JA, il y a quelques jours, le porte-parole du parti, Babacar Gaye.

« On n’a fait qu’exprimer une opinion interne au sein du parti, se défend Thierno Birahim Thiobane. Si Abdoulaye Wade a réagi avec une telle véhémence, c’est peut-être parce qu’il est manipulé par son fils. » Et de rappeler que plusieurs élus (notamment cinq députés) et responsables locaux du PDS ont cosigné la missive.

L’un des députés « signataires », Mor Kane, affirme pourtant n’avoir jamais été associé à cette initiative. « On m’a appelé en me demandant quelle devrait être la marche à suivre après le rejet du recours devant la Cour suprême, explique ce dernier à Jeune Afrique. Et j’ai simplement répondu qu’il fallait s’adresser à notre président Abdoulaye Wade, que je respecte beaucoup. Je n’ai jamais vu cette lettre. »

« Une candidature de recours »
Quid du rôle de Madické Niang dans cette affaire ? « Je n’ai jamais été en contact avec lui lors de la rédaction de ce texte », assure Thierno Birahim Thiobane. Même son de cloche du côté de l’intéressé, qui jure dans un communiqué relayé par la presse en ligne sénégalaise n’avoir « jamais trahi Abdoulaye Wade » et « n’être ni de près ni de loin mêlé à l’initiative de Thiombane, que je n’ai jamais rencontré et avec qui je n’ai pas parlé une seule fois ».

Mais dans le même texte, Madické Niang – qui demeurait injoignable ce mardi – révèle aussi avoir envoyé une lettre à l’ancien président, le 3 septembre, où il lui proposait « une candidature de recours en cas de nécessité ». « J’avais choisi cette voie directe et confidentielle parce qu’il s’agit pour moi d’une question importante pour l’avenir du Sénégal qui mérite une réflexion profonde et lucide », estime-t-il.

Un discours à rebours de celui tenu en public depuis des mois par ce haut responsable du PDS. Le même jour, 3 septembre, Madické Niang affirmait ainsi à JA : « Il ne s’agit pas de boycotter l’élection mais de l’empêcher de se tenir sans Karim. »

jeuneafrique.com

Au Sénégal, Khalifa Sall poursuit son combat judiciaire et joue sans doute sa dernière carte. Condamné en appel à cinq ans de prison pour escroquerie sur des deniers publics, l’ex-maire de Dakar a décidé de se pourvoir en cassation. Ses avocats ont également annoncé qu’ils lançaient une autre procédure devant la Cour suprême contre le décret pris par le président Macky Sall. Décret qui a révoqué la semaine passée Khalifa Sall de ses fonctions de maire de la capitale.

Pour maître Demba Ciré Bathily, avocat de l'ex-maire de Dakar, la procédure engagée ne vise qu’une chose : empêcher son client d’être candidat à la prochaine élection présidentielle prévue en février 2019. Il met en cause l'instruction selon lui « menée au pas de charge ».

« C’est clair, net et précis. C’est pour ça qu’on a mené une instruction au pas de charge. En moins de deux mois, pour une affaire aussi grave, l’instruction était terminée et aujourd’hui ils vont essayer certainement de rééditer ça pour avoir une cassation extraordinaire ». Peut-être que ce dossier pourra « entrer dans le Guinness des records des procédures judiciaires pénales accélérées », ironise l'avocat, « mais nous ferons face et allons également introduire d’autres recours sur le plan international » et « ce qui est certain, quelles que soient les manœuvres qui pourront être mises en œuvre, monsieur Khalifa Sall sera candidat à l’élection présidentielle, ce que toute machination politico-judiciaire a pour but d’empêcher ».

Le droit a été respecté pour l'avocat de l'Etat sénégalais

Selon maître Baboucar Cissé, qui défend l’Etat du Sénégal dans ce dossier, Khalifa Sall, le pourvoi en cassation de Khalifa Sall n’aboutira pas car la procèdure n’est pas politique et le droit a été respecté. « Le droit a été bien dit et très bien dit en l’espèce, assure maître Baboucar Cissé. Ce n’est pas un procès politique, contrairement à ce qu’on soutient, parce que simplement Monsieur Khalifa Sall est un éventuel ou un hypothétique candidat à la présidentielle... la loi a été exactement appliquée par les juges qui étaient chargés de juger cette affaire-là sur le fond ».

rfi


A Dakar, l’archi anarchique

La capitale du Sénégal a vu sa population quadrupler en vingt ans, entraînant une urbanisation chaotique. Face à l’impuissance des autorités, un collectif citoyen tente de lutter contre l’incivisme sur Twitter.

Difficile de se frayer un chemin entre les stands des vendeurs ambulants qui ont envahi la passerelle piétonne de Nord Foire, un quartier populaire de Dakar. Crèmes pour le corps, perruques, chaussures de seconde main, parfums s’étalent en enfilade, à même le sol. Des femmes s’arrêtent, marchandent les prix. D’autres passants enjambent dans l’indifférence les étals de fortune. Au milieu de ce capharnaüm, rejoindre l’autre bout du pont est devenu le parcours du combattant.

Maguette Gaye mitraille la scène avec son smartphone. «J’immortalise l’anarchie, plaisante-t-il. C’est désormais un réflexe de prendre en photo tout ce qui me déplaît à Dakar.» Ses clichés, il les partage sur le Twitter de Save Dakar, un collectif citoyen qui dénonce les actes d’incivilité dans la capitale sénégalaise. Présente uniquement sur les réseaux sociaux, la communauté regroupe près de 30 000 citadins qui, comme Maguette, sont lassés d’une ville qu’ils jugent trop sale, trop bruyante, trop polluée. Leur ras-le-bol, ils l’expriment en images avec le hashtag #SaveDakar, utilisé une centaine de fois par jour. Sur les clichés, des scènes de vie d’une capitale qui suffoque. Des rues qui croulent sous les ordures, des bouches d’égout débordantes, des espaces verts à l’abandon, du bétail qui déambule au milieu de la circulation. A l’origine de cette initiative, un jeune photographe sénégalais, Mandione Laye Kébé, nostalgique du Dakar raconté par son père dans les années 60. «De larges avenues ombragées sans circulation, de vrais trottoirs, des parcs, et surtout des règles que les gens respectaient. L’âge d’or», raconte-t-il.

Champignons
C’est après une balade place de l’Indépendance, dans le vieux quartier du Plateau, qu’il décide de lancer Save Dakar. Ce lieu mythique de la capitale sénégalaise post-indépendance, «le salon» où l’on se rencontrait après une séance au cinéma voisin, le Paris, est en décrépitude. Les pelouses pelées sont jonchées de détritus, les bancs en ruine servent d’abris aux clochards en haillons, l’eau de la fontaine ne coule plus. «Au Sénégal, on investit seulement pour sauver les apparences. Mais on oublie le plus important, l’entretien», déplore Mandione Laye Kébé.

Touchée de plein fouet par l’exode rural, la population de Dakar a quadruplé en vingt ans : 800 000 habitants au début des années 2000, contre quelque 3,6 millions aujourd’hui. Les banlieues désordonnées et sans plan d’urbanisme ont poussé comme des champignons.

Dans son dernier rapport annuel sur la pollution de l’air, l’Organisation mondiale de la santé a classé Dakar parmi les mauvaises élèves. Un taux de particules fines sept fois plus haut que la moyenne qui fait d’elle la deuxième capitale la plus polluée d’Afrique. Pour Mandione Laye Kébé, cette explosion urbaine va de pair avec le développement de l’incivisme. «Dakar est devenu un grand souk, où tout se négocie. On ne respecte plus rien. La première victime, c’est le patrimoine.» Alors il mise sur les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix : «Tout le monde les utilise dans le pays, du citoyen lambda aux hommes politiques, c’est l’endroit idéal pour interpeller les gens.» Dans sa poche, son téléphone ne cesse de vibrer, une photo qu’il a publiée la veille est retweetée des milliers de fois. Celle d’un lampadaire qui menace de s’effondrer en pleine rue. Le buzz est tel que les autorités réagissent. La Société nationale d’électricité du Sénégal le contacte personnellement pour connaître le lieu exact où a été prise la photo. «En une matinée ils avaient réglé le problème, se félicite-t-il. Nous, on dénonce. Et visiblement, notre succès sert à quelque chose.» En un an d’existence, le mouvement citoyen Save Dakar a pris de l’envergure. Le combat dépasse désormais la sphère du Web et s’installe sur le terrain.

«Révolutionnaire»
Ce matin-là, Mandione Laye Kébé, accompagné de deux amis volontaires, Rokhaya et Incent, se rend dans une école primaire du quartier défavorisé de Gueule Tapée. Au programme des discussions, la protection de l’environnement et le civisme. «Je leur dis de ne pas jeter leurs détritus par terre. S’ils voient des adultes le faire, qu’ils leur demandent de les mettre dans les poubelles», explique Mandione, pédagogue. Et d’ajouter : «Si on veut que les mentalités changent durablement, c’est sur les enfants qu’il faut miser. Ce sont nos ambassadeurs.»

Save Dakar compte aussi lancer une application mobile dédiée aux Dakarois pour dénoncer tous les tracas du quotidien, comme les débordements d’égouts ou un accident qui embouteille la voie publique. «J’aimerais mettre directement en relation les citoyens et les élus via leur smartphone, ça serait révolutionnaire !» espère le jeune influenceur, avant de reprendre en chœur avec les élèves l’hymne national sénégalais.

Libération - Margot Chevance Correspondante à Dakar


France-Sénégal : Discours touchant de Macron à Saint-Louis



Saint-Louis (Sénégal) - Une foule impressionnante a accueilli samedi à Saint-Louis du Sénégal le président français Emmanuel Macron, qui a annoncé une aide de 15 millions d'euros pour lutter contre l'érosion côtière qui menace la ville, auxquels s'ajouteront 24 millions d'euros débloqués par la Banque Mondiale.
M. Macron a également annoncé une aide de 25 millions d'euros pour la préservation et la rénovation du patrimoine historique de l'ancienne capitale de l'Afrique-Occidentale française et du Sénégal.

L'assaut des vagues a déjà obligé 200 familles de Saint-Louis à déménager, soit environ 2.000 personnes, et à terme ce sont près de 10.000 qui devront être relogées, selon Louise Cord, directrice Sénégal de la Banque Mondiale.

Samedi matin, des dizaines de milliers d'habitants ont envahi le centre de cette ville de pêcheurs du nord du pays, à l'embouchure du fleuve Sénégal, qui fut le premier établissement fondé au sud du Sahara par la France au XVIIe siècle, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Arrivé en avion de Dakar, où il participait la veille à une conférence sur l'éducation, Emmanuel Macron, 13 ans après la dernière visite de son prédécesseur Jacques Chirac, était accompagné à Saint-Louis de son homologue sénégalais Macky Sall. 


Les épouses des deux présidents étaient également du voyage, dernière étape de la visite officielle du président français au Sénégal.

Massés sur plusieurs rangs, les habitants ont salué les deux présidents lors de leurs différents arrêts avec de chants de bienvenue, des portraits des deux présidents et de leurs épouses, des banderoles et des drapeaux français et sénégalais.

Après avoir annoncé vendredi la hausse de l'engagement français dans le Partenariat mondial pour l'éducation (PME) à 200 millions d'euros, contre 17 millions précédemment, M. Macron a indiqué que l'Agence française de développement (AFD) allait débloquer 15 millions d'euros pour la construction "en un an" de murs pour protéger les habitants de la Langue de Barbarie.

Cette somme devra aussi servir à la construction d'une longue digue dans la partie sud de cette étroite bande de sable d'une trentaine de kilomètres de long qui protège la ville mais qui est rongée par l'érosion.

- 'Mer inarrêtable' -

Autrefois d'un seul tenant, la Langue de Barbarie a été sectionnée par le creusement en 2003 d'un canal destiné à évacuer les eaux du fleuve Sénégal et éviter la submersion de la ville lors des fortes pluies.

Large de 4 mètres lors de son percement, ce canal s'est inexorablement élargi pour atteindre une dizaine de kilomètres, modifiant profondément l'écosystème exceptionnel de la région et menaçant l'activité économique de la ville.

Aux côtés d'Emmanuel Macron, le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim, a pour sa part dévoilé un plan de financement de 30 millions de dollars (24 millions d'euros) pour reloger 900 familles, soit environ 10.000 personnes, vivant dans les quartiers de pêcheurs les plus touchés. 

A plus long terme, l'institution basée à Washington a lancé une étude pour tenter de trouver une solution plus durable face à la montée des eaux.

La construction de digues promises par la France devrait donner le temps aux familles de déménager.

"Ils devront partir à terme, on ne pourra pas arrêter la mer", a déclaré à l'AFP Laurence Hart, directrice Sénégal de l'AFD. 

Le maire de Saint-Louis, Mansour Faye, avait alerté Emmanuel Macron sur la situation dramatique de sa ville lors du Sommet One Planet du 12 décembre.

- Patrimoine à restaurer -

Ces menaces, qui conjuguent l'élévation du niveau de la mer et à l'accélération des occurrences de forte houle, sont liées au réchauffement climatique, a souligné M. Macron. 

Fendant la foule dans une voiture décapotable roulant au pas, debout aux côtés de Macky Sall, le président français s'est ensuite rendu sur la place Faidherbe, qui porte le nom du plus connu des gouverneurs français du Sénégal, à la fin du XIXe siècle.

Fondée en 1659, Saint-Louis a été la tête de pont de la conquête coloniale française au sud du Sahara. La ville fut ensuite la capitale de l'Afrique-Occidentale française (1895-1902) et celle du Sénégal jusqu'en 1957.

Les façades décrépies du coeur historique et les murs fissurés de sa cathédrale soulignent son déclin ces dernières années.

Le gouvernement sénégalais a lancé des programme de réhabilitation de ce patrimoine classé par l'Unesco, dont les résultats tardent toutefois à se concrétiser.

Emmanuel Macron a annoncé une enveloppe de 25 millions d'euros pour "la cathédrale, les maisons, la place Faidherbe".

l'express


Sénégal : Mise en exergue du procès Khalifa Sall

APS- La bataille de procédure entre la défense et l’accusation dans le procès de Khalifa Sall et de ses co-accusés et les remous dans le front social sont les principaux sujets abordés par les quotidiens reçus mercredi à l’APS.

Le procès du maire de Dakar et de ses co-inculpés pour un présumé ’’détournement de fonds’’ portant sur 1,8 milliard de francs CFA dans l’affaire dite de la ’’caisse d’avance’’ de la municipalité de la capitale a repris mardi après deux renvois.

C’est ‘’le début des choses sérieuses dans l’affaire Khalifa Sall’’, souligne Vox Populi qui note que la question des témoins est évacuée, alors que celle de la constitution de la Ville de Dakar comme partie civile reste en ‘’suspens’’.

‘’L’Agent judiciaire de l’Etat récuse la Ville de Dakar et se fait récuser à son tour par la défense’’, résume la publication.

Tribune parle de l’’’Acte 1’’ du procès de Khalifa Sall et constate que ‘’la bataille de procédures fait rage’’. ‘’Avocats de la défense et partie civile, dossiers en main, crient, clament et déclament en faveur de leur client et prévenu. Le premier groupe veut à tout prix laver à grande eau (le maire de Dakar), tandis que le second groupe veut à tout prix l’enfoncer (….)’’, note le journal.

Pour Sud Quotidien, ‘’défense et parquet (sont) en guerre …de tranchées’’. ‘’Khalifa Sall impose sa forme à l’Etat’’, souligne pour sa part L’Observateur, qui fait état de ‘’chaudes empoignades entre avocats et Agent judiciaire de l’Etat sur la constitution de partie civile de la Ville de Dakar et de l’Etat’’.

Selon le quotidien L’As, ‘’la guerre de procédures a eu lieu’’ en ce début de procès. La publication souligne que ‘’la correspondance du préfet de Dakar demandant une seconde lecture de la délibération du 15 janvier 2018, du Conseil municipal de Dakar, entérinant la constitution de partie civile de la marie de Dakar a été au cœur des débats d’audience (…)’’.

‘’L’Agent judiciaire de l’Etat, les avocats de l’Etat du Sénégal ainsi que le procureur de la République ont tous dit niet à cette constitution. Ce qui a fait sortir de ses gonds la défense et l’un de ses avocats constitués, Me El Hadji Diouf’’, ajoute L’As.

Jugeant que ‘’c’était prévisible’’, le quotidien Enquête explique : "Dans le procès de l’affaire de la caisse d’avance de la marie de Dakar, tout ne vas pas se passer comme lettre à la poste. Chaque acte posé est âprement discuté par les parties’’.

Sous le titre ‘’Heurts et paradoxes’’, le journal relève qu’’’hier à l’ouverture du dossier, l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE) Antoine Félix Diome et les avocats de l’Etat ont voulu que le juge écarte la demande des témoins cités par la défense’’.

’’Cette dernière, après avoir défendu sa cause, s’est attaquée à l’Agent judiciaire. Puisque selon les conseils de Khalifa Sall et cie, ils sont surpris de voir un AJE plaider alors qu’il a constitué des avocats pour assurer la défense des intérêts de l’Etat’’, explique encore le journal.

Le quotidien parle de ‘’procès des paradoxes’’ et explique que ‘’dans l’affaire Khalifa Sall, il existe, d’une part, une connivence manifeste entre défense et Ville de Dakar (qui veut se constituer partie civile), d’autre part, des contradictions irréfutables entre cette dernière et le procureur’’.

Le Soleil note que ‘’le procès de Khalifa Sall a repris hier sur fond de vives empoignades entre les représentants de l’Etat et la défense autour de la constitution comme partie civile de la Ville de Dakar’’.

En réponse à ceux qui dénoncent un ‘’procès politique’’ qui serait intenté au maire de Dakar, l’avocat français Me Francis Szpiner soutient dans ce journal que "ce n’est pas parce qu’on juge quelqu’un qui est investi d’une fonction politique que c’est un procès politique’’.

Le front social fait aussi la Une de quelques quotidiens à l’instar du Témoin, qui titre : ‘’contestations et protestations tous azimuts, le front social secoue le +lion qui dort’’. ‘’Le front social se réchauffe après 5 ans d’accalmie’’, signale le journal qui cite la marche de la CTNS (qui s’est déroulée mardi), la grève des enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur ainsi que des collectivités locales.

Avec la crise sociale et le front social en ébullition, ‘’Macky Sall est dans le cercle de feu’’, estime Walfadjri.

Le Quotidien met en exergue ‘’la marche des syndicats pour l’augmentation des salaires’’ et affiche en Une : ‘’2018, année asociale’’ alors que l’Etat avait décrété 2018 ‘’année sociale’’.

OID/ASG


«Pays de merde»: la lettre de diplomates africains à Donald Trump

Les récents propos de Donald Trump sur Haïti et les pays africains qualifiés de «pays de merde» continuent de faire polémique en Afrique. Cette fois ce sont 48 anciens ambassadeurs de pays africains aux Etats-Unis qui diffusent une pétition en forme de lettre ouverte au président américain pour dire leur «profonde inquiétude» suite à ces propos de Donald Trump.

Du Sénégal à l'Algérie en passant par le Nigeria, l'Ethiopie et l'Afrique du Sud, ils sont en tout 48 et représentent la quasi-totalité des pays du continent. Tous anciens ambassadeurs africains aux Etats-Unis, ils cosignent une lettre de protestation adressée à Donald Trump après ses propos lors d'une réunion sur l'immigration qualifiant les pays d'Afrique et Haïti de « pays de merde ».

« Cher M. Le president, nous vous écrivons pour dire notre profonde inquiétude au sujet de vos récentes remarques sur les pays africains » écrivent-ils. « L'Afrique est un continent de grands talents humains, d'une beauté extraordinaire et de ressources naturelles sans pareilles » poursuit la lettre, « c'est aussi un continent avec des liens historiques profonds avec les Etats-Unis  ».

Le texte rappelle les liens économiques entre Afrique et Etats-Unis mais aussi militaires et en termes de renseignement. Cet engagement mutuel est « vital pour nos intérêts nationaux  » expliquent les ex ambassadeurs « mais nous savons aussi que le monde est plus riche grâce à la contribution des Africains et notamment des Américains descendants d'Africains ».

Et les 48 anciens ambassadeurs africains aux Etats Unis de conclure « nous espérons que vous allez réviser votre vision de l'Afrique et de ses citoyens et que vous reconnaitrez la contribution importante que les africains et les afro-américains ont apporté et continuent d'apporter à votre pays et à son histoire ».

Rfi

Une semaine après les propos injurieux de Donald Trump à l’égard des pays africains, les diplomates du continent sont partagés entre demande d’explications et apaisement. D’anciens ambassadeurs lui ont écrit pour dire leur indignation et l’appeler à réévaluer sa vision et les représentants du continent à l’ONU l’ont invité au sommet de l’Union Africaine d’Addis-Abeba des 28 et 29 janvier 2018.

Depuis la révélation par le Washington Post, le 12 janvier 2018, des propos du président américain traitant les pays africains, Haïti et le Salvador de «pays de merde», il ne se passe pas un jour sans que des réactions d’indignation se fassent entendre.

D'anciens diplomates demandent à Trump de réviser sa vision de l'Afrique
Parmi les plus notoires, la lettre qui lui a été adressée par 78 anciens représentants de 48 pays d’Afrique aux Etats-Unis, malgré ses démentis et son affirmation «je ne suis pas raciste» à quelques journalistes en Floride.

«Cher M.Le président, nous vous écrivons pour dire notre profonde inquiétude au sujet de vos récentes remarques sur les pays africains», écrivent-ils. «L'Afrique est un continent de grands talents humains, d'une beauté extraordinaire et de ressources naturelles sans pareilles, poursuit la lettre. C'est aussi un continent avec des liens historiques profonds avec les Etats-Unis.»

Le texte rappelle les liens économiques entre Afrique et Etats-Unis mais aussi militaires et en termes de renseignement. Cet engagement mutuel est «vital pour nos intérêts nationaux», expliquent les ex-ambassadeurs, «mais nous savons aussi que le monde est plus riche grâce à la contribution des Africains et notamment des Américains descendants d'Africains».

Et les anciens diplomates de conclure: «Nous espérons que vous allez réviser votre vision de l'Afrique et de ses citoyens et que vous reconnaîtrez la contribution importante que les Africains et les Afro-Américains ont apporté et continuent d'apporter à votre pays et à son histoire.»

Une occasion pour Trump de s'adresser directement aux dirigeants africains
Si tel était le cas, une occasion en or lui est fournie par les ambassadeurs des pays africains à l’ONU, en exercice ceux-là. En dépit des «remarques scandaleuses, racistes et xénophones» dénoncées par des élites africaines, ils ont adressé à Donald Trump une invitation à se rendre au prochain sommet de l’Union Africaine (UA) qui doit se tenir les 28 et 29 janvier 2018 à Addis Abeba.

«Loin d’être une invitation de complaisance, les diplomates africains espèrent obtenir un face-à-face entre Donald Trump et les chefs d’Etats africains», écrit Africanews qui rapporte l’information.

C’est Jerry Matjila, ambassadeur sud-africain et porte-parole des diplomates africains à l’ONU, qui a émis cette proposition au nom du groupe, estimant qu’il «pourrait être utile» que Trump s’adresse directement aux dirigeants du continent, précise le site d’informations africaines.

L’invitation a été transmise sous forme de recommandation lors d’une rencontre du corps diplomatique africain avec l’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Nikki Haley, le 18 janvier à New York.

C’est d’ailleurs à la demande de cette dernière que la rencontre a eu lieu après la publication d’un communiqué des diplomates exigeant des excuses du président américain pour ses propos «racistes», a indiqué l’ambassadeur de Guinée équatoriale, Anatolio Ndong Mba.

«Une rencontre très amicale» avec Nikki Haley
L'ambassadrice américaine n'a pas présenté d'excuses lors de cette rencontre à huis clos, mais a exprimé ses regrets, a-t-il affirmé. Nikki Haley a expliqué aux ambassadeurs qu'«elle n'était pas à la Maison Blanche, elle n'était pas sûre de ce qui s'y est dit, mais qu'elle regrettait toute cette situation», a poursuivi le diplomate.

Au cours de la rencontre qualifiée de «très amicale» par Anatolio Ndong Mba, Nikki Haley a pris acte de la recommandation qui pourrait, selon d'autres diplomates, prendre la forme d’un message d’amitié aux dirigeants africains au sommet d’Addis-Abeba, et promis de la transmettre à son président.

En geste d’apaisement, la mission américaine à l’ONU a mis en ligne des photos de la réunion accompagnées du message: «Merci au groupe africain pour la réunion d’aujourd’hui.»

France info