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Sénégal : Thione Seck tire sa révérence


C'est avec consternation que la monde de la culture sénégalaise a appris aujourd'hui le décès d'un des monuments de la musique sénégalaise, en l’occurrence l'artiste musicien et parolier hors-pair Thione Ballago Seck, décédé ce dimanche 14 mars 2021, des suites d'une courte maladie.

Dès l'annonce de la nouvelle, une foule de fans et de collaborateurs de l'artiste a assailli son domicile dakarois, surpris et abasourdis par la soudaineté de la nouvelle.

Les témoignages sont unanimes : l'homme était un musulman pieux, véridique, d'une sincérité et d'une simplicité touchantes, en dépit de sa grande popularité et de son insigne succès.

L'artiste est et restera un des piliers de la musique sénégalaise de par sa contribution considérable à la promotion du style musical sénégalais le plus populaire, le Mbalax, qu'il a su allier, avec maestria, aux styles oriental, indien et latino, lui conférant ainsi la touche unique et doublement adulée des Sénégalais qui distingue sa musique. Un succès dû à son entrée précoce dans le monde de l'art où il s'est distingué par des débuts rayonnants, à seulement 19 ans, au très populaire Orchestra Baobab de Dakar.

Le Sénégal perd ainsi un de ses illustres artistes musiciens et chanteurs ayant marqué sa musique de la période post-indépendances à nos jours.

Mais la relève pour Thione est bien assurée à travers notamment le legs porté par son fils Waly Ballago Seck, qui depuis plusieurs années maintenant, séduit de sa voix mélodieuse les foules, de Dakar à Bamako, jusque dans les capitales occidentales où il fait le bonheur de la diaspora sénégalaise et africaine.

Thione Seck tire ainsi sa révérence à 66 ans, laissant derrière lui un riche patrimoine musical ainsi qu'un fils désormais devenu la coqueluche des mélomanes sénégalais. Adieu l'artiste, ton travail n'aura pas été vain !



Abdoulaye Jamil Diallo

La récente frappe de l'armée française dans le centre du Mali a fait plus de 20 civils tués, notamment des villageois qui célébraient un mariage. Si les autorités françaises parlent d'erreur, le pouvoir malien lui reste muet comme une carpe : aucune condamnation, aucune réclamation et aucune annonce d'enquête pour éclairer les populations sur ce qui s'est réellement passé. 

Pour nombre d'observateurs locaux, il s'agit d'une opération délibérée pour dissuader les attaques contre les soldats français. D'aucuns y voient une stratégie de la France qui, pour mieux continuer l'exploitation sauvage du nord malien sans être inquiétée, aurait aujourd'hui comme stratégie de mettre le feu au centre du pays pour dissuader l'armée malienne de toute velléité de reconquête du nord, occupée qu'elle serait à protéger ce qui lui reste de territoire, de peur que le péril djihadiste n'atteigne bientôt Bamako et le reste du pays, déjà gagné par une insécurité grandissante: attaques de civils et braquage de banques en plein jour, sans parler des cambriolages devenus monnaie courante dans la capitale malienne.

Cette dernière frappe a fini d'exarber le sentiment anti-français qui règne dans le pays. Et des voix nombreuses parmi la société civile se sont faites entendre pour demander, à travers les radios privées du pays et sur les réseaux sociaux, le départ pur et simple des forces françaises, qui, selon la majorité des Maliens, ne sont là que pour les intérêts de la France et nullement pour protéger les malheureuses populations abandonnées à leur sort.   

AJD, S'informer Utile

Mali : libération de Soumaïla Cissé et de Sophie Pétronin

La libération du chef de file de l'opposition malienne Soumaïla Cissé a été annoncée ce jeudi 8 octobre par la Primature malienne en début de soirée, suivie presque aussitôt par l'Elysée. Emmanuel Macron a exprimé son "immense soulagement" après la libération de la Française Sophie Pétronin, détenue par ses ravisseurs depuis le 24 décembre 2016 et du "responsable politique malien", selon le communiqué de l'Elysée, enlevé lors des dernières législatives maliennes. 
Le QG de l'opposant malien a été pris d'assaut par plusieurs de ses partisans à la fois heureux et surpris très agréablement par l'annonce de sa libération.

Au moment où nous écrivions ces ligne, Ismaïla Cissé et Sophie Pétronin, dernière otage française au monde, étaient en route vers Bamako avec d'autres otages dont deux Italiens, libérés par la même occasion.

Depuis sa prise du pouvoir, après la  chute d'IBK, le CNT (Conseil national de transition) était en pourparlers avec les groupes djihadistes en vue de la libération du chef de file de l'opposition malienne.

L’Afrique sous la menace d’une crise systémique (3). Dans ce pays en guerre, la solidarité migratoire est une source de revenus cruciale pour une majorité de Maliens.

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Sur le bureau de Mahamdaou Camara, le téléphone n’arrête pas de sonner. « Tous les jours, des gens m’appellent pour me demander de l’aide, avance le secrétaire exécutif du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur. Certains sont bloqués en France et ne peuvent pas rentrer pour apporter de l’argent à leur famille, d’autres sont coincés au Mali et ne peuvent pas retourner en France travailler. » Depuis le début des mesures de confinement prises à travers le monde, M. Camara répond la même chose à ses compatriotes inquiets : « Désolé, mais nous ne pouvons rien faire, il faut attendre ».
Une phrase d’autant plus difficile à prononcer qu’il sait qu’une majorité de Maliens « vit au jour le jour et dépend énormément des transferts monétaires en provenance de la diaspora dispersée dans 77 pays », souligne-t-il.
Présentation de notre série L’Afrique sous la menace d’une violente crise économique
Le Mali est le neuvième pays africain bénéficiant le plus des fonds envoyés par ses expatriés et le troisième des pays francophones du continent, après le Sénégal et la République démocratique du Congo (RDC). Selon la Banque mondiale, ces transferts monétaires auraient représenté plus d’un milliard de dollars en 2017, soit 6,7 % du PIB malien. Un calcul qui ne prend pas en compte les transferts d’argent clandestins qui porteraient ce nombre « à plus de 11 % du PIB national », affirme M. Camara. « Ce pourrait même être le double, voire le triple », abonde Dilip Ratha, économiste à la Banque mondiale et auteur d’un récent rapport qui annonce une baisse des envois de fonds des migrants sans précédent dans l’histoire.

« Ajouter une guerre à la guerre »
Selon lui, le Covid-19 va causer une chute des transferts monétaires de l’ordre de 20 % dans le monde et de 23 % en Afrique, entraînant une récession aux répercussions multiples. « Les Africains auront des difficultés à subvenir à leurs besoins, à payer nourriture, éducation et soins, prévient-il. Combinée aux récentes invasions de criquets qui détruisent les récoltes, cette crise économique risque de démultiplier les famines ».

La partie francophone du continent, dont les populations émigrent traditionnellement en Europe, sera plus durement touchée à cause d’une dépréciation de l’euro par rapport au dollar. Le Mali, déjà sujet à des violences intercommunautaires dans le centre et à des attaques djihadistes dans le nord et l’est, sera en première ligne. Près de 30 % des transferts officiels proviennent de la diaspora malienne de France, la plus grande hors d’Afrique, comptant 120 000 personnes.

Ces travailleurs sont employés dans des secteurs fortement touchés par la crise et les mesures de confinement : le bâtiment, la restauration, le transport, la vente au détail, l’entretien et la manutention. « Ce sont de petits salaires, des précaires, qui envoient souvent 50 % de leurs revenus à leur famille restée au pays », explique Diarra Hady, vice-président du Haut Conseil des Maliens de France. Son téléphone à lui aussi ne cesse de sonner. « Ils sont effrayés, tout est à l’arrêt, ils n’ont plus de boulot. Si certains touchent le chômage partiel, la plupart, les précaires, les non-déclarés, n’ont aucune aide, poursuit-il. S’ils ne peuvent travailler, ce n’est pas seulement eux qui en paient le prix, mais dix, vingt personnes restées au Mali et qui dépendent de leur salaire ».

Episode 1 - En Côte d’Ivoire, le cacao et la noix de cajou restent à quai
Lui-même en subit les conséquences. Il était venu apporter à sa famille 40 % de ses revenus gagnés comme chef de poste sécurité et incendie dans un centre commercial de Drancy, dans la banlieue parisienne, et s’est retrouvé coincé au Mali lorsque le président Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré la fermeture des frontières le 17 mars. Il a dû annoncer à ses parents, ses cousins et ses tantes qu’il ne pourra pas les aider ces prochains mois. « Je leur ai dit que le monde entier est bloqué, de Paris jusqu’au village », raconte-t-il. Certains, habitant loin de la capitale, ignoraient tout de la pandémie et des mesures sanitaires. Ils devront trouver rapidement d’autres sources de revenus, mais comment ? En se rendant au marché, certains craignent d’attraper le virus. Il faudra pourtant s’y résoudre.

« Vous pensez qu’on va télétravailler alors que la plupart des Maliens gagnent leur vie dans le secteur informel ? », lance Tahirou Dembélé, Franco-Malien à la tête d’une boîte d’intérim dans l’hôtelier en région parisienne. Lui aussi est resté bloqué à Bamako à cause du coronavirus et s’inquiète pour une « économie malienne déjà à l’arrêt depuis huit ans à cause de la guerre ». Même s’il a la chance de toucher le chômage partiel français, il risque de devoir mettre la clé sous la porte. Une situation « impensable », en particulier pour ses nombreux employés maliens qui n’ont pas ses moyens de subsistance et ceux qui, au pays, sont sans retraite ni chômage ni assurance-santé. « Nous ne pouvons pas être privés de cette source d’argent très longtemps, affirme-t-il. Sinon, nous allons ajouter une guerre à la guerre ».

« Se serrer la ceinture »
Dans un Mali fébrile, où le taux d’extrême pauvreté atteignait 42,7 % en 2019, on ne s’attendait pas à ce qu’un virus puisse à tel point dérégler une économie déjà affaiblie et instable, mettant à mal cette tradition de solidarité migratoire, où les jeunes « partis à l’aventure » soutiennent les finances familiales par l’envoi de devises. Mêmes les migrants qui touchent le chômage ou conservent quelques réserves peinent à les reverser, les agences de transfert comme Western Union ou MoneyGram étant fermées. « Afin de minimiser le choc de ces mesures, il faudrait appuyer les gouvernements africains dans le rapatriement de leurs ressortissants les plus vulnérables et assouplir les règles interdisant l’ouverture des bureaux de transfert de fonds », avance M. Ratha.

Episode 2 - En Tunisie, le secteur du tourisme se prépare à une énième saison manquée
En attendant la réouverture des frontières, les Maliens vont devoir compter sur des sources de solidarité locales. « Au Mali, quand tu as mangé et que ton voisin non, tu ne peux pas dormir tranquille », assure Mouhamadou Camara. Il espère qu’en ce mois de ramadan, la solidarité confessionnelle se déploiera dans les quartiers et les villages. « On va se serrer la ceinture, souffle-t-il. Mais je ne sais pas combien de temps on tiendra ».

Le Monde
A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, le président guinéen, Alpha Condé, fait feu de tout bois, pour réviser la Constitution du pays. Une situation qui a fait basculé la Guinée dans une série de manifestations gigantesques, à travers lesquelles le peuple guinéen continue à démontrer à la face du monde sa détermination à s'opposer à toute modification de la Constitution ainsi qu'à tout éventuel troisième mandat de l'actuel président.

 Pour apporter son soutien à ce vaillant peuple de Guinée dans sa lutte légitime pour la victoire de la démocratie, Kemi Seba, président de l’Ong Urgences panafricanistes, s’adresse, dans une lettre ouverte,  au Chef de l’Etat guinéen, l'invitant à écouter son peuple en renonçant clairement - pendant qu'il est encore temps - à toute velléité d'un troisième mandat ainsi qu'à toute modification de la Constitution. En voici la teneur :

Kémi Séba : "Lettre à Alpha Condé"

À son excellence le président actuel de la République de Guinée Conakry, Monsieur Alpha Condé.

Je vous écris ce message en une période critique de l’Histoire  de Guinée, et de l’Afrique de manière générale.

Monsieur le Président,

Vous avez été durant vos débuts politiques (dans l’opposition) un héroïque et fervent défenseur de la démocratie. Défenseur qui fût même envoyé en prison pour ses convictions.

Aujourd’hui au pouvoir, vous l’ex-détenu politique pro-démocratie, vous incarcérez illégitimement  à foison. Pire  vous faites assassiner ceux qui ont le malheur de s’opposer à votre tragique dérive dictatoriale.

Vous étiez un ESPOIR, vous êtes en train de devenir UN CAUCHEMAR. A cause de quoi? A cause de votre amour MALADIF du POUVOIR.

Vous souhaitez un 3ème mandat. Et la majeure partie du peuple s’y oppose. Elle ne s’y oppose pas uniquement  parce qu’elle tient religieusement à la loi des 2 mandats maximum pour un président. La majorité du peuple guinéen s’oppose aussi  à votre 3ème mandat car dans les faits vous n’avez rien fait de bon  sur le terrain de la justice sociale durant vos 2 mandats. Et il y a un adage qui dit jamais 2 sans 3.

Corruption, népotisme, enrichissement d’une minorité, paupérisation de la majorité. Triste est le bilan.

Monsieur le Président, si vous aimez l’Afrique plus que le pouvoir, je vous en conjure, arrêtez le massacre. Retirez-vous avec dignité, présentez vos excuses aux familles de ceux de vos compatriotes que vous faîtes assassiner. Libérez ceux qui comme mon courageux  frère et ami ELIE KAMANO, ont été injustement INCARCÉRÉS car (comme vous auparavant) ils se battent pour la LIBERTÉ.


Monsieur le président, chaque persécution a un début et une fin. Vous êtes à une période où vous avez les pleins pouvoirs dans vos mains et vous vous pensez  sans doute intouchable. Mais n’oubliez jamais qu’aucun président n’est éternel, et tôt ou tard si vous ne vous retirez pas avec dignité, le peuple finira par vous déloger. Et à ce moment-là,  c’est le pire que vous risquerez.

Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes.

Deux nonnes tombées enceintes après une mission en Afrique

L'Eglise catholique enquête sur deux nonnes qui sont tombées enceintes après une mission en Afrique.

Les deux femmes, dont l'une est une Mère supérieure, appartiennent à deux ordres différents en Sicile.

D'origines africaines, les deux nonnes ont été envoyées à leur continent d'origine pour une mission de charité, indique le New York Times.

Une des femmes, âgée de 34 ans, a découvert sa grossesse au cours d'une visite médicale de routine après des douleurs à l'estomac.

La mère supérieure, dont l'âge n'est pas connue, est basée dans un institut qui s'occupe des femmes vulnérables et de leurs enfants.

Selon une source à Rome, cette nouvelle a créé la consternation.

"Une enquête est en cours. Elles ont toutes les deux enfreint la règle stricte de la chasteté mais le bien-être de leurs enfants est prioritaire", indique la même source.

bbc.com

Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde