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Boire trop de café ou de thé augmenterait le risque de cancer du poumon


Boissons poisons - D'après une récente étude, présentée à la convention annuelle de l’Association américaine de recherche sur le cancer, boire deux tasses ou plus de thé ou de café augmenterait le risque de cancer du poumon.

Thé ou café ? À cette question, vous risquez bientôt de répondre : aucun. Alors qu’en mars dernier, une étude franco-iranienne établissait un lien entre la consommation de café ou de thé trop chauds et le cancer de l’œsophage, de nouveaux travaux, présentés à la convention annuelle de l’Association américaine de recherche sur le cancer, enfoncent le clou.

Ces recherches, menées par des étudiants à la Vanderbilt University au Tennessee (États-Unis), ont regroupé les données de dix-sept études menées sur 1,2 million de personnes aux Etats-Unis et en Asie. Suivies sur une moyenne de 8,6 ans, plus de 20.000 participants ont développé un cancer du poumon dans ce laps de temps. La moitié était pourtant non-fumeuse.

D’après les étudiants, les non-fumeurs qui ont bu deux tasses ou plus de café par jour avaient 41 % de risques supplémentaires de développer un cancer du poumon que ceux qui n’en buvaient pas. Le café décaféiné, lui augmentait encore de 15% ce risque. Les buveurs de thé, eux, ne sont pas bien mieux lotis, avec un risque plus élevé de 37 % d’avoir ce type de maladie en buvant deux tasses ou plus par jour, par rapport à ceux qui ne consommaient pas cette boisson. Les scientifiques ont noté que les risques n’évoluaient pas de façon significative selon l’âge, le sexe ou les origines de la personne.

En revanche, le principal auteur de l’étude, Jingjing Zhu, insiste auprès du média Live Science sur le fait qu’il ne s’agit que d’une étude d’observation. Aucun lien de cause à effet entre l’absorption de thé et de café et le cancer du poumon n'a donc été  prouvé. Selon lui cependant, la caféine ne serait pas responsable, mais plutôt la technique de torréfaction.

Au-delà du simple constat dressé, l'étude tire aussi ses limites du fait qu'elle n'a pas pris en compte le fait que certaines personnes ont peut-être commencé à fumer pendant les recherches, ou que d'autres ont pu être exposées à un tabagisme passif.

ici.fr

7 aliments pour vous aider à garder la bonne humeur

Votre état émotionnel peut provoquer des pulsions alimentaires, vous rendant quelquefois boulimique ou en vous coupant carrément l’appétit, tout comme ce que vous mangez peut aussi vous mettre de bonne humeur ou d’humeur exécrable. Et si l’on s’en rend compte souvent presque immédiatement après le repas, cela se vérifie aussi bien plus tard, car votre santé mentale est souvent tributaire de votre régime alimentaire.
Il vous est proposé ci-dessous une liste d’aliments dont la consommation suffira à booster votre moral, grâce notamment à leurs vertus reconnues sur l’état émotionnel.

Les protéines
Les aliments riches en protéines tels que les poissons, les noix et les graines ou encore les œufs, sont connus pour leur effet régulateur du taux de glycémie. Leur impact énergisant sur l’état émotionnel favorise donc la forme et la bonne humeur.
Le curcuma
En plus de ses vertus anti-inflammatoires et antioxydantes, le curcuma est aussi connu pour son effet déclencheur de la sérotonine, appelée aussi hormone de la bonne humeur. Avoir une alimentation riche en curcuma réduirait donc, selon certaines études, le stress et le risque de dépression, sans aucun effet secondaire néfaste sur l’organisme, avec un impact positif sur l’humeur.
Les bananes
Les  bananes sont riches en vitamine B6, en magnésium mais aussi en dopamine et aident donc à détendre le système nerveux tout en favorisant la bonne humeur. Mais si la banane donne la banane:) , songez tout de même à en consommer avec modération en cas de résistance à l’insuline ou à la leptine.
Les  fruits rouges
Ils tiennent leur couleur des anthocyanes, pigments antioxydants qui aident à la production de dopamine, en l’occurrence l’hormone du plaisir et qui – en plus de ses effets positifs sur la coordination et la mémoire – booste  aussi la bonne humeur. N’hésitez donc pas à vous taper une bonne cure de fraises, de framboises ou de myrtille bien mûres. Vous vous sentirez plus d’aplomb et de meilleure humeur.
Le café
Le café a un impact attesté sur les neurotransmetteurs responsables de notre état émotionnel et donc de notre humeur. Et ce n’est pas pour rien que nous sommes nombreux à honorer quotidiennement le cérémonial de la tasse du matin. Le sentiment de bien-être qui s’ensuit est quasi instantané. Il a été démontré que l’effet du café sur le cerveau déclenchait le facteur neurotrophique – autrement dit agirait sur le cerveau – de sorte à activer une protéine spécifique (le bdnf), qui transforme les cellules cérébrales en nouveaux neurones ; un effet d’autant plus revitalisant pour le cerveau que le bdnf,  attestent les chercheurs,  aurait un réel effet d’antidépresseur naturel. Café et bonne humeur semblent donc aller de pair.
Les oméga 3 d’origine animale
Le saumon, le maquereau, l’huile de foie de morue, les graines de lin, le colza – ça vous dit ? - sont connus pour être  riches en oméga 3, et ont un effet positif incontesté sur l’état émotionnel. Selon une étude publiée dans Brain Behavior and Umminity, les oméga 3 d’origine animale réduiraient de manière notoire l’anxiété (jusqu’à 20%), d’après des tests effectués sur des étudiants en médecine. Tandis que de précédentes études attestent de leur effet antidépresseur, les estimant aussi efficaces que les antidépresseurs habituels. Et le tout sans causer le moindre effet secondaire.
Le chocolat noir
Vous l’avez certainement senti,vous aussi, cet effet de bien-être quasi instantané ressenti juste après avoir croqué un bon petit morceau de bon – passez-moi la répétition – chocolat. Ce n’est pourtant pas le fait du hasard : le chocolat contient un neurotransmetteur à l’origine de cette sensation : l’antamanide, qui participe  à la régulation de l'humeur, de la mémoire et de l'appétit, neutralisant du même coup l’effet de la dépression et la sensation de douleur. Bref, autant de vertus qui font du chocolat un excellent remède contre l’anxiété tout en favorisant la bonne humeur.
Votre humeur et votre alimentation – nous l’avons vu – sont donc interdépendants. Mais il ne serait pas faux de souligner que cela est davantage plus justifié pour l’alimentation, car comme dirait l’autre : « Dis-moi ce que tu as dans ton assiette (sic, dans les deux sens), et je te dirais qui tu es ».

Alimentation : le régime sans gluten est-il fait pour vous ?


Du 3 au 5 septembre, un congrès international sur la maladie cœliaque se tiendra à Paris. Un colloque est prévu sur les "mythes et réalités" à propos du gluten.
L'occasion de se pencher sur le régime sans gluten. Est-il recommandé à tout le monde ? Ses effets ont-ils été prouvés ? Le point sur ce qu'on en sait.

Où trouve-t-on du gluten ?
Le gluten est une protéine présente sur certaines céréales, comme le blé, le seigle, l'orge ou l'épeautre. Se passer du gluten signifie donc se passer de produits aussi courants que le pain, les pâtes, les pizzas, les biscuits... Un choix très engageant, donc.
D'autant que nombre de produits industriels font un usage abondant du gluten, qui sert de liant aux aliments.

Que peut-on manger ?
Les fruits, les légumes ne contiennent pas de gluten. Il en est de même pour la viande, lorsqu'elle n'est pas transformée. Les merguez, saucissons et autres steaks pas 100% bœuf sont donc à proscrire.
Pour remplacer les céréales, des alternatives existent. On fait des pâtes et du pain au maïs ou au riz, des biscottes au quinoa, etc. Pour les passionnés de cuisine, ça peut même devenir très amusant ! En revanche, c'est beaucoup plus onéreux.
Exemple chez Carrefour, où le kilo de farine de blé le moins cher coûte 0,53€... contre 4,32€ pour l'équivalent sans gluten le moins cher.

L'intolérance au gluten, une maladie auto-immune

En France, on compte environ 330 000 personnes qui sont allergiques au gluten, soit 0,5% de la population. La plupart du temps, cette maladie auto-immune est détectée dès l'enfance, au moment où le bébé est confronté au gluten dans ses petits pots. Si elle n'est pas diagnostiquée, elle peut entraîner des retards de croissance, des carences, un amaigrissement...
Chez l'adulte, si cette intolérance au gluten n'est pas traitée, elle provoque des diarrhées, favorise l'apparition d'autres maladies auto-immunes, voire du cancer.
Bref, pour les malades cœliaques, ne pas manger de gluten est impératif.

Les hypersensibles, sujet sensible...
Troubles intestinaux, douleurs à l'abdomen, flatulences... Des personnes se plaignent de ce que les spécialistes appellent une hypersensibilité non cœliaque au gluten.
"Nombreux sont ceux qui s'autoproclament malades, sans avoir fait de test sanguin, expliquait Brigitte Jolivet, présidente de l'association des intolérants au gluten, au Figaro. On voit aussi des stars suivre des régimes sans gluten, c'est une grande mode en ce moment."

Dans son viseur, notamment, Novak Djokovic numéro 1 mondial de tennis, vainqueur de 16 tournois du Grand Chelem. Un cador, qui, à l'écouter, devrait beaucoup à l'adoption d'une alimentation sans gluten. Au point qu'il en a fait un livre : "Les Secrets du vainqueur - Une alimentation sans gluten pour une parfaite forme physique et mentale".

Malheureusement, aucun test ne permet objectivement d'établir cette hypersensibilité. Et l'utilité du régime sans gluten dans ce cas est l'objet de controverses scientifiques. Si la réalité des syndromes digestifs n'est nullement remise en cause, le rôle (et donc la responsabilité) du gluten n'est pas encore parfaitement connu.

Un régime sans carence, mais attention aux graisses
Quoi qu'il en soit, le régime sans gluten ne vous fera pas de mal : "Il n’y a pas de risque à suivre un régime sans gluten même si on n’est pas malade", explique Nadine Cerf-Bensussan, directrice de recherche à l’Inserm, à Franceinfo. "Cela ne va pas entraîner de carences. Cela va entraîner une alimentation plus saine car le gluten est très présent dans les aliments transformés."
Vigilance, tout de même. Selon des recherches datées de 2017, les produits sans gluten contiennent moins de protéines, mais plus de sucres et de graisses. Passer au sans gluten, cela veut donc dire de repenser vos équilibres nutritionnels et non remplacer strictement les produits conventionnels par leur pendant "gluten-free".

Ne plus manger de gluten ne fait pas maigrir
Par contre, si vous voulez éliminer le gluten pour maigrir, vous pouvez passer votre chemin.
"Malgré les allégations santé pour manger sans gluten, aucune preuve expérimentale publiée ne soutient une allégation de perte de poids pour un régime sans gluten ou suggère que la population générale devrait éviter le gluten", explique une étude américaine de 2015. Depuis, rien n'est venu contredire cette conclusion.

Progres.fr

Nutrition : l'astuce toute simple qui vous fera vivre 30 ans de plus

Elle est très facile à mettre en place, même si cet ajustement ne sera peut-être pas du goût de tous.
Nous souhaitons tous vivre le plus longtemps possible. Il est donc important de faire attention à notre façon de vivre. Un professeur italien a sa petite idée pour nous permettre de profiter de la vie quelques décennies de plus.

Vade retro viandanas !
Valter Longo est professeur en gérontologie et il vient de publier un livre intitulé Le Régime de longévité (Actes Sud), dans lequel il donne des conseils pour allonger notre existence jusqu’à 30 ans ! Son secret qui va faire bouillir de nombreux Français : baisser radicalement sa consommation de protéines animales, bien trop riches en graisses saturées. L’homme préconise de se contenter de 0,7g de viande par kilo par jour. Ce qui équivaut, pour un homme de 80kg, à 56g, soit un tiers de steak haché. Une recommandation qui vaut également pour la charcuterie, les fromages et les œufs. Le professeur en est arrivé à cette conclusion en analysant, pendant plusieurs décennies, les régimes de nombreux centenaires à travers le monde.

L’homme n’est pas avare en conseils pour compenser cette réduction de la quantité de viande.

D’abord, privilégier le poisson, les fruits de mer, les légumes, les céréales, les fruits secs et l’huile d’olive.

Puis laisser environ 12h entre le premier et le dernier repas de la journée. Même chose entre ce dernier et le petit déjeuner.

Enfin, il conseille également de jeûner 3 à 4 fois par an. Quelques jours dans l’année durant lesquels l’alimentation se limite à des potages, des barres de céréales et des infusions de thé. Une manière, selon lui, de purifier les organes.

Il rappelle cependant que ses conseils s’adressent exclusivement aux personnes de moins de 65 ans, et que tout changement de régime doit se faire, quoi qu’il arrive, avec l’encadrement d’un médecin ou d’un nutritionniste.

voltage.fr

Les compléments alimentaires sont-ils utiles ? Dangereux ?

Quel complément alimentaire pour quel usage ? Sont-ils utiles ? Peuvent-ils être dangereux ? Le professeur Eric Fontaine de l’Inserm, Université Grenoble Alpes et CHU de Grenoble, répond à toutes ces questions.

Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?
« Ce sont des produits riches en nutriments et qui ont une allégation de prévention de pathologie, de renforcer les défenses, de mieux vieillir ou encore d’avoir de beaux cheveux, etc. Ils ne sont pas faits pour guérir une personne malade. Très souvent les allégations sont formulées ainsi : “favoriserait” ou “peut aider à…”. Sur des bases non pas prouvées chez l’être humain mais in vitro. La seule chose que les autorités vérifient, c’est que le produit ne soit pas dangereux. L’absence de preuve ne veut pas dire que ce n’est pas efficace, mais que la preuve de l’efficacité n’a pas été faite. »

Quels sont les différents types de compléments alimentaires et à quoi servent-ils ?
« Les prébiotiques sont des fibres alimentaires qui ne sont pas digérées par notre système digestif et qui sont censées nourrir, et faire croître, dans notre intestin les bactéries qui sont bonnes pour la santé. Techniquement, il est très difficile de savoir si ça fonctionne. De leur côté, les probiotiques sont des bactéries ou des levures, censées résister à la destruction par la digestion et qui seraient bonnes pour la santé.

Les produits des abeilles sont aussi à ranger parmi les compléments alimentaires puisqu’il n’y a pas de preuve de leur efficacité. Les acides aminés et la créatine également car ils n’ont pas vocation à guérir de quelque chose. Ils sont censés augmenter les performances physiques.

Cependant, la citrulline, qui est un acide aminé, peut être utilisée pour augmenter la force musculaire des personnes âgées. Son efficacité a été étudiée chez l’homme selon des protocoles utilisés pour les médicaments, contre placebos. Les résultats sont encourageants, mais encore parcellaires.

La carnitine pure est utilisée sur prescription médicale pour répondre à de rares cas de déficit en carnitine, mais on en trouve parfois dans certains compléments alimentaires. »

Qu’en est-il des vitamines, sels minéraux et plantes ?
« Les vitamines et les sels minéraux, lorsqu’ils sont prescrits par un médecin, le sont à des concentrations qui les font entrer dans la catégorie des médicaments. Ils corrigent un symptôme.

Ils sont parfois aussi prescrits sans preuve de leur efficacité. C’est, par exemple, le cas de la vitamine C et le magnésium que l’on prend lorsque l’on est fatigué. Le magnésium a aussi un effet contre la constipation.

Parmi les plantes, un grand nombre ont un effet thérapeutique. D’ailleurs, la pharmacopée a été développée à partir de plantes et beaucoup de médicaments contiennent une molécule refabriquée qui existe dans des plantes. Certaines ont de vrais principes actifs et ont un statut de médicament. D’autres sont tout aussi actives sans avoir un statut de médicament. C’est par exemple le cas de l’extrait de levure de riz rouge qui contient une statine naturelle. Celui-ci relève donc plus de la phytothérapie et ne devrait pas être considéré comme un complément alimentaire. »

Faut-il les utiliser pour rééquilibrer notre alimentation ou pallier des carences ?
« La vraie question est : pour quelle raison aurions-nous des carences alimentaires ? Si l’on mange “normalement” et que l’on n’est pas malade, on n’a pas de carence. Pour être en carence, il faut avoir une pathologie précise, digestive par exemple : vous n’absorbez pas bien certains produits. C’est le cas de la maladie de Biermer, due à une carence en vitamine B12 causée par une malabsorption. On va en prescrire parce que des gens sont malades. Elle est prescrite aussi aux végans, parce qu’ils ne mangent aucun produit d’origine animale et deviendraient carencés en vitamine B12 sans cet apport.

Chez une personne qui a un régime omnivore, il n’y a pas raison d’être carencé, sauf en vitamine D car on ne va pas assez au soleil et que les villes étant polluées, les rayons du soleil ne sont plus assez efficaces. À partir de 70 ans environ, tout le monde devrait en prendre, à de toutes petites doses, pour prévenir l’ostéoporose. Si l’on dépasse les doses prescrites par un médecin, il y a un risque rare d’hypervitaminose avec la vitamine D, d’hypercalémie, c’est-à-dire trop de calcium dans le sang, ce qui peut provoquer des arrêts cardiaques».

Certains compléments alimentaires peuvent-ils être dangereux ?
En théorie, non. En effet, le législateur, avant d’autoriser la mise sur le marché, vérifie que le produit n’est pas toxique. Mais le professeur Eric Fontaine nous met tout de même en garde : « On dit que si on mange un bol de pépins de pommes, on peut faire une intoxication au cyanure. Je ne sais pas si c’est vrai. Ce qu’il faut retenir de cet exemple, c’est que le poison c’est la dose. C’est vrai pour tout. De même, je pense que si vous mangez un kilo de thym, vous allez être malade ». Si l’on prend la dose de complément prévue, a priori le risque n’existe pas. Cependant, la vitamine A en forte dose est contre-indiquée pour les patients aux antécédents de cancer. Et les phyto-estrogènes et les phyto-progestagènes en cas de cancer du sein. Certaines substances, en particulier le millepertuis ou le pamplemousse, peuvent également interagir avec les médicaments. S’il on est sous traitement médicamenteux, il faut donc impérativement en parler à son médecin. »

A.B. Magazine Santé

Manger de la viande, un danger pour la santé ?

De nouvelles études paraissent régulièrement pour dénoncer les multiples effets de la viande sur notre santé. Mais que sait-on concrètement ? Le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition de l'Institut Pasteur de Lille, nous aide à y voir plus clair sur les conséquences d'un régime carné ou, à l'inverse, végétarien.

Depuis les années 2010, de multiples études scientifiques ont été publiées concernant les effets néfastes de la viande sur la santé. Elle augmenterait les risques de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète ou encore d'inflammation de l'intestin. On fait le point avec le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition de l'Institut Pasteur de Lille et auteur du livre « La viande : un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ? ».

LA VIANDE ROUGE AU BANC DES ACCUSÉS
Les connaissances les plus abouties concernent les liens entre viande et cancer. En effet, en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (OMS-CIRC) a classé la viande rouge et la viande transformée (saucisse, charcuterie, etc.) comme probablement cancérogènes et cancérigènes pour l'homme. La même année, une étude de l'Anderson Cancer Center (Houston, Etats-Unis) a lié la viande cuite au cancer du rein. La cuisson formerait deux substances : le PhIP et le MeIOx. Filtrés par les reins, ces produits y stagneraient, augmentant ainsi le risque de développer un cancer. La viande grillée serait la plus néfaste d'entre toute, en générant des amines hétérocycliques et des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des molécules également cancérogènes.

Pour le cancer colorectal, le mécanisme diffère. Des chercheurs de l'Inra ont mis en lumière le rôle du fer héminique dans la viande rouge et la charcuterie. Le fer héminique, composé d'un atome de fer et de protéines, donne cette couleur rouge à la viande. Cependant, lors de la digestion, il se transforme par oxydation en un composé toxique : l'aldéhyde. Celui-ci favorise les mutations au niveau de l'ADN et provoque la mort des cellules du côlon et du rectum. Avec une exception : les cellules précancéreuses résistent très bien à ces agressions. De cette façon, une consommation excessive de viandes rouges et de charcuteries abîme le tissu du côlon et du rectum, mais en plus, sélectionne les cellules précancéreuses. « Le fer héminique est l'hypothèse principale qui explique que la viande rouge soit davantage mise en cause dans les cancers », précise le Dr Jean-Michel Lecerf. « Mais des facteurs génétiques entrent aussi en jeu. »

Le Dr Lecerf rappelle que dans la plupart des études, un risque accru de cancer n'est observé que lorsque la consommation de viande rouge dépasse 100 grammes en quantité "comptée cuite", après cuisson. Il rassure cependant en comparant à la cigarette : " il y a seulement 17 % d'augmentation du risque de cancer avec la viande rouge, contre 1 000 % avec la cigarette !"

VIANDE ET MICROBIOTE INTESTINAL, UN ÉQUILIBRE FRAGILE
Le second lien bien établi est l'augmentation du risque de maladie cardiovasculaire. Contrairement à l'idée largement répandue qui met en cause les graisses saturées, en particulier dans les viandes grasses, le problème résiderait dans la modification de certains acides aminés sous l'action du microbiote intestinal, soit tous les virus, bactéries et champignons qui peuplent notre tube digestif. Ces derniers transforment la carnitine (une molécule présente dans la viande rouge) en triméthylamine N-oxyde (TMAO), une molécule pouvant modifier le métabolisme du cholestérol, ralentir son élimination et favoriser son accumulation sur les parois artérielles. « Si l'alimentation ne contient pas assez de produits végétaux, nous avons un mauvais microbiote qui aura tendance à produire plus de TMAO », schématise le médecin. A noter que le risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète est associé plus généralement à un régime alimentaire déséquilibré, pauvre en végétaux.

Si l'Institut de recherche sur le cancer recommande de ne pas dépasser 500 grammes de viande rouge par semaine et de limiter la quantité de charcuterie à 50 grammes par jour, le Dr Lecerf préconise, quant à lui, un apport de viande encore plus faible, en particulier pour ses patients diabétiques ou atteints de maladies cardiovasculaires : « environ un quart des Français consomme de la viande en excès. Souvent, l'ensemble de leur mode de vie est à risque : sédentarité et parfois obésité, diabète, tabagisme et alcool », précise-t-il.

LE VÉGÉTARISME COMME SOLUTION ?
Alors, pourquoi ne pas se passer de produits carnés, tout simplement ? Les qualités nutritionnelles de la viande ne la rendent pas indispensable. Seuls les nutriments qu'elle contient se révèlent essentiels, ce qui n'empêche en rien de les trouver ailleurs. À savoir : des protéines, du fer, du zinc et quelques vitamines - notamment du groupe B et en particulier la B9 et la B12. Mais si l'on choisit d'exclure la viande, il faut alors d'autant plus veiller à l'équilibre de son assiette. « Dans le cas d'un régime végétarien de type ovo-lacto-végétarien, avec des produits laitiers et des œufs, cela ne pose pas de problème », selon le médecin nutritionniste.

Concernant le régime végétalien, le Dr Lecerf le qualifie de « plus compliqué à gérer » à cause du risque de déficit en calcium, en zinc, en fer, en sélénium ou en iode. Mais ces différents éléments existent aussi ailleurs, tel que le calcium dans l'eau minérale. En revanche, la vitamine B12 dite "bio-assimilable", c'est-à-dire celle que notre organisme est capable d'assimiler, ne provient que de produits animaux et de la synthèse par des bactéries. « Celle que l'on trouve dans les algues comme la spiruline ne sert à rien ! », prévient-il. Le déficit, qui ne s'installe qu'au bout de quatre ans, cause des déficiences cognitives. Les végétaliens doivent donc prendre de la vitamine B12 en complément, en veillant à sa provenance.

Végétarien ou végétalien, il convient d'associer des sources de protéines variées : des céréales (riz, pain, semoule) et des légumineuses comme des lentilles et des haricots. L'ensemble fournit alors toutes les briques de base de nos protéines - les acides aminés - y compris ceux que notre corps ne sait pas synthétiser lui-même, dits "essentiels". Le monde végétal offre d'autres composants bénéfiques, comme les antioxydants et les fibres, dont les "mordus" de viande ont aussi besoin !

Source : topsante