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Du CFA à l'Eco, parle-t-on vraiment d'une même voix ?

L'Eco ou la future monnaie africaine arrive à grandes enjambées, car les huit pays utilisateurs du franc CFA sont plus que jamais déterminés à réviser les termes de l'accord monétaire qui les lie à la France. Or plus qu'une révision des clauses établies entre la France et les pays de la zone, les populations de la Cédéao - ou du moins les pays usagers du franc CFA - s'attendent plutôt à une rupture d'avec la France pour enfin embrasser sereinement leur avenir politique et économique, de manière totalement indépendante. Mais si les démarches se multiplient pour le passage à l'Eco, les visées des uns et des autres restent encore à clarifier.
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La polémique semble aujourd'hui être à son paroxysme. Pourtant rien ni personne ne semble désormais pouvoir ou plutôt vouloir s'opposer à l'avènement de la nouvelle monnaie unique ouest-africaine, conçue un peu comme étant une réelle solution d'intégration et d'apaisement politique dans les pays de la Cédéao ; surtout dans les huit pays ayant en commun l'usage du franc CFA. C'est en tout cas ce que confirment les récentes déclarations d'Alassane Ouattara, président de la Côte d'Ivoire, et de son homologue ghanéen Nanan Akufo-Addo, lors de leur rencontre, à l'Elysée, avec le président français Emmanuel Macron.

Des propos toutefois pas aussi clairs que le souhaiterait la jeunesse de ces pays, bien décidée à voir la fin pure et simple du franc CFA et leur libération définitive du joug de la France. Car si l'on en croit Alassane Ouattara, l'avènement de cette nouvelle monnaie unique ne marquerait peut-être pas une rupture définitive avec le franc CFA, mais bien le passage d'une dénomination à une autre : « Le FCFA se porte bien », affirme le président ivoirien. Et d'ajouter : « Nous avons décidé qu’ensemble, à quinze, nous allons mettre en place une nouvelle monnaie qui s’appelle l’Eco. A terme, le FCFA s’appellera l’Eco et nous allons continuer d’y travailler. On espère que ça pourra se faire le plus tôt possible ». C'est on ne peut plus clair : nulle mention d'une sortie ni même de la fin du franc CFA. 

Alors, l'Eco nouvelle monnaie unique indépendante de la Cédéao ou perpétuation camouflée du franc CFA orchestrée par la France, dans le but unique d'apaiser des tensions politiques insoupçonnées ? La question semble d'autant plus pertinente que la fin du franc CFA serait un sérieux revers pour la France, qui se verrait ainsi privée de la manne que lui apportent - depuis plus de 60 ans - les clauses honteuses de cette pseudo coopération monétaire, dont le seul but est de perpétuer encore et encore l'exploitation économique des Etats usagers de la monnaie coloniale. 

Les propos de Nanan Akufo-Addo semblent, eux, plutôt rassurants par leur fermeté et leur clarté quant à la nécessité des réformes dans les pays de la zone CFA« Clairement, il faudra qu’il y ait quelques transformations dans l’arrangement monétaire de ces pays », a déclaré  le président ghanéen, s'alignant sur ce point sur la même ligne que le Nigéria. 

Le leader ghanéen s'est par ailleurs félicité de la position de la France, rappelant à ce propos les déclarations en 2017 d'Emmanuel Macron, lorsque le président français affirmait que la France « laissait la décision et le choix aux pays africains d'opter pour le CFA ou une autre monnaie ». Une déclaration, une nouvelle fois, confirmée par Macron en ces termes : « Le FCFA a existé, il existe, il y a une utilité, mais il ne faut pas qu’il y ait de tabou. C’est un sujet qu'on doit pouvoir ouvrir et qu'on a décidé d'ouvrir ensemble avec nos partenaires africains de manière apaisée, sans culte du symbole » ; soulignant toutefois la nécessité d'en conserver « la part de stabilité que ça apporte », sans nier l'opportunité de « permettre à toute la région de s’intégrer pleinement dans un espace monétaire intégré, comme l’a dit le président du Ghana».

Bref, le franc CFA - il n'y a aucun doute - est voué à une disparition certaine. Car quelles que soient les révisions que les pays de la zone CFA entreprendront avec l'ancien colonisateur, il est clair que les anciens privilèges de la France ne sauraient être maintenus dans un monde de plus en plus au fait des affaires politiques grâce à l'usage des NTIC ; un monde où les populations sont désormais conscientes de la nécessité de prendre en main leur destin. 

L'Eco est donc inévitable, et marquera sans doute le début d'une nouvelle ère pour l'ensemble des pays de la Cédéao. Et il faudrait que chaque leader africain travaille, en toute sincérité, à la réussite de ce projet ; car l'instauration de la nouvelle monnaie unique élèvera certainement des personnalités de l'actuelle sphère politique africaine, autant qu'elle en fera tomber plusieurs autres. A jamais ! Et l'histoire retiendra.

Abdoulaye Jamil Diallo

Carlos Lopes, ex-directeur de la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU, considère dans cette tribune - et ce en dépit de quelques doutes et interrogations - que si la prochaine monnaie unique de l'Afrique de l'Ouest, en l'occurrence l'Eco, semble être "un rêve", il  est politiquement utile de la défendre.
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Tribune. La première proposition de création d’une monnaie européenne commune date de 1969. Il a fallu plus de trente ans de délibérations, dont le traité de Maastricht de 1992, pour aboutir à une monnaie – encore virtuelle – en 1999. A l’époque, l’objectif était de pouvoir opérer des transferts, d’émettre des chèques et surtout d’adopter une série de politiques macroéconomiques convergentes, en vue d’émettre une devise, avec billets et pièces.

Ce qui est finalement intervenu début 2002 avec l’Euro. Ce long et laborieux processus n’a pas empêché la zone Euro de connaître des problèmes majeurs, exposés par la crise financière mondiale de 2008-2009 et les répliques qui ont suivi.

Il est important de rappeler l’histoire de l’Euro, après l’annonce spectaculaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sur l’établissement d’une monnaie commune pour les quinze Etats membres de cette sous-région de l’Afrique, baptisée l’Eco.



Cibler un seuil minimal de convergence
L’Afrique a une histoire riche et ancienne en matière de monnaies communes. Cela inclut des expériences qui se sont terminées depuis (comme par exemple en Afrique orientale) et d’autres qui sont l’objet de controverses politiques telles que les deux zones du franc CFA ou l’aire monétaire du rand en Afrique australe. On pourrait donc imaginer que beaucoup de leçons ont été apprises sur le continent, dans ce domaine.

A l’instar de l’Euro, l’Eco suit un scénario connu, consistant à cibler un seuil minimal de convergence avant de lancer la mise en œuvre progressive d’une zone monétaire. Dans le cas de l’Eco, les critères clés sont des réserves de changes couvrant trois mois d’importations, une inflation inférieure à 10 % (à réduire rapidement à moins de 5 %), un déficit budgétaire inférieur à 3 %, et des politiques de financement du déficit budgétaire par les Banques centrales ne dépassant pas 10 % des recettes fiscales de l’année précédente. Enfin, le niveau d’endettement ne doit pas excéder 70 % du produit intérieur brut (PIB).

 Il y a trois difficultés avec ces critères. Tout d’abord, aucun des adhérents actuels n’est près de les respecter. Deuxièmement, les délais pour atteindre les objectifs sont irréalistes.
Troisièmement, même s’ils étaient remplis, ces critères ne sont pas les mêmes que ceux préconisés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui regroupe les huit Etats de cette zone du franc CFA. Ils diffèrent aussi d’autres obligations auxquelles sont soumis certains Etats membres, dans le cadre de plans du Fonds monétaire international (FMI), par exemple.

Il est donc nécessaire de comprendre le sens de cette précipitation. Est-il politique ou économique ? Est-il question de symbole ou de substance ?



Apparences trompeuses
Dans la théorie économique, les unions monétaires sont l’avant-dernière étape d’une intégration économique complète. Celle-ci devrait être précédée de l’établissement d’une zone commerciale préférentielle, d’une zone de libre-échange, d’une union douanière, d’un marché unique et d’une union économique. On peut se demander si les Etats membres de la Cédéao ont pleinement mis en œuvre ces préalables, qui justifieraient le saut actuel.

Si l’on tient compte du fait que le Nigeria est l’un des plus réticents, il y a aussi lieu de s’interroger. Le poids de ce pays est massif au sein de la communauté. Il représente les deux tiers du PIB total de la Cédéao, 77 % des exportations et 41 % des importations. La monnaie nigériane, le Naira, est fortement tributaire de la manière dont l’Etat fédéral génère ses revenus, principalement à partir des exportations de pétrole. Très dépendant des cours des hydrocarbures, il souffre de la volatilité extrême des prix. En termes simples, le Nigeria dispose d’une flexibilité limitée pour mener une politique monétaire indépendante. Sa frilosité vis-à-vis de l’Eco se justifie par ces restrictions. Le Nigeria doit protéger son économie.

Qu’en est-il des autres ? Plus petits, les pays membres de l’UEMOA obtiennent des résultats supérieurs à ceux du Nigeria dans les différentes catégories d’intégration telles que les infrastructures régionales, le commerce, l’intégration productive, l’intégration financière et macroéconomique ou la libre circulation des personnes. En la matière, la Côte d’Ivoire et le Togo sont les champions absolus dans la sous-région. On pourrait donc soutenir que leur appartenance à une union monétaire déjà existante, celle du franc CFA, a permis de les rapprocher. Mais les apparences sont trompeuses. Leur performance est inférieure à celle des membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, qui ne possèdent pas et ne souhaitent pas d’union monétaire, préférant plutôt la convergence dans d’autres domaines d’intégration.

Le franc CFA est d’ailleurs le sujet de polémiques récurrentes. Et si la Côte d’Ivoire a été l’un des plus fervents défenseurs des accords en vigueur dans l’UEMOA, le pays a également émergé, récemment, comme l’un des plus enthousiastes promoteurs de l’Eco. C’est intéressant politiquement. Cela pourrait indiquer que l’Eco est perçu comme un vecteur essentiel d’une intégration plus poussée au sein de la région, prévoyant l’abandon du franc CFA, au profit de relations économiques plus étroites avec l’Afrique de l’Ouest non francophone. Ou cela peut signifier que, si l’Eco est un rêve lointain, il serait politiquement utile de le défendre.

Avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le débat revêt encore une autre dimension. Le récent sommet extraordinaire de l’Union africaine, tenu à Niamey les 7 et 8 juillet, a vu quatre acteurs de l’Afrique de l’Ouest voler la vedette : le Nigeria et le Bénin adhérant en dernier à la zone de libre-échange, le Niger accueillant le sommet et confirmant son rôle de champion des négociations, et le Ghana, qui a vu sa capitale choisie comme lieu du futur secrétariat de la zone.

Cocher les cases
Ainsi, l’Afrique de l’Ouest est déjà bien occupée à promouvoir le commerce au niveau de tout le continent. Y a-t-il des énergies supplémentaires pour d’autres chantiers ? Il est utile de savoir que le dossier d’une monnaie commune dans la région a été plus d’une fois remis à plus tard, faute d’un début de convergence entre les différents Etats membres. Le document de référence actuel pour la Cédéao, « Vision 2020 », a besoin que des cases soient cochées avant que soit conçue une nouvelle « vision ». La monnaie commune était l’objectif le plus difficile à atteindre à l’horizon 2020. Assurément, l’annonce d’un nom et d’un réengagement au plus haut niveau a plu à beaucoup. Mais est-ce une chimère ? Le temps nous le dira.

Carlos Lopes est professeur à l’Université du Cap et à Sciences Po. Il a présidé la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies.

Carlos Lopes

Christine Lagarde est nommée à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Elle avait été reconduite pour un deuxième mandat de cinq ans à la tête du Fonds monétaire international (FMI) en 2016.
Les dirigeants de l'UE se sont entendus à Bruxelles sur les nominations clés de l'Union. L'Allemande Ursula von der Leyen devient présidente de la Commission et la Française Christine Lagarde prend la tête de la BCE (Banque centrale européenne),ont indiqué mardi plusieurs dirigeants européens.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde se dit "très honorée d'avoir été nominée pour la présidence" de la Banque centrale européenne (BCE).

"Au vu de ce qui précède, et en consultation avec le Comité d'éthique du Conseil d'administration, j'ai décidé de quitter provisoirement mes fonctions de DG (directrice générale) du FMI durant la période de nomination", a-t-elle ajouté dans un tweet.

Pour l'heure, l'institution de Washington n'a pas indiqué qui pourrait la remplacer pendant cette période. Cela pourrait être le numéro 2, David Lipton.

Ancienne championne de natation synchronisée, Christine Lagarde (63 ans) est une avocate devenue banquière. Elle parle anglais à la perfection. Elle a déjà brisé des plafonds de verre.

Elle a été la première femme à piloter le prestigieux cabinet d'avocats d'affaires Baker McKenzie, la première à occuper le poste de ministre français de l'Economie et des Finances (2007-2011) sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle a aussi été la première à devenir directrice générale du Fonds monétaire international en 2011 avant d'être reconduite dans ses fonctions en juillet 2016. Son second mandat devait s'achever en 2021. En 2018, le magazine Forbes l'avait consacrée troisième femme la plus puissante au monde.

Elle fait aussi volontiers part de ses échecs (elle a raté deux fois le concours d'entrée à la grande école française Ena) ou des contretemps nécessaires dans sa carrière. "Je l'ai réalisé chez Baker quand, n'ayant pas rapporté assez de clients parce que j'étais devenue mère, on m'a annoncé que je ne pourrais pas être 'associée', qu'il fallait attendre une année de plus", a-t-elle expliqué récemment.

Son parcours reste entaché par une décision de la justice française qui l'a déclarée coupable en décembre 2016 d'une "négligence" très coûteuse pour les deniers publics quand elle était ministre, dans un dossier mêlant l'homme d'affaires Bernard Tapie et la débâcle du Crédit lyonnais. Par égard pour sa "réputation internationale", elle a été dispensée de peine.

P.S. avec AFP


CEDEAO : fin du franc CFA et nouvelle monnaie unique dès 2020

Ça y est, c'est décidé ! Les pays d'Afrique de l'Ouest vont peut-être pouvoir enfin se débarrasser du franc CFA, devenu extrêmement polémique ces dernières années, et partageront tous, bientôt, la même monnaie unique. C'est ce qui en tout cas ressort de la rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement des quinze pays de la CEDEAO, tenue samedi dernier à Abidjan. La nouvelle monnaie unique, baptisée Eco, sera mise en circulation dès l'année prochaine. Certains analystes restent cependant assez circonspects.
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Les chefs d'Etat et de gouvernement des 15 pays de la CEDEAO, réunis samedi à Abidjan, ont adopté le nom d'Eco comme étant « le nom de la monnaie unique de la CEDEAO », dans une déclaration rendue publique le même jour. Le nom d'Eco et la date de lancement de la nouvelle monnaie avaient été précédemment évoqués au cours de la réunion, mi-juin, du Comité interministériel des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales.

A l'issue de la rencontre d'Abidjan, un communiqué final a été adopté le même jour à Abuja, confirmant une « approche graduée dans l’adoption de la monnaie unique, en commençant par les pays qui atteignent les critères de convergence » ; autrement dit, des critères tenant compte tant du déficit budgétaire que de l'inflation, évoqués au cours des précédentes réunions préparatoires.

Un symbole politique fort
L'avènement de cette nouvelle monnaie unique est conçu comme étant un symbole politique fort, notamment pour les jeunes générations de ces pays, qui, ces dernières années, ont multiplié les protestations pour la fin du franc CFA, monnaie coloniale perpétuée après les indépendances et jusqu'à nos jours par un habile système de camouflage sur les termes (passage du franc des colonies françaises d'Afrique au franc de la Communauté financière en Afrique) puis d'arrimage à l'Euro, mais qui n'a absolument rien perdu de ses visées de pure et dure exploitation coloniale.  

C'est peut-être pour cette raison que certains analystes restent encore circonspects, se demandant - à juste titre - si cette nouvelle monnaie unique arrivera à échapper, à son tour, à une nouvelle manigance de la France, principale bénéficiaire de la manne issue du système inique que sont l'instauration et la perpétuation par tous les moyens du franc CFA, de l'époque coloniale à nos jours. 

Bref, l'on est en droit de se demander si cette nouvelle ECO - puisque c'est le nom qu'elle portera - sera vraiment indépendante ou si elle ne servira que de simulacre pour une nouvelle façon de garder la main-mise de la France, et sans faire de vagues,  sur l'économie des 15 pays de la CEDEAO. Seul l'avenir nous le dira.




Rapport Oxfam : 90% des nouveaux milliardaires sont … des hommes


Ne devient pas milliardaire qui veut, enfin surtout pour celle qui le voudrait. Selon le rapport de l'ONG britannique OXFAM, un nouveau milliardaire apparait tous les deux jours. Sur les 2 043 milliardaires recensés aujourd’hui dans le monde, neuf sur dix sont des hommes.

Les riches sont de plus en plus riches, mais les pauvres un peu moins pauvres ? Un constat aux allures de vraie fausse bonne nouvelle en tout cas du côté des femmes, car ce sont elles que l'on trouve toujours et encore au bas de l'échelle.

Pour le dénoncer, l’ONG britannique OXFAM sait manier l’art des chiffres et des comparaisons. Tout aussi choquantes les unes que les autres avec pour objectif celui de nous interpeller, nous et surtout ceux qui font partie de la minorité la plus riche de la planète, celle qui se retrouve cette semaine au sommet annuel mondial économique de Davos en Suisse.

Dans ce rapport intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse", on apprend que 62 personnes (53 hommes, 8 femmes) sont aussi riches que la moitié des habitants de la planète, leur fortune a augmenté de 44% depuis 2010, celle des autres a chuté de 41%.

Ce boom incroyable équivaut à sept fois le montant qui permettrait de mettre fin à la pauvreté extrême dans le monde. 82 % des richesses créées dans le monde en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches, alors que la situation n'a pas évolué pour les 50 % les plus pauvres.

L’enquête publiée quelques jours avant la tenue du World Economic Forum (WEF), l’ONG nous explique qu’il ne faut que quatre jours au PDG de l’une des cinq premières marques mondiales de textile pour empocher ce qu’une ouvrière du secteur au Bangladesh mettra une vie entière à gagner.

« Les travailleuses et travailleurs pauvres s'échinent sur des tâches dangereuses et mal rémunérées pour alimenter l'extrême richesse d'une minorité. Les femmes occupent les postes les plus difficiles tandis que la quasi-totalité des grandes fortunes sont entre les mains d'hommes », peut-on lire.

La directrice exécutive d'Oxfam International, l’Ougandaise Winnie Byanyima s'est rendue cette semaine à Davos pour interpeller le ghota des plus riches de la planète, et pour leur dire que selon elle, « Le boom des milliardaires n'est pas le signe d'une économie prospère, mais un symptôme de l'échec du système économique ».

"On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs", a-t-elle aussi déclaré pour commenter les résultats de l'enquête menée par Oxfam.

En décembre 2017, en marge d'une conférence du FMI, la directrice lançait un appel, emprunt d'émotion et de colère, "Huit hommes, et pas une femme, détiennent à eux seuls autant de richesses que 8,6 milliards de personnes. Chaque soir une personne sur neuf s'endort la faim au ventre. Je suis en colère. Je ne peux pas accepter ces contradictions, que chacun se contente de dire il y a des vainqueurs et des perdants".
Les grandes marques de la confection mondiale pointées du doigt
Au Myanmar, où Oxfam œuvre auprès des jeunes ouvrières du textile qui confectionnent des vêtements pour les grands noms de la mode. Celles-ci sont rémunérées 4 dollars par jour, soit deux fois plus que le seuil d'extrême pauvreté. Pour cela, elles travaillent six ou sept jours par semaine, à raison de 11 heures par jour. Malgré tout ce temps passé au travail, elles peinent à répondre à leurs besoins élémentaires (nourriture, médicaments) et se retrouvent fréquemment endettées.

Pour le plus grand bénéfice des grandes marques. Comme le montre le dividende annuel versé par la société mère de la chaîne de magasins de vêtements Zara à Amancio Ortega (la quatrième plus grande fortune privée au monde), qui s'élève à environ 1,3 milliard d'euros. Même chose du côté de Stefan Persson, dont le père a fondé H&M, classé 43e rang du classement Forbes des personnes les plus riches du monde, il a récolté l’année dernière un dividende de 658 millions d’euros.

Le rapport cite le cas d’Anju au Bangladesh. Rencontrée par OXFAM Australie, la jeune femme coud des vêtements destinés à l'exportation. Elle travaille jusqu'à 12 heures par jour, jusque tard dans la nuit. Il lui arrive souvent de sauter des repas par manque d'argent. Elle gagne un peu plus de 900 dollars par an.

Autre témoignage, celui de Lan, couturière au Vietnam : « Lorsque je suis tombée enceinte, la direction m'a transférée dans l'entrepôt. Il y avait plein de boîtes de chaussures, que je devais étiqueter. Avec dedans de très belles chaussures idéales pour mon fils.J'aimerais les voir à ses pieds un jour, mais c'est impossible. Je sais qu'il en voudrait, je suis triste pour lui. Ce sont des chaussures vraiment belles. Mais mon salaire mensuel ne couvre même pas le prix d'une paire. »

Selon les experts consultés par l’ONG, « La revalorisation des salaires des 2,5 millions d'ouvrières et d'ouvriers de la confection vietnamien.ne.s à un niveau décent coûterait 2,2 milliards de dollars chaque année. Cela équivaut à un tiers des sommes versées aux actionnaires par les cinq plus grandes entrepises du secteur de la confection ».

"Dans le monde, les hommes possèdent davantage de terres, d'actions et d'autres actifs que les femmes" souligne le rapport Oxfam.

Le rapport pointe aussi les inégalités économiques  entre les femmes et les hommes, qui restent étroitement liées : « Alors que, dans la plupart des pays, l'écart salarial entre les femmes et les hommes a fait l'objet d'une plus grande attention, les écarts de richesses entre les femmes et les hommes sont généralement encore plus importants. Dans le monde, les hommes possèdent davantage de terres, d'actions et d'autres actifs que les femmes; à travail égal, les hommes gagnent davantage que les femmes, et les hommes sont plus nombreux dans les emplois plus prestigieux et mieux rémunérés. »

Des inégalités encore plus frappantes quand il s'agit de travail temporaire ou précaire, la norme dans bien des pays en développement, phénomène qui s'intensifie dans les nations riches. Les employé.e.s temporaires ont des salaires plus bas, moins de droits et bénéficient d'un accès réduit à la protection sociale. Ces emplois sont le plus souvent occupés par des femmes et des jeunes.

D'après l'OIT, plus de 2,78 millions de travailleuses et de travailleurs meurent chaque année des suites d'un accident du travail ou de maladies professionnelles, soit 1 personne toutes les 11 secondes.

Partout dans le monde, les femmes au travail sont souvent victimes de graves blessures, mettent en péril leur santé ou sont exposées à des violences sexuelles sur leur lieu de travail, nous dit aussi le rapport. « Le personnel hôtelier interrogé par Oxfam en République dominicaine, au Canada et en Thaïlande a signalé des cas réguliers d'agressions ou de harcèlement sexuels perpétrés par des clients masculins. Il est également sujet à des problèmes de santé liés à la manipulation de substances chimiques contenues dans les produits de nettoyage. »

"Le harcèlement sexuel est monnaie courante dans ce type de travail. Au moins 90 % des employées sont harcelées par des clients ou par les propriétaires. La justice est du côté des entreprises", relève le rapport Oxfam.

Les enquêteurs d’OXFAM rapportent ce témoignage, celui de Myint, femme de ménage immigrée. Elle travaille dans un hôtel en Thaïlande, victime de harcèlement sexuel par des clients, ses patrons l’incitent à accepter la situation au risque de perdre son emploi.
"Pause pipi" interdite
Autre exemple de violence subie au travail par les femmes, « Au Bangladesh, de nombreuses jeunes femmes travaillant dans des usines de confection souffrent d'infections urinaires à répétition parce qu'elles ne sont pas autorisées à se rendre aux toilettes. »
Une enquête menée aux Etats-Unis en 2016 par Oxfam auprès du personnel travaillant dans la transformation des volailles aux États-Unis avait déjà révélé qu'une partie de la main-d'oeuvre portait des couches, pour pallier à l'interdiction de "pause pipi".

Dolores, ancienne employée dans une usine de transformation de volailles dans l'Arkansas, témoigne aujourd'hui : « C'était totalement dévalorisant. Nous arrivions à 5 heures du matin et travaillions jusqu'à 11 ou 12 heures sans aller aux toilettes. J'avais honte de leur dire que je devais changer ma couche ».

Pour Oxfam, les ouvrières se retrouvent "tout en bas de la pyramide". « Dans le monde entier, les femmes gagnent moins que les hommes et elles sont sur-représentées dans les emplois les moins bien payés et les plus précaires », constate Winnie Byanyima .

« 9 milliardaires sur 10 sont des hommes. Les femmes ont fourni 10 billions (mille milliards) de dollars en soins non rémunérés tandis que les fortunes des milliardaires ont augmenté de 762 milliards de dollars l'an dernier. 1% possède plus de richesse que tout le reste de l'humanité » , pointe cette internaute.

Sur cette question des soins non rémunérés, nous avons joint Erik Van Mele, chargé de plaidoyer politique sur les inégalités chez Oxfam Belgique. Il estime que « Nous, les hommes, devrions partager à part égale ces tâches, cela rééquilibrerait la répartition du travail non rémunéré. Ce sont 10 mille milliards de dollars de soins, en quasi totalité effectués par les femmes, pour les enfants ou les personnes âgées, non rétribués qui ne sont pas comptabilisés dans le produit intérieur brut des pays. Ce n'est pas valorisé !  »

L'ONG lance un appel aux dirigeants réunis à Davos pour que « l'économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ». Elle préconise la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeants d'entreprises, la fin de "la brèche salariale" entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l'évasion fiscale.

Ce sondage a été réalisé pour Oxfam auprès de 70.000 personnes représentatives d'un quart de la population mondiale, dans dix pays : en Inde, au Nigeria, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Mexique, en Afrique du Sud, en Espagne, au Maroc, aux Pays-Bas et au Danemark.

Source : information tv5 monde


Qui est Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique?

Avec une fortune personnelle estimée à plus de 15 milliards de dollars, le businessman nigérian fait partie des hommes les plus riches du monde. Même lui n’en revient pas.

En 2019 et pour la huitième année consécutive, Aliko Dangote figure au classement du magasine américain Forbes. Premier milliardaire d’Afrique et 136e du monde, l’homme d’affaires de 62 ans a fait fortune dans le ciment. Le plus grand producteur d’"or gris" sur le continent a d’ailleurs eu du mal à réaliser à quel point il était riche.

Un jour, j’ai retiré 10 millions de dollars à ma banque (…). Je les ai pris à la maison, je les ai regardés et dit : 'Maintenant je sais que j’ai de l’argent'Aliko Dangoteau Forum Mo Ibrahim, à Abidjan, en avril 2019
Une famille d’entrepreneurs

Issu d’une riche famille musulmane de Kano, la grande ville du nord du Nigeria, Aliko Dangote acquiert vite le sens du commerce. Inspiré par son grand-père entrepreneur, il lance son premier "business" à 8 ans en vendant ses propres friandises, comme il le raconte au magazine Forbes.

Mais tout commence vraiment à 21 ans. Après une formation à l’université égyptienne Al-Azhar, le jeune diplômé en gestion et commerce emprunte de l'argent à son oncle et crée une petite entreprise de vente de ciment. Le succès est au rendez-vous et il multiplie très vite son capital.

Quand vous êtes jeune, votre premier million est important, mais après les chiffres ne veulent plus dire grand-choseAliko Dangoteau Forum Mo Ibrahim, à Abidjan, en avril 2019
L’empire Dangote

Au fil des ans, l’homme d’affaires nigérian amasse une fortune impressionnante grâce à la production de ciment. Sa société, présente dans une quinzaine de pays en Afrique, se développe et se diversifie. Sucre, farine, pâtes, sel, gestion immobilière… Dangote group est aujourd’hui un conglomérat avec des entreprises de production cotées en bourse. Il s’intéresse depuis peu au pétrole avec la construction d’une raffinerie au Nigeria, qui pourrait devenir l’une des plus grandes au monde. Le magnat africain a par ailleurs des visées sur le club de football d’Arsenal.
Investir en Afrique

Avec son ascension fulgurante et sa fortune colossale, Aliko Dangote suscite l’admiration, mais aussi les critiques. Certains l’accusent de s’être rapproché des politiques pour profiter de passe-droits. Mais le businessman ne s’en formalise pas et continue de développer ses activités en Afrique. Selon lui, les deux secteurs les plus prometteurs sont les nouvelles technologies et l’agriculture. Il appelle les jeunes entrepreneurs du continent à voir grand et à investir sur le long terme. "J’aimerais pouvoir me cloner", dit-il dans un entretien au magasine américain Time. Aliko Dangote fait dans le même temps un calcul rapide et affirme que dix comme lui feraient l’affaire...

francetvinfo.fr


C’est quoi le franc CFA ?

14 pays utilisent encore la monnaie des colonies françaises d’Afrique créée en 1945 et controversée depuis longtemps.

Lors de son déplacement au Burkina Faso, ce mardi 28 novembre, le président de la République s’est prêté à une séance de questions-réponses avec les 800 étudiants de l’université de Ouagadougou. Parmi les questions posées, une portait sur le franc CFA, monnaie en vigueur dans quatorze pays africains, dont le Burkina Faso.



Le franc CFA, dernière monnaie coloniale encore en activité, est sujet à de nombreuses controverses depuis longtemps. Déjà en 1990, le présentateur du JT d’Antenne 2 indiquait : « l’un des problèmes qu’il faudra bien résoudre un jour, dans les rapports entre la France et l’Afrique, c’est celui du franc CFA ».

Les billets sont toujours imprimés en France
Créé en 1945 sur décret du Général De Gaule, il s’agissait à l’époque du franc des Colonies françaises d’Afrique. Certains pays ont quitté la zone franc CFA au moment de leur indépendance, d’autres plus tard.

Aujourd’hui, il existe deux zones : le franc de la Communauté financière africaine, plutôt présente dans l’Afrique de l’Ouest, et le franc de la coopération financière en Afrique centrale, plutôt concentré dans les pays d’Afrique centrale. Par ailleurs, les billets sont toujours imprimés par la Banque de France dans l’Hexagone. Et son taux de change est fixé sur l’euro, ce qui pose un problème pour beaucoup de pays.

Le franc CFA, « une taxe sur les exportations et une subvention sur les importations »
Les détracteurs du franc CFA estiment en effet que cette monnaie est un frein à l’économie, ainsi qu’un outil du néocolonialisme. C’est le cas de l’ancien ministre du Togo, Kako Nubuko, et co-auteur de Sortir l'Afrique de la servitude monétaire : « Pour des économies aussi faibles que les nôtres, avoir une monnaie arrimée à l’euro, qui est une des monnaies les plus fortes au monde, ça agit comme une taxe sur les exportations et une subvention sur les importations. »

Du côté des défenseurs de cette monnaie, au contraire, le principal avantage du franc CFA est sa stabilité, comme l’explique le président ivoirine Alassane Ouatera : « cette monnaie est solide, elle est appropriée ».

Une monnaie unique d’ici 2020
Depuis 1980 déjà, un projet existe de créer une nouvelle monnaie unique. Les membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest se sont fixés 2020 comme pour le réaliser.

Emmanuel Macron a d’ailleurs déclaré à ce propos que la France accompagnerait « la solution portée par les présidents africains. »

franceinfo.fr


Guerre commerciale : Ford ne fait pas de cadeaux à Trump

VIDEO. Contrairement à ce qu'espérait le président américain, le constructeur américain ne fabriquera le modèle Active de la gamme Ford Focus aux Etats-Unis.

Ford n'a pas l'intention d'offrir une victoire symbolique à Donald Trump. Le constructeur automobile a douché l'enthousiasme du président américain en annonçant qu'il ne fabriquerait pas la Ford Focus Active aux Etats-Unis.

« Ce n'est que le début. Cette voiture peut maintenant être FABRIQUEE AUX ETATS-UNIS et Ford ne paiera pas de taxes de douane ! », s'était pourtant félicité d'avance le magnat de l'immobilier sur Twitter, rappelant que Ford avait renoncé en août à  importer aux Etats-Unis des véhicules fabriqués en Chine .

Pas rentable
« Il ne serait pas rentable de produire la Ford Focus Active aux Etats-Unis étant donné que les ventes annuelles ne devraient pas dépasser 50.000 unités et qu'il s'agit d'un produit de niche », a immédiatement répliqué le constructeur automobile.

L'arrêt de la fabrication de ce crossover assemblé à Chongqing (sud-ouest de la Chine) a été annoncé face à la perspective d'une augmentation des droits de douane américains sur les produits importés de Chine aux Etats-Unis. Cette décision n'aura pas de conséquence sur les effectifs, ni d'impact significatif sur le volume de ventes du constructeur américain, avait alors assuré le président de Ford Amérique du Nord, Kumar Galhotra.

VIDEO. Guerre commerciale USA-Chine : les raisons de l'affrontement

Escalade
Alors que Washington a annoncé qu'il pourrait  taxer 200 milliards de dollars de biens chinois , Donald Trump a de nouveau évoqué, la semaine dernière,  une salve supplémentaire portant sur 267 milliards de dollars. La Maison-Blanche justifie ces décisions par la volonté de réduire le déficit commercial entre les deux économies. Jusqu'ici, la Chine a répliqué à chacune des mesures américaines par des sanctions identiques.

La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump suscite l'inquiétude des grandes entreprises américaines. Apple a ainsi fait savoir qu'il pourrait  être contraint d'augmenter le prix de ses produits en raison de la hausse des droits de douane. Ce à quoi le président américain a répondu : « Il y a une solution simple. Fabriquez vos produits aux Etats-Unis au lieu de la Chine. Commencez à construire de nouvelles usines dès aujourd'hui. Excitant ! »

Adrien Lelièvre - lesechos.fr

L'instauration de droits de douane élevés sur les importations d'automobiles par les Etats-Unis pourrait déclencher des mesures de rétorsion mondiales à hauteur de 252 milliards d'euros d'exportations américaines.
« Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Inquiète de  possibles taxes douanières supplémentaires imposées sur les importations américaines d'automobiles et de pièces automobiles européennes, Bruxelles prend les devants.

Dans un rapport de dix pages adressé vendredi au département du Commerce des Etats-Unis, la Commission européenne avertit qu'un passage à l'acte, de la part de l'administration américaine, entraînerait probablement des mesures de rétorsion de la part des partenaires commerciaux des Etats-Unis. Au total, 294 milliards de dollars d'exportations américaines pourraient être concernés, soit près de 20 % des exportations totales américaines.

540.000 emplois à la clé
Fermement opposée à « la multiplication des mesures prises pour des raisons de sécurité nationale à des fins protectionnistes », l'Union européenne démonte point par point les incohérences américaines. « Les constructeurs automobiles européens contribuent de manière significative [...] à l'emploi aux Etats-Unis. Ils [...] exportent environ 60 % des automobiles vers des pays tiers, y compris vers l'Europe [...]. Ils fournissent 120.000 emplois directs en amont dans les usines de fabrication et 420.000 emplois chez les concessionnaires », précise le document. En clair, si Donald Trump met sa menace à exécution - un droit de douane de 20 % - il se tire une balle dans le pied.

L'Union européenne s'insurge d'autant plus que l'industrie automobile américaine n'est pas menacée et qu'aucune mesure de sauvegarde du secteur n'est nécessaire au regard des règles de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Il n'y a pas de menace économique pour l'industrie automobile américaine qui est « saine et qui a régulièrement augmenté sa production nationale au cours des 10 dernières années ». « Les besoins des Etats-Unis [...] à des fins militaires ou de défense, principalement des véhicules tactiques légers, semblent être couverts par des fournisseurs spécialisés basés aux Etats-Unis », remarque encore l'Union.

Un non-sens économique
Présentant les mesures potentielles de Donald Trump comme un non-sens économique, l'Union européenne demande une participation à l'audience publique organisée les 19 et 20 juillet par le département du commerce dans le cadre de son enquête sur la sécurité nationale ouverte le 23 mai dernier. Une enquête similaire sur les importations d'acier et d'aluminium avait conduit le président à  relever les droits de douane sur les importations d'acier (25 %) et d'aluminium (10 %) européen le 1er juin. Cette décision a conduit l'Europe à relever, elle aussi, les droits de douane sur 2,8 milliards d'euros d'importations américaines.

Trump reste sur ses positions
Avec ce qui se profile sur l'industrie automobile, les Etats-Unis et l'Union européenne risquent de passer d'une escarmouche à une véritable guerre commerciale.

Pour l'Union européenne, l'instauration de droits de douane de 25 % aurait un impact négatif sur le PIB des Etats-Unis de 13 à 14 milliards de dollars. Interrogé dimanche par la chaîne Fox News,  Donald Trump a de nouveau fustigé l'Union européenne sur le plan commercial. « L'Union européenne fait probablement autant de mal que la Chine, sauf qu'elle est plus petite », a-t-il déclaré ajoutant que les Européens « ont fait l'an dernier un excédent commercial de 151 milliards de dollars. [...] Et par-dessus ça, nous dépensons une fortune sur l'Otan pour les protéger », a-t-il poursuivi. Ces pays « nous traitent très mal. Ils nous traitent très injustement ».

Evoquant le cas spécifique de l'automobile, Donald Trump a pointé du doigt les marques allemandes et vivement regretté le fait que les Etats-Unis ne puissent pas faire entrer leurs automobiles en Europe. Les exportations de voitures de l'Union européenne vers les Etats-Unis ont représenté 37,4 milliards d'euros en 2017, et celles des Etats-Unis vers le vieux continent 6,2 milliards d'euros. Chacun fourbit ses armes avant le déclenchement des véritables hostilités.

Les Echos
@RHIAULT

Alors que s’ouvre le Forum économique mondial de Davos, l’ONG s’indigne que « 82 % des richesses créées dans le monde l’année dernière [aient] bénéficié aux 1 % les plus riches ».

Combien le patrimoine des « huiles » rassemblées au Forum économique mondial de Davos (Suisse), du 23 au 26 janvier, pèse-t-il face au reste de la planète ? La réponse ne figure pas en l’état dans le rapport publié lundi 22 janvier par Oxfam et consacré aux inégalités de richesses. Mais c’est bien le prétexte de cette réunion des élites internationales qui pousse l’ONG britannique à tirer le signal d’alarme, à grand renfort de calculs édifiants.
Croisant des données issues de sources multiples (Forbes, Credit Suisse, Banque mondiale…) et de ses propres enquêtes sur le terrain, Oxfam s’indigne que « 82 % des richesses créées dans le monde l’année dernière [aient] bénéficié aux 1 % les plus riches, alors que la situation n’a pas évolué pour les 50 % les plus pauvres ».

Certes, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté a été divisé par deux en vingt ans (entre 1990 et 2010). Mais « si les inégalités n’avaient pas augmenté parallèlement sur la même période, 200 millions de personnes supplémentaires auraient pu sortir de la pauvreté », est-il écrit dans le rapport.

Comparaisons très concrètes
En appui de sa démonstration, l’ONG use de comparaisons très concrètes. Ainsi, elle souligne qu’il ne faut que quatre jours au PDG de l’une des cinq premières marques mondiales du textile pour empocher ce qu’une ouvrière du secteur au Bangladesh mettra une vie entière à gagner. Aux Etats-Unis, les trois personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population : l’ancien patron de Microsoft Bill Gates, le PDG d’Amazon Jeff Bezos et l’investisseur Warren Buffett face à 160 millions de personnes…

Ces chiffres pourraient donner du grain à moudre aux participants du Forum de Davos, qui a pour thème cette année « Créer un avenir commun dans un monde fracturé ». La problématique des disparités de richesses mobilise de plus en plus l’opinion publique à l’échelle planétaire. Plus de trois quarts des répondants à un sondage mené par Oxfam dans dix pays jugent que le fossé entre riches et pauvres chez eux est trop large. Ce constat est-il partagé par le gotha mondial des affaires et de la politique ?

« Je vais à Davos chaque année pour dire et redire aux gouvernements et aux chefs d’entreprise qu’ils doivent agir contre les inégalités extrêmes, raconte l’Ougandaise Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International. Désormais, tous les dirigeants s’avouent préoccupés par ce problème. Mais cela se limite trop souvent à de bonnes paroles. Nous voulons des actions. »

L’ONG exhorte les Etats à actionner la fiscalité et les dépenses à des fins de redistribution. « Il faut que les gouvernements arrêtent avec les baisses d’impôt pour les plus riches », ajoute Mme Byanyima. Un « conseil » qui semble taillé sur mesure pour le principal participant à cette édition de Davos : le président des Etats-Unis Donald Trump, dont la grande réforme fiscale favorise ouvertement « le top 1 % » des Américains les plus fortunés

Le monde



Volkswagen dans le rouge

Plus d'un mois après les révélations aux Etats-Unis sur un vaste système de dissimulation mis en place par Volkswagen sur ses véhicules diesel, le constructeur publie ce mercredi 28 octobre ses résultats trimestriels et annonce une perte nette de 1,67 milliard d’euros. Il doit revoir à la baisse ses prévisions pour 2015.


Où s'arrêtera Patrick Drahi ?

Le milliardaire a construit son empire dans les télécoms et les médias à coups d'audacieux montages financiers, mais au prix de méthodes parfois controversées.

Patrick Drahi, qui vient de renforcer son influence aux États-Unis en avalant Cablevision, construit son empire dans les télécoms et les médias à coups d'audacieux montages financiers, mais aussi au prix de méthodes de gestion parfois


Pékin a trouvé les "responsables" du krach boursier !

Plusieurs personnalités, dont un journaliste, font l'objet d'enquêtes lancées par les autorités chinoises après le krach qui a secoué les places financières la semaine passée...

 Les places boursières chinoises ont enregistré des pertes d'environ 40% depuis la mi-juin, avec une accélération au mois d'août, le CSI 300 affichant un plongeon de 13% sur la période, alors que le ralentissement de l'activité économique, sur fond de dévaluation inattendue du yuan, a provoqué la panique chez les investisseurs. Mais Pékin cherche d'autres coupables, et a lancé plusieurs enquêtes,


Pékin débloque 90 milliards d'euros pour stimuler son économie

REUTERS/Tyrone Siu
La Chine a injecté ce mercredi d’importantes liquidités dans son système bancaire pour soutenir l’activité économique. Elle a renfloué à hauteur de 90 milliards d'euros deux banques majeures.
Face à une conjoncture économique morose, la Chine sort l’artillerie lourde en puisant dans ses énormes réserves de change, estimées à


Lundi noir sur les marchés après la chute de la Bourse de Shanghai

La déroute des bourses asiatiques s'est aussi propagée à Wall Street 
qui s'est effondrée dès l'ouverture ce 24 août 2015. 
REUTERS/Brendan McDermid
Le très fort plongeon enregistré à la clôture de séance à la Bourse de Shanghai (-8,5%) s’est propagé aux bourses asiatiques puis européennes. En cause : la volatilité des marchés asiatiques sur fond de morosité économique en Chine, où les autorités tentent sans succès de stabiliser un marché qui s’effondre, au grand dam des petits porteurs.
En terminant la séance de ce lundi à -8,5%, la Bourse de Shanghai enregistre sa plus forte baisse en huit ans.


Maroc : fortes tensions entre la Samir et le gouvernement

Le raffineur marocain devrait près de 1,2 milliard d'euros à l'administration fiscale et douanière. Les négociations conduites avec le gouvernement n'ont pas abouti. Pour l'instant.

Le gouvernement du Maroc a annoncé le mercredi 19 août qu’il ferait tout son possible pour recouvrer les charges dues à l’État par la Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage (Samir), le principal raffineur du pays

La production agroalimentaire continue de voir son chiffre d'affaires augmenter. Celui-ci a progressé de 63% entre 2003 et 2013, selon l'étude sur l'industrie alimentaire au Maroc, publié par l'Office des changes. L'étude souligne le point noir du secteur : sa balance commerciale est aujourd'hui déficitaire de 2,4 milliards de dirhams, alors qu'elle était excédentaire il y a dix ans. 

La production de l'industrie agroalimentaire marocaine a pris du poids tout au long de cette dernière décennie. En effet, selon l'étude sur l'industrie alimentaire au Maroc, publiée par l'Office des changes en avril, son chiffre d'affaires est en nette hausse sur la période 2003-2013. Il est passé de


Maroc : Le taux de bancarisation s'élève à 64% en 2014

Le taux de bancarisation, mesurant le nombre de comptes ouverts sur les livres des banques rapporté à la population totale, s'est accru de près de 4 points à 64%, proche du niveau ciblé par Bank Al-Maghrib, selon le rapport annuel sur la supervision bancaire réalisé par la Banque centrale au titre de l'exercice 2014.

«Cette hausse témoigne de l'engagement des banques, sous l'impulsion de la Banque Centrale, de capter de nouveaux clients et de promouvoir l'inclusion financière», explique Bank Al-Maghrib dans son rapport.

La couverture territoriale des guichets continue de renfermer, toutefois, des situations disparates,

Crédits photo : Actions-Finance
Après la dégradation des dettes grecques et portugaises en « obligations pourries » ( junk bonds en anglais ), il aura fallu la dégradation malencontreuse de la note de la France pour que Bruxelles décide de mettre un peu plus d'ordre dans le secteur des agences de notation. Les grandes lignes d'une série de mesures préventives, révisant à la baisse le pouvoir «quasi institutionnel» de ces «trouble-fête».

Michel Barnier, commissaire européen aux services financiers, a annoncé, mardi 15 novembre, que Bruxelles envisageait de nouvelles mesures de régulation des agences de notation chargées notamment d'évaluer la solvabilité et la solidité d'un emprunteur (entreprises ou États). Un texte qui fait suite à deux précédentes moutures, notamment celles de