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Trump, un personnage attachant

Le 20 janvier, le monde assistera à l'investiture de Joe Biden, vainqueur de l'élection présentielle du 3 novembre 2020. Donald Trump, qui aura maintenu tambour battant sa contestation des résultats jusqu'au bout, passera tout de même la main et cèdera enfin, malgré lui, la direction des affaires de l’État au président démocratiquement élu de tous les Américains. Il quittera la Maison Blanche et abandonnera, du même coup, ses velléités quelque peu morbides de la « squatter » contre le gré de la majorité, quitte à se retrouver seul et contre tous, démocrates comme républicains.

Jamais président des États-Unis n'était allé aussi loin, réussissant à se mettre à dos aussi bien ses adversaires politiques que ses propres partisans. La récente intrusion au Capitole de certains de ses partisans, à son instigation, en est la parfaite illustration. C'est en effet un précédent qualifié d'historique par les observateurs, dès lors que ce monument n'avait, jusqu'ici, jamais connu pareil assaut, perpétré de surcroît par des citoyens américains. La seule attaque qu'ait jamais connue le Capitole remonte à la Seconde Guerre anglo-américaine (1812-1815), lorsque l'armée britannique y avait mis le feu. 

Trump s'est-il soudain réveillé de sa léthargie ? S'est-il rendu compte de la gravité de son acte ? Ou se rend-il tout simplement à l'évidence ? Le fait est que quelle qu'en soit la raison, quelques heures après la violation de ce symbole de la démocratie et juste après la  reconnaissance et la certification par le Congrès de l'élection de Joe Biden comme prochain président des États-Unis, la Maison Blanche a publié une déclaration dont la teneur faisait état de l'engagement de Donald Trump à assurer « une transition ordonnée » le 20 janvier, date de l'investiture de son adversaire démocrate.

Le 20 janvier donc, Joe Biden prendra les rênes du pouvoir. Il sera investi 46e président des États-Unis, mais la cérémonie de passation de pouvoir fera certainement une entorse à la tradition, dès lors que Donald Trump a d'ores et déjà annoncé son refus de s'y rendre, tweetant une réponse cinglante à tous ceux qui se posaient la question : « Je n'irai pas à l'inauguration » ! 

Un tweet de trop ou une démarche répressive destinée à faire taire l'indélicat président afin de prévenir toute dérive avant et pendant la cérémonie du 20 janvier ? Le fait est que Twitter a finalement conclu à la fermeture sans délai du compte de Donald Trump, le coupant ainsi de son contact avec plus de 81 millions d'abonnés. 

Mais Trump n'en démord pas pour autant. Et s'il a promis d'assurer une  transition ordonnée
», il campe tout de même sur ses positions inébranlables de contestataire de l'élection de Biden ainsi que de farouche opposant, qui ne semble pas pour l'instant - loin s'en faut - décidé à quitter la scène politique. 

Bien au contraire, il promet un engagement politique durable et sans faille à ses partisans, à qui Trump déclare : « les 75 millions de grands patriotes américains qui ont voté pour moi, pour (ses slogans ndlr) « l'Amérique d'abord » et « Restituer sa grandeur à l'Amérique », auront une voix énorme, longtemps dans le futur. Ils ne seront ni méprisés, ni traités injustement de quelque manière que ce soit ». 

Une promesse qui tombe comme un couperet, annonçant d'ores et déjà la couleur de ce que sera le magistère de Joe Biden : une cohabitation assez difficile dans un contexte de crise économique et sanitaire, et le tout dans une Amérique   - faut-il le dire - divisée.

Aussi, s'il n'y a pas de débordements majeurs - eu égard aux manifestations sporadiques actuellement en cours des pro Trump - Joe Biden sera investi le 20 janvier, avec tout de même un redoutable adversaire politique, en l'occurrence Trump himself, qui ne le lâchera pas d'une semelle, et qui fera feu de tout bois pour le discréditer aux yeux de ceux-là mêmes qui l'ont élu. Mais quoi qu'il en soit, l'on se souviendra toujours de Donald Trump comme d'un personnage quelque peu... attachant : vrai et fidèle à lui-même – quoi que l'on dise.

Abdoulaye Jamil Diallo

Macron en Afrique, nouvelle ère ou rebelote ?

"Il n'y a plus de politique africaine de la France ", a rabâché le président français Emmanuel Macron, lors de sa dernière visite en Afrique ! Et pourtant, il était là par 45 degrés à l'ombre, faisant des pieds et des mains, s'évertuant à convaincre une jeunesse africaine délurée que le franc CFA est vraiment ce qu'il faut à l'Afrique, même si - autre "macronnerie ?" - il ne s'oppose pas, dit-il, à l'avènement d'une autre monnaie dans l'actuelle zone du "Franc des colonies françaises d'Afrique : CFA".
Trêve de condescendance : il faut que désormais la France arrête une fois pour toutes son discours paternaliste et adopte enfin celui d'un échange d'égal à égal, si elle veut se faire une place honorable dans la toute nouvelle configuration du monde. Car avec une Chine qui tutoie l'Amérique et une Corée du Nord nucléaire menaçante et une Afrique devenue la seule et unique alternative pour les entreprises occidentales en perte de croissance, inutile de dire que le monde n'est plus ce qu'il était il y a seulement deux décennies. Et que dire alors d'une France restée figée dans des rapports vieux de soixante ans avec ce qu'elle considère toujours comme son pré carré  ?
A cette France-là, j'ai envie de dire : Réveille-toi, douce France, car l'époque est révolue et bien révolue où les Africains croyaient tous les boniments qu'ânonnaient (convaincus eux-mêmes de leur inanité) leurs "amis" français.
Aussi, si Macron croit vraiment, comme il le prétend, à l'avènement de cette ère nouvelle où la France, loin de dormir sur ses lauriers, toute satisfaite de sa gloire d'antan, tendra la main à l'Afrique dans une perspective de partenariat gagnant-gagnant, qu'il se fasse donc le pionnier de cette nouvelle race de Français, qui a compris que l'avenir du monde ne se fera pas sans une Afrique libre et prospère (pour fixer sur place sa démographie galopante, afin qu'elle n'aille pas submerger le vieux continent et tôt ou tard y créer des printemps de ras-le-bol), car il y va de l'équilibre même des choses de ce monde, devenu plus interdépendant que jamais.
Si Macron, en son âme et conscience, nourrit donc un désir sincère de se faire le porte-étendard de cette nouvelle génération visionnaire de Français, en rompant avec la pratique éhontée de la vieille Françafrique, il sera certainement le plus réfléchi des présidents français, d'autant plus que ni l'époque ni l'ordre actuel des choses ne permettent que l'on se voile longtemps la face : le sort du monde est lié à celui de l'Afrique. L'ignorer serait prendre le risque de se détruire soi-même, quelque tard que cela advienne.
Abdoulaye Jamil Diallo