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Un véhicule des forces de sécurité intérieure libanaises devant la maison de Carlos Ghosn à Beyrouth (Liban), le 31 décembre 2019. (ANWAR AMRO / AFP)

Le patron déchu de Renault et Nissan a annoncé mardi avoir quitté le Japon dans des circonstances encore mystérieuses.

Carlos Ghosn a fêté le passage de 2019 à 2020 à Beyrouth, au Liban, en homme (presque) libre. Le patron déchu de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi s'est échappé lundi 30 décembre du Japon, où il était assigné à résidence en raison d'accusations de malversations financières, au cours d'une fuite aussi rocambolesque que mystérieuse. Une évasion qui soulève plusieurs questions.

1 - Comment est-il parvenu à quitter le Japon ?
Les circonstances de l'évasion de Carlos Ghosn restent floues. L'homme d'affaires était placé en résidence surveillée à Tokyo et rien dans son attitude ces derniers jours ne laissait supposer qu'il allait quitter le Japon, selon des personnes qui l'ont récemment côtoyé citées par l'AFP. Son avocat japonais a assuré qu'il n'était au courant de rien.

Une chaîne de télévision libanaise a d'abord décrit un scénario digne d'un film d'espionnage. D'après MTV Lebanon, Carlos Ghosn aurait quitté sa résidence tokyoïte dissimulé dans une malle théoriquement destinée à transporter des instruments de musique, amenée à son domicile par un groupe se présentant comme des musiciens venus animer un dîner. Les Echos évoquent, en citant des proches du magnat, la présence "deux babourzes mobilisés par la famille", qui "se seraient mêlés aux musiciens". Mais cette version des faits a été démentie à l'AFP par une source dans l'entourage de Carlos Ghosn, ainsi qu'à Reuters par l'épouse de l'homme d'affaires. Cette dernière s'est cependant refusée à révéler les détails de la fuite de son époux.

Deux membres de l'entourage de l'ancien patron de Renault ont livré quelques informations. Selon eux, une société privée a orchestré la fuite de Carlos Ghosn et lui a permis d'échapper à la surveillance étroite des autorités japonaises. L'homme d'affaires aurait minutieusement mûri son projet d'évasion avec l'appui de cette société de sécurité privée qui l'a exfiltré du Japon par un vol privé vers Istanbul d'où il a ensuite gagné le Liban. Selon des données de vol citées par le Wall Street Journal, Ghosn a quitté le Japon depuis l'aéroport d'Osaka, à 23h10 dimanche soir. Un autre avion, de la même compagnie privée turque, l'a ensuite conduit d'Istanbul à Beyrouth. "Il s'agit d'une opération très professionnelle, du début à la fin", a déclaré à Reuters une des sources, précisant que même le pilote de l'appareil qui a transporté Carlos Ghosn ignorait sa présence à bord.

2 - Quels papiers a-t-il utilisé ?
D'après Le Monde, l'ex-PDG a décollé d'un aéroport japonais "discret" à bord d'un "avion privé". La chaîne libanaise MTV, citant une source officielle cette fois, affirme que Carlos Ghosn est entré au Liban à l'aide de son passeport français. Et si une source haut placée au ministère des Affaires étrangères libanais a confirmé cette information à Reuters, ajoutant qu'il avait aussi sur lui sa carte d'identité libanaise, cette affirmation suscite toutefois des interrogations.

Car l'avocat japonais de Carlos Ghosn a affirmé que son équipe de défense au Japon était toujours en possession de ses trois passeports – libanais, français et brésilien. Il avait en effet dû les remettre aux autorités japonaises dans le cadre de sa libération sous caution, puis de son placement en résidence surveillée. Enfin, selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK, les services d'immigration japonais n'ont aucune indication officielle d'un départ de Carlos Ghosn du pays.

Les Echos affirment ainsi qu'il a quitté le Japon sous une fausse identité, présentant un passeport falsifié aux douaniers. Selon un membre de l'entourage de Carlos Ghosn cité par Reuters, le fugitif a même été reçu dès son arrivée au Liban par le président Michel Aoun, qui l'a chaleureusement accueilli au palais de Baabda, sa résidence officielle.

3 - Peut-il être extradé du Liban ?
Des policiers montent désormais la garde devant la maison des Ghosn, dans le quartier d'Achrafieh, à Beyrouth. Mais l'homme d'affaires n'a vraisemblablement rien à craindre dans l'immédiat. L'ancien ministre de la Justice libanaise et spécialiste juridique Ibrahim Najjar a confirmé à l'AFP que le droit libanais ne permettait pas aux autorités de livrer un ressortissant à un pays étranger. En cas d'un possible recours à Interpol, l'expert explique que le nom de Carlos Ghosn serait communiqué aux frontières des pays membres pour réclamer une arrestation. "Mais Interpol ne peut pas le faire arrêter par la force, ou imposer une quelconque décision au Liban", rappelle-t-il.

"Jusqu'à nouvel ordre, M. Ghosn est en sécurité. La justice libanaise peut le juger s'il est établi qu'il a commis un crime punissable par le droit libanais", souligne l'ex-garde des Sceaux libanais. Les autorités judiciaires libanaises peuvent certes demander au Japon de leur remettre le dossier Ghosn pour consultation. Mais "le Liban ne peut pas juger une personne accusée de fraudes fiscales commises dans un pays étranger", ajoute l'expert.

En outre, le Japon n'ayant signé des traités d'extradition qu'avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, selon le ministère de la Justice, il sera sans doute très difficile de contraindre Carlos Ghosn à revenir comparaître à son procès. De plus, si son arrestation a précipité sa disgrâce dans l'opinion publique japonaise, Carlos Ghosn reste très populaire au Liban, où il a grandi et où il conserve de précieux appuis. Le ministère des Affaires étrangères a même assuré que l'ex-PDG était "entré légalement au Liban".

4 - Va-t-il comparaître devant la justice ?
Carlos Ghosn devait être jugé à partir d'avril au Japon. Il y fait toujours l'objet de quatre inculpations, deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan, également poursuivi sur ce volet, et deux autres pour abus de confiance aggravé. Son avocat japonais a jugé sa fuite "inexcusable". D'autant que son équipe de défense avait promis que Carlos Ghosn ne quitterait pas le pays.

En France, où une enquête a été ouverte en avril pour "abus de biens sociaux" et "corruption", "sa fuite ne devrait pas avoir de conséquence sur notre enquête, en tout cas pas de prévisible", a observé Catherine Denis, procureur de la République de Nanterre, interrogée par l'AFP. L'enquête porte sur des prestations de conseils fournies par l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati et le criminologue Alain Bauer, qui contestent toute irrégularité, avec la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, RNBV, sous le règne de Carlos Ghosn.

Sur France Inter, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances a assuré avoir été "surprise" en apprenant la nouvelle de cette fuite. Agnès Pannier-Runacher a affirmé que le gouvernement français ne cautionnait pas cette évasion :  Carlos Ghosn "est un citoyen comme les autres et il n'est pas plus au-dessus des lois", a-t-elle estimé, rappelant toutefois que "le soutien consulaire lui est acquis comme tous les Français."

Après son évasion du Japon et son entrée au Liban, la Direction générale de la sûreté générale libanaise a assuré qu'aucune mesure n'imposait "l'adoption de procédures à son encontre" et que rien ne "l'exposait à des poursuites judiciaires". Depuis Beyrouth, Carlos Ghosn a promis, dans un communiqué, que pouvant "enfin communiquer librement avec les médias", il le ferait "dès la semaine prochaine". Depuis son arrestation en novembre 2018, l'homme d'affaires n'a eu de cesse de clamer son innocence et s'est dit victime d'un "complot".

frantvinfo


Trump, Macron et Erdogan enflamment le sommet de l’OTAN


Une série de passes d’armes entre Donald Trump, Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan a aggravé la zizanie au sein de l’OTAN mardi, avant le sommet de son 70e anniversaire, l’affaiblissant face à la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

Les récentes déclarations du président français jugeant l’Alliance née en 1949 en état de « mort cérébrale » et la montée des tensions avec le président turc au sujet de son intervention en Syrie ont électrisé les échanges dans les heures précédant le début des commémorations à Londres.

Le milliardaire américain a lancé les hostilités en qualifiant les propos d’Emmanuel Macron de « très insultants » et de « très, très méchants » : « Personne n’a besoin de l’OTAN plus que la France », a-t-il dit.

Donald Trump a également durement critiqué la volonté de Paris de taxer les géants technologiques américains. Son gouvernement a déjà menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français, dont les fromages, les yogourts, le vin pétillant.

Face au président français plus tard dans la journée, le milliardaire américain a adopté un ton plus conciliant. Les deux dirigeants se sont accordés sur leur capacité à surmonter ce que M. Trump a qualifié de « différend mineur » commercial.

Mais la fâcherie perdure concernant l’OTAN. Le chef de l’État français est resté ferme et « maintient » ses propos qui ont irrité la plupart des alliés.

Le patron de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a défendu l’organisation, se disant « en désaccord ».

« Il ne faut pas mettre en doute l’unité et la volonté des alliés de se défendre les uns les autres », a-t-il déclaré.

La Turquie et le dossier syrien
Mais en interne, l’intervention lancée par Ankara en octobre dans le nord-est de la Syrie, sans en informer les autres membres de l’Alliance, a fait monter la tension. La situation a tourné à l’incident diplomatique entre Paris et Ankara la semaine dernière, lorsque Recep Tayyip Erdogan a estimé que le président français était lui-même en état de « mort cérébrale ».

« Quand je regarde la Turquie, ils se battent à présent contre ceux qui ont combattu à nos côtés. Et parfois, ils travaillent avec des intermédiaires » du groupe djihadiste État islamique, a renchéri M. Macron face à la presse avec Donald Trump.

En fin d’après-midi, une rencontre de près d’une heure rassemblant MM. Macron et Erdogan ainsi que Boris Johnson et Angela Merkel n’a pas permis de régler le différend. « Toutes les clarifications n’ont pas été obtenues et toutes les ambiguïtés n’ont pas été levées », a déclaré Emmanuel Macron à l’issue de la réunion.

Avec la Turquie, a-t-il expliqué, « il y a des désaccords qui existent, des choix qui ne sont pas les mêmes, mais il y a la nécessité d’avancer ».

« La réunion a été intéressante, mais ce ne peut être que le début d’un processus de discussion plus long », a pour sa part déclaré Angela Merkel.

Les questions chinoise et russe
Ces échanges ont éclipsé les sujets dont doivent débattre les membres de l’OTAN, qui se réunissent mercredi matin dans un club de golf de luxe à Watford, en périphérie de Londres, après un dîner mardi soir autour de la reine Élisabeth II au palais de Buckingham. En tête des préoccupations : la montée en puissance de la Chine et la militarisation de l’espace, en plus des relations difficiles avec la Russie.

Vladimir Poutine a dénoncé mardi le comportement « pas correct, voire grossier » de l’OTAN, accusée par le Kremlin d’avoir continué à s’agrandir malgré les promesses faites, selon Moscou, avant la chute de l’URSS. Mais il s’est dit prêt à coopérer avec l’Alliance atlantique.
« Nous devons entreprendre un dialogue sans naïveté avec la Russie pour réduire la conflictualité » avec ce pays, a pour sa part soutenu Emmanuel Macron, réclamant comme « préalable » des « avancées » sur le règlement de la crise entre la Russie et l’Ukraine.

Outre les attaques contre la France, Donald Trump, qui depuis son élection pousse ses alliés à augmenter leurs budgets militaires pour partager davantage le fardeau, a lancé une nouvelle charge contre les « mauvais payeurs » de l’OTAN, notamment l’Allemagne.

Il veut maintenir la pression sur les alliés pour leur faire respecter leur engagement de consacrer 2 % de leur PIB à leurs budgets militaires en 2024. La France dépensera l’équivalent de 2 % en 2025, mais l’Allemagne, à 1,42 % en 2020, ne respectera pas son engagement avant le début de la décennie 2030.

S’il s’est félicité d’avoir « obtenu 130 milliards de dollars », en référence à la somme que le Canada et les membres européens auront ajoutée aux budgets de la défense en quatre ans, M. Trump s’est dit toujours insatisfait.

ledevoir


 Plus de 60 migrants africains sont morts noyés au large de la Mauritanie en tentant de gagner l'Europe, dans le pire naufrage en 2019 sur la route des migrations longeant la côte Atlantique.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état de 62 décès, une source sécuritaire de 63 morts après que cinq corps eurent été rejetés par la mer jeudi, au lendemain du désastre. Possible présage d'un bilan plus lourd encore.

L'un des rescapés a raconté l'épreuve vécue par ce groupe, des Gambiens dans la très grande majorité, qui a passé une semaine en mer à bord de ce que les Mauritaniens ont décrit comme une embarcation de fortune.

Dia Alpha Sonoko, un jeune qui se dit Sénégalais, pays voisin de la Gambie d'où est parti le bateau, a pris la mer "pour aller chercher de quoi gagner (sa vie) pour survivre et pour aider nos parents, parce qu'il n'y a pas assez de travail là-bas dans notre pays". Il a raconté comment les passeurs les avaient laissés tomber et comment les passagers de l'embarcation ont erré en mer, avant le naufrage.

"On était 195 personnes sur le navire, il n'y a que 81 personnes qui ont survécu, tous les autres sont dans la mer", a-t-il dit.

Près de 25.000 personnes sont mortes depuis janvier 2014 en tentant de rejoindre l'Europe pour un mélange de raisons économiques, sociales ou politiques, a indiqué l'OIM. La grande majorité (19.154) ont péri en Méditerranée sur les principales routes d'accès au continent européen. Mais plus de 480 ont aussi perdu la vie sur la route d'Afrique de l'Ouest, dont environ 160 en 2019.

Le naufrage survenu mercredi est le plus meurtrier cette année sur cette route, selon l'OIM.

Le groupe, parmi lequel des femmes et surtout des jeunes de 20 à 30 ans, s'était embarqué le 27 novembre en Gambie, à bord d'une pirogue à moteur, selon les informations concordantes de l'OIM et des autorités mauritaniennes.

Destination: les Canaries, archipel espagnol au large du Maroc et porte d'entrée potentielle en Europe.

"Ils n'avaient plus d'essence, ils ont voulu se rapprocher de la Mauritanie et ont heurté un rocher", a relaté la porte-parole de l'OIM pour l'Afrique de l'Ouest, Florence Kim.

Anonymes
L'embarcation "a commencé à prendre l'eau. Ils n'étaient pas très loin du rivage, mais une forte houle les a empêchés d'atteindre la côte en bateau", a dit une source sécuritaire mauritanienne.

Ils ont quitté l'embarcation à la nage. Quatre-vingt-trois naufragés, dont dix mineurs, sont parvenus à rejoindre le rivage selon l'OIM. Mais des dizaines d'autres ont péri.

Les victimes ont été enterrées près de Nouadhibou dans la nuit, sans attendre, selon les prescriptions musulmanes, et sans être identifiées, selon la porte-parole de l'OIM.

Les rescapés ont été pris en charge à Nouadhibou, place portuaire et deuxième ville de Mauritanie.

Parmi les rares images en provenance de la région éloignée, proche du Sahara occidental, des photos montrent les survivants éprouvés, assis sur des nattes sous des couvertures à l'abri du soleil, et recevant la visite de responsables mauritaniens.

Les rescapés ont été recueillis "suivant les règles d'hospitalité qu'exigent la solidarité humaine, la fraternité et l'hospitalité africaines", a dit le ministère mauritanien de l'Intérieur.

"Cette situation rappelle, s'il en est besoin, la tragédie que cause le phénomène de l'immigration clandestine, qui décime la jeunesse africaine".

Pays de départ-
Parmi les voies de migration pour gagner l'Europe, la route de l'Afrique de l'Ouest, par mer ou par terre, fut l'un des itinéraires privilégiés, emprunté par des dizaines de milliers de migrants au milieu des années 2000. Par la mer, des sortes de bateaux taxis collectent les migrants dans les ports au départ du golfe de Guinée.

Les Canaries (Espagne), à une centaine de kilomètres des côtes marocaines, offraient l'une des principales portes d'entrée à l'Union européenne.

Les mesures prises par l'Espagne ont réduit le flux, au point qu'un centre pour les migrations à Nouadhibou a été fermé, rapporte un correspondant de l'AFP. Au même moment, les migrants empruntaient en nombre les trajets méditerranéens vers l'Espagne, la Grèce ou l'Italie.

Mais la route occidentale connaît un relatif regain depuis environ deux ans, en raison des mesures prises contre la migration transitant par la Libye, indique Florence Kim.

La Gambie est, en proportion de sa population d'environ deux millions d'habitants, l'un des pays qui connaissent le plus de départs, pour une combinaison de raisons, et pas seulement économiques malgré la pauvreté du pays, dit la porte-parole. Elle évoque l'absence de foi dans l'avenir, ou la pression familiale intense comme au Sénégal voisin.

Hademine OULD SADI AFP

Le premier ministre Pedro Sanchez (à droite) avec des bénévoles lors d'une visite du centre des congrès IFEMA à Madrid, le 30 novembre 2019, qui accueillera le sommet pour le climat de l'ONU COP25 du 2 au 13 décembre prochains. PIERRE-PHILIPPE MARCOU/AFP 
196 pays sont appelés à réviser leur ambitions climatiques.

L'humanité doit mettre fin à sa «guerre contre la nature»,a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres ce dimanche, à la veille de l'ouverture de la conférence climat de l'ONU (COP25) à Madrid, dénonçant les engagements «totalement insuffisants» de la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les délégations de 196 pays signataires de l'accord de Paris sur le climat de 2015 doivent se retrouver ce lundi 2 décembre à Madrid pour 12 jours. Organisée en dernière minute dans la capitale espagnole, après le désistement du Brésil puis du Chili, en pleine crise sociale, la réunion s'annonce ardue. États participants ou démissionnaires, principaux enjeux, points d'achoppements... Faisons le point.

Une COP25 organisée en urgence à Madrid
Après le désistement du Brésil, qui avait renoncé, en novembre 2018, dans la foulée de l'élection du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climato-sceptique assumé, le Chili s'était porté volontaire pour accueillir la COP 25 en 2019. Mais le 30 octobre dernier, le président chilien a fini par annoncer que son pays, aux prises avec une contestation sociale qui ne faiblit pas, renonçait à accueillir la Conférence de l'ONU sur le climat.

Le lendemain, l'Espagne a alors proposé d'accueillir la conférence sur les changements climatiques, aux mêmes dates que celle prévue initialement au Chili. Vu l'urgence du calendrier, la proposition a été acceptée dès le surlendemain par l'ONU.

Les 25.000 délégués, dont la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, seront donc accueillis à l’Ifema, un immense salon des foires situé à proximité de l’aéroport international de Madrid. Si le Chili conserve la présidence de l’événement, de nombreuses critiques ont émergé de la société civile, avec la crainte que la délocalisation empêche certains participants de se déplacer jusqu’à Madrid (frais supplémentaires, visas, etc.).

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dès 2020
«Time for action» : le moment d'agir. Le slogan de cette 25e réunion annuelle de l'ONU sur le climat est clair. L'objectif principal est d'inciter les États signataires à réviser, d'ici à la fin 2020, leurs engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L'accord de Paris de 2015 prévoit que les quelque 200 pays signataires révisent d'ici à fin 2020 leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'horizon, pour beaucoup d'entre eux est donc pour dans un an.

68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements d'ici à 2020, mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts, qui doutent que la Chine ou l'UE dévoilent leurs intentions avant le milieu de l'année prochaine. Quant aux États-Unis, ils ont confirmé début novembre leur retrait de l'accord de Paris l'an prochain.

Il y a pourtant urgence. Dans l'espoir de limiter le réchauffement de la terre à 1,5°C, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dès l'an prochain, et ce jusqu'en 2030, a indiqué l'ONU le 26 novembre dernier dans un rapport. Selon ce rapport, les températures moyennes risquent de progresser de 3 à 5°C au cours du siècle sur la tendance actuelle des rejets de gaz à effet de serre.

Les points qui fâchent : marchés carbone et «pertes et préjudices»
Avec une présidence chilienne affaiblie, certaines négociations risquent d'être plus compliquées, notamment pour boucler le manuel d'utilisation de l'accord de Paris. La COP24 a doté l'an dernier à Katowice (Pologne) le pacte climatique des règles nécessaires à sa mise en oeuvre, sauf sur un dossier compliqué et très controversé, les marchés carbone (les échanges d’émissions de CO2 qui permettent aux pays les moins pollueurs de revendre des quotas à ceux émettant plus).

utre sujet récurrent de discorde qui reviendra sur la table : l'assistance aux pays en développement pour s'adapter aux incidences et réduire leurs émissions. Les pays du Nord ont promis de porter ces financements à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020. Selon le dernier rapport de l'OCDE, ces chiffres sont en hausse, avec 71,2 milliards en 2017.

Mais les pays du Sud réclament aujourd'hui une accélération des négociations sur le financement des «pertes et dommages» subies, qu'un groupe d'ONG a récemment estimé à 300 milliards par an en 2030.

Présence discrète des États-Unis, Macron absent
Le sommet sur le climat est mis à mal par un contexte géopolitique défavorable. Outre les États-Unis qui ont officialisé leur retrait de l'accord de Paris sur le climat, le Brésil de Bolsonaro et l’Australie, dirigée par le conservateur Scott Morrison, ont tous deux boudé, en septembre dernier, le sommet spécial de l'ONU sur le climat. Les regards se tournent également vers l'UE, troisième pollueur mondial après la Chine et les États-Unis, dont le Parlement a voté, le 28 novembre, l'urgence climatique.

Près de cinquante chefs d’Etat et de gouvernement assisteront à l’ouverture de la COP25 ce lundi. Les États-Unis seront représentés à Madrid par une responsable du département d'État. Leur retrait de l'accord sur le climat, en raison d'une clause particulière, ne sera effectif, au plus tôt, que le 4 novembre 2020.

La France, elle, sera représentée par le premier ministre Édouard Philippe, accompagné de la secrétaire d’État Brune Poirson. L'absence d'Emmanuel Macron, qui avait déjà boudé la COP24 en Pologne, est d'ores et déjà pointée du doigt par les militants écologistes.

lefigaro.fr


En 1992, une jeune fille âgée de 12 ans avait pris la parole devant de nombreux officiels pour leur parler de l'urgence climatique.

Greta Thunberg pourra difficilement se défaire de la comparaison. Depuis son discours, militant et engagé, lors de la COP 24 il y a un peu plus d’un an, et tandis que la COP 25​ s’ouvre à Madrid, ce lundi, l’ombre de  Severn Cullis-Suzuki plane sur elle. Et à raison. Cette canadienne originaire de Vancouver avait fait face aux représentants de plus de 175 pays, à l’occasion du troisième Sommet de la Terre, à Rio, en 1992, pour faire part de sa colère et de son incompréhension. Comme Greta.

« Ce que vous faites me fait pleurer la nuit », leur avait-elle alors avoué. Avant de leur intimer l’ordre de faire « que vos paroles s’accordent avec vos actes ».

Militante et engagée pour les minorités
Depuis, la jeune fille a bien grandi. Militante toujours très active, la désormais biologiste et ethnoécologiste, âgée de 40 ans, s’est installée sur l'archipel Haïdas Gwaii, où elle a épousé un Haïdas avec qui elle a eu un enfant.

Elle y a aussi appris le Xaayda kil, le dialecte Skidegate de la langue Haïda menacé de disparition

20minutes.fr


La Chine montre la voie de l'épuration ethnique en toute impunité

Au Xinjiang, un million de personnes sont emprisonnées dans des camps de concentration. Qui s'en soucie ?



Les révélations publiées le 16 novembre par le New York Times [et celles de l'ICIJ, reprises par dix-sept médias dont Le Monde le 24 novembre, ndlr], basées sur des centaines de pages de documents du Parti communiste chinois ayant fuité, détaillent l'organisation et les délibérations derrière les détentions de masse dans les camps de rééducation pour musulmans de la province chinoise du Xinjiang, dont la majorité des prisonniers sont membres du groupe ethnique des Ouïghours.

L'article écrit par Austin Ramzy et Chris Buckley expose la conviction du président Xi Jinping que le radicalisme islamique est comparable à un «virus» qui ne peut se soigner qu'au moyen d'une «période de traitement interventionniste douloureux».

Informations prévisibles
Dans l'un des passages les plus glaçants, on découvre les instructions données aux responsables locaux sur le discours à tenir aux membres de la famille de prisonniers qui rentrent chez eux après un séjour dans d'autres régions de Chine et s'étonnent de la disparition de leurs proches.

Il faut leur dire que ceux-ci reçoivent une «formation» afin de les instruire sur les dangers de l'extrémisme, et que s'ils n'ont pas enfreint la loi, il ne leur est pourtant pas permis de s'en aller. Il faut leur dire que leur famille doit «se réjouir de cette opportunité d'éducation gratuite fournie par le parti et le gouvernement visant à éradiquer totalement les pensées fautives, mais aussi à apprendre le chinois [le ouïghour est une langue turque, ndlt] et une formation professionnelle».

On les prévient également que leurs proches détenus sont soumis à un système de notation par points qui détermine à quel moment ils seront libérés, et que le comportement de leur famille a une influence sur cette note.

Aussi inquiétantes que soient ces informations, elles étaient prévisibles. Cela fait un bon moment que la communauté internationale est au courant des exactions commises à l'encontre des Ouïghours. Les récits des survivants et l'imagerie satellite montrent l'ampleur du processus de détention, de la surveillance et des limitations de la liberté religieuse auxquelles sont soumis les musulmans du Xinjiang.

À l'instar de hauts représentants américains comme le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'État Mike Pompeo, l'ONU a condamné la Chine. Les États-Unis ont imposé des restrictions de visa et des sanctions à un certain nombre de hauts fonctionnaires et d'entités soupçonnées de jouer un rôle dans la répression des Ouïghours.

Et pourtant, la réaction du monde reste particulièrement discrète face à l'emprisonnement de ce qui pourrait se chiffrer à un million de personnes dans des camps de concentration sur la base de leur religion et face à la tentative systématique, confinant au génocide culturel, d'effacer toute une identité.

Critiques tues
Très peu d'entreprises ou d'organismes boycottent la Chine. Dans deux ans, les Jeux olympiques d'hiver seront probablement lancés sans anicroche.

La réponse des États-Unis est affaiblie par le fait que Donald Trump ne figure pas parmi les hauts fonctionnaires qui attirent l'attention sur les camps. Malgré ses nombreuses critiques de la Chine, le président américain aborde rarement le sujet des droits humains, et il n'a pas évoqué les musulmans chinois lors d'un récent discours, largement médiatisé, sur la liberté religieuse.

Le gouvernement chinois a habilement brouillé les pistes en utilisant la menace bien réelle du terrorisme et de l'extrémisme religieux pour justifier la détention de masse de centaine de milliers de personnes qui n'ont de lien ni avec l'un, ni avec l'autre.

L'expert en terrorisme Colin Clarke a récemment expliqué sur Slate.com comment, pour justifier son autoritarisme, la Chine semble avoir emprunté des éléments de langage de la «guerre contre le terrorisme» des États-Unis.

Le reportage du New York Times laisse penser que c'était tout à fait délibéré: Xi Jinping a exhorté les autorités à imiter la réaction américaine aux attaques du 11-Septembre, et d'autres hauts fonctionnaires chinois avancent que les attentats en Grande-Bretagne sont la conséquence de la décision du gouvernement britannique de faire primer «les droits humains sur la sécurité».

Il est possible que la Chine soit désormais tout simplement trop puissante et trop mêlée à l'économie mondiale pour faire l'objet de vives critiques. Des organisations comme la NBA ont récemment appris ce qu'il en coûtait de critiquer, même légèrement, les politiques du pays quant aux droits humains.

Les gouvernements de nombreux pays islamiques observent un silence assourdissant sur la question, espérant discrètement maintenir des liens économiques avec Pékin et conserver la faveur de ses investisseurs.

Slate.fr


La Gambie a porté plainte, le lundi 11 novembre, contre l’État birman auprès de la Cour internationale de justice. Elle dénonce un génocide visant la minorité musulmane rohingya.

La démarche est inédite, comme le constate le quotidien sud-africain Daily Maverick :

Habituellement, ce sont les pays étrangers qui traînent les gouvernements africains en justice pour avoir commis des atrocités. Mais, cette semaine, la petite nation ouest-africaine de Gambie renverse la situation en accusant le Myanmar [autre nom de la Birmanie] devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour génocide présumé contre la minorité musulmane rohingya.”
Au nom des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique, les autorités de Banjul, la capitale gambienne, accuse Naypyidaw de génocide, de viols et autres actes de violence à caractère sexuel contre les filles et les femmes rohingyas. La plainte a été déposée à la CIJ le lundi 11 novembre par le ministre de la Justice gambien, Abubacarr Tambadou.

Une procédure rare
“La Gambie exploite une disposition peu connue et rarement invoquée de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 pour attaquer le gouvernement du Myanmar”, analyse le Daily Maverick. Contrairement à la Cour pénale internationale, qui poursuit des individus, la CIJ, juridiction onusienne également installée à La Haye, règle les différents entre États.
La plainte de l’État gambien repose sur les résultats de multiples enquêtes, dont 600 témoignages recueillis dans les camps de réfugiés au Bangladesh, ainsi que des vidéos et des images satellites faisant office de preuves.

En attendant le déroulement de la procédure, qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, la nation ouest-africaine demande à la CIJ de prendre des mesures d’urgence et d’ordonner à la Birmanie de cesser la répression toujours en cours contre les 600 000 Rohingyas toujours présents dans le pays.

Sidy Yansané - Source Daily Maverick

Le président américain Donald Trump a assuré, ce mercredi, être « un grand fan » de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en le recevant à la Maison Blanche, quelques semaines après l’offensive militaire d’Ankara dans le nord-est de la Syrie, et alors que se déroulait au Congrès la première audition publique de la procédure d'impeachment qui le vise.

« Je suis un grand fan du président », a déclaré Donald Trump au début de leur conférence de presse commune, se félicitant que le cessez-le-feu conclu mi-octobre « continue à tenir ». « La Turquie, comment tout le monde le sait, est un important allié au sein de l’Otan », a ajouté le président américain.

Evasif sur la Syrie
« Le cessez-le-feu continue à tenir », s’est félicité Donald Trump, restant muet sur les critiques selon lesquelles il a, par son retrait précipité, abandonné les forces kurdes qui ont pourtant joué un rôle clé sur le terrain dans la lutte contre les jihadistes.
Les atermoiements de Donald Trump et l’offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l’Alliance atlantique – dont la Turquie est membre – qui redoute une résurgence de Daesh. Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l’absence totale de coordination avec les Etats-Unis sur ce dossier.

Dénonçant, dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist, « une agression » menée par la Turquie, « dans une zone où nos intérêts sont en jeu », il avait jugé que l’Otan était en état de « mort cérébrale ». Dans une pique au président français, Donald Trump s’est fait l’écho du mécontentement de la Turquie. « Je pense que le président (turc) n’a vraiment pas apprécié (..) et je pense que beaucoup d’autres gens ont eu la même réaction », a-t-il déclaré. « Inacceptable », a simplement ajouté. Erdogan dont les propos étaient traduits par un interprète

20minutes.fr


Kemi Seba : lettre ouverte au président guinéen Alpha Condé

A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, le président guinéen, Alpha Condé, fait feu de tout bois, pour réviser la Constitution du pays. Une situation qui a fait basculé la Guinée dans une série de manifestations gigantesques, à travers lesquelles le peuple guinéen continue à démontrer à la face du monde sa détermination à s'opposer à toute modification de la Constitution ainsi qu'à tout éventuel troisième mandat de l'actuel président.

 Pour apporter son soutien à ce vaillant peuple de Guinée dans sa lutte légitime pour la victoire de la démocratie, Kemi Seba, président de l’Ong Urgences panafricanistes, s’adresse, dans une lettre ouverte,  au Chef de l’Etat guinéen, l'invitant à écouter son peuple en renonçant clairement - pendant qu'il est encore temps - à toute velléité d'un troisième mandat ainsi qu'à toute modification de la Constitution. En voici la teneur :

Kémi Séba : "Lettre à Alpha Condé"

À son excellence le président actuel de la République de Guinée Conakry, Monsieur Alpha Condé.

Je vous écris ce message en une période critique de l’Histoire  de Guinée, et de l’Afrique de manière générale.

Monsieur le Président,

Vous avez été durant vos débuts politiques (dans l’opposition) un héroïque et fervent défenseur de la démocratie. Défenseur qui fût même envoyé en prison pour ses convictions.

Aujourd’hui au pouvoir, vous l’ex-détenu politique pro-démocratie, vous incarcérez illégitimement  à foison. Pire  vous faites assassiner ceux qui ont le malheur de s’opposer à votre tragique dérive dictatoriale.

Vous étiez un ESPOIR, vous êtes en train de devenir UN CAUCHEMAR. A cause de quoi? A cause de votre amour MALADIF du POUVOIR.

Vous souhaitez un 3ème mandat. Et la majeure partie du peuple s’y oppose. Elle ne s’y oppose pas uniquement  parce qu’elle tient religieusement à la loi des 2 mandats maximum pour un président. La majorité du peuple guinéen s’oppose aussi  à votre 3ème mandat car dans les faits vous n’avez rien fait de bon  sur le terrain de la justice sociale durant vos 2 mandats. Et il y a un adage qui dit jamais 2 sans 3.

Corruption, népotisme, enrichissement d’une minorité, paupérisation de la majorité. Triste est le bilan.

Monsieur le Président, si vous aimez l’Afrique plus que le pouvoir, je vous en conjure, arrêtez le massacre. Retirez-vous avec dignité, présentez vos excuses aux familles de ceux de vos compatriotes que vous faîtes assassiner. Libérez ceux qui comme mon courageux  frère et ami ELIE KAMANO, ont été injustement INCARCÉRÉS car (comme vous auparavant) ils se battent pour la LIBERTÉ.


Monsieur le président, chaque persécution a un début et une fin. Vous êtes à une période où vous avez les pleins pouvoirs dans vos mains et vous vous pensez  sans doute intouchable. Mais n’oubliez jamais qu’aucun président n’est éternel, et tôt ou tard si vous ne vous retirez pas avec dignité, le peuple finira par vous déloger. Et à ce moment-là,  c’est le pire que vous risquerez.

Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes.


Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde


Mali : une attaque terroriste contre des militaires fait 54 morts

C’est un véritable carnage et le bilan n’est pour l’instant que provisoire. L’armée malienne a essuyé vendredi une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années avec la mort de 53 soldats et d’un civil dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire à Indelimane, près de la frontière avec le Niger. Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a également fait état de « dix rescapés » et de « dégâts matériels importants ».

Une attaque pour le moment non revendiquée
Le gouvernement malien a pour sa part fait savoir vendredi soir qu’il « condamnait » cette « attaque terroriste qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels du côté des Forces nationales de défense et de sécurité ». « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a ajouté le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours. Cependant les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

20minutes

Le Front populaire ivoirien, le parti fondé par Laurent Gbagbo, a protesté mercredi 30 octobre contre « la honteuse immixtion » du gouvernement ivoirien dans la procédure à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président, dénonçant une « cabale ».

L’État de Côte d’Ivoire a déposé le 25 octobre une demande auprès de la CPI pour s’opposer à la libération sans condition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en première instance, mais en liberté surveillée en Belgique en raison d’un appel de la procureure Fatou Bensouda.

Il s’agit là d’«une honteuse immixtion du gouvernement ivoirien dans la procédure », a déclaré Assoa Adou, secrétaire général du FPI, au nom de son parti et de la coalition d’opposition « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (EDS).

« Une cabale pour écarter un adversaire »
« Par ces agissements, le RDR (ancien nom du parti au pouvoir) et (le président ivoirien) Alassane Ouattara viennent de faire tomber le masque derrière lequel ils n’ont eu cesse de manipuler la procureure ». « Le procès n’est rien d’autre qu’une cabale politique pour écarter un adversaire », à un an de la prochaine élection présidentielle, a-t-il assuré au cours d’une conférence de presse. Interrogé à sa sortie du conseil des ministres mercredi, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, a décliné tout commentaire.

"Ils veulent l'empêcher de rentrer"
Par ailleurs, Assoa Adou a affirmé que la justice ivoirienne a confirmé en appel mardi la condamnation à 20 ans de prison de Laurent Gbagbo. En janvier 2018, l’ex-président avait été condamné, ainsi que trois coaccusés, à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-11.

« Ils veulent l’empêcher de rentrer au pays. Peu importe, quand il sera libéré par la CPI, il rentrera. S’ils veulent l’arrêter, ils l’arrêteront. On verra bien ce qui se passera », a commenté à l’issue de la conférence de presse un proche de Laurent Gbagbo. Dans l’attente de la décision de la CPI après l’appel de la procureure, l’ancien président réside à Bruxelles. Laurent Gbagbo et Charles Ble Goudé, ont été jugés pour crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales, avant d’être acquittés et libérés sous conditions. Son éventuel retour en Côte d’Ivoire avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer.

jeuneafrique


Ce que l'on sait du nouveau chef de Daesh


Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi a été désigné, ce jeudi, comme le nouveau chef de Daesh, après que l'organisation a officiellement confirmé la mort de son précédent leader Abou Bakr al-Baghdadi.

Daesh a confirmé, ce jeudi, la mort de son chef Abou Bakr al-Baghdadi, considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d'attentats sanglants. Le nom de son successeur a également été dévoilé. Il s'agit d'Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi. Celui-ci n'avait que rarement été  mentionné parmi les potentiels successeurs de al-Baghdadi.

Le principal juge de Daesh
L'organisation a précisé que le "Majlis al-choura (l'assemblée consultative en arabe, NDLR)" avait prêté allégeance à Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi en tant que "commandeur des croyants" et nouveau "calife des musulmans".

"Nous ne savons pas grand-chose de lui, sauf qu'il est le principal juge de Daesh et qu'il dirige l'Autorité de la charia (loi islamique)", a indiqué Hicham al-Hachemi, un expert irakien de Daesh.

Son nom, "al-Qourachi", indique que, comme al-Baghdadi, le nouveau chef de Daesh est un descendant de la tribu des Qourachi, celle du prophète Mohammed, soit un pré-requis nécessaire pour devenir "calife".

L'utilisation de la particule "al-Qourachi" indique, selon un spécialiste interviewé par le New York Times, que Daesh se voit ainsi toujours comme un "califat" alors que le "califat" territorial de Daesh a été déclaré défait par les Américains en mars dernier dans son dernier réduit en Syrie.

D'autres prétendants avaient été avancés
Abou Bakr al-Baghdadi était originaire du village de Al Jallam, en Irak. Un détail important, note le New York Times dans sa nécrologie de l'ancien leader de Daesh, car Al Jallam est peuplé par des membres de la tribu al-Badri, dont la lignée remonte à la tribu des Qourachi, celle du prophète Mohammed. Des origines qui lui ont alors permis de devenir facilement "calife" de l'organisation.

Parmi les prétendants à sa succession, si Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi n'avait pas été mis en avant, d'autres avaient été pressentis, comme Abdallah Qirdash, un proche d'al-Baghdadi depuis plusieurs années, et Abou al-Hassan al-Mouhajir, bras droit de l'ancien chef de Daesh. Mais il a été révélé plus tard que ce dernier est également mort lors du raid américain.

Mort "comme un chien", selon Trump
Donald Trump a annoncé dimanche la mort du chef de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, lors d'une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie, un succès à l'international pour le président américain, accueilli avec retenue par ses alliés européens.
   
Le président américain a livré un récit détaillé du raid au cours duquel le chef de Daesh a été acculé par les forces américaines, puis s'est fait sauter avec sa ceinture d'explosifs. Mercredi, le Pentagone a diffusé plusieurs photos et extraits vidéos où l'on voit notamment une dizaine de soldats approcher, dans la nuit de samedi à dimanche, de l'enceinte du complexe où était caché le chef jihadiste dans le village de Baricha, dans le nord-ouest de la Syrie.

Le "calife" autoproclamé en 2014 ayant un temps présidé aux destinées de 7 millions de personnes en Irak et en Syrie est mort "comme un chien", a assuré Donald Trump.

Clément Boutin avec AFP


Mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, chef mystérieux du groupe État islamique


Le président américain Donald Trump a confirmé la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, le 27 octobre à Idleb, lors d'une opération américaine. Surnommé « le fantôme » pour sa discrétion, cet Irakien ultra-radical a d’abord été proche d’al-Qaïda avant d'être l’artisan de la montée en puissance du groupe terroriste.

Il y a un peu plus de cinq ans, Abou Bakr al-Baghdadi devenait le visage de l’organisation État islamique. Le 4 juillet 2014, il se présentait au minbar de la mosquée al-Nouri de Mossoul (nord de l’Irak) pour prononcer un prêche devant un parterre de croyants, entouré de gardes du corps. Aujourd’hui, la mosquée et son célèbre minaret penché ont été rasés et Baghdadi « est mort », a confirmé Donald Trump lors d'une conférence de presse dimanche 27 octobre. La dernière apparition du « calife Ibrahim » remontait au mois d'avril dernier,dans une vidéo de propagande.

Le prêche, filmé et abondamment diffusé par le groupe État islamique, relevait plus d’une nécessité que d’un choix, comme l’expliquait alors notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh. Pour se proclamer « commandeur des croyants » dans les règles, l’intéressé devait se départir de sa prudence habituelle. Il devait revendiquer ce titre au vu et su de tous. Depuis, ces images d’un quadragénaire exalté à la barbe grisonnante, habillé et coiffé de noir, ont fait le tour du monde. Notamment parce qu'elles sont l'une des deux seules traces vidéo connues d'al-Baghdadi : celui-ci a su rester discret pendant ces cinq dernières années, commandant ses troupes tout en restant caché et apparaissant surtout par le biais d'enregistrements audio.

Des études de théologie

Feu le chef de l'organisation terroriste État islamique serait né en 1971 à Falloujah, dans le centre de l’Irak (selon un document parcellaire déclassifié par l’agence américaine Freedom of Information), ou plus probablement à Samarra, au nord de Bagdad, selon d'autres sources concordantes. Ibrahim Awad al-Badri – de son vrai nom – appartient au clan des Badrites et grandit dans une famille pauvre. « Les biographies diffusées par les partisans d'al-Baghdadi le présentent comme un descendant direct de l'imam Ali ben Abi Taleb, cousin et gendre du prophète de l'islam. Ce lignage prestigieux lui attribue des origines remontant à Quraich, la tribu de Mahomet, une condition indispensable pour prétendre au titre de calife », expliquait notre journaliste Paul Khalifeh en 2014.

Le jeune Ibrahim aime le football et croit déjà dur comme fer. Avec des amis, ils s'appellent « l'équipe des mollahs », rapporte la journaliste Sofia Amara pour l'hebdomadaire Paris Match. Auprès de l’Agence France-Presse (AFP), l'auteure d’un documentaire sur al-Baghdadi décrit aussi un jeune « introverti, pas très sûr de lui », dont les notes et la vue sont trop mauvaises, respectivement pour lui permettre de devenir avocat ou militaire, comme il l’espérait.

Ibrahim Awad al-Bidri se tourne donc vers la religion. Au début des années 1990, il obtient un doctorat en études islamiques à l’université de Bagdad. C’est ce qui lui aurait permis d’enseigner la charia (loi islamique) dans plusieurs mosquées d’Irak et lui aurait valu le premier surnom de « docteur Ibrahim ».

Détenu à Camp Bucca

L’invasion américaine de 2003 en Irak est décisive pour le futur chef terroriste : il s’y oppose en prenant la tête d’une milice et le nom d'Abou Duaa. Arrêté en 2004 par des soldats américains, qui cherchaient en réalité à arrêter l'un de ses proches, il passe dix mois dans la prison de Camp Bucca. Le complexe pénitentiaire, proche de la frontière koweïtienne, est considéré comme un véritable vivier de jihadistes, où combattants islamistes et baasistes de l’ancien régime de Saddam Hussein se côtoient et nouent des alliances.

Il est remarqué pour son intelligence et ses qualités de stratège par ses codétenus. Il va même jusqu'à résoudre des conflits entre les prisonniers et l'administration pénitentiaire. Ses geôliers américains, faute de preuves manifestes de sa dangerosité (il est arrêté désarmé et en tant que « prisonnier civil », et non comme combattant), décident de le relâcher en décembre 2004.

À sa sortie de prison il prête allégeance à Abou Moussab al-Zarqaoui dont il a rencontré les proches à Camp Bucca et se rapproche d’al-Qaïda. Le futur al-Baghdadi attire l’attention du Pentagone, selon le quotidien britannique The Telegraph, qui évoque un document de 2005 des autorités américaines : « Abou Duaa est lié à l’intimidation, à la torture et au meurtre de civils à Al-Qaïm », une ville irakienne proche de la frontière syrienne. « Il kidnappe des personnes ou des familles entières, les accuse, les juge et les exécute publiquement », peut-on lire dans ce même document.

« Comme un fantôme qui réapparaît sans cesse »

Celui qui prétendra à devenir le calife de tous les musulmans monte rapidement dans l’organisation État islamique en Irak. Celle-ci est née des cendres de la branche irakienne d’al-Qaïda, dont le Jordanien al-Zarqaoui, tué dans une frappe américaine en 2006, a été l’un des derniers chefs.

Au début des années 2010, al-Qaïda semble être en perte de vitesse partout dans la région. La mort de son leader emblématique Oussama Ben Laden, en mai 2011, puis le début des Printemps arabes semblent condamner l'organisation terroriste à disparaître. Mais un homme va donner un nouveau souffle au groupe État islamique en Irak : celui qui a pris le nom d’Abou Bakr al-Baghdadi, en hommage à son ami et prédécesseur à la tête de l’organisation, Abou Omar al-Baghdadi, et au premier calife de l’islam et successeur de Mahomet, Abou Bakr. Al-Baghdadi signifie littéralement « qui vient de Bagdad ».

Ainsi Abou Bakr al-Baghdadi, nommé calife de l’État islamique en mai 2010, rallie à sa cause d'anciens baasistes dont les connexions lui sont profitables et multiplie les attentats. Le tout en prenant ses distances vis-à-vis d'al-Qaïda. Moins de sept ans après avoir été relâché, en octobre 2011, sa tête est mise à prix pour 10 millions de dollars par le gouvernement américain. Quelques années plus tard, la prime atteindra même 25 millions.

On dit d’Abou Bakr al-Baghdadi qu’il est capable d'adopter plusieurs accents arabes pour se fondre dans le décor. La légende veut qu’il soit parfois en première ligne avec ses troupes et qu’il ne se manifeste que le visage caché quand il est entouré de personnes ne faisant pas partie de sa garde rapprochée, pour ne pas être trahi.

Sa mort elle-même, annoncée plusieurs fois, relève alors du fantasme. Déjà en 2014, un ancien des forces spéciales britanniques témoignait auprès du Telegraph : « On a capturé ou tué une demi-douzaine d’hommes qui portaient le même nom que lui. Il est comme un fantôme qui réapparaît sans cesse, je ne sais pas où s’arrête la réalité et où commence la fiction. » À l’époque, certains pensent que plusieurs personnes partagent le nom de guerre d’Abou Bakr al-Baghdadi.

Au milieu de l’année 2011, al-Baghdadi dépêche, depuis l’Irak où il est basé, des soldats et des lieutenants de son organisation vers la Syrie. Il profite de la guerre civile naissante pour participer à la création du Front al-Nosra, et lutter contre les chiites et le gouvernement de Bachar el-Assad.

Malgré les guerres fratricides qui rongent les mouvements jihadistes de la région –al-Nosra et l'EI entrent même en guerre ouverte pendant plusieurs mois –, al-Baghdadi réussit en 2013 à unifier ses troupes des deux côtés de la frontière irako-syrienne sous la bannière de l’État islamique en Irak et au Levant, bientôt raccourci au seul « État islamique ». Contre la stratégie d'al-Qaïda dont il s’émancipe définitivement, al-Baghdadi livre une guerre ouverte aux musulmans chiites afin d'obtenir le soutien des tribus sunnites de la région.

Vie et mort du califat ?

Mais les ambitions d’al-Baghdadi, comme celles de son héros Oussama Ben Laden dont il a juré de venger la mort, vont bien au-delà du Moyen-Orient. Au moment de la prise de la ville irakienne de Falloujah par ses troupes début 2014, al-Baghdadi annonçait aux Américains, dans un enregistrement audio, que la guerre ne faisait que commencer et qu’ils verraient bientôt « les moudjahidines au cœur de [leur] pays ». Six mois plus tard, après avoir pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, il y annonce la création d’un califat à cheval sur les territoires syrien et irakien et fait symboliquement détruire la frontière qui les sépare.

Ces deux dernières années, le territoire de l'État islamique avait réduit comme peau de chagrin, l'organisation ne cessant de perdre du territoire. Le 23 mars 2019, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) proclamait la fin du califat de l'EI en Syrie, mais son influence demeure en Syrie eten Irak. On ne compte plus néanmoins les centaines de victimes d’attentats commis par des terroristes ayant prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi et à son organisation. Il est très probable que sa mort ne signifie donc pas la fin définitive de celle-ci.

rfi

Le président-élu Kaïs Saïed et sa femme Ichraf Chebil, dimanche à Tunis après l'annonce des premiers sondages. Photo Zoubeir Souissi. Reuters

Le candidat indépendant, juriste de formation, a été élu très largement dimanche avec plus de 70% des voix selon les sondages à la sortie des urnes, devant l’homme d’affaires Nabil Karoui. Des milliers de Tunisiens ont envahi le centre-ville pour un rassemblement jamais vu depuis la révolution.

«C’est la révolution qui reprend ! Regardez comment les gens sont heureux. Vous avez vu les scores : de droite, de gauche, le peuple a voté Kaïs Saïed. Avec notre soutien, il pourra réussir à instaurer une égalité de droit entre tous les Tunisiens et en finir avec les castes», se réjouit Abdelrazak Zammlai au milieu d’une foule massée sur l’avenue Bourguiba, la principale artère du centre-ville de Tunis. Les sondages à la sortie des urnes – les résultats officiels sont attendus lundi ou mardi – sont sans appel : avec entre 72 et 77% des voix pour une participation de 57,8%, le professeur de droit Kaïs Saïed, qui était le favori après être arrivé en tête au premier tour le 15 septembre, devrait obtenir environ 2,5 millions de voix de plus que son adversaire, l’homme d’affaires controversé Nabil Karoui.

Des chiffres qui se traduisent vestimentairement dans la rue où, n’en déplaise à certains élus français, les jeans taille basse côtoient les abayas et les barbes de hipster, les kamis des salafistes. Dans les cafés, les consommateurs de Celtia (la bière locale) trinquent avec les buveurs de thés en chantant «le pouvoir au peuple». Tout le monde est bienvenu à condition de laisser son appartenance politique de côté. Des partisans de Ennahdha (musulman-conservateur) se sont vus arracher leur drapeau aux couleurs de leur parti qu’ils voulaient brandir.

Feu d’artifice
Sur les marches du théâtre municipal, les militants les plus fervents déclenchent un feu d’artifice improvisé obligeant les familles venues avec leurs enfants à s’éloigner. Une effervescence non maîtrisée qui rappelle, à beaucoup de participants, la révolution. Et plus précisément les sit-in de Casbah pour Abdelrazak Zammlai. Au lendemain du 14 janvier 2011, jour de la fuite de Ben Ali, des jeunes occupent la place du gouvernement (Casbah) à deux reprises pour obliger le Premier ministre d’alors, Mohamed Ghannouchi, à changer son gouvernement, puis à démissionner.

La mobilisation avait débouché sur l’élection de l’assemblée constituante. C’est durant ces journées entre le janvier et mars que Kaïs Saïed émerge médiatiquement en donnant son avis de professeur de droit constitutionnel. Il arpente alors la Casbah pour soutenir les manifestants, restés ces fidèles huit ans après. «Kaïs, ce n’est pas seulement qu’on le soutient, on l’aime. Il est d’une rigueur, d’une honnêteté intransigeante. Quand il parle, on sait que ce n’est pas pour mentir. Ça, les Tunisiens l’ont compris et apprécient», assure Syrine Mrabet, coordinatrice de la campagne du président élu.

«Bye-bye, Makrouna !»
Abstentionniste par conviction, Bahram Aloui est sorti se mêler à la foule pour prendre la température. Le cinéaste avoue qu’il est agréablement surpris : «C’est un vrai mélange de tous les Tunisiens. Je ne suis pas sûr qu’il y avait autant de monde pour la révolution. Après, comparer ça à Casbah 1 ou 2, je ne sais pas. Faut voir avec le temps. Là, c’est surtout festif.» La foule s’amuse d’ailleurs à chanter des slogans contre le perdant du jour : «Bye-bye Makrouna !» Nabil Karoui est surnommé «Makrouna» (pâtes, en tunisien) par ses détracteurs à cause de la mise en avant jugée outrancière du travail de son œuvre caritative par sa chaîne de télévision, Nessma TV, afin de se présenter comme «le candidat des pauvres».

Ce dernier a dans la soirée de dimanche accepté sa défaite – sans s’interdire toutefois de déposer recours – mais a souligné que la campagne avait été inéquitable à cause de sa détention provisoire pendant quarante-sept jours, du 23 août au 9 octobre : «C’est comme faire les Jeux olympiques et on vous casse un genou avant le 100 mètres.» Le magnat de la presse a également rappelé que son parti, Qalb Tounes, était arrivé second des législatives du 6 octobre. «La partie ne fait que commencer. Nous serons dans une opposition constructive.»

Sans majorité parlementaire
La question de la majorité parlementaire, alors que Kaïs Saïed n’a aucun parti à l’Assemblée mais que beaucoup de formations de l’extrême gauche à l’extrême droite ont appelé à voter pour lui, se révèle déjà épineuse. Membre du mouvement des jeunes du Watad (parti de gauche panarabe), Marouene Bendhiafi célèbre la victoire dans les rues de Tunis mais prévient : «On espère tous qu’il saura rassembler le peuple. Je crois en lui. Mais s’il refuse d’avancer sur les questions sociétales comme la dépénalisation de l’homosexualité, nous serons dans la rue, comme ce soir, mais contre lui.»

Dans la salle d’apparat du Tunisia Palace, à deux pas de la foule, Omar Habib, beau-frère de Kaïs Saïed, ne se fait aucun souci : «C’est un excellent médiateur. Il saura rassembler. D’ailleurs, son score très important va l’aider.» Quelques minutes plus tard, Kaïs Saïed prononce son premier discours de président élu. Debout, les bras raides le long du corps, il pose, martial, les premiers jalons de sa mandature : «"Le peuple veut… !" [slogan de la révolution, ndlr] et sa volonté sera appliquée à tous et à moi en premier lieu […] L’époque de la soumission est finie.»

Mathieu Galtier correspondant à Tunis - Libération


 Le Premier ministre britannique propose un nouvel accord sans contrôles à la frontière irlandaise

Alors que le Premier ministre britannique doit ce mercredi présenter une offre « de la dernière chance » à l’Union européenne pour encadrer la sortie du Royaume-Uni, Boris Johnson a affirmé que le Brexit aurait bien lieu, « quoi qu’il arrive », le 31 octobre. Avec ou sans accord, donc, alors qu’une loi, votée récemment à la Chambre des communes, l’empêche théoriquement de partir sans accord avec Bruxelles.

La proposition du Premier ministre ne comporte pas le rétablissement de contrôles à la frontière irlandaise. C’est le principal point d’achoppement qui empêche, jusque-là, la ratification de l’accord de sortie par le Royaume-Uni.

Le Premier ministre conservateur a dit espérer que l’Union fasse « un compromis, à son tour », pour une sortie en bon ordre du pays. Boris Johnson a par ailleurs affirmé que l’année 2020 serait celle du « chaos, avec deux référendums » si jamais Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, dans l’opposition, arrivait, à nouveau, à retarder le Brexit.

20minutes

La demande émise par la justice américaine de retenir le pétrolier iranien Grace 1, qui avait été arraisonné le 4 juillet, a été rejetée par le gouvernement de Gibraltar.

Le gouvernement du territoire britannique de Gibraltar a rejeté dimanche une demande du ministère américain de la Justice de retenir le pétrolier iranien qui s'apprête à quitter ses eaux territoriales, expliquant que les sanctions américaines ne sont pas applicables dans l'Union européenne.

«En vertu du droit européen, Gibraltar est dans l'impossibilité de prêter l'assistance demandée par les États-Unis», qui veulent saisir le pétrolier en vertu des sanctions américaines contre l'Iran, ont expliqué les autorités dans un communiqué.

«Le régime des sanctions de l'Union européenne est fondamentalement différent de celui des États-Unis», souligne le communiqué. De plus, la réglementation européenne «interdit spécifiquement d'appliquer certaines lois américaines», dont celles sur les sanctions contre l'Iran.

Le commandement de la Marine iranienne a déclaré que l’ère de «frapper et courir» était terminée et s’est dit prêt à escorter les pétroliers iraniens dans le Golfe.

La longue histoire du Grace 1
Arraisonné le 4 juillet, le Grace 1 a été libéré le 15 août par les autorités de Gibraltar. Dans un communiqué, le gouvernement de Gibraltar a affirmé début juillet que, selon ses estimations, les cuves du Grace 1 pouvaient contenir du pétrole destiné à la raffinerie syrienne de Banias.

Selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, l'Iran n’a pas donné de garanties concernant le fait que le navire ne se dirigerait pas vers les côtes syriennes après sa libération. Or, les autorités de l’île ont affirmé avoir reçu la promesse écrite de Téhéran qu'il n’y enverrait pas son pétrole.

Le 16 août, un tribunal américain a émis un mandat de saisie visant le Grace 1, qui a suivi une plainte de l'administration des États-Unis.

Sputnik


Rapport Oxfam : 90% des nouveaux milliardaires sont … des hommes


Ne devient pas milliardaire qui veut, enfin surtout pour celle qui le voudrait. Selon le rapport de l'ONG britannique OXFAM, un nouveau milliardaire apparait tous les deux jours. Sur les 2 043 milliardaires recensés aujourd’hui dans le monde, neuf sur dix sont des hommes.

Les riches sont de plus en plus riches, mais les pauvres un peu moins pauvres ? Un constat aux allures de vraie fausse bonne nouvelle en tout cas du côté des femmes, car ce sont elles que l'on trouve toujours et encore au bas de l'échelle.

Pour le dénoncer, l’ONG britannique OXFAM sait manier l’art des chiffres et des comparaisons. Tout aussi choquantes les unes que les autres avec pour objectif celui de nous interpeller, nous et surtout ceux qui font partie de la minorité la plus riche de la planète, celle qui se retrouve cette semaine au sommet annuel mondial économique de Davos en Suisse.

Dans ce rapport intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse", on apprend que 62 personnes (53 hommes, 8 femmes) sont aussi riches que la moitié des habitants de la planète, leur fortune a augmenté de 44% depuis 2010, celle des autres a chuté de 41%.

Ce boom incroyable équivaut à sept fois le montant qui permettrait de mettre fin à la pauvreté extrême dans le monde. 82 % des richesses créées dans le monde en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches, alors que la situation n'a pas évolué pour les 50 % les plus pauvres.

L’enquête publiée quelques jours avant la tenue du World Economic Forum (WEF), l’ONG nous explique qu’il ne faut que quatre jours au PDG de l’une des cinq premières marques mondiales de textile pour empocher ce qu’une ouvrière du secteur au Bangladesh mettra une vie entière à gagner.

« Les travailleuses et travailleurs pauvres s'échinent sur des tâches dangereuses et mal rémunérées pour alimenter l'extrême richesse d'une minorité. Les femmes occupent les postes les plus difficiles tandis que la quasi-totalité des grandes fortunes sont entre les mains d'hommes », peut-on lire.

La directrice exécutive d'Oxfam International, l’Ougandaise Winnie Byanyima s'est rendue cette semaine à Davos pour interpeller le ghota des plus riches de la planète, et pour leur dire que selon elle, « Le boom des milliardaires n'est pas le signe d'une économie prospère, mais un symptôme de l'échec du système économique ».

"On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs", a-t-elle aussi déclaré pour commenter les résultats de l'enquête menée par Oxfam.

En décembre 2017, en marge d'une conférence du FMI, la directrice lançait un appel, emprunt d'émotion et de colère, "Huit hommes, et pas une femme, détiennent à eux seuls autant de richesses que 8,6 milliards de personnes. Chaque soir une personne sur neuf s'endort la faim au ventre. Je suis en colère. Je ne peux pas accepter ces contradictions, que chacun se contente de dire il y a des vainqueurs et des perdants".
Les grandes marques de la confection mondiale pointées du doigt
Au Myanmar, où Oxfam œuvre auprès des jeunes ouvrières du textile qui confectionnent des vêtements pour les grands noms de la mode. Celles-ci sont rémunérées 4 dollars par jour, soit deux fois plus que le seuil d'extrême pauvreté. Pour cela, elles travaillent six ou sept jours par semaine, à raison de 11 heures par jour. Malgré tout ce temps passé au travail, elles peinent à répondre à leurs besoins élémentaires (nourriture, médicaments) et se retrouvent fréquemment endettées.

Pour le plus grand bénéfice des grandes marques. Comme le montre le dividende annuel versé par la société mère de la chaîne de magasins de vêtements Zara à Amancio Ortega (la quatrième plus grande fortune privée au monde), qui s'élève à environ 1,3 milliard d'euros. Même chose du côté de Stefan Persson, dont le père a fondé H&M, classé 43e rang du classement Forbes des personnes les plus riches du monde, il a récolté l’année dernière un dividende de 658 millions d’euros.

Le rapport cite le cas d’Anju au Bangladesh. Rencontrée par OXFAM Australie, la jeune femme coud des vêtements destinés à l'exportation. Elle travaille jusqu'à 12 heures par jour, jusque tard dans la nuit. Il lui arrive souvent de sauter des repas par manque d'argent. Elle gagne un peu plus de 900 dollars par an.

Autre témoignage, celui de Lan, couturière au Vietnam : « Lorsque je suis tombée enceinte, la direction m'a transférée dans l'entrepôt. Il y avait plein de boîtes de chaussures, que je devais étiqueter. Avec dedans de très belles chaussures idéales pour mon fils.J'aimerais les voir à ses pieds un jour, mais c'est impossible. Je sais qu'il en voudrait, je suis triste pour lui. Ce sont des chaussures vraiment belles. Mais mon salaire mensuel ne couvre même pas le prix d'une paire. »

Selon les experts consultés par l’ONG, « La revalorisation des salaires des 2,5 millions d'ouvrières et d'ouvriers de la confection vietnamien.ne.s à un niveau décent coûterait 2,2 milliards de dollars chaque année. Cela équivaut à un tiers des sommes versées aux actionnaires par les cinq plus grandes entrepises du secteur de la confection ».

"Dans le monde, les hommes possèdent davantage de terres, d'actions et d'autres actifs que les femmes" souligne le rapport Oxfam.

Le rapport pointe aussi les inégalités économiques  entre les femmes et les hommes, qui restent étroitement liées : « Alors que, dans la plupart des pays, l'écart salarial entre les femmes et les hommes a fait l'objet d'une plus grande attention, les écarts de richesses entre les femmes et les hommes sont généralement encore plus importants. Dans le monde, les hommes possèdent davantage de terres, d'actions et d'autres actifs que les femmes; à travail égal, les hommes gagnent davantage que les femmes, et les hommes sont plus nombreux dans les emplois plus prestigieux et mieux rémunérés. »

Des inégalités encore plus frappantes quand il s'agit de travail temporaire ou précaire, la norme dans bien des pays en développement, phénomène qui s'intensifie dans les nations riches. Les employé.e.s temporaires ont des salaires plus bas, moins de droits et bénéficient d'un accès réduit à la protection sociale. Ces emplois sont le plus souvent occupés par des femmes et des jeunes.

D'après l'OIT, plus de 2,78 millions de travailleuses et de travailleurs meurent chaque année des suites d'un accident du travail ou de maladies professionnelles, soit 1 personne toutes les 11 secondes.

Partout dans le monde, les femmes au travail sont souvent victimes de graves blessures, mettent en péril leur santé ou sont exposées à des violences sexuelles sur leur lieu de travail, nous dit aussi le rapport. « Le personnel hôtelier interrogé par Oxfam en République dominicaine, au Canada et en Thaïlande a signalé des cas réguliers d'agressions ou de harcèlement sexuels perpétrés par des clients masculins. Il est également sujet à des problèmes de santé liés à la manipulation de substances chimiques contenues dans les produits de nettoyage. »

"Le harcèlement sexuel est monnaie courante dans ce type de travail. Au moins 90 % des employées sont harcelées par des clients ou par les propriétaires. La justice est du côté des entreprises", relève le rapport Oxfam.

Les enquêteurs d’OXFAM rapportent ce témoignage, celui de Myint, femme de ménage immigrée. Elle travaille dans un hôtel en Thaïlande, victime de harcèlement sexuel par des clients, ses patrons l’incitent à accepter la situation au risque de perdre son emploi.
"Pause pipi" interdite
Autre exemple de violence subie au travail par les femmes, « Au Bangladesh, de nombreuses jeunes femmes travaillant dans des usines de confection souffrent d'infections urinaires à répétition parce qu'elles ne sont pas autorisées à se rendre aux toilettes. »
Une enquête menée aux Etats-Unis en 2016 par Oxfam auprès du personnel travaillant dans la transformation des volailles aux États-Unis avait déjà révélé qu'une partie de la main-d'oeuvre portait des couches, pour pallier à l'interdiction de "pause pipi".

Dolores, ancienne employée dans une usine de transformation de volailles dans l'Arkansas, témoigne aujourd'hui : « C'était totalement dévalorisant. Nous arrivions à 5 heures du matin et travaillions jusqu'à 11 ou 12 heures sans aller aux toilettes. J'avais honte de leur dire que je devais changer ma couche ».

Pour Oxfam, les ouvrières se retrouvent "tout en bas de la pyramide". « Dans le monde entier, les femmes gagnent moins que les hommes et elles sont sur-représentées dans les emplois les moins bien payés et les plus précaires », constate Winnie Byanyima .

« 9 milliardaires sur 10 sont des hommes. Les femmes ont fourni 10 billions (mille milliards) de dollars en soins non rémunérés tandis que les fortunes des milliardaires ont augmenté de 762 milliards de dollars l'an dernier. 1% possède plus de richesse que tout le reste de l'humanité » , pointe cette internaute.

Sur cette question des soins non rémunérés, nous avons joint Erik Van Mele, chargé de plaidoyer politique sur les inégalités chez Oxfam Belgique. Il estime que « Nous, les hommes, devrions partager à part égale ces tâches, cela rééquilibrerait la répartition du travail non rémunéré. Ce sont 10 mille milliards de dollars de soins, en quasi totalité effectués par les femmes, pour les enfants ou les personnes âgées, non rétribués qui ne sont pas comptabilisés dans le produit intérieur brut des pays. Ce n'est pas valorisé !  »

L'ONG lance un appel aux dirigeants réunis à Davos pour que « l'économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ». Elle préconise la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeants d'entreprises, la fin de "la brèche salariale" entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l'évasion fiscale.

Ce sondage a été réalisé pour Oxfam auprès de 70.000 personnes représentatives d'un quart de la population mondiale, dans dix pays : en Inde, au Nigeria, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Mexique, en Afrique du Sud, en Espagne, au Maroc, aux Pays-Bas et au Danemark.

Source : information tv5 monde

AFP - Angela Merkel a défendu vendredi la ligne centriste et humaniste qu'elle a imprimée pendant 18 ans à la tête du parti conservateur allemand, avant qu'il ne choisisse pour lui succéder entre une de ses proches et un rival tenant d'un virage à droite.

La chancelière a été longuement applaudie debout pour ses adieux à ce poste au cours d'un congrès à Hambourg par un millier de délégués. Certains étaient en larmes et tenaient des pancartes orange sur lesquelles était écrit "merci Cheffe".

Mais avant de passer la main, elle a défendu avec vigueur son héritage politique, malgré les critiques dont il fait l'objet en Allemagne et en dehors des frontières, notamment sur la question des migrants.

"En ces moments difficiles, nous ne devrions pas oublier nos valeurs chrétiennes-démocrates", a mis en garde la chancelière, manifestement émue.

Angela Merkel, qui quitte le tête de son parti mais entend rester chancelière jusqu'à la fin de son mandat en 2021, a établi une longue liste des dangers actuels comme "la remise en cause du multilatéralisme, un repli sur le national, la réduction de la collaboration internationale" et les menaces de "guerre commerciale". Une référence évidente à la politique du président américain Donald Trump notamment. 

 Appel à l'unité

Elle a aussi au cours de ce congrès lancé un appel à l'unité de son parti, la campagne des dernières semaines pour sa succession ayant avivé les tensions en son sein.

"Je souhaite que nous sortions de ce congrès bien armés, motivés et unis", a-t-elle dit.

Trois prétendants briguent le poste, qui est aussi à terme un strapontin pour la chancellerie allemande.

Le ministre de la Santé Jens Spahn étant jugé hors course, le vote devrait se résumer à un duel entre une proche de la chancelière, Annegret Kramp-Karrenbauer ("AKK", 56 ans) qui endosse la ligne centriste de Mme Merkel, et un rival, Friedrich Merz, 63 ans, partisan d'un net virage à droite.

Ce conservateur traditionnel de la vieille école veut ainsi récupérer les déçus de la CDU qui sont allés voter pour l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), en particulier après l'ouverture des portes de l'Allemagne à plus d'un million de réfugiés syriens ou irakiens en 2015 et 2016.

Autrefois affectueusement surnommée "Mutti" (Maman) par l'opinion, Angela Merkel a été contrainte fin octobre de renoncer à se représenter à la tête de son parti après deux élections régionales très décevantes.

Chacun des candidats a promis de respecter son souhait de rester chancelière jusqu'en 2021. Mais une cohabitation harmonieuse de longue durée avec Friedrich Merz, poussé il y a une décennie hors de la CDU justement par Angela Merkel, paraît difficilement envisageable.

Beaucoup prédisent son départ de la chancellerie dès l'an prochain après les élections européennes de mai si les partis traditionnels sont de nouveau sanctionnés ou au plus tard à l'automne après des scrutins dans trois Länder (Etats régionaux) de l'est, tous des bastions de l'extrême droite.

A moins que son partenaire au sein de la coalition gouvernementale, le parti social-démocrate lui-même en pleine crise, accélère le départ de la chancelière en quittant lui-même le gouvernement.

Prises de distance

Friedrich Merz a reçu un précieux soutien en la personne du président de la chambre des députés Wolfgang Schäuble, pour qui son élection "serait ce qu'il y a de miLa CDU est concurrencée sur sa droite par l'AfD et rongée au centre par les Verts. La formation ne recueille plus avec son allié bavarois CSU que 26 à 28% des intentions de vote dans les sondages.

Elle était sortie affaiblie des législatives de septembre 2017, mais avec encore 33% des suffrages.

Tous les prétendants cherchent en conséquence un moyen de se démarquer de l'héritage d'Angela Merkel.

En matière de politique migratoire, "AKK" a plaidé pour l'expulsion des Syriens reconnus coupables d'actes criminels, un pas que même le très conservateur ministre de l'Intérieur bavarois Horst Seehofer a exclu de sauter.

Friedrich Merz, quant à lui, est allé jusqu'à remettre en cause le droit d'asile. Il a aussi proclamé son intention de "diviser (les résultats de) l'AfD par deux" et indirectement reproché à la chancelière d'avoir favorisé la montée de ce parti.


Trump : "L'accord de Paris est fondamentalement mauvais"

Donald Trump profite de la crise des "gilets jaunes" pour tacler Emmanuel Macron.. Sur Twitter, le président américain a évoqué la situation en France pour justifier son retrait de l'accord de Paris sur le climat.

Le débat sur les "gilets jaunes" traverse l'Atlantique. Donald Trump a ironisé, mardi 4 décembre, sur les concessions faites par Emmanuel Macron au sujet des taxes sur les carburants – le gouvernement français a annoncé un moratoire sur la hausse de la taxe carbone et un gel des tarifs du gaz et de l'électricité. Un argument, selon lui, pour justifier le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, qu'il considère comme voué à l'échec.

"Je suis heureux que mon ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris soient tombés d'accord sur la conclusion à laquelle j'avais abouti il y a deux ans", a écrit le président américain sur son compte Twitter. Et Donald Trump de continuer : "L'accord de Paris est fondamentalement mauvais car il provoque une hausse des prix de l'énergie pour les pays responsables, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs au monde."

L'Elysée a choisi de s'abstenir de commenter ce message. "Pas de commentaire", a répondu l'entourage du président à une interrogation de l'AFP, alors que les relations entre les deux chefs d'Etat se sont singulièrement refroidies ces derniers mois.

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