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Sanctions de la Cédéao contre le Mali : grosse perte pour le Sénégal ?

Des chauffeurs maliens oisifs errant devant le port de Dakar. Cela fait déjà une semaine que Lamine et Cheikh espèrent un allègement de l’embargo et de la fermeture des frontières des pays de la Cédéao avec leur pays.

"Nous, nous sommes des chauffeurs. Nous venons chercher les véhicules pour le Mali. Depuis lundi jusqu’à présent, tout est bloqué", a déclaré Lamine Dagamaissa, chauffeur de véhicules d’occasion en transit.

"Franchement, nous sommes en difficulté ici. Nous avons des familles qui sont au Mali, et il y a des centaines de véhicules ici. Ça c’est une perte pour nous ! Ça ne va pas car les véhicules sont des commandes, regrette Cheikh Koné", lui aussi chauffeur.

Le plus grand perdant

Le plus grand perdant, c’est le Sénégal, affirment plusieurs exportateurs sénégalais qui ont préféré garder l’anonymat.

Pour El-hadj Matabara Dieye, chef transit à Transit moderne du Sénégal, les pertes seront énormes à court terme, non seulement au port de Dakar mais aussi dans plusieurs autres secteurs d’activité.

"Si ça perdure, il y aura des conséquences vraiment extraordinaires dans ce port. Imaginez que tous les conteneurs qui devraient être acheminés au Mali restent là. Notre port sera bourré de conteneurs et il n’y aura plus de places pour recevoir les navires qui vont arriver. C’est ça notre inquiétude. Le pays perd dans la mesure où les débarquements, les transports, les camions qui prenaient leur carburant ici pour aller au Mali, toutes leurs marchandises passent par le Sénégal. Donc économiquement, nous serons impactés", a souligné El-hadj Matabara Dieye.

Selon l’économiste Ndongo Samba Sylla, qui a cité dans l’un de ses tweets l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, "le Mali, comme destination à l’exportation, avec 474 milliards de francs CFA en 2020, est plus important pour le Sénégal que tous les pays de l’Union européenne réunis."

Il en déduit qu’en acceptant les sanctions de la Cédéao contre le Mali, le Sénégal se tire une balle dans le pied.

Auteur: Robert Adé

Les Maliens ont répondu massivement vendredi à Bamako et à travers le pays à l'appel de la junte à manifester contre les sanctions ouest-africaines et à faire pièce aux pressions internationales qui ne faiblissent pas, ont constaté les correspondants de l'AFP.

Des milliers de Maliens parés aux couleurs nationales vert, jaune et rouge se sont massés dans la capitale sur la place de l'Indépendance pour entendre différents orateurs éreinter l'organisation des Etats ouest-africains Cédéao, exalter la souveraineté malienne et faire ovationner l'armée et le projet de "refondation" du pays en crise.

“Vive Assimi (Goïta), vive Choguel (Maïga)", s'enthousiasmait Abdoulaye Yanoga, chômeur de 27 ans en parlant dans le vacarme ambiant des chefs de la junte et du gouvernement, "nous les soutenons et nous avons compris que c’est la France qui est derrière (les organisations ouest-africaines) Cédéao et Uémoa, mais ces sanctions ne passeront pas ici".

"Ceux qui doutaient que la transition (les autorités) est soutenue par le peuple malien ont leur réponse”, se réjouissait Nouhoum Sarr, membre de ce qui fait office d'organe législatif.

Grosse affluence aussi à Tombouctou, sur la place Sankoré, devant la mosquée, ont indiqué plusieurs Tombouctiens à l'AFP.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une foule dense marchant et chantant derrière le drapeau national dans les rues de Kadiolo, frontalière de la Côte d’Ivoire. Scène analogue à Bougouni, également dans le sud.

Le gouvernement malien a lancé lundi, au lendemain des mesures de rétorsion "extrêmes" selon lui prises par la Cédéao, un appel "à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire national".

Le colonel Assimi Goïta, porté à la tête du Mali par un premier coup d'Etat en août 2020 et intronisé président "de la transition" à la suite d'un second en mai 2021, a exhorté les Maliens à "défendre (leur) patrie".

Le Mali, déjà plongé dans une grave crise sécuritaire et politique depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, fait face depuis dimanche à de lourdes sanctions de la Cédéao. 

Celles-ci punissent le projet des militaires de continuer à gouverner pendant plusieurs années, et l'engagement révoqué d'organiser en février 2022 des élections qui auraient ramené les civils à la tête du pays.

La fermeture des frontières de la Cédéao, l'embargo sur les échanges commerciaux (hors produits de première nécessité) et sur les transactions financières ainsi que le gel des avoirs maliens dans les banques ouest-africaines, menacent dangereusement l'économie d'un pays parmi les plus pauvres du monde, enclavé et éprouvé par les violences et la pandémie.

Des compagnies ouest-africaines ainsi qu'Air France ont suspendu leurs vols vers Bamako. Le pays risque l'asphyxie faute de liquidités. 

Le Mali n'a pas pu réaliser une opération sur le marché financier régional mercredi. Il est "coupé du reste du monde", dit Kako Nubukpo, commissaire pour l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).



Les sanctions ont suscité un concert de réprobations au Mali. La Cédéao est accusée d'être un club dépassé de dirigeants coupés des populations et l'instrument de l'étranger, dont la France, l'ancien puissance coloniale engagée militairement au Sahel.

- L'ONU au travail -

Les Maliens se sont ralliés en nombre vendredi derrière le slogan de défense des intérêts nationaux, sans tous vouloir brûler les ponts avec la Cédéao ou la communauté internationale, ou même soutenir inconditionnellement la junte.

"Je suis venu soutenir mon pays face au danger qui nous guette", déclarait dans la foule à Bamako Alassane Kanouté, professeur, mais "soyons raisonnables: une guerre contre le monde est perdue d'avance”.

Le colonel Goïta, a validé vendredi un "plan de risposte" gouvernemental aux sanctions ouest-africaines, ont indiqué ses services sur Facebook. Le plan a plusieurs composantes, diplomatiques ou économiques, disent-ils sans plus de précisions.

"L'objectif de ce plan n’est pas d'être dans une posture de bras de fer" avec les organisations ouest-africaines, et le Mali reste "ouvert au dialogue", disent-ils.

Le chef de l'ONU Antonio Guterres a réclamé jeudi du gouvernement malien un calendrier électoral "acceptable", rappelant que la Cédéao pourrait alors lever graduellement les sanctions.

Des partenaires du Mali aussi importants que la France et les Etats-Unis ont apporté leur soutien aux sanctions ouest-africaines. 

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a indiqué jeudi que l'UE allait prendre des dispositions "dans la même ligne" que la Cédéao.

La France et les Européens, engagés militairement contre les jihadistes , veulent rester au Mali, mais ne le feront "pas à n'importe quel prix", a dit le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

kt-sd-lal/emp | AFP

Mali-Cédéao : vers un redéploiement du fret vers Nouakchott et Conakry

Après que les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont imposé une série de nouvelles sanctions au Mali, une certaine pression gagne d'autres Etats voisins tels que la Mauritanie et l'Algérie.

Ces pays, respectivement à l'Ouest et au Nord, partagent des frontières avec le Mali et entretiennent avec Bamako de bonnes relations. Toutefois, il pourrait s'avérer difficile pour Alger et Nouakchott de prendre une position claire dans le bras de fer entre la Cédéao et les autorités maliennes de la transition.

Des intérêts stratégiques en jeu

La Mauritanie et l'Algérie sont deux voisins du Mali dont la démarche devrait influencer, dans un sens ou dans l'autre, l'impact des sanctions imposées par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

La Mauritanie accueille, depuis l'éclatement de la crise politico-sécuritaire au Mali, des milliers de réfugiés. L'Algérie a facilité la signature de l'Accord de paix et de réconciliation inter-malien. Les deux Etats partagent en outre de longues frontières avec le Mali.

Or, la Mauritanie qui a rompu avec la Cédéao en 2000 a tout fait durant les dernières années pour retrouver un statut d'observateur. En 2017, Nouakchott a signé avec la Cédéao un accord sur la libre circulation des personnes et des biens.

Ce qui fait dire à l'expert mauritanien Zakaria Ould Amar que les autorités de son pays auront du mal à s'afficher d'un côté ou de l'autre. "Vous savez que le port de Nouakchott est utilisé par les Maliens pour une partie de leur approvisionnement. Mais en tout cas cela va être une décision difficile à prendre. Peut-être que la Mauritanie aura aussi un rôle à jouer, eu égard à ses relations avec le Mali et dans le cadre de sa position au sein du G5-Sahel. Peut-être une relation de médiation avec les autorités maliennes pour essayer de trouver une solution à ce problème. Evidemment aussi, une transition de cinq ans semble impossible pour les acteurs internationaux", estime Zakaria Ould Amar.

Vers une redistribution des cartes ?

Le fret malien provient en grande majorité du Sénégal et de la Côte d'Ivoire, rappelle pour sa part Hama Ag Mahmoud, ancien ministre touareg du Mali qui vit en Mauritanie. Avec les sanctions, il y aura un redéploiement vers la Guinée et la Mauritanie estime-t-il, en ajoutant que l'Algérie ne voudra pas marchander son soutien pour le Mali.

Dans une allocution à la télévision ce lundi (10.01.2022), le colonel Assimi Goïta a appelé ses compatriotes au calme et à la "résilience", assurant que des dispositions étaient prises pour permettre l'approvisionnement du Mali.

"Ces pays traditionnellement ne sont pas dans ces jeux-là. Et je pense qu'ils ont toujours encouragé les relations avec les pays voisins. L'Algérie, la Mauritanie et même le Maroc, je ne crois pas que ces pays vont rentrer dans cette logique de sanctions", espère l'ancien ministre malien Hama Ag Mahmoud.

Le Maroc, cinquième puissance économique africaine, a aussi rejoint la Cédéao en tant que membre observateur. Rabat entretient par ailleurs des relations étroites avec Bamako. Certains imams maliens sont formés dans le royaume chérifien, ce qui laisse entrevoir une autre possibilité de médiation.

Auteur: Fréjus Quenum



Riposte musclée du Mali contre la Cédéao



Le Mali a décidé à son tour de fermer ses frontières terrestres et aériennes avec les pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

En réponse aux lourdes sanctions économiques et financières de la Cedeao, le Mali a décidé d'appliquer la « réciprocité ». En plus de la fermeture des frontières, le gouvernement de transition a décidé de « rappeler ses ambassadeurs » dans les pays de l'organisation régionale, informe un communiqué du porte-parole du Gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga.   

Selon le dirigeant malien, « ces mesures contrastent avec les efforts fournis par le Gouvernement et sa disponibilité au dialogue en vue de trouver un compromis avec la Cedeao sur le chronogramme des élections au Mali ». En conséquence, détaille le communiqué, « le Mali a promis de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de riposter à ces sanctions malencontreuses dans les prochaines heures ». Dans sa réponse, le Mali dit apprendre avec « stupéfaction les sanctions économiques et financières prises par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) dimanche à Accra (Ghana) ».  Le Mali regrette que des « organisations sous régionales ouest-africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra régionales aux desseins inavoués », indique le communiqué. 

En outre, le gouvernement malien « dénonce et rejette les décisions suivantes qui ne sont fondées sur aucun texte communautaire ». Selon toujours les autorités maliennes, « l'embargo décidé par les Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Cedeao, applicable à un Etat souverain constitue une violation manifeste du Traité de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et des statuts de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) ».

Partant de ce constat, « le gel des avoirs d'un État, des entreprises publiques et parapubliques ne saurait être appliqué par la Banque centrale qui reste un organe indépendant auquel chaque Etat membre a concédé son droit souverain d'émission » fulminent les autorités de la transition. Le Mali souligne « le caractère inhumain de ces mesures qui viennent affecter les populations déjà durement éprouvées par la crise sécuritaire et la crise sanitaire, notamment celle de la Covid-19 ». 

Selon la junte au pouvoir, « des dispositions ont été prises pour assurer l'approvisionnement normal du pays par tous les moyens appropriés ». Constatant ces « violations répétées des textes, principes et objectifs de ces organisations », le Mali « tirera toutes les conséquences et se réserve le droit de réexaminer sa participation à ces entités » mentionne le communiqué.

Source : Journal du Gabon

Le Maroc inaugure sa première base de défense anti-aérienne

Située à une cinquantaine de km au nord de Rabat, à Sidi Yahya El Gharb, selon le site Defensa, la première base de défense anti-aérienne marocaine s'étend sur une superficie de 42 000 m2.

 Après avoir reçu le premier lot du système chinois de défense anti-aérienne FD-2000B, commandé en 2017, l'installation militaire s'apprête à accueillir un deuxième système à moyenne portée Sky Dragon 50, également acquis auprès de la Chine, indique le site hispanophone. La base est dotée d'un point de lancement circulaire fixe d’un diamètre de 170 m2, de hangars de réparation du matériel, de sièges administratifs et de casernes.

Une inauguration qui, selon Defensa, marque un tournant dans la politique de défense du Royaume, qui auparavant pariait exclusivement sur la force de frappe de ses avions de chasse, notamment les F-16, pour assurer sa défense aérienne. 

Mais la menace en provenance de l’Ouest a dicté de se doter d’une base dédiée essentiellement à l’interception de missiles balistiques, d'autant plus que quelques semaines après la rupture des relations avec Rabat, consommée le 24 août, Alger avait reçu, en septembre dernier, selon des médias russes, les premiers échantillons des systèmes de missiles anti-aériens russes S-400 Triumph. 

Le Royaume devrait, par ailleurs, entrer en possession d'au moins quatre gros drones aériens sophistiqués de type SeaGuardian MQ-9B fabriqués par la compagnie General Atomics, dès la validation de sa commande par les deux Chambres du Parlement américain.

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile

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Des diplomates américains rencontrent des élus sahraouis pro-Maroc


Une délégation de l’ambassade des Etats-Unis au Maroc, conduite par le conseiller politique David Fischer, a fait mercredi une escale à Laâyoune où elle a rencontré le maire de la ville, Hamdi Ould Errachid.

Au cours de cette escale, le diplomate américain s’est également entretenu avec Aminatou Haidar, la présidente de l'«Instance sahraouie contre l'occupation marocaine (ISACOM)» ; un entretien qui s'est déroulé en présence des membres du bureau exécutif de l’ONG.

La délégation américaine a ensuite poursuivi sa route vers Dakhla où elle s'est entretenue avec le président du conseil de la région Dakhla-Oued Eddahab, Ynja Khattat.

En octobre dernier, des diplomates américains s'étaient également rendus  à Laâyoune, où ils avaient rencontré le président de la Commission régionale de Laâyoune -Sakia Al Hamra du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Taoufik Berdigi, et Ali Salem Tamek, membre du bureau exécutif du Collectif des défenseurs sahraouis des droits humains au Sahara occidental (CODESA), proche du Polisario.

AJD - S'informer Utile

Macron annule son déplacement au Mali

Le président français Emmanuel Macron a annulé vendredi le déplacement qu'il devait effectuer au Mali pour rencontrer le président de la transition et célébrer Noël avec les troupes françaises, en raison de la crise du Covid-19, a annoncé l'Elysée.

"Cette décision a été prise dans un souci de cohérence entre les mesures annoncées au niveau national et l'agenda international du président, et dans un souci de ne pas exposer notre dispositif militaire dans un moment de dégradation de la situation sanitaire en métropole", a expliqué la présidence.

L'annonce de l'annulation a été faite à l'issue d'un conseil de défense sanitaire qui s'est réuni pour examiner de nouvelles mesures face à la cinquième vague fulgurante de Covid-19 et au variant Omicron très contagieux.

Le Premier ministre Jean Castex a également annulé le déplacement qu'il devait faire en Jordanie avec la ministre des Armées Florence Parly et le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal pour rencontrer les militaires basés dans ce pays.

Paris avait annoncé mercredi qu'Emmanuel Macron devait se rendre lundi à Bamako pour une première rencontre avec le colonel Assimi Goïta, dans un climat de haute tension entre Paris et la junte militaire au pouvoir depuis 2020, dont la lenteur à rendre le pouvoir aux civils et les velléités de recourir à des mercenaires russes exaspèrent Paris.

La présidence a souligné vendredi que l'organisation de cette rencontre était difficile. Emmanuel Macron voulait qu'y participent les présidents en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédeao) - le président ghanéen Nana Akufo-Addo - et du G5 Sahel - le Tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Un format rejeté par les autorités maliennes, qui souhaitaient un entretien bilatéral.

"Les difficultés sur la table ne sont pas franco-maliennes, mais entre le Mali et ses partenaires. Elles ne peuvent se résoudre que dans un cadre collectif", a expliqué l'Elysée. "Il y a un grand besoin de clarification", notamment sur "le flottement sur les élections, qui a jeté beaucoup de trouble parmi les partenaires" internationaux.

Après avoir promis d'organiser des élections en février, la junte traîne des pieds pour présenter un calendrier de transition, au grand dam des membres de la Cédéao, qui la menacent de sanctions supplémentaires dès janvier si le dossier n'avance pas.

Paris cherche en outre à dissuader le colonel Goïta de recourir aux paramilitaires russes de Wagner, réputés proches du Kremlin et accusés de prédation et d'exactions dans les pays où ils sévissent, comme en République centrafricaine. Il a averti que leur déploiement serait "inacceptable".

Au terme de la courte étape à Bamako, le président français devait partir célébrer le traditionnel Noël avec les troupes lundi soir et mardi matin sur la base de Gao (nord-est) avec des soldats français déployés au sein de la force antijihadiste française Barkhane, en pleine restructuration.

Mais l'Elysée a annoncé que le repas de fête préparé par le chef de l'Elysée sera bien envoyé au Sahel pour être apprécié par quelque 2.800 militaires.

Après l'avoir célébré au Niger, au Tchad et en Côte d'Ivoire entre 2017 et 2019, Emmanuel Macron avait déjà été contraint d'annuler le Noël avec les troupes l'an dernier après avoir été déclaré positif au Covid le 17 décembre 2020.

Au terme de près de neuf ans de présence au Sahel, la France a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus au nord du Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de 5.000 actuellement, à 2.500/3.000 d'ici 2023.

17/12/2021 22:35:24 - Paris (AFP) - © 2021 AFP

 

Maroc : Fin de cavale, à Fès, pour un Néerlandais recherché par Interpol

Un Néerlandais, qui faisait l`objet d`une notice rouge émise par l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol), a été interpellé, vendredi, par les forces sécuritaires de la ville de Fès, pour son implication présumée dans un crime d'homicide volontaire.

L'arrestation de ce ressortissant étranger intervient, souligne la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans son communiqué, dans le cadre de l'adhésion des services de cette direction aux relations de coopération internationale dans les domaines sécuritaires, notamment pour la poursuite et l'arrestation d'auteurs de délits et de crimes recherchés au niveau international.

Selon les informations disponibles, le prévenu, frappé d'une notice rouge d'Interpol, émise sur la base d'un mandat d'arrêt international délivré par les autorités judiciaires néerlandaises, était recherché, précise le communiqué, pour son implication présumée dans un crime d'homicide volontaire, perpétré en 2010 sur la personne de son épouse. 

L'homme a été placé en garde à vue sur ordre du parquet compétent, en attendant d'être mis à disposition des autorités judiciaires chargées de statuer sur les demandes d'extradition de criminels, précise le communiqué, conformément aux textes juridiques nationaux et aux conventions internationales y afférentes.

Un peu plus d'une semaine auparavant, un ressortissant ivoirien avait été interpellé dans la même ville de Fès, pour des délits de piratage de données bancaires.

Une énième interpellation qui s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Royaume pour poursuivre les personnes recherchées au niveau international, pour des délits ou des crimes commis au niveau transfrontalier. 

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile

Copyright : DR

Un Ivoirien recherché par la France et Interpol pour des délits de blanchiment d'argent,  d'escroquerie, de faux et de piratage de données bancaires, a été interpellé mardi par les autorités marocaines dans un hôtel de la ville de Fès.



Le jeune homme, âgé de 27 ans, est suspecté d'avoir effectué plusieurs achats en France et dans d’autres pays, par des cartes bancaires volées.

Les autorités marocaines ont informé leurs homologues français de l’arrestation. L’homme a été placé en détention dans l'attente d'une procédure d’extradition.

L'arrestation s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Royaume pour poursuivre les personnes recherchées au niveau international pour des délits ou des crimes transfrontaliers.

Abdoulaye Jamil Diallo | S'informer Utile 


Le 15 octobre 1987, l'ex-président et "père de la révolution burkinabè", Thomas Sankara, était tué lors d'un coup d'Etat: 34 ans après, le procès des auteurs présumés de son assassinat s'ouvre lundi devant le tribunal militaire de Ouagadougou.

Ce procès, tant attendu par les familles des victimes du putsch de 1987 qui a porté au pouvoir Blaise Compaoré, se tiendra sous haute surveillance des forces de défense et de sécurité dans un pays en proie à la violence jihadiste depuis 2015.

Principal accusé, Blaise Compaoré, 70 ans, vit, depuis qu'il a été renversé par une insurrection populaire en 2014, en Côte d'Ivoire, pays dont il a obtenu la nationalité, et ne se présentera pas devant le tribunal: ses avocats ont dénoncé "un procès politique" devant "une juridiction d'exception".

Selon Stanislas Benewendé Sankara (aucun lien familial avec Thomas Sankara, ndlr), avocat de la famille du leader "révolutionnaire" depuis 1997, "l'absence de Compaoré est un mépris pour la justice de son pays d'origine" et "dénote quelque part aussi sa culpabilité éventuelle".

Mais, juge-t-il, même si ce procès "n'est pas encore le bout du tunnel, nous amorçons un virage au plan judiciaire qui est très important".

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1983, Thomas Sankara a été tué avec douze de ses compagnons par un commando lors d'une réunion au siège du Conseil national de la révolution (CNR) à Ouagadougou. Il avait 37 ans.

Parmi les quatorze accusés figure aussi le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987.

Devenu ensuite chef d'état-major particulier du président Compaoré, le général Diendéré purge déjà au Burkina une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'Etat en 2015.

MM. Compaoré et Diendéré sont tous deux accusés de "complicité d'assassinats", "recel de cadavres" et "d'attentat à la sûreté de l'Etat".

Bras droit de Sankara, Blaise Compaoré a toujours nié avoir commandité l'assassinat de son frère d'armes et ami intime, bien que le putsch de 1987 l'ait porté au pouvoir.

Des soldats de l'ancienne garde présidentielle de Compaoré, notamment l'ancien adjudant-chef Hyacinthe Kafando, soupçonné d'avoir été le chef du commando et qui est actuellement en fuite, figurent également parmi les accusés.

- "Commanditaires de l'extérieur" -

La mort de Thomas Sankara, qui voulait "décoloniser les mentalités" et bouleverser l'ordre mondial en prenant la défense des pauvres et des opprimés, a été un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de M. Compaoré.

L'affaire a été relancée en 2015 par le régime de transition démocratique et un mandat d'arrêt émis contre M. Compaoré par la justice burkinabè en mars 2016.

Lors d'un voyage à Ouagadougou en novembre 2017, le président français Emmanuel Macron avait salué la mémoire de Thomas Sankara et annoncé la levée du secret-défense sur des documents relatifs à son assassinat.

Selon Halouna Traoré, ancien compagnon de Sankara et unique rescapé du coup d'Etat de 1987, le "procès nous amène (nous, Burkinabè, ndlr) à nous regarder dans le miroir, à voir le tort qu'on s'est fait nous-mêmes avec la complicité de l'extérieur, parce que le côté matériel du coup d'Etat s'est passé au Burkina, mais les commanditaires sont de l'extérieur".

S'il se réjouit de la tenue du procès, le réseau international "Justice pour Thomas Sankara, justice pour l'Afrique" note le risque qu'il soit "amputé du volet international du dossier" pouvant faire la lumière sur le rôle de la France, des Etats-Unis et de pays ouest-africains comme la Côte d'Ivoire de Félix Houphouët Boigny et du Togo de Gnassingbé Eyadema, alors ulcérés par les prises de position anti-impérialistes de ce jeune révolutionnaire adulé par la jeunesse africaine.

Selon le Comité international mémorial Thomas Sankara (CIMTS), "sauf contrainte de dernière minute", la veuve de Thomas Sankara, Mariam, qui vit depuis 1990 à Montpellier dans le sud de la France, devrait assister à l'ouverture du procès.

Par Stéphane BARBIER et Armel BAILY - AFP 

Source : le Monde

Trump, un personnage attachant

Le 20 janvier, le monde assistera à l'investiture de Joe Biden, vainqueur de l'élection présentielle du 3 novembre 2020. Donald Trump, qui aura maintenu tambour battant sa contestation des résultats jusqu'au bout, passera tout de même la main et cèdera enfin, malgré lui, la direction des affaires de l’État au président démocratiquement élu de tous les Américains. Il quittera la Maison Blanche et abandonnera, du même coup, ses velléités quelque peu morbides de la « squatter » contre le gré de la majorité, quitte à se retrouver seul et contre tous, démocrates comme républicains.

Jamais président des États-Unis n'était allé aussi loin, réussissant à se mettre à dos aussi bien ses adversaires politiques que ses propres partisans. La récente intrusion au Capitole de certains de ses partisans, à son instigation, en est la parfaite illustration. C'est en effet un précédent qualifié d'historique par les observateurs, dès lors que ce monument n'avait, jusqu'ici, jamais connu pareil assaut, perpétré de surcroît par des citoyens américains. La seule attaque qu'ait jamais connue le Capitole remonte à la Seconde Guerre anglo-américaine (1812-1815), lorsque l'armée britannique y avait mis le feu. 

Trump s'est-il soudain réveillé de sa léthargie ? S'est-il rendu compte de la gravité de son acte ? Ou se rend-il tout simplement à l'évidence ? Le fait est que quelle qu'en soit la raison, quelques heures après la violation de ce symbole de la démocratie et juste après la  reconnaissance et la certification par le Congrès de l'élection de Joe Biden comme prochain président des États-Unis, la Maison Blanche a publié une déclaration dont la teneur faisait état de l'engagement de Donald Trump à assurer « une transition ordonnée » le 20 janvier, date de l'investiture de son adversaire démocrate.

Le 20 janvier donc, Joe Biden prendra les rênes du pouvoir. Il sera investi 46e président des États-Unis, mais la cérémonie de passation de pouvoir fera certainement une entorse à la tradition, dès lors que Donald Trump a d'ores et déjà annoncé son refus de s'y rendre, tweetant une réponse cinglante à tous ceux qui se posaient la question : « Je n'irai pas à l'inauguration » ! 

Un tweet de trop ou une démarche répressive destinée à faire taire l'indélicat président afin de prévenir toute dérive avant et pendant la cérémonie du 20 janvier ? Le fait est que Twitter a finalement conclu à la fermeture sans délai du compte de Donald Trump, le coupant ainsi de son contact avec plus de 81 millions d'abonnés. 

Mais Trump n'en démord pas pour autant. Et s'il a promis d'assurer une  transition ordonnée
», il campe tout de même sur ses positions inébranlables de contestataire de l'élection de Biden ainsi que de farouche opposant, qui ne semble pas pour l'instant - loin s'en faut - décidé à quitter la scène politique. 

Bien au contraire, il promet un engagement politique durable et sans faille à ses partisans, à qui Trump déclare : « les 75 millions de grands patriotes américains qui ont voté pour moi, pour (ses slogans ndlr) « l'Amérique d'abord » et « Restituer sa grandeur à l'Amérique », auront une voix énorme, longtemps dans le futur. Ils ne seront ni méprisés, ni traités injustement de quelque manière que ce soit ». 

Une promesse qui tombe comme un couperet, annonçant d'ores et déjà la couleur de ce que sera le magistère de Joe Biden : une cohabitation assez difficile dans un contexte de crise économique et sanitaire, et le tout dans une Amérique   - faut-il le dire - divisée.

Aussi, s'il n'y a pas de débordements majeurs - eu égard aux manifestations sporadiques actuellement en cours des pro Trump - Joe Biden sera investi le 20 janvier, avec tout de même un redoutable adversaire politique, en l'occurrence Trump himself, qui ne le lâchera pas d'une semelle, et qui fera feu de tout bois pour le discréditer aux yeux de ceux-là mêmes qui l'ont élu. Mais quoi qu'il en soit, l'on se souviendra toujours de Donald Trump comme d'un personnage quelque peu... attachant : vrai et fidèle à lui-même – quoi que l'on dise.

Abdoulaye Jamil Diallo

Quatre questions qui se posent après la fuite de Carlos Ghosn au Liban

Un véhicule des forces de sécurité intérieure libanaises devant la maison de Carlos Ghosn à Beyrouth (Liban), le 31 décembre 2019. (ANWAR AMRO / AFP)

Le patron déchu de Renault et Nissan a annoncé mardi avoir quitté le Japon dans des circonstances encore mystérieuses.

Carlos Ghosn a fêté le passage de 2019 à 2020 à Beyrouth, au Liban, en homme (presque) libre. Le patron déchu de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi s'est échappé lundi 30 décembre du Japon, où il était assigné à résidence en raison d'accusations de malversations financières, au cours d'une fuite aussi rocambolesque que mystérieuse. Une évasion qui soulève plusieurs questions.

1 - Comment est-il parvenu à quitter le Japon ?
Les circonstances de l'évasion de Carlos Ghosn restent floues. L'homme d'affaires était placé en résidence surveillée à Tokyo et rien dans son attitude ces derniers jours ne laissait supposer qu'il allait quitter le Japon, selon des personnes qui l'ont récemment côtoyé citées par l'AFP. Son avocat japonais a assuré qu'il n'était au courant de rien.

Une chaîne de télévision libanaise a d'abord décrit un scénario digne d'un film d'espionnage. D'après MTV Lebanon, Carlos Ghosn aurait quitté sa résidence tokyoïte dissimulé dans une malle théoriquement destinée à transporter des instruments de musique, amenée à son domicile par un groupe se présentant comme des musiciens venus animer un dîner. Les Echos évoquent, en citant des proches du magnat, la présence "deux babourzes mobilisés par la famille", qui "se seraient mêlés aux musiciens". Mais cette version des faits a été démentie à l'AFP par une source dans l'entourage de Carlos Ghosn, ainsi qu'à Reuters par l'épouse de l'homme d'affaires. Cette dernière s'est cependant refusée à révéler les détails de la fuite de son époux.

Deux membres de l'entourage de l'ancien patron de Renault ont livré quelques informations. Selon eux, une société privée a orchestré la fuite de Carlos Ghosn et lui a permis d'échapper à la surveillance étroite des autorités japonaises. L'homme d'affaires aurait minutieusement mûri son projet d'évasion avec l'appui de cette société de sécurité privée qui l'a exfiltré du Japon par un vol privé vers Istanbul d'où il a ensuite gagné le Liban. Selon des données de vol citées par le Wall Street Journal, Ghosn a quitté le Japon depuis l'aéroport d'Osaka, à 23h10 dimanche soir. Un autre avion, de la même compagnie privée turque, l'a ensuite conduit d'Istanbul à Beyrouth. "Il s'agit d'une opération très professionnelle, du début à la fin", a déclaré à Reuters une des sources, précisant que même le pilote de l'appareil qui a transporté Carlos Ghosn ignorait sa présence à bord.

2 - Quels papiers a-t-il utilisé ?
D'après Le Monde, l'ex-PDG a décollé d'un aéroport japonais "discret" à bord d'un "avion privé". La chaîne libanaise MTV, citant une source officielle cette fois, affirme que Carlos Ghosn est entré au Liban à l'aide de son passeport français. Et si une source haut placée au ministère des Affaires étrangères libanais a confirmé cette information à Reuters, ajoutant qu'il avait aussi sur lui sa carte d'identité libanaise, cette affirmation suscite toutefois des interrogations.

Car l'avocat japonais de Carlos Ghosn a affirmé que son équipe de défense au Japon était toujours en possession de ses trois passeports – libanais, français et brésilien. Il avait en effet dû les remettre aux autorités japonaises dans le cadre de sa libération sous caution, puis de son placement en résidence surveillée. Enfin, selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK, les services d'immigration japonais n'ont aucune indication officielle d'un départ de Carlos Ghosn du pays.

Les Echos affirment ainsi qu'il a quitté le Japon sous une fausse identité, présentant un passeport falsifié aux douaniers. Selon un membre de l'entourage de Carlos Ghosn cité par Reuters, le fugitif a même été reçu dès son arrivée au Liban par le président Michel Aoun, qui l'a chaleureusement accueilli au palais de Baabda, sa résidence officielle.

3 - Peut-il être extradé du Liban ?
Des policiers montent désormais la garde devant la maison des Ghosn, dans le quartier d'Achrafieh, à Beyrouth. Mais l'homme d'affaires n'a vraisemblablement rien à craindre dans l'immédiat. L'ancien ministre de la Justice libanaise et spécialiste juridique Ibrahim Najjar a confirmé à l'AFP que le droit libanais ne permettait pas aux autorités de livrer un ressortissant à un pays étranger. En cas d'un possible recours à Interpol, l'expert explique que le nom de Carlos Ghosn serait communiqué aux frontières des pays membres pour réclamer une arrestation. "Mais Interpol ne peut pas le faire arrêter par la force, ou imposer une quelconque décision au Liban", rappelle-t-il.

"Jusqu'à nouvel ordre, M. Ghosn est en sécurité. La justice libanaise peut le juger s'il est établi qu'il a commis un crime punissable par le droit libanais", souligne l'ex-garde des Sceaux libanais. Les autorités judiciaires libanaises peuvent certes demander au Japon de leur remettre le dossier Ghosn pour consultation. Mais "le Liban ne peut pas juger une personne accusée de fraudes fiscales commises dans un pays étranger", ajoute l'expert.

En outre, le Japon n'ayant signé des traités d'extradition qu'avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, selon le ministère de la Justice, il sera sans doute très difficile de contraindre Carlos Ghosn à revenir comparaître à son procès. De plus, si son arrestation a précipité sa disgrâce dans l'opinion publique japonaise, Carlos Ghosn reste très populaire au Liban, où il a grandi et où il conserve de précieux appuis. Le ministère des Affaires étrangères a même assuré que l'ex-PDG était "entré légalement au Liban".

4 - Va-t-il comparaître devant la justice ?
Carlos Ghosn devait être jugé à partir d'avril au Japon. Il y fait toujours l'objet de quatre inculpations, deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan, également poursuivi sur ce volet, et deux autres pour abus de confiance aggravé. Son avocat japonais a jugé sa fuite "inexcusable". D'autant que son équipe de défense avait promis que Carlos Ghosn ne quitterait pas le pays.

En France, où une enquête a été ouverte en avril pour "abus de biens sociaux" et "corruption", "sa fuite ne devrait pas avoir de conséquence sur notre enquête, en tout cas pas de prévisible", a observé Catherine Denis, procureur de la République de Nanterre, interrogée par l'AFP. L'enquête porte sur des prestations de conseils fournies par l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati et le criminologue Alain Bauer, qui contestent toute irrégularité, avec la filiale néerlandaise de l'alliance Renault-Nissan, RNBV, sous le règne de Carlos Ghosn.

Sur France Inter, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances a assuré avoir été "surprise" en apprenant la nouvelle de cette fuite. Agnès Pannier-Runacher a affirmé que le gouvernement français ne cautionnait pas cette évasion :  Carlos Ghosn "est un citoyen comme les autres et il n'est pas plus au-dessus des lois", a-t-elle estimé, rappelant toutefois que "le soutien consulaire lui est acquis comme tous les Français."

Après son évasion du Japon et son entrée au Liban, la Direction générale de la sûreté générale libanaise a assuré qu'aucune mesure n'imposait "l'adoption de procédures à son encontre" et que rien ne "l'exposait à des poursuites judiciaires". Depuis Beyrouth, Carlos Ghosn a promis, dans un communiqué, que pouvant "enfin communiquer librement avec les médias", il le ferait "dès la semaine prochaine". Depuis son arrestation en novembre 2018, l'homme d'affaires n'a eu de cesse de clamer son innocence et s'est dit victime d'un "complot".

frantvinfo

Trump, Macron et Erdogan enflamment le sommet de l’OTAN


Une série de passes d’armes entre Donald Trump, Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan a aggravé la zizanie au sein de l’OTAN mardi, avant le sommet de son 70e anniversaire, l’affaiblissant face à la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

Les récentes déclarations du président français jugeant l’Alliance née en 1949 en état de « mort cérébrale » et la montée des tensions avec le président turc au sujet de son intervention en Syrie ont électrisé les échanges dans les heures précédant le début des commémorations à Londres.

Le milliardaire américain a lancé les hostilités en qualifiant les propos d’Emmanuel Macron de « très insultants » et de « très, très méchants » : « Personne n’a besoin de l’OTAN plus que la France », a-t-il dit.

Donald Trump a également durement critiqué la volonté de Paris de taxer les géants technologiques américains. Son gouvernement a déjà menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur l’équivalent de 2,4 milliards de dollars de produits français, dont les fromages, les yogourts, le vin pétillant.

Face au président français plus tard dans la journée, le milliardaire américain a adopté un ton plus conciliant. Les deux dirigeants se sont accordés sur leur capacité à surmonter ce que M. Trump a qualifié de « différend mineur » commercial.

Mais la fâcherie perdure concernant l’OTAN. Le chef de l’État français est resté ferme et « maintient » ses propos qui ont irrité la plupart des alliés.

Le patron de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a défendu l’organisation, se disant « en désaccord ».

« Il ne faut pas mettre en doute l’unité et la volonté des alliés de se défendre les uns les autres », a-t-il déclaré.

La Turquie et le dossier syrien
Mais en interne, l’intervention lancée par Ankara en octobre dans le nord-est de la Syrie, sans en informer les autres membres de l’Alliance, a fait monter la tension. La situation a tourné à l’incident diplomatique entre Paris et Ankara la semaine dernière, lorsque Recep Tayyip Erdogan a estimé que le président français était lui-même en état de « mort cérébrale ».

« Quand je regarde la Turquie, ils se battent à présent contre ceux qui ont combattu à nos côtés. Et parfois, ils travaillent avec des intermédiaires » du groupe djihadiste État islamique, a renchéri M. Macron face à la presse avec Donald Trump.

En fin d’après-midi, une rencontre de près d’une heure rassemblant MM. Macron et Erdogan ainsi que Boris Johnson et Angela Merkel n’a pas permis de régler le différend. « Toutes les clarifications n’ont pas été obtenues et toutes les ambiguïtés n’ont pas été levées », a déclaré Emmanuel Macron à l’issue de la réunion.

Avec la Turquie, a-t-il expliqué, « il y a des désaccords qui existent, des choix qui ne sont pas les mêmes, mais il y a la nécessité d’avancer ».

« La réunion a été intéressante, mais ce ne peut être que le début d’un processus de discussion plus long », a pour sa part déclaré Angela Merkel.

Les questions chinoise et russe
Ces échanges ont éclipsé les sujets dont doivent débattre les membres de l’OTAN, qui se réunissent mercredi matin dans un club de golf de luxe à Watford, en périphérie de Londres, après un dîner mardi soir autour de la reine Élisabeth II au palais de Buckingham. En tête des préoccupations : la montée en puissance de la Chine et la militarisation de l’espace, en plus des relations difficiles avec la Russie.

Vladimir Poutine a dénoncé mardi le comportement « pas correct, voire grossier » de l’OTAN, accusée par le Kremlin d’avoir continué à s’agrandir malgré les promesses faites, selon Moscou, avant la chute de l’URSS. Mais il s’est dit prêt à coopérer avec l’Alliance atlantique.
« Nous devons entreprendre un dialogue sans naïveté avec la Russie pour réduire la conflictualité » avec ce pays, a pour sa part soutenu Emmanuel Macron, réclamant comme « préalable » des « avancées » sur le règlement de la crise entre la Russie et l’Ukraine.

Outre les attaques contre la France, Donald Trump, qui depuis son élection pousse ses alliés à augmenter leurs budgets militaires pour partager davantage le fardeau, a lancé une nouvelle charge contre les « mauvais payeurs » de l’OTAN, notamment l’Allemagne.

Il veut maintenir la pression sur les alliés pour leur faire respecter leur engagement de consacrer 2 % de leur PIB à leurs budgets militaires en 2024. La France dépensera l’équivalent de 2 % en 2025, mais l’Allemagne, à 1,42 % en 2020, ne respectera pas son engagement avant le début de la décennie 2030.

S’il s’est félicité d’avoir « obtenu 130 milliards de dollars », en référence à la somme que le Canada et les membres européens auront ajoutée aux budgets de la défense en quatre ans, M. Trump s’est dit toujours insatisfait.

ledevoir

Environnement : ce qu'il faut savoir sur la COP25 qui s'ouvre lundi à Madrid

Le premier ministre Pedro Sanchez (à droite) avec des bénévoles lors d'une visite du centre des congrès IFEMA à Madrid, le 30 novembre 2019, qui accueillera le sommet pour le climat de l'ONU COP25 du 2 au 13 décembre prochains. PIERRE-PHILIPPE MARCOU/AFP 
196 pays sont appelés à réviser leur ambitions climatiques.

L'humanité doit mettre fin à sa «guerre contre la nature»,a déclaré le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres ce dimanche, à la veille de l'ouverture de la conférence climat de l'ONU (COP25) à Madrid, dénonçant les engagements «totalement insuffisants» de la communauté internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les délégations de 196 pays signataires de l'accord de Paris sur le climat de 2015 doivent se retrouver ce lundi 2 décembre à Madrid pour 12 jours. Organisée en dernière minute dans la capitale espagnole, après le désistement du Brésil puis du Chili, en pleine crise sociale, la réunion s'annonce ardue. États participants ou démissionnaires, principaux enjeux, points d'achoppements... Faisons le point.

Une COP25 organisée en urgence à Madrid
Après le désistement du Brésil, qui avait renoncé, en novembre 2018, dans la foulée de l'élection du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climato-sceptique assumé, le Chili s'était porté volontaire pour accueillir la COP 25 en 2019. Mais le 30 octobre dernier, le président chilien a fini par annoncer que son pays, aux prises avec une contestation sociale qui ne faiblit pas, renonçait à accueillir la Conférence de l'ONU sur le climat.

Le lendemain, l'Espagne a alors proposé d'accueillir la conférence sur les changements climatiques, aux mêmes dates que celle prévue initialement au Chili. Vu l'urgence du calendrier, la proposition a été acceptée dès le surlendemain par l'ONU.

Les 25.000 délégués, dont la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, seront donc accueillis à l’Ifema, un immense salon des foires situé à proximité de l’aéroport international de Madrid. Si le Chili conserve la présidence de l’événement, de nombreuses critiques ont émergé de la société civile, avec la crainte que la délocalisation empêche certains participants de se déplacer jusqu’à Madrid (frais supplémentaires, visas, etc.).

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dès 2020
«Time for action» : le moment d'agir. Le slogan de cette 25e réunion annuelle de l'ONU sur le climat est clair. L'objectif principal est d'inciter les États signataires à réviser, d'ici à la fin 2020, leurs engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L'accord de Paris de 2015 prévoit que les quelque 200 pays signataires révisent d'ici à fin 2020 leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'horizon, pour beaucoup d'entre eux est donc pour dans un an.

68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements d'ici à 2020, mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts, qui doutent que la Chine ou l'UE dévoilent leurs intentions avant le milieu de l'année prochaine. Quant aux États-Unis, ils ont confirmé début novembre leur retrait de l'accord de Paris l'an prochain.

Il y a pourtant urgence. Dans l'espoir de limiter le réchauffement de la terre à 1,5°C, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dès l'an prochain, et ce jusqu'en 2030, a indiqué l'ONU le 26 novembre dernier dans un rapport. Selon ce rapport, les températures moyennes risquent de progresser de 3 à 5°C au cours du siècle sur la tendance actuelle des rejets de gaz à effet de serre.

Les points qui fâchent : marchés carbone et «pertes et préjudices»
Avec une présidence chilienne affaiblie, certaines négociations risquent d'être plus compliquées, notamment pour boucler le manuel d'utilisation de l'accord de Paris. La COP24 a doté l'an dernier à Katowice (Pologne) le pacte climatique des règles nécessaires à sa mise en oeuvre, sauf sur un dossier compliqué et très controversé, les marchés carbone (les échanges d’émissions de CO2 qui permettent aux pays les moins pollueurs de revendre des quotas à ceux émettant plus).

utre sujet récurrent de discorde qui reviendra sur la table : l'assistance aux pays en développement pour s'adapter aux incidences et réduire leurs émissions. Les pays du Nord ont promis de porter ces financements à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020. Selon le dernier rapport de l'OCDE, ces chiffres sont en hausse, avec 71,2 milliards en 2017.

Mais les pays du Sud réclament aujourd'hui une accélération des négociations sur le financement des «pertes et dommages» subies, qu'un groupe d'ONG a récemment estimé à 300 milliards par an en 2030.

Présence discrète des États-Unis, Macron absent
Le sommet sur le climat est mis à mal par un contexte géopolitique défavorable. Outre les États-Unis qui ont officialisé leur retrait de l'accord de Paris sur le climat, le Brésil de Bolsonaro et l’Australie, dirigée par le conservateur Scott Morrison, ont tous deux boudé, en septembre dernier, le sommet spécial de l'ONU sur le climat. Les regards se tournent également vers l'UE, troisième pollueur mondial après la Chine et les États-Unis, dont le Parlement a voté, le 28 novembre, l'urgence climatique.

Près de cinquante chefs d’Etat et de gouvernement assisteront à l’ouverture de la COP25 ce lundi. Les États-Unis seront représentés à Madrid par une responsable du département d'État. Leur retrait de l'accord sur le climat, en raison d'une clause particulière, ne sera effectif, au plus tôt, que le 4 novembre 2020.

La France, elle, sera représentée par le premier ministre Édouard Philippe, accompagné de la secrétaire d’État Brune Poirson. L'absence d'Emmanuel Macron, qui avait déjà boudé la COP24 en Pologne, est d'ores et déjà pointée du doigt par les militants écologistes.

lefigaro.fr

La Chine montre la voie de l'épuration ethnique en toute impunité

Au Xinjiang, un million de personnes sont emprisonnées dans des camps de concentration. Qui s'en soucie ?


Les révélations publiées le 16 novembre par le New York Times [et celles de l'ICIJ, reprises par dix-sept médias dont Le Monde le 24 novembre, ndlr], basées sur des centaines de pages de documents du Parti communiste chinois ayant fuité, détaillent l'organisation et les délibérations derrière les détentions de masse dans les camps de rééducation pour musulmans de la province chinoise du Xinjiang, dont la majorité des prisonniers sont membres du groupe ethnique des Ouïghours.

L'article écrit par Austin Ramzy et Chris Buckley expose la conviction du président Xi Jinping que le radicalisme islamique est comparable à un «virus» qui ne peut se soigner qu'au moyen d'une «période de traitement interventionniste douloureux».

Informations prévisibles
Dans l'un des passages les plus glaçants, on découvre les instructions données aux responsables locaux sur le discours à tenir aux membres de la famille de prisonniers qui rentrent chez eux après un séjour dans d'autres régions de Chine et s'étonnent de la disparition de leurs proches.

Il faut leur dire que ceux-ci reçoivent une «formation» afin de les instruire sur les dangers de l'extrémisme, et que s'ils n'ont pas enfreint la loi, il ne leur est pourtant pas permis de s'en aller. Il faut leur dire que leur famille doit «se réjouir de cette opportunité d'éducation gratuite fournie par le parti et le gouvernement visant à éradiquer totalement les pensées fautives, mais aussi à apprendre le chinois [le ouïghour est une langue turque, ndlt] et une formation professionnelle».

On les prévient également que leurs proches détenus sont soumis à un système de notation par points qui détermine à quel moment ils seront libérés, et que le comportement de leur famille a une influence sur cette note.

Aussi inquiétantes que soient ces informations, elles étaient prévisibles. Cela fait un bon moment que la communauté internationale est au courant des exactions commises à l'encontre des Ouïghours. Les récits des survivants et l'imagerie satellite montrent l'ampleur du processus de détention, de la surveillance et des limitations de la liberté religieuse auxquelles sont soumis les musulmans du Xinjiang.

À l'instar de hauts représentants américains comme le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'État Mike Pompeo, l'ONU a condamné la Chine. Les États-Unis ont imposé des restrictions de visa et des sanctions à un certain nombre de hauts fonctionnaires et d'entités soupçonnées de jouer un rôle dans la répression des Ouïghours.

Et pourtant, la réaction du monde reste particulièrement discrète face à l'emprisonnement de ce qui pourrait se chiffrer à un million de personnes dans des camps de concentration sur la base de leur religion et face à la tentative systématique, confinant au génocide culturel, d'effacer toute une identité.

Critiques tues
Très peu d'entreprises ou d'organismes boycottent la Chine. Dans deux ans, les Jeux olympiques d'hiver seront probablement lancés sans anicroche.

La réponse des États-Unis est affaiblie par le fait que Donald Trump ne figure pas parmi les hauts fonctionnaires qui attirent l'attention sur les camps. Malgré ses nombreuses critiques de la Chine, le président américain aborde rarement le sujet des droits humains, et il n'a pas évoqué les musulmans chinois lors d'un récent discours, largement médiatisé, sur la liberté religieuse.

Le gouvernement chinois a habilement brouillé les pistes en utilisant la menace bien réelle du terrorisme et de l'extrémisme religieux pour justifier la détention de masse de centaine de milliers de personnes qui n'ont de lien ni avec l'un, ni avec l'autre.

L'expert en terrorisme Colin Clarke a récemment expliqué sur Slate.com comment, pour justifier son autoritarisme, la Chine semble avoir emprunté des éléments de langage de la «guerre contre le terrorisme» des États-Unis.

Le reportage du New York Times laisse penser que c'était tout à fait délibéré: Xi Jinping a exhorté les autorités à imiter la réaction américaine aux attaques du 11-Septembre, et d'autres hauts fonctionnaires chinois avancent que les attentats en Grande-Bretagne sont la conséquence de la décision du gouvernement britannique de faire primer «les droits humains sur la sécurité».

Il est possible que la Chine soit désormais tout simplement trop puissante et trop mêlée à l'économie mondiale pour faire l'objet de vives critiques. Des organisations comme la NBA ont récemment appris ce qu'il en coûtait de critiquer, même légèrement, les politiques du pays quant aux droits humains.

Les gouvernements de nombreux pays islamiques observent un silence assourdissant sur la question, espérant discrètement maintenir des liens économiques avec Pékin et conserver la faveur de ses investisseurs.

Slate.fr


La Gambie a porté plainte, le lundi 11 novembre, contre l’État birman auprès de la Cour internationale de justice. Elle dénonce un génocide visant la minorité musulmane rohingya.

La démarche est inédite, comme le constate le quotidien sud-africain Daily Maverick :

Habituellement, ce sont les pays étrangers qui traînent les gouvernements africains en justice pour avoir commis des atrocités. Mais, cette semaine, la petite nation ouest-africaine de Gambie renverse la situation en accusant le Myanmar [autre nom de la Birmanie] devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour génocide présumé contre la minorité musulmane rohingya.”
Au nom des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique, les autorités de Banjul, la capitale gambienne, accuse Naypyidaw de génocide, de viols et autres actes de violence à caractère sexuel contre les filles et les femmes rohingyas. La plainte a été déposée à la CIJ le lundi 11 novembre par le ministre de la Justice gambien, Abubacarr Tambadou.

Une procédure rare
“La Gambie exploite une disposition peu connue et rarement invoquée de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 pour attaquer le gouvernement du Myanmar”, analyse le Daily Maverick. Contrairement à la Cour pénale internationale, qui poursuit des individus, la CIJ, juridiction onusienne également installée à La Haye, règle les différents entre États.
La plainte de l’État gambien repose sur les résultats de multiples enquêtes, dont 600 témoignages recueillis dans les camps de réfugiés au Bangladesh, ainsi que des vidéos et des images satellites faisant office de preuves.

En attendant le déroulement de la procédure, qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, la nation ouest-africaine demande à la CIJ de prendre des mesures d’urgence et d’ordonner à la Birmanie de cesser la répression toujours en cours contre les 600 000 Rohingyas toujours présents dans le pays.

Sidy Yansané - Source Daily Maverick
Le président américain Donald Trump a assuré, ce mercredi, être « un grand fan » de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en le recevant à la Maison Blanche, quelques semaines après l’offensive militaire d’Ankara dans le nord-est de la Syrie, et alors que se déroulait au Congrès la première audition publique de la procédure d'impeachment qui le vise.

« Je suis un grand fan du président », a déclaré Donald Trump au début de leur conférence de presse commune, se félicitant que le cessez-le-feu conclu mi-octobre « continue à tenir ». « La Turquie, comment tout le monde le sait, est un important allié au sein de l’Otan », a ajouté le président américain.

Evasif sur la Syrie
« Le cessez-le-feu continue à tenir », s’est félicité Donald Trump, restant muet sur les critiques selon lesquelles il a, par son retrait précipité, abandonné les forces kurdes qui ont pourtant joué un rôle clé sur le terrain dans la lutte contre les jihadistes.
Les atermoiements de Donald Trump et l’offensive turque ont aussi suscité de vives tensions au sein de l’Alliance atlantique – dont la Turquie est membre – qui redoute une résurgence de Daesh. Le président français Emmanuel Macron a déploré en termes très vifs l’absence totale de coordination avec les Etats-Unis sur ce dossier.

Dénonçant, dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist, « une agression » menée par la Turquie, « dans une zone où nos intérêts sont en jeu », il avait jugé que l’Otan était en état de « mort cérébrale ». Dans une pique au président français, Donald Trump s’est fait l’écho du mécontentement de la Turquie. « Je pense que le président (turc) n’a vraiment pas apprécié (..) et je pense que beaucoup d’autres gens ont eu la même réaction », a-t-il déclaré. « Inacceptable », a simplement ajouté. Erdogan dont les propos étaient traduits par un interprète

20minutes.fr
A quelques mois de la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, le président guinéen, Alpha Condé, fait feu de tout bois, pour réviser la Constitution du pays. Une situation qui a fait basculé la Guinée dans une série de manifestations gigantesques, à travers lesquelles le peuple guinéen continue à démontrer à la face du monde sa détermination à s'opposer à toute modification de la Constitution ainsi qu'à tout éventuel troisième mandat de l'actuel président.

 Pour apporter son soutien à ce vaillant peuple de Guinée dans sa lutte légitime pour la victoire de la démocratie, Kemi Seba, président de l’Ong Urgences panafricanistes, s’adresse, dans une lettre ouverte,  au Chef de l’Etat guinéen, l'invitant à écouter son peuple en renonçant clairement - pendant qu'il est encore temps - à toute velléité d'un troisième mandat ainsi qu'à toute modification de la Constitution. En voici la teneur :

Kémi Séba : "Lettre à Alpha Condé"

À son excellence le président actuel de la République de Guinée Conakry, Monsieur Alpha Condé.

Je vous écris ce message en une période critique de l’Histoire  de Guinée, et de l’Afrique de manière générale.

Monsieur le Président,

Vous avez été durant vos débuts politiques (dans l’opposition) un héroïque et fervent défenseur de la démocratie. Défenseur qui fût même envoyé en prison pour ses convictions.

Aujourd’hui au pouvoir, vous l’ex-détenu politique pro-démocratie, vous incarcérez illégitimement  à foison. Pire  vous faites assassiner ceux qui ont le malheur de s’opposer à votre tragique dérive dictatoriale.

Vous étiez un ESPOIR, vous êtes en train de devenir UN CAUCHEMAR. A cause de quoi? A cause de votre amour MALADIF du POUVOIR.

Vous souhaitez un 3ème mandat. Et la majeure partie du peuple s’y oppose. Elle ne s’y oppose pas uniquement  parce qu’elle tient religieusement à la loi des 2 mandats maximum pour un président. La majorité du peuple guinéen s’oppose aussi  à votre 3ème mandat car dans les faits vous n’avez rien fait de bon  sur le terrain de la justice sociale durant vos 2 mandats. Et il y a un adage qui dit jamais 2 sans 3.

Corruption, népotisme, enrichissement d’une minorité, paupérisation de la majorité. Triste est le bilan.

Monsieur le Président, si vous aimez l’Afrique plus que le pouvoir, je vous en conjure, arrêtez le massacre. Retirez-vous avec dignité, présentez vos excuses aux familles de ceux de vos compatriotes que vous faîtes assassiner. Libérez ceux qui comme mon courageux  frère et ami ELIE KAMANO, ont été injustement INCARCÉRÉS car (comme vous auparavant) ils se battent pour la LIBERTÉ.


Monsieur le président, chaque persécution a un début et une fin. Vous êtes à une période où vous avez les pleins pouvoirs dans vos mains et vous vous pensez  sans doute intouchable. Mais n’oubliez jamais qu’aucun président n’est éternel, et tôt ou tard si vous ne vous retirez pas avec dignité, le peuple finira par vous déloger. Et à ce moment-là,  c’est le pire que vous risquerez.

Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes.

Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde

Mali : une attaque terroriste contre des militaires fait 54 morts

C’est un véritable carnage et le bilan n’est pour l’instant que provisoire. L’armée malienne a essuyé vendredi une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années avec la mort de 53 soldats et d’un civil dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire à Indelimane, près de la frontière avec le Niger. Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a également fait état de « dix rescapés » et de « dégâts matériels importants ».

Une attaque pour le moment non revendiquée
Le gouvernement malien a pour sa part fait savoir vendredi soir qu’il « condamnait » cette « attaque terroriste qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels du côté des Forces nationales de défense et de sécurité ». « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a ajouté le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours. Cependant les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

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