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Pour avoir critiqué certaines institutions bancaires du Sénégal et leurs usuriers, Famara Ibrahima Cissé, président de l’association des clients et sociétaires des institutions financières (Acsif), se retrouve en prison.

Mercredi, il était placé en garde à vue au Commissariat de la Médina avant d'être transféré, dans la soirée, à la Direction des investigations criminelles (DIC) suite à une plainte de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbefs).

Chose étonnante, selon des sources concordantes, c'est le procureur de la République en personne qui aurait demandé son arrestation après avoir été saisi de la plainte de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbefs).

L'arrestation du président de l'Association des clients et sociétaires des institutions financières Famara Ibrahima Cissé survient à la suite de la demande qu'il aurait exprimée pour l'élargissement de la mesure de report d'échéance de crédit à tous les salariés du pays en raison de la conjoncture du Covid-19.

Accusé de viols, Tariq Ramadan se dit «victime d’un traquenard»

Interviewé vendredi 6 septembre par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, l’islamologue suisse mis en examen dans deux affaires de viol a traité ses accusatrices de «menteuses» et assuré qu’il n’avait «jamais été violent».

Tariq Ramadan en conversation avec un groupe de personnes, à sa sortie du Palais de justice à Paris, après une audition le 30 août 2019. afp.com/Martin BUREAU

«Quand une femme me dit non, c’est non, je sais ce qu’est le non». Ce vendredi 6 septembre, sur BFMTV-RMC, Tariq Ramadan a clamé son innocence pendant une demi-heure face à Jean-Jacques Bourdin, à l’occasion de la sortie de son livre Devoir de vérité (Presses du Châtelet). «Ce livre, c’est l’histoire du cheminement d’un homme qu’on a diabolisé et déshumanisé dans ce pays. [...] Pendant deux ans, je ne me suis pas exprimé, mais tout a été déballé dans les médias. Je me suis tu mais le tribunal populaire a déterminé que j’étais coupable. [...] Je suis victime d’une injustice, mais je ne vais rien lâcher», a-t-il martelé, comparant son cas à celui d’Alfred Dreyfus.

Le quinquagénaire est revenu sur chacune des accusations de viol portées contre lui, traitant les femmes qui affirment avoir été violées de «menteuses». «Je suis victime d’un traquenard», a-t-il déclaré, assurant que ces femmes se connaissaient et lui avaient tendu un piège. Il a longuement évoqué les cas des deux premières personnes à l’avoir mis en cause, Henda Ayari et Christelle (dont il a révélé le nom à l’antenne). «Tout ce qu’il dit est faux, et il le sait», a rapidement réagi Me Eric Morain, l’avocate de cette dernière, toujours sur BFMTV. «C’est absurde, il n’y a pas une once de début de traquenard.»

«Je n’ai jamais été violent»
Interrogé sur la nouvelle plainte déposée mi-juillet par une quatrième femme, qui l’accuse de l’avoir violée le 23 mai 2014 à l’hôtel Sofitel de Lyon, le quinquagénaire a assuré qu’il ne connaissait pas cette personne. «Je ne l’ai jamais contactée, je ne sais même pas qui elle est. Je ne suis jamais descendu au Sofitel de Lyon, et le 23 mai 2014, je donnais une conférence à Baltimore (États-Unis) devant 10.000 personnes. Cette plainte, c’est un écran de fumée sur tout ce que l’on sait.» Selon l’AFP, l’entourage de l’islamologue a ensuite précisé que le 23 mai, il avait quitté l’Europe depuis Londres à 16h35 et que la conférence avait en fait eu lieu le lendemain.

L’islamologue a nié toute «violence» ou «emprise» envers la gent féminine. «Tout ce que j’ai pu faire avec une femme a toujours été dans le consentement. Je n’ai jamais été violent et je déteste la violence. Je suis un homme de paix et de dialogue». De quoi faire bondir Me Morain: «Tout le dossier n’est que violence!». Tariq Ramadan a cependant reconnu avoir menti en niant toute relation sexuelle avec Henda Ayari et Christelle. «J’ai voulu me protéger et protéger ma famille. C’était une erreur. Mais c’est un mensonge complètement différent de celui des femmes qui disent avoir été violées, alors qu’il n’y a pas de viol».

Bourdin critiqué
Tariq Ramadan a par ailleurs présenté ses excuses «à Dieu, à [sa] famille, et à ceux qu’[il a déçu] dans la communauté musulmane» pour avoir été «en contradiction avec certains de [ses] principes». «Je ne suis pas un imposteur, je suis un homme, avec toutes mes contradictions. J’ai fait mon examen de conscience et j’essaye d’être meilleur», a-t-il insisté, soulignant que le fait qu’il ait des «défaillances morales» ne voulait pas dire qu’il était «coupable sur le plan du droit».

Critiqué pour avoir invité l’islamologue soupçonné de viols en plein Grenelle contre les violences conjugales, Jean-Jacques Bourdin s’est justifié en évoquant la présomption d’innocence du mis en examen, l’interview précédemment faite par BFMTV d’une des accusatrices de ce dernier, et son refus de choisir ses invités «en fonction du calendrier du gouvernement». «Je ne vous donne pas une tribune mais la parole», a tenu à préciser Jean-Jacques Bourdin, qui n’a pas ménagé son invité durant l’interview.

lefigaro.fr
JUSTICE - Le maire de Levallois-Perret a été condamné à 4 ans de prison ferme avec incarcération immédiate pour "fraude fiscale". Son épouse, Isabelle, a - elle - été condamnée à 3 ans de prison ferme mais sans mandat de dépôt. Patrick Balkany a été immédiatement conduit à la prison de la Santé. Il a déposé dans la foulée une demande de remise en liberté.

Le couperet du volet "fraude fiscale" au procès de Patrick et Isabelle Balkany est tombé ce vendredi. Le couple a été reconnu coupable des faits qui leur étaient reprochés. Isabelle Balkany a été condamnée à 3 ans de prison. Patrick Balkany a lui été condamné à 4 ans de prison avec incarcération immédiate. Une peine nécessaire" selon le tribunal. Il a été conduit immédiatement à la prison de la Santé à Paris et a ensuite déposé une demande de remise en liberté.  

A l'énoncé du jugement, les policiers se sont avancés vers le "baron des Hauts-de-Seine", 71 ans, sous les yeux de son épouse venue assister au délibéré. Le tribunal correctionnel a également condamné les deux élus LR de cette commune cossue de l'ouest parisien à 10 années d'inéligibilité.

Le tribunal a estimé notamment que les époux Balkany avaient fait usage de "dispositifs sophistiqués" pour cacher leur patrimoine au fisc."L’écart ne peut s’expliquer que par la volonté résolue des époux Balkany de dissimuler à l’administration fiscale l’étendue réelle de leur patrimoine", a notamment lu le président du tribunal faisant référence à la villa Pamplemousse, le riad de Marrakech et le moulin de Giverny. 

Dans ce volet "fraude fiscale", l'accusation avait demandé contre lui quatre ans de prison ferme assortis d'une incarcération immédiate. Des réquisition intégralement suivie. Contre son épouse, quatre ans dont deux ferme, une peine aménageable. Et contre tous deux, dix ans d'inéligibilité, le maximum.

"On s'est payé Balkany"

Interrogé par la presse à la sortie de la salle d'audience, Éric Dupond-Moretti, avocat de Patrick Balkany, a déclaré : "Je ne suis absolument pas surpris. J’avais prévenu tout le monde. On a une leçon de morale publique, c’est le  jugement dont vous avez entendu la lecture. Naturellement on a oublié que ces faits étaient anciens. On a résumé toute l’action de monsieur Balkany à sa fraude et toute sa vie à cette fraude. (...) Ce qui me choque le plus c’est le mandat de dépôt totalement inutile et pour nous insupportable. Jamais personne ne peut dire sérieusement que Monsieur Balkany aurait tenté de prendre la fuite. Il était présent à tous les actes de la procédure. Je pense que l’on s’est payé Balkany, nous allons bien sûr interjeter appel."

L'avocat d'Isabelle Balkany, Pierre-Olivier Sur a lui indiqué qu'il trouvait "disproportionné" la condamnation. "Je considère que c'est jugé de façon très très lourde, que d'envoyer quelqu'un en prison alors qu'il n'y a pas d'argent public détourné et que la juridiction n'est pas en mesure de déterminer quelle est l'assiette de l'impôt qui aurait été éludé. Oui cela me semble injuste mais il a fallu que le tribunal envoie une image. C'est cette image pour vous, mesdames et messieurs de la presse, c'est cette image pour cette justice qui est devenue surtout médiatique, c'est cette image d'un homme qui part en prison avec sa femme qui l'enlace et qui pleure."
"Jusqu'à la Cour Européenne" s'il le faut"

Le PNF et le fisc, qui avait porté plainte en 2015, reprochent aux Balkany de n'avoir pas payé d'ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d'euros annuels minimum. Mais également d'avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014.

Au total, les sommes éludées sont estimées à plus de 4 millions d'euros d'impôts sur le revenu et la fortune, un montant contesté par la défense. Les élus de Levallois-Perret ont admis des "fautes", reconnaissant certaines des accusations de fraude fiscale.

L'incarcération immédiate demandée par le PNF avait suscité l'ire de la défense. "Il faudrait l'envoyer en prison pour que tout le monde se régale ?", s'était insurgé son avocat, Eric Dupond-Moretti, appelant à ne pas ajouter une "humiliation" à la condamnation de son client. Les avocats du couple avaient soutenu que "la richesse considérable des familles" explique aisément la différence entre revenus déclarés et dépenses somptuaires, et tenté de décrédibiliser les estimations du patrimoine avancées par l'accusation.

Dimanche, une journaliste de l'émission Quotidien avait interrogé un Patrick Balkany tout sourire dans la rue. À la question "et si vous êtes condamné ?", le maire avait répondu qu'il "ferait appel" et qu'il irait jusqu'à la "Cour européenne" s'il le fallait.

Le second jugement, attendu le 18 octobre, s'annonce plus risqué encore pour le baron des Hauts-de-Seine, contre qui sept ans de prison, l'incarcération immédiate et la confiscation de tous ses biens ont été requis.

LCI

L'islamologue est convoqué mardi 5 juin pour son premier véritable interrogatoire devant les juges d'instruction. Il est également l'objet de deux plaintes, aux États-Unis et en Suisse.
Tariq Ramadan a été extrait de l'hôpital pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne), mardi 5 juin, pour être présenté à ses juges d'instruction. Le théologien musulman doit faire face à son premier véritable interrogatoire depuis qu'a éclaté les premières accusations à son encontre, il y a huit mois. Déjà mis en examen pour deux viols, dont un sur une personne vulnérable, l'intellectuel controversé pourrait l'être à nouveau dans un troisième dossier. On vous résume les trois plaintes visant l'islamologue en France, en plus des deux autres le ciblant aux Etats-Unis et en Suisse.

Henda Ayari : la première accusatrice
Henda Ayari a été la première femme à porter plainte, en octobre. À nouveau entendue fin mai, cette quadragénaire, ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque, est revenue sur sa version des faits. Elle décrit toujours un viol dans des conditions terribles, mais il ne se serait plus passé à la date ni à l’endroit qu’elle avait indiqué dans sa plainte initiale.



Henda Ayari et Tariq Ramadan ne sont d’accord que sur un point : ils ne se sont rencontrés qu’une seule fois. Pour le théologien, cette rencontre a été brève et sans rapprochement, au Bourget, près de Paris, après l'une de ses conférences. Pour Henda Ayari, c’était un soir, dans un hôtel parisien. Elle avait contacté le théologien pour lui demander des conseils religieux, alors qu'elle se séparait de son mari. Leur entrevue dans la chambre de l'islamologue a viré au viol avec gifle, morsure, crachat et étranglement, accuse-t-elle.

"Il s'est jeté sur moi d'une façon très violente et ç'a été très traumatisant. Je me suis sentie en danger de mort. (...) À un moment, il m'a étranglée, il m'a coupé la respiration. J'étais persuadée qu'il me tuerait ce soir-là". Henda Ayari à franceinfo

La plaignante situait d'abord ces faits à la fin mars ou au début avril 2012, à l'Holiday Inn de la gare de l’Est. Elle évoque désormais un viol le 26 mai 2012, à l'hôtel Crowne Plaza, place de la République à Paris. Elle dit s'être souvenue de ces détails après avoir fouillé longuement dans ses notes, agendas et relevés de comptes. "On change d'hôtel, on change de date, bientôt on changera aussi d'auteur des faits. Tout ceci n'est pas sérieux", dénonce l'avocat de Tariq Ramadan, Emmanuel Marsigny.

"Christelle" : la plaignante handicapée
Trois jours seulement après l'ouverture de cette première enquête, une deuxième plainte pour viol est déposée à Paris contre Tariq Ramadan. La plaignante, qui dit avoir été violée par l'islamologue, est une quadragénaire, convertie à l'islam et handicapée, identifiée sous le prénom de "Christelle".

L'agression remonterait cette fois au 9 octobre 2009 et se serait déroulée dans une chambre d'un hôtel de Lyon, comme le décrit avec force détails "Christelle" à Marianne. Le mode opératoire employé contre "Christelle" est le même que celui utilisé contre Henda Ayari, selon l'avocat Éric Morain, qui défend les deux plaignantes.

Selon le récit glaçant fait par la plaignante aux autorités, rapporté par Le Monde, le théologien l'aurait invitée dans sa chambre. Là, il l'aurait frappée au visage et sur le corps, avant de la forcer à une fellation et une sodomie. Il l'aurait ensuite violée une nouvelle fois à l'aide d'un objet.

"Plus je hurlais et plus il tapait (...). Il m'a traînée par les cheveux dans toute la chambre pour m'amener dans la baignoire de la salle de bain pour m'uriner dessus". "Christelle" citée par "Le Monde"

L'alibi invoqué dans un premier temps par Tariq Ramadan est tombé. Le théologien a admis être bien arrivé le matin du 9 octobre 2009 à Lyon et non en fin d'après-midi pour une conférence, ce qu'au moins un témoin, qui était allé le chercher à l'aéroport, a confirmé. L'islamologue continue toutefois de contester les accusations de "Christelle". Tariq Ramadan déclare l'avoir vue vingt à trente minutes dans le hall de son hôtel à Lyon, le 10 octobre 2009, alors qu'elle dénonce des faits commis la veille.

"Christelle" affirme que l'intellectuel est parti donner une conférence, après l'avoir violée, la laissant "prostrée" et emportant ses habits. La plaignante dit avoir pris la fuite le lendemain matin. La défense conteste cette version des faits. Elle a versé au dossier une photo de cette conférence où la jeune femme au 4e rang serait reconnue au quatrième rang. Une expertise a été demandée sur la photographie. "Absurde", répond l'avocat de "Christelle". "Ma cliente (...) n'a pas la même couleur de peau que la personne désignée, qui n'a pas non plus de voile alors que ma cliente le portait à l'époque à la demande de Tariq Ramadan."

"Marie" : l'ex-escort girl 
Une troisième plainte a été déposée en mars par une femme qui a témoigné sur Europe 1 sous le prénom de "Marie". Cette musulmane vivant dans le nord de la France est une ancienne escort-girl de 45 ans qui a été citée dans l'affaire de proxénétisme du Carlton dans laquelle l'ex-ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a été mis en cause avant d'être relaxé. "Marie" dit avoir cessé cette activité bien avant sa rencontre avec Tariq Ramadan.

"Marie" a décrit aux enquêteurs le même modus operandi que les autres plaignantes : une phase de séduction sur les réseaux sociaux à un moment difficile de sa vie, puis des rencontres tournant très vite à l'agression sexuelle violente. Les rapports sexuels brutaux et dégradants qu'elle relate auraient eu lieu entre février 2013 et juin 2014, en France, mais aussi à Londres et Bruxelles, souvent en marge de conférences données par le théologien.

Elle affime avoit été violée à neuf reprises et décrit entre autres une fellation forcée au cours de laquelle elle est agrippée par les cheveux, une séance d'humiliation dans une salle de bain où elle accuse Tariq Ramadan d'avoir uriné sur elle. "Marie" dit avoir été sous l'emprise de l'islamologue qui alternait les menaces et les excuses.

Il fallait que je lui obéisse, que je sois disponible 24 h/24, que je fasse tout ce qu'il me dise, prendre des photos dans des positions de soumission, à genoux pour lui demander pardon, l'appeler 'maître'.
"Marie"
à Europe 1

"Il la connaît, il a eu une relation avec elle mais qui n'est pas celle qu'elle a décrite", a déclaré à Reuters l'avocat du théologien. Cette femme a remis aux enquêteurs une robe sur laquelle il y a, selon elle, des traces de sperme de Tariq Ramadan. "Une expertise a été ordonnée", a précisé Me Emmanuel Marsigny. Le résultat est attendu prochainement. La défense espère convaincre les juges de renoncer à la mise en examen, requise par le parquet.

francetvinfo