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Le Sénégal, à l'instar de 34 autres pays, n'a pas souhaité se prononcer sur la guerre menée par la Russie en Ukraine. Une préoccupation majeure qui mobilise l'Organisation des nations unis depuis l'éclatement du conflit, la semaine dernière, et qui a conduit, ce mercredi, au vote d'une résolution exigeant que « la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine ». 

141 pays sur les 193 de l'Assemblée générale ont approuvé la résolution portée par l'Union européenne (UE), en coordination avec l'Ukraine, qui « condamne la décision de la Russie d'accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires » et exhorte Moscou à retirer « immédiatement, complètement et sans conditions, toutes ses forces militaires » d'Ukraine. 

Cinq pays ont voté contre ; il s'agit notamment de la Russie, du Bélarusse, de la Corée du Nord, de la Syrie et de l'Érythrée. 35 pays se sont abstenus dont 17 pays africains.  Il s'agit notamment de l'Algérie, de l'Angola, de l'Afrique du Sud, du Burundi, de la Centrafrique, du Congo, de la Guinée équatoriale, de Madagascar, du Mali, du Mozambique, de la Namibie, du Sénégal, de l'Ouganda, du Soudan, du Soudan du Sud, de la Tanzanie et du Zimbabwe.

Cette résolution tombe à la suite de plus de deux jours d'interventions successives à la tribune de l'Onu. La Russie, elle, justifie son offensive de grande envergure par la menace que constitue pour sa sécurité le désir affiché par l'Ukraine d'intégrer l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan).

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile


Les Russes quittent la base spatiale de Kourou


 Le CNES, l'Agence spatiale française, a annoncé mercredi un départ "rapide, sûr et encadré" des Russes présents sur la base spatiale de Kourou en Guyane, consécutif à la suspension des lancements décidée par Moscou.

L'Agence spatiale russe Roscosmos avait annoncé samedi suspendre ses lancements spatiaux depuis Kourou et rappeler son personnel technique --87 personnes au total-- en réaction aux sanctions de l'Union européenne à l'encontre de la Russie après l'invasion de l'Ukraine.

Le CNES (Centre national d'études spatiales), en charge de la gestion de la base spatiale européenne de Kourou, "a mis en œuvre les procédures permettant un départ rapide, sûr et encadré des ingénieurs et techniciens russes présents", annonce-t-il dans un communiqué.

Dès lundi, 26 d'entre eux avaient quitté l'hôtel où ils résidaient, à Sinnamary, à une cinquantaine de kilomètres de Kourou, escortés par des gendarmes.

Les techniciens et ingénieurs russes restants (une cinquantaine) devaient quitter ce même hôtel dans la soirée de mercredi pour rejoindre l'aéroport de Cayenne, a précisé à l'AFP la direction de l'établissement, lieu de résidence habituel des Russes travaillant pour Soyouz.

Le Centre spatial guyanais accueillait depuis 2011 le lanceur russe Soyouz, dans le cadre d'un accord intergouvernemental. Pour 2022, trois tirs étaient prévus avec cette fusée: deux pour la constellation de navigation européenne Galileo, un pour le satellite espion français CSO-3.

Selon le CNES, "l'arrivée imminente des nouveaux lanceurs Vega-C et Ariane 6 sur le marché permet d'envisager une reprogrammation des lancements institutionnels européens", pour permettre une alternative à Soyouz.

L'agence spatiale dit évaluer "avec la plus grande rigueur" les répercussions de la crise ukrainienne sur les programmes de coopération spatiale avec la Russie.

"Bien qu'ayant fortement diminué au cours des dernières années, certains programmes scientifiques conjoints bilatéraux sont toujours en cours, notamment dans le domaine de la médecine spatiale à bord de la Station spatiale internationale (ISS)", rappelle le CNES.

"Concernant les projets menés dans le cadre de l'ESA (agence spatiale européenne), les opérations de l'ISS se poursuivent avec l'implication de l'ensemble des partenaires de la station", ajoute-t-il.

Lundi, l'ESA a annoncé que le lancement de la mission spatiale russo-européenne ExoMars en septembre 2022 était rendu "très improbable" par la crise ukrainienne.

 AFP

Moscou promet de riposter aux nouvelles sanctions occidentales


Moscou répondra aux nouvelles sanctions décrétées à son encontre sur fond de crise ukrainienne, assure la porte-parole de la diplomatie russe.

La Russie réagira aux sanctions occidentales conformément à la situation et en prenant en compte ses propres intérêts, a déclaré ce jeudi 24 février la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

"Nous allons répondre de manière symétrique comme asymétrique, comme l'exigera la situation. Nous nous baserons sur nos propres intérêts, qui consistent aujourd'hui à prévenir le pire des scénarios et à en finir avec la guerre qui est menée depuis plusieurs années", a indiqué Mme Zakharova sur le plateau de la chaîne Russie 24.

Maria Zakharova fait elle-même partie des invividus visés par les nouvelles sanctions adoptées par l'Union européenne en réaction à la reconnaissance par Moscou des républiques populaires du Donbass.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre italien Mario Draghi a fait savoir que l'UE se préparait à décréter un nouveau train de sanctions "sévères" visant la Russie.

Dmitri Bassenko - Sputnik

Iran et Corée du nord : points de convergence de Poutine et Macron

SAINT-PETERSBOURG - Emmanuel Macron rencontre Vladimir Poutine, ce jeudi, dans le cadre d’une visite de deux jours en Russie. Le président russe l'a accueilli dans le fasteux palais Constantin. Alors qu'un air de Guerre froide souffle sur les relations Est-Ouest, les présidents français et russe ont avancé quelques points de convergence, notamment sur l'Iran et la Corée du Nord.

Corée du Nord
Vladimir Poutine : "Nous comptions beaucoup" sur la rencontre entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. "Nous espérons que le dialogue puisse être redémarré, poursuivi"

Emmanuel Macron: "Je n'ai pas plus d'explications sur la décision [prise par Donald Trump]. Il importe que le processus engagé dans la région puisse se poursuivre"

Iran
Vladimir Poutine à propos du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien : "La Russie n'a jamais approuvé des sanctions unilatérales et n'en a jamais mis en oeuvre"

Macron : "Je souhaite que l'ensemble des signataires de l'accord de 2015 avec l'Iran restent dans l'accord et le préservent"

"Nous avons avec Vladimir Poutine cette volonté commune de préserver ce cadre"


Source : lci.fr

Londres expulse 23 diplomates russes et gèle les contacts bilatéraux

Theresa May a dénoncé devant le Parlement "un usage illégal de la force par l'État russe contre le Royaume-Uni" et jugé "tragique" la "voie choisie" par le président russe Vladimir Poutine, qui n'a pas répondu à sa demande d'explication sur cette affaire.
Londres - La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi une série de sanctions contre la Russie, dont l'expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux, jugeant Moscou "coupable" de l'empoisonnement d'un ex-espion russe sur son sol.
L'ambassade de Russie à Londres a immédiatement dénoncé la réaction britannique, la qualifiant d'"hostile, inacceptable et injustifiée", dans un communiqué.

Theresa May a dénoncé devant le Parlement "un usage illégal de la force par l'État russe contre le Royaume-Uni" et jugé "tragique" la "voie choisie" par le président russe Vladimir Poutine, qui n'a pas répondu à sa demande d'explication sur cette affaire. 

Elle s'exprimait dix jours après l'empoisonnement d'un ex-espion, Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, victimes d'une attaque avec un agent innervant militaire de fabrication russe à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre. 

L'escalade des tensions entre les deux pays intervient à quelques jours de l'élection présidentielle en Russie, dimanche, dont le président Vladimir Poutine est le grand favori, et à quelques mois de la Coupe du monde de football en Russie.

Theresa May a précisé à ce propos que Londres n'enverrait aucun représentant, diplomate ou membre de la famille royale, pour assister à la compétition.

La Russie disposait jusqu'ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. Les 23 diplomates expulsés ont "une semaine" pour quitter le territoire, a indiqué Theresa May.

Ajoutant qu'elle suspendait "tous les contacts bilatéraux de haut niveau prévus" et "la révocation de l'invitation faite au ministre des Affaires étrangères (Sergueï Lavrov) de visiter" le Royaume-Uni, elle a toutefois dit "continue(r) de croire que ce n'est pas dans notre intérêt national de couper tout dialogue". 

Tentant de réunir le soutien de ses alliés et de la communauté internationale, au moment où le pays s'apprête à quitter l'Union européenne, la cheffe du gouvernement britannique a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui se tiendra ce mercredi à 19H00 GMT, a annoncé la présidence néerlandaise en exercice de la plus haute instance de l'ONU.

Le Royaume-Uni y "informera" le Conseil sur l'empoisonnement de l'ex-espion russe.

Le Kremlin a clamé de nouveau mercredi matin, peu avant l'annonce de ces sanctions, son innocence en soulignant qu'il "n'admet pas" les accusations "sans preuves" et les ultimatums de Londres. Son porte-parole Dmitri Peskov a espéré "que le bon sens l'emportera". "La Russie n'a aucun rapport avec ce qui s'est passé au Royaume-Uni", a-t-il réaffirmé.

"Attaque inacceptable"

Londres avait fixé un ultimatum pour que la Russie fournisse des explications à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l'agent innervant militaire utilisé, qui a expiré mardi à minuit.

Les principaux alliés du Royaume-Uni, France, Union européenne, Allemagne, Etats-Unis, ont apporté leur soutien aux Britanniques.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé mercredi à Helsinki que la Russie était "très probablement" derrière cette "attaque brutale" et annoncé qu'il allait demander à mettre le sujet à l'agenda du sommet européen prévu la semaine prochaine.

L'Otan a de son côté sommé la Russie de répondre aux questions posées par le Royaume-Uni et dénoncé mercredi l'empoisonnement de Skripal comme "une violation flagrante des normes et accords internationaux" sur les armes chimiques.

A l'issue d'une conversation téléphonique avec Mme May, le président américain Donald Trump avait estimé mardi que la Russie devait apporter des réponses "sans ambiguïté" sur cet empoisonnement, selon la Maison Blanche.

"Les deux dirigeants estiment qu'il doit y avoir des conséquences pour ceux qui usent de ces armes odieuses en violation flagrante des normes internationales", a ajouté la présidence américaine.

"Novitchok"

Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, Sergueï Skripal et sa fille, sont hospitalisés depuis dans un état "critique". Un policier qui était intervenu sur place reste lui aussi dans un état "grave" mais fait de "bons progrès", selon la police.

Selon Theresa May, la substance utilisée appartient au groupe des agents toxiques "Novitchok", mis au point par la Russie à l'époque soviétique.

L'un des "pères" des "Novitchok", Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux États-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et déployer un agent innervant aussi puissant.

L'affaire a rappelé le cas de Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au polonium-210 et mort à Londres en 2006, où la responsabilité russe avait été établie par un juge britannique.

Dans ce contexte, le décès inexpliqué, lundi à son domicile à Londres, d'un autre Russe, Nikolaï Glouchkov, ancien partenaire en affaires du milliardaire et opposant au Kremlin Boris Berezovksi, décédé en 2013, a attiré l'attention des médias.

Berezovski avait été retrouvé pendu à son domicile.

lexpress.fr


Syrie: Moscou a lancé ses avions, mais pour frapper qui

En lançant les premiers raids aériens russes en Syrie, ce mercredi 30 septembre, Vladimir Poutine entend replacer Bachar el-Assad au centre de la résolution de la crise syrienne. Une recomposition des alliances qui se joue au grand dam des Britanniques, des Américains et des Français, qui réclament des gages sur le fait que les cibles sont bien des jihadistes et non d'autres opposants. Ils ont réaffirmé leur opposition à une solution politique incluant le président syrien, qualifié de « bourreau » par Laurent Fabius.
 Moyen-Orient

Mercredi 30 septembre, les frappes des aviations russe et syrienne ont touché les provinces de Hama, Homs et Lattaquié. Selon Moscou, les cibles visées étaient des positions du groupe Etat islamique. Le Kremlin affirme que ses avions ont procédé à des « frappes de précision », détruisant notamment des « équipements militaires », des moyens de communication et des « stocks d'armes et de munitions » du groupe EI. Vladimir Poutine a aussitôt justifié ces frappes, lors d’une intervention télévisée, par la nécessité de « prendre de vitesse » les jihadistes en les frappant « sans attendre qu'ils arrivent chez nous ».

Le président russe a également affirmé que cette intervention était conforme au droit international, rapporte la correspondante de RFI à Moscou, Muriel Pomponne. Car, si la Russie n’a pas obtenu une résolution des Nations unies, Moscou s’appuie sur une demande officielle d’aide émise par la présidence syrienne. « Nos partenaires agissant en Syrie n’ont ni l’un, ni l’autre », a souligné Vladimir Poutine, fustigeant une fois de plus la position des Occidentaux, qu’il accuse d’avoir aggravé la situation. « Le conflit en Syrie a des racines profondes, son origine vient de plusieurs facteurs, qui ont été aggravés par l'ingérence sans gêne de l'étranger dans les affaires de la région », a accusé le président russe.

Main tendue à Bachar el-Assad


Vladimir Poutine a conclu sa déclaration par un message au président syrien Bachar el-Assad, à qui il demande d’ouvrir un dialogue avec les forces « saines » du pays. Autrement dit, l’opposition tolérée. « Le règlement définitif et durable du conflit en Syrie n'est possible que sur la base d'une réforme politique et d'un dialogue avec toutes les forces saines du pays. Je sais que le président Assad le comprend et est prêt à un tel processus », a affirmé Vladimir Poutine, qui disait déjà début septembre que Bachar el-Assad serait prêt à organiser des élections anticipées. « Nous comptons sur le fait qu’il adoptera une position active et flexible, et qu’il sera prêt au compromis au nom de son pays et de son peuple. »

Le président russe se présente comme celui qui, sur la scène internationale, tend la main. « Tous nos partenaires ont été informés des plans de la Russie », a-t-il insisté, invitant une nouvelle fois les Occidentaux à participer au centre de coordination mis sur pied à Bagdad par la Syrie, l’Iran, l’Irak et la Russie.

Un projet de résolution incluant l'armée fidèle au régime


Moscou doit d’ailleurs présenter dans les heures qui viennent un projet de résolution en ce sens devant le Conseil de sécurité des Nations unies. S'exprimant devant ledit Conseil de sécurité, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a jugé « indispensable de mettre au point une coordination de toutes les forces qui combattent les terroristes ». Il a par ailleurs réaffirmé que la Russie a « informé les autorités des Etats-Unis et d'autres Etats membres de la coalition formée par les Américains ».

Le ministre russe des Affaires étrangères a également détaillé les contours de cette coalition que Moscou entend voir naître contre le groupe Etat islamique. « Les forces armées syriennes, irakiennes, les milices kurdes, et les détachements armés de l'opposition syrienne patriotique, en un mot, tous ceux qui, sur cette terre, combattent l’organisation Etat islamique », a-t-il décrit. « Cela concerne aussi les acteurs extérieurs qui, d’une manière ou d’une autre, soutiennent les actions antiterroristes dans la région. Il est important qu’une telle coordination soit fondée sur les décisions du Conseil de sécurité en adéquation avec la Charte de l'ONU. » Sergueï Lavrov a également assuré que les bombardements de l’aviation russe menée ce mercredi matin en Syrie ne visaient que des bases du groupe Etat islamique.

Pour Fabius, Bachar el-Assad « n'est pas l'avenir » de la Syrie


Sur ce dossier, la France tente de contrer la stratégie de la Russie de remettre Bachar el-Assad au centre du jeu, aussi bien sur le plan diplomatique que judiciaire, avec l’ouverture d’une enquête pour « crimes de guerre » à Paris à l’encontre de Bachar el-Assad. A la sortie du Conseil de sécurité, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, s'est cependant dit ouvert à une coopération avec les Russes. Mais sous conditions. « La première condition, c’est que les frappes soient dirigées contre Daech et contre les groupes terroristes seulement. Et il faudra vérifier si les frappes russes intervenues aujourd’hui respectent ou non cette première condition », a posé le ministre français mercredi.

Deuxième condition posée par Laurent Fabius : « Il faut mettre fin aux bombardements de populations civiles avec des barils d’explosifs qui sont lâchés depuis des hélicoptères ». Il a également plaidé pour « traiter la crise à la racine » : « Il faut une transition de nature politique qui dise clairement au peuple syrien que son bourreau, c'est-à-dire Bachar el-Assad, n’est pas son avenir ». Une ligne « ni-Assad, ni-jihad », réaffirmé également par le secrétaire d'Etat américain John Kerry : « Nous ne mélangerons pas notre combat contre l'EI avec le soutien à Assad [...] Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec toutes les nations, y compris la Russie, pour résoudre le conflit. Mais Assad ne pourra jamais devenir un dirigeant légitime à l’avenir. »

La Russie « n'a pas frappé Daech », selon la France


Quelques heures après l’annonce des frappes menées par la Russie, le chef de la diplomatie britannique, présent à l’ONU, s’est montré prudent. Philip Hammond a réclamé une confirmation sur les cibles touchées :

« Nous avons dit clairement que nous aurions de sérieuses inquiétudes si la Russie devait frapper des zones où il n'y a pas d'opérations de l'EI et de (groupes) affiliés à al-Qaïda », a pour sa part prévenu le secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Le Pentagone estime que l’aviation russe« vraisemblablement ciblé l’opposition à Bachar el-Assad, et non les terroristes de l’Etat islamique ». « Les informations sont en cours de vérification »,dit-on au ministère de la Défense, rapporte notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Même tonalité chez les Français. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense réfute les informations russes affirmant avoir frappé des zones sous contrôle de l'EI : « Comme vous le savez désormais, les forces russes ont frappé en Syrie. Curieusement, ils n'ont pas frappé sur Daech. Je vous laisserai en tirer un certain nombre de conclusions. » Comprendre : ces frappes russes n’ont pas ciblé le groupe Etat islamique, mais les combattants de l’Armée syrienne libre, groupe rebelle modéré opposé à Bachar el-Assad.

Pour les Français comme pour les Américains, la stratégie russe est désormais claire : alors que leurs propres forces bombardent les jihadistes, la Russie compte non pas éradiquer les terroristes mais la rébellion modérée.

Qu’en est-il alors de « l’indispensable coordination militaire » entre Américains et Russes ? « Les premières réunions pourront avoir lieu dès ce jeudi », affirme John Kerry. Mais tout cela a bien mal commencé, quand on sait que Moscou a prévenu les Américains une heure seulement avant ses bombardements, par un message envoyé à l’ambassade des Etats-Unis en Irak.

La Maison Blanche, le Pentagone et le département d’Etat ont joué la prudence et la « désescalade », pour employer le terme du secrétaire d’Etat américain. Mais l’embarras est réel sur la suite des opérations. Les sourires figés de John Kerry et Serguei Lavrov, qui se sont brièvement rencontrés à huis clos hier soir, ne laissaient rien transparaître, a constaté notre correspondante sur place.

« Tout est en place pour que la donne change »


Avec les bombardements menés par la Russie ce mercredi matin, en coordination avec l’armée syrienne, « tout est en place pour que la donne change », analyse le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. L’intervention russe est un « changement majeur », selon lui, car le président syrien « a aujourd’hui du soutien, à la face du monde ».

« On se posait la question après l’entretien entre Barack Obama et Vladimir Poutine, lundi aux Nations unies : jusqu’où irait le soutien de Moscou à Bachar el-Assad… Il semblerait qu’ils veuillent aller très loin, alors que le reste de la coalition veut aller vers une porte de sortie pour Bachar el-Assad », estime le militaire français. Et pour le général Dominique Trinquand, ces bombardements russes entrent dans la stratégie globale déployée par la Russie ces dernières semaines.

Les étapes de cette stratégie ? « Déployer ses pièces sur le terrain, ensuite faire un discours auprès de l’Assemblée générale des Nations unies, obtenir une demande de la Syrie, qui légitimait son action, ensuite faire des actions sur le terrain, puis proposer une résolution. Là, la boucle est bouclée aussi bien sur le plan diplomatique que tactique », expose le général français.

Un axe « russo-chiite » se dessine


Une analyse partagée par Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’institut Thomas More. Pour lui, l’objectif immédiat de la Russie est « d’empêcher la chute du régime de Bachar el-Assad et de consolider leur position en Syrie, avec un certain nombre d’actifs géostratégiques ».

Au-delà de cet objectif à court terme, Moscou cherche, selon le chercheur, à « reconstituer un système d’alliances » au Proche et au Moyen-Orient. « Ce qui est particulièrement important, c’est la mise en place d’un front russo-chiite. Ces dernières années on parlait d’un axe chiite - Téhéran, Damas, le Hezbollah -, et là, ce que l’on voit se mettre en place, c’est une cellule de coordination entre la Russie, la Syrie, l’Iran l’Irak, et derrière, le Hezbollah. C’est ça le fait le plus important », souligne Jean-Sylvestre Mongrenier.

rfi