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 Visé par des critiques en France après le refus qui lui est prêté de s'associer à la lutte contre l'homophobie et d'arborer un maillot arc-en-ciel, l'international sénégalais et récent champion d'Afrique Idrissa Gana Gueye a reçu un soutien de poids en la personne du chef de l'État sénégalais et président en exercice de l'Union africaine. Dans un message sur Twitter, Macky Sall a demandé « le respect des convictions religieuses » du footballeur. « Je soutiens Idrissa Gana Gueye », a-t-il dit.

Macky Sall, président du Sénégal apporte officiellement son soutien à Idrissa Gueye dans l'affaire du maillot au flocage LGBT !  

« Je soutiens Idrissa Gana Gueye. Ses convictions religieuses doivent être respectées. »

Au Sénégal l'homosexualité est interdite

Au Sénégal, pays musulman à 95 % et très pratiquant, les relations homosexuelles sont interdites. La loi existante précise que « sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100 000 à 1 500 000 francs (152 à 2 286 euros) quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ». Vainqueurs en février dernier au Cameroun de la première Coupe d'Afrique des nations (CAN) du pays, face à l'Égypte, Idrissa Gana Gueye et ses coéquipiers des Lions de la Téranga sont adulés. Deux raisons qui expliquent à coup sûr le soutien du chef de l'État sénégalais. Et il n'y a pas eu que le sien, aussi bien dans la classe politique que dans la société civile.

les soutiens se sont multipliés

Le ministre des Sports, Matar Bâ, a défendu Gana Gueye en indiquant dans une déclaration à la presse lundi soir que « quand on signe [un contrat avec un club], c'est pour jouer au foot, ce n'est pas pour faire la promotion de quoi que ce soit ou mettre de côté ses convictions ». L'ex-Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, lui, y est allé de son encouragement en lui disant : « Tiens bon, Gaïndé », dans un message sur Twitter accompagné de versets du Coran, avec un clin d'œil il en lien avec le surnom de la sélection nationale le mot « Gaïndé » signifiant « Lion » en langue ouolof. L'écrivain et intellectuel Boubacar Boris Diop, lauréat du très prestigieux prix Neustadt, lui aussi a affirmé sa « solidarité totale avec Idrissa Gana Gueye », sur Twitter. Parallèlement, de nombreux Sénégalais ont mis mardi en statut WhatsApp le message de soutien du président sénégalais ou des photos de Gana Gueye en pèlerinage à La Mecque.

Le Point Afrique

Comment Islam et Chrétienté cohabitent au Sénégal?

 Le Sénégal est un exemple de coexistence pacifique entre différentes communautés religieuses.

« Mon grand-père était musulman. Le jour de mon ordination, il était devant dans l'église à prier avec tout le monde même s'il avait son chapelet. Ce grand-père, pour qui j'ai beaucoup d'estime et à qui je rends encore hommage pour l'éducation qu'il nous a transmise, a des enfants qui sont devenus musulmans et d'autres chrétiens. Ma mère est chrétienne, mais certaines de ses sœurs sont restées musulmanes. Et nous avons toujours vécu en bonne entente et en cohésion », raconte avec émotion l'Abbé Alphonse Birame Ndour, curé de la paroisse Saint-Paul de Grand Yoff à Dakar, dans un entretien avec Apa news vendredi 6 mai. 

Son témoignage, rare dans le monde, est pourtant fréquent dans son pays le Sénégal où la majorité musulmane s'accommode largement des minorités religieuses, chrétiennes notamment. 

« L'histoire du Sénégal est jalonnée de rencontres avec des peuples et des cultures différentes ayant abouti à un métissage au sein des ethnies et des familles », rappelle Cheikh Ahmed Tidiane Sy al Amine, président fondateur du Think Tank GUESS dont le père, Abdoul Aziz Sy Al Amin décédé en 2017 était le sixième khalife générale des Tidjanes (ou Tarika Al Tijaniya, en arabe), une des principales confréries musulmanes soufies au Sénégal, avec les Mourides (Al Mouridiya)  et les Khadres (Al Kadiriya). 

Cette particularité sénégalaise « s'explique par le fait que l'islamisation de nos peuples n'a pas été imposée mais acceptée de fait à la suite des brassages culturels entre les caravanes venues d'Afrique du nord et les autochtones », poursuit cet ancien président du Cadre unitaire de l'Islam, une organisation qui regroupe les principales confréries musulmanes soufies au Sénégal. 

« Nous devons cette situation non seulement à ce que nous avons en commun, c'est-à-dire la famille, la parenté, le sang, mais aussi grâce à la perspicacité et à la sagesse de nos pères devanciers qui, dès le lendemain des indépendances dans les années 60 ont pu installer dans notre pays un souci de l'autre, ce souci du vivre ensemble…», confirme l'Abbé Alphonse Birame Ndour, qui cite comme exemple récent des relations cordiales entre religieux au Sénégal, cette visite de l'Archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye à Serigne Mountakha Mbacké, le khalife général des Mourides, à l'occasion de l'inauguration en 2019 à Dakar de la splendide mosquée Massalikoul Djinan, la plus grande de la ville avec plus de 30000 places assises. Un geste dont il faut se féliciter d'autant que « le Dieu que nous aimons et adorons, n'est pas le Dieu de la division. C'est le Dieu de l'amour, de la paix, de la Concorde et de l'Unité », insiste le curé de Grand-Yoff. 

Pour Cheikh Ahmed Tidiane Sy al amine, il n'y a d'ailleurs pas de « lignes de séparation claires entre les communautés mais plutôt une symbiose ou une émulsion entre les communautés religieuses ». 

Cette « cohabitation » ou « coexistence » que magnifient le curé et le leader musulman est parfois secouée par des propos extrémistes. « Nous notons une tendance à saper l'exception sénégalaise du vivre ensemble en raison de l'émergence de nouveaux courants plus ou moins structurés n'ayant pas les mêmes bases spirituelles que les confréries soufies », regrette Cheikh Ahmed Tidiane Sy.

L'Abbé Alphonse Birame Ndour, lui aussi, déplore « l'émergence de nouveaux prédicateurs qui n'hésitent pas à mettre sur le dos de l'autre des accusations infondées et insensées ». Ce qui, selon le curé, « ne peut pas manquer de susciter l'émoi et l'émotion et même parfois des réactions violentes de la part de ceux qui se sentent visés ». Pour faire face à ces discussions qui menacent la bonne entente entre confessions au Sénégal, le catholique et le musulman souhaite des mesures fortes de la part des autorités politiques. 

Pour l'Abbé Alphonse Birame Ndour, il est urgent que le pouvoir fasse « respecter la laïcité de l'Etat sénégalais ». Et Cheikh Ahmed Tidiane Sy al Amine de conclure : «Il  faut introduire dans le cursus scolaire l'enseignement obligatoire des valeurs de tolérance et de paix portées par les grandes figures religieuses aux générations actuelles et futures ». Il propose également « la régulation des réseaux sociaux, lieux propices à tous les débordements quitte à durcir la loi sur toutes les formes d'incitation à la violence ou à la haine entre communautés ».

Source : APA


Le président sénégalais s’est adressé à la nation à la veille du 62e anniversaire de l’indépendance du pays. Alors que les musulmans ont entamé ce dimanche 3 avril le ramadan et que les chrétiens sont en plein carême, le chef de l’État a insisté sur les enjeux du prix des denrées et de l’autosuffisance alimentaire.

Après deux ans sans célébration pour cause de Covid-19, une cérémonie de prise d’armes suivie d’un défilé militaire « petit format » à la place de l’Indépendance commémorera ce lundi 4 avril le 62e anniversaire du Sénégal. Mais le discours du président Macky Sall était surtout un appel au rassemblement, dans un contexte d’augmentation des prix liée à la guerre en Ukraine.

« Considérant le risque élevé de pénurie et de flambée des prix en raison de la crise mondiale, j’appelle à une mobilisation générale pour accroitre et valoriser davantage nos produits agricoles, d’élevage et de pêche », a-t-il déclaré.

« Relever le défi de l’autosuffisance alimentaire »

Le président sénégalais a également détaillé avoir baissé les prix des denrées de première nécessité et augmenté la subvention du riz local pour aider les ménages. « Mais, pour être à l'abri des aléas de la conjoncture internationale, nous devons faire preuve de résilience en gagnant au plus vite la bataille de la souveraineté alimentaire. Ce sont des investissements massifs que l’état continue de consacrer à la modernisation et à la diversification des secteurs de l’élevage, de la pêche et de l’agriculture. Relever le défi de l’autosuffisance alimentaire, c’est aussi facilité les échanges entre les zones de production et les marchés. »

Alors que cette fête d’indépendance a pour thème les forces de défense et de sécurité et la résilience nationale, Macky Sall a aussi insisté sur la poursuite du « programme de renforcement des capacités opérationnelles de l’armée » afin qu'elle soit prête à assurer la défense du territoire national « dans un contexte mondial agité et incertain. »

Source: rfi



Le Sénégal, à l'instar de 34 autres pays, n'a pas souhaité se prononcer sur la guerre menée par la Russie en Ukraine. Une préoccupation majeure qui mobilise l'Organisation des nations unis depuis l'éclatement du conflit, la semaine dernière, et qui a conduit, ce mercredi, au vote d'une résolution exigeant que « la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine ». 

141 pays sur les 193 de l'Assemblée générale ont approuvé la résolution portée par l'Union européenne (UE), en coordination avec l'Ukraine, qui « condamne la décision de la Russie d'accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires » et exhorte Moscou à retirer « immédiatement, complètement et sans conditions, toutes ses forces militaires » d'Ukraine. 

Cinq pays ont voté contre ; il s'agit notamment de la Russie, du Bélarusse, de la Corée du Nord, de la Syrie et de l'Érythrée. 35 pays se sont abstenus dont 17 pays africains.  Il s'agit notamment de l'Algérie, de l'Angola, de l'Afrique du Sud, du Burundi, de la Centrafrique, du Congo, de la Guinée équatoriale, de Madagascar, du Mali, du Mozambique, de la Namibie, du Sénégal, de l'Ouganda, du Soudan, du Soudan du Sud, de la Tanzanie et du Zimbabwe.

Cette résolution tombe à la suite de plus de deux jours d'interventions successives à la tribune de l'Onu. La Russie, elle, justifie son offensive de grande envergure par la menace que constitue pour sa sécurité le désir affiché par l'Ukraine d'intégrer l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan).

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile


Sanctions de la Cédéao contre le Mali : grosse perte pour le Sénégal ?

Des chauffeurs maliens oisifs errant devant le port de Dakar. Cela fait déjà une semaine que Lamine et Cheikh espèrent un allègement de l’embargo et de la fermeture des frontières des pays de la Cédéao avec leur pays.

"Nous, nous sommes des chauffeurs. Nous venons chercher les véhicules pour le Mali. Depuis lundi jusqu’à présent, tout est bloqué", a déclaré Lamine Dagamaissa, chauffeur de véhicules d’occasion en transit.

"Franchement, nous sommes en difficulté ici. Nous avons des familles qui sont au Mali, et il y a des centaines de véhicules ici. Ça c’est une perte pour nous ! Ça ne va pas car les véhicules sont des commandes, regrette Cheikh Koné", lui aussi chauffeur.

Le plus grand perdant

Le plus grand perdant, c’est le Sénégal, affirment plusieurs exportateurs sénégalais qui ont préféré garder l’anonymat.

Pour El-hadj Matabara Dieye, chef transit à Transit moderne du Sénégal, les pertes seront énormes à court terme, non seulement au port de Dakar mais aussi dans plusieurs autres secteurs d’activité.

"Si ça perdure, il y aura des conséquences vraiment extraordinaires dans ce port. Imaginez que tous les conteneurs qui devraient être acheminés au Mali restent là. Notre port sera bourré de conteneurs et il n’y aura plus de places pour recevoir les navires qui vont arriver. C’est ça notre inquiétude. Le pays perd dans la mesure où les débarquements, les transports, les camions qui prenaient leur carburant ici pour aller au Mali, toutes leurs marchandises passent par le Sénégal. Donc économiquement, nous serons impactés", a souligné El-hadj Matabara Dieye.

Selon l’économiste Ndongo Samba Sylla, qui a cité dans l’un de ses tweets l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, "le Mali, comme destination à l’exportation, avec 474 milliards de francs CFA en 2020, est plus important pour le Sénégal que tous les pays de l’Union européenne réunis."

Il en déduit qu’en acceptant les sanctions de la Cédéao contre le Mali, le Sénégal se tire une balle dans le pied.

Auteur: Robert Adé

Sénégal : Thione Seck tire sa révérence


C'est avec consternation que la monde de la culture sénégalaise a appris aujourd'hui le décès d'un des monuments de la musique sénégalaise, en l’occurrence l'artiste musicien et parolier hors-pair Thione Ballago Seck, décédé ce dimanche 14 mars 2021, des suites d'une courte maladie.

Dès l'annonce de la nouvelle, une foule de fans et de collaborateurs de l'artiste a assailli son domicile dakarois, surpris et abasourdis par la soudaineté de la nouvelle.

Les témoignages sont unanimes : l'homme était un musulman pieux, véridique, d'une sincérité et d'une simplicité touchantes, en dépit de sa grande popularité et de son insigne succès.

L'artiste est et restera un des piliers de la musique sénégalaise de par sa contribution considérable à la promotion du style musical sénégalais le plus populaire, le Mbalax, qu'il a su allier, avec maestria, aux styles oriental, indien et latino, lui conférant ainsi la touche unique et doublement adulée des Sénégalais qui distingue sa musique. Un succès dû à son entrée précoce dans le monde de l'art où il s'est distingué par des débuts rayonnants, à seulement 19 ans, au très populaire Orchestra Baobab de Dakar.

Le Sénégal perd ainsi un de ses illustres artistes musiciens et chanteurs ayant marqué sa musique de la période post-indépendances à nos jours.

Mais la relève pour Thione est bien assurée à travers notamment le legs porté par son fils Waly Ballago Seck, qui depuis plusieurs années maintenant, séduit de sa voix mélodieuse les foules, de Dakar à Bamako, jusque dans les capitales occidentales où il fait le bonheur de la diaspora sénégalaise et africaine.

Thione Seck tire ainsi sa révérence à 66 ans, laissant derrière lui un riche patrimoine musical ainsi qu'un fils désormais devenu la coqueluche des mélomanes sénégalais. Adieu l'artiste, ton travail n'aura pas été vain !



Abdoulaye Jamil Diallo

Idrissa Gueye signe son entrée officielle au PSG

Idrissa Gana Gueye est depuis ce mardi officiellement joueur du Paris Saint-Germain. Le Sénégalais de 29 ans, parti de Lille en 2015 pour la Premier League, vient ainsi consolider le milieu de terrain du club parisien.

Cinquante-troisième Africain et seulement huitième joueur sénégalais ayant jusqu’ici rejoint le PSG, selon le décompte du club, Idrissa aurait été, selon nos sources, acheté pour 30 millions d’euros au club anglais d’Everton. Il s’est engagé ce mardi pour un contrat de quatre ans, et jouera pour le champion de France jusqu ‘en 2023, sous le numéro 27 qu’endossait un certan Javier Pastore, estampé de son nom de joueur Gana.

Gana, justement, un nom que lui aurait donné son père, rappelle Idrissa, en souvenir de son grand-père, même si l’international sénégalais n’a décidé de l’endosser que plus récemment après son départ de Lille en 2015, après avoir longtemps joué sous le patronyme de Gueye.

D’aucuns disent que sa prestation lors de la dernière CAN a été décisive dans la motivation du choix du Paris Saint-Germain, qui recherchait activement un milieu de terrain de haute facture.

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile

Mémoires de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf

« Tant que la fortune te sourit, tu auras beaucoup d'amis, si les nuages se montrent, tu te retrouveras seul », écrit l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, dans ses Mémoires publiés aux Editions Seuils. Un livre riche en anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres. S'informer Utile vous en présente ici un extrait.
« C'est à partir du moment où je fus relevé de mes fonctions de gouverneur du Sine-Saloum que, pour la première fois, je fus véritablement confronté à l'ingratitude des hommes.
 
J'ai pu alors constater que, tant que vous êtes une autorité, les hommes vous sont fidèles et sont à vos pieds, mais dès que vous êtes en disgrâce, ou qu'ils vous y croient, certains d'entre eux n'ont plus de considération pour vous et vous tournent le dos.

C'est le cas de ce grand chef religieux qui, lorsque j'étais encore gouverneur, m'avait demandé de lui installer une coopérative dans un village de la région. Au moment de quitter mes fonctions, j'ai pensé qu'il valait mieux prendre l'arrêté avant de partir, afin que mon successeur puisse finaliser rapidement le projet. J'avais fait cela avec un zèle qui correspondait au respect que je vouais à ce guide.

J'ai donc signé l'acte et je voulais lui dire au téléphone de ne pas s'inquiéter , puisque j'avais tout fait. J'ai eu une grande surprise. Un de ses disciples m'a fait attendre longtemps et, à la fin, quelqu'un d'autre a pris l'appareil pour me dire : «  Gouverneur, le marabout vous salue bien, il m'a chargé de vous dire qu'il est très occupé en ce moment mais qu'il vous souhaite le meilleur ».
Je lui ai répondu que c'était tout juste pour lui dire que j'avais signé l'arrêté pour la coopérative. Dans mon for intérieur, je me disais que ce n'était pas possible qu'il me traitât ainsi .

Que dire également du comportement de cet homme qui était toujours dans nos cortèges à crier à tue - tête : « Maintenant nous avons le meilleur gouverneur du pays, un gouverneur qui nous porte bonheur ».  Il le faisait avec tout ce qu'ont pouvait imaginer comme obséquiosité, louanges, ovations et autres envolées dithyrambiques.

Pourtant, quand j'ai quitté mes fonctions, il ne savait pas encore que j'étais affecté à un nouveau poste et un jour, en sortant du ministère des Affaires étrangères, je l'ai aperçu devant la pharmacie du Rond- Point et me suis dirigé vers lui.
Il m'a aussitôt tourné le dos et j'ai compris que, s'il avait agit de la sorte, c'est qu'il ne voulait pas se compromettre avec quelqu'un qui était en disgrâce ou en tout cas qui était considéré comme tel.
Pour le jeune homme de 27 ans que j'étais, qui croyait à tant d'idéaux, voir les hommes se comporter cette façon fut un choc. 

Et me sont revenus en mémoire mes jeunes années de latinistes au lycée Faidherbe et les vers qu'Ovide, exilé par Auguste au bout du monde, à Tomis, sur les bords de la mer Noire, écrivait dans les Tristes : « Tant que la fortune te sourit, tu auras beaucoup d'amis, si les nuages se montrent, tu te retrouveras seul ». 
Il y a eu certes ce griot et ce grand chef religieux que j'admirais tant, mais il y a eu bien d'autres encore ».

Abdou Diouf, Mémoires - Editions Seuil.

CAN 2019 | Algérie- Sénégal : le match de la déception

L’Algérie sort victorieuse de cette CAN 2019 en battant le Sénégal par un but à zéro, sur un tir contré de Bounedjah, brisant du même coup le rêve des Sénégalais de remporter enfin la victoire après leur autre défaite, en 2002, contre le Cameroun.
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Comment exprimer la déception des Lions ce soir face à une Algérie, qui dès les premières minutes de cette rencontre, la deuxième plus exactement, ouvre – par l’on ne sait quel coup du sort – le score, se dotant ainsi d’un avantage certain sur le Sénégal. Des Sénégalais qui, dès cet instant, se dépenseront corps et âme pour légaliser... en vain. Ni la technique de Sadio Mané, ni la combativité de Mbaye Niang, ni la fougue d’Idrissa Gueye ou d’Henri Saivet, ni même la valeur et le courage non moins importants de tous les autres, n’auront suffi à faire revenir les Lions.

La défense sénégalaise a d’entrée de jeu été surprise par ce tir de Bounedjah malencontreusement contré par Sané, et l’on est en droit de se demander pourquoi et comment les Lions se sont-ils laissés surprendre. Qu’est-ce qui a n’a pas marché ? Manque de communication réactive de la défense sénégalaise, apparemment moins entrée dans le jeu que les Algériens en ce début de match ? Absence de Coulibaly ? Quelle qu’en soit la cause, il faut dire que ce but des Fennecs n’aurait pu plus mal tomber pour les Lions qui, dès cet instant, se sont sentis obligés d’axer tout leur jeu sur cette surprise, faisant dès lors de la légalisation leur objectif majeur, et brisant peut-être, du même coup, leur tactique et leur jeu habituels. Un but qui – il évident – a brisé l’élan des Lions tandis qu’il offrait aux Fennecs une formidable sensation de puissance, d’autant plus qu’ils réalisaient, dès cet instant, que le sort leur souriait et qu’ils n’avaient donc qu’à aligner une défense implacable face aux Lions – et ce, jusqu’à la fin – pour triompher de leurs adversaires. Et c’est ce qu’ils ont fait !

L’Algérie remporte donc cette finale face au Sénégal par un but à zéro, faisant s’envoler du même coup l’espoir de tout un peuple. Un peuple qui, après la défaite des Lions en 2002, avait presque cru, cette fois-ci, en une possible victoire des hommes d’Aliou Cissé, grâce notamment au souffle nouveau que ce coach, couleur d’ébène bien de chez nous (sic), a jusqu’ici su insuffler à cette sélection sénégalaise. Une sélection qui aura marqué cette CAN 2019 par la qualité de son jeu, la réactivité de sa défense, la combativité de son attaque et la ténacité collective de l’ensemble.

Une sélection enfin qui, par un énième coup du sort, ne rentrera pas, cette fois-ci non plus, avec la coupe, mais que les Sénégalais devront accueillir avec les honneurs dus aux plus grands héros, pour avoir dignement représenté leur patrie à cette CAN, sous les yeux - sinon admirateurs du moins respectueux - du monde entier. «Gacce ngalamon» donc à nos Lions. Et encore merci à Aliou Cissé dont le maintien dans la tanière - faut-il le dire - s'impose de toute évidence à l'esprit de tout patriote sénégalais.

Abdoulaye Jamil Diallo

Sénégal-Tunisie : les Lions matent les Aigles et se qualifient pour la finale

Qualification ce dimanche 14 juillet du Sénégal en finale de la CAN 2019, en battant la Tunisie par 1 but à zéro. Le dernier duel opposera donc les Lions aux Fennecs d'Algérie, sortis vainqueurs de leur match contre le Nigéria.
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Jamais match n’aura été plus excitant que ce Sénégal- Tunisie. Rebondissements extraordinaires avec, entre autres, les deux penalties ratés des deux côtés :  soixante-quatorzième minute, excellent travail de Gomis, qui par un coup d’œil de génie, se jette  effectivement sur le bon côté et se love sur le tir de Sassi, faisant rugir de rage la tanière des Lions , soulagés ; soulagement de courte durée pourtant car moins de cinq minutes plus tard, à la soixante-dix-neuvième minute, ce sont les Aigles de Carthage qui obtiennent le leur. La tension monte, les  cœurs battent la chamade, tant côté tunisien que sénégalais, tandis que les regards se rivent sur  Henri Saivet ; coup sifflet de l’arbitre et tir de l’attaquant de Newcastle ; coup du sort ou répétition fatidique hâtive de l’histoire, le gardien de but tunisien réédite l’action héroïque de Gomis, écarte le danger pour les Aigles, faisant du même coup fondre l’espoir quasi débordant des Lions. 

C’est alors que s’accentue la hargne des uns et des autres, Lions et Aigles se lançant dès lors dans une bataille sans merci pour marquer le premier but qui établira la domination de l’une ou l’autre équipe sur son adversaire. Ils ne pourront pourtant pas aller plus loin que les menues occasions qui auront émaillé cette rencontre ; à l’instar de celle, à la quarante-neuvième minute, des Tunisiens, revenus plus en jambes lors de la deuxième période ; celle  de Sadio Mané, en quête d’appuis, à la quarantième ; tandis que la plus mémorable demeure celle de Youssouf Sabaly, dont le tir canon est venu percuter la barre transversale. Les prolongations étaient inévitables.

Elles seront largement marquées par la même lutte acharnée, jusqu’au coup franc salvateur des Lions, à la cent-douzième minute, qui, tel un soudain coup de barre s’abattit sur les Aigles, déversant une douche froide sur les supporters tunisiens, dont l’espoir allait pourtant renaître quelques minutes plus tard, lorsque l’arbitre accorde un penalty sous réserve de checking aux Aigles. L’angoisse monte à son paroxysme dans le camp sénégalais, mais – gros soulagement des Lions – le checking s’avère négatif. L’inquiétude change de camp et restera jusqu’au dernier coup de sifflet côté tunisien. Qualification donc en finale du Sénégal, qui rencontrera l'Algérie sortie victorieuse de son match avec le Nigéria.

Abdoulaye Jamil Diallo
Carlos Lopes, ex-directeur de la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU, considère dans cette tribune - et ce en dépit de quelques doutes et interrogations - que si la prochaine monnaie unique de l'Afrique de l'Ouest, en l'occurrence l'Eco, semble être "un rêve", il  est politiquement utile de la défendre.
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Tribune. La première proposition de création d’une monnaie européenne commune date de 1969. Il a fallu plus de trente ans de délibérations, dont le traité de Maastricht de 1992, pour aboutir à une monnaie – encore virtuelle – en 1999. A l’époque, l’objectif était de pouvoir opérer des transferts, d’émettre des chèques et surtout d’adopter une série de politiques macroéconomiques convergentes, en vue d’émettre une devise, avec billets et pièces.

Ce qui est finalement intervenu début 2002 avec l’Euro. Ce long et laborieux processus n’a pas empêché la zone Euro de connaître des problèmes majeurs, exposés par la crise financière mondiale de 2008-2009 et les répliques qui ont suivi.

Il est important de rappeler l’histoire de l’Euro, après l’annonce spectaculaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sur l’établissement d’une monnaie commune pour les quinze Etats membres de cette sous-région de l’Afrique, baptisée l’Eco.



Cibler un seuil minimal de convergence
L’Afrique a une histoire riche et ancienne en matière de monnaies communes. Cela inclut des expériences qui se sont terminées depuis (comme par exemple en Afrique orientale) et d’autres qui sont l’objet de controverses politiques telles que les deux zones du franc CFA ou l’aire monétaire du rand en Afrique australe. On pourrait donc imaginer que beaucoup de leçons ont été apprises sur le continent, dans ce domaine.

A l’instar de l’Euro, l’Eco suit un scénario connu, consistant à cibler un seuil minimal de convergence avant de lancer la mise en œuvre progressive d’une zone monétaire. Dans le cas de l’Eco, les critères clés sont des réserves de changes couvrant trois mois d’importations, une inflation inférieure à 10 % (à réduire rapidement à moins de 5 %), un déficit budgétaire inférieur à 3 %, et des politiques de financement du déficit budgétaire par les Banques centrales ne dépassant pas 10 % des recettes fiscales de l’année précédente. Enfin, le niveau d’endettement ne doit pas excéder 70 % du produit intérieur brut (PIB).

 Il y a trois difficultés avec ces critères. Tout d’abord, aucun des adhérents actuels n’est près de les respecter. Deuxièmement, les délais pour atteindre les objectifs sont irréalistes.
Troisièmement, même s’ils étaient remplis, ces critères ne sont pas les mêmes que ceux préconisés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui regroupe les huit Etats de cette zone du franc CFA. Ils diffèrent aussi d’autres obligations auxquelles sont soumis certains Etats membres, dans le cadre de plans du Fonds monétaire international (FMI), par exemple.

Il est donc nécessaire de comprendre le sens de cette précipitation. Est-il politique ou économique ? Est-il question de symbole ou de substance ?



Apparences trompeuses
Dans la théorie économique, les unions monétaires sont l’avant-dernière étape d’une intégration économique complète. Celle-ci devrait être précédée de l’établissement d’une zone commerciale préférentielle, d’une zone de libre-échange, d’une union douanière, d’un marché unique et d’une union économique. On peut se demander si les Etats membres de la Cédéao ont pleinement mis en œuvre ces préalables, qui justifieraient le saut actuel.

Si l’on tient compte du fait que le Nigeria est l’un des plus réticents, il y a aussi lieu de s’interroger. Le poids de ce pays est massif au sein de la communauté. Il représente les deux tiers du PIB total de la Cédéao, 77 % des exportations et 41 % des importations. La monnaie nigériane, le Naira, est fortement tributaire de la manière dont l’Etat fédéral génère ses revenus, principalement à partir des exportations de pétrole. Très dépendant des cours des hydrocarbures, il souffre de la volatilité extrême des prix. En termes simples, le Nigeria dispose d’une flexibilité limitée pour mener une politique monétaire indépendante. Sa frilosité vis-à-vis de l’Eco se justifie par ces restrictions. Le Nigeria doit protéger son économie.

Qu’en est-il des autres ? Plus petits, les pays membres de l’UEMOA obtiennent des résultats supérieurs à ceux du Nigeria dans les différentes catégories d’intégration telles que les infrastructures régionales, le commerce, l’intégration productive, l’intégration financière et macroéconomique ou la libre circulation des personnes. En la matière, la Côte d’Ivoire et le Togo sont les champions absolus dans la sous-région. On pourrait donc soutenir que leur appartenance à une union monétaire déjà existante, celle du franc CFA, a permis de les rapprocher. Mais les apparences sont trompeuses. Leur performance est inférieure à celle des membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, qui ne possèdent pas et ne souhaitent pas d’union monétaire, préférant plutôt la convergence dans d’autres domaines d’intégration.

Le franc CFA est d’ailleurs le sujet de polémiques récurrentes. Et si la Côte d’Ivoire a été l’un des plus fervents défenseurs des accords en vigueur dans l’UEMOA, le pays a également émergé, récemment, comme l’un des plus enthousiastes promoteurs de l’Eco. C’est intéressant politiquement. Cela pourrait indiquer que l’Eco est perçu comme un vecteur essentiel d’une intégration plus poussée au sein de la région, prévoyant l’abandon du franc CFA, au profit de relations économiques plus étroites avec l’Afrique de l’Ouest non francophone. Ou cela peut signifier que, si l’Eco est un rêve lointain, il serait politiquement utile de le défendre.

Avec l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le débat revêt encore une autre dimension. Le récent sommet extraordinaire de l’Union africaine, tenu à Niamey les 7 et 8 juillet, a vu quatre acteurs de l’Afrique de l’Ouest voler la vedette : le Nigeria et le Bénin adhérant en dernier à la zone de libre-échange, le Niger accueillant le sommet et confirmant son rôle de champion des négociations, et le Ghana, qui a vu sa capitale choisie comme lieu du futur secrétariat de la zone.

Cocher les cases
Ainsi, l’Afrique de l’Ouest est déjà bien occupée à promouvoir le commerce au niveau de tout le continent. Y a-t-il des énergies supplémentaires pour d’autres chantiers ? Il est utile de savoir que le dossier d’une monnaie commune dans la région a été plus d’une fois remis à plus tard, faute d’un début de convergence entre les différents Etats membres. Le document de référence actuel pour la Cédéao, « Vision 2020 », a besoin que des cases soient cochées avant que soit conçue une nouvelle « vision ». La monnaie commune était l’objectif le plus difficile à atteindre à l’horizon 2020. Assurément, l’annonce d’un nom et d’un réengagement au plus haut niveau a plu à beaucoup. Mais est-ce une chimère ? Le temps nous le dira.

Carlos Lopes est professeur à l’Université du Cap et à Sciences Po. Il a présidé la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies.

Carlos Lopes

Sénégal - Bénin : les Lions confirment leur suprématie sur les Écureuils

Le Sénégal se qualifie pour le dernier carré, grâce à un coup de pied décisif d'Idrissa Gana Gueye : 1-0 pour les Sénégalais. L'ancien Nîmois envoie ainsi son équipe en demi-finale, confirmant, par la même occasion, la suprématie des Lions sur des Écureuils tout de même valeureux, qui - faut-il le dire - n'ont pas démérité. Les Béninois sortent donc la tête haute de cette compétition, car très peu s'attendaient à ce que cette équipe béninoise arrive en quart de finale.

Les Sénégalais ont maintenant, comme l'a souligné en fin de match Sadio Mané, « tout ce qu'il faut pour aller en finale ». Un Sadio Mané toujours aussi combatif, toujours aussi efficace, mais qui n'a pas eu assez de bol pour ce match (deux buts refusés pour hors-jeu), mais dont la grande forme reste intacte et promet certainement une brillante demi-finale.

Les hommes d'Alioune Cissé n'ont pour ainsi dire pas ignorer la consigne de respect et de considération pour leurs adversaires et ont fait, au cours de ce match, preuve de maîtrise et de gestion efficace du ballon. Deux qualités qui laissent espérer une suite prometteuse pour les Lions de la Téranga, qui gardent encore toutes leurs chances de remporter cette CAN 2019. Bref, c'est tout le mal qu'on leur souhaite.

Abdoulaye Jamil Diallo

CAN : Sénégal - Bénin, un match décisif

A moins de vingt minutes depuis le premier coup de sifflet de ce match de tous les enjeux - et pour le Bénin et pour le Sénégal - nous revenons encore sur le leitmotiv de la prudence et de la vigilance pour les Sénégalais. Les hommes d'Alioune Cissé doivent comprendre - et leur coach l'a souligné - qu'"il n'y a pas de petite équipe"! Et les Écureuils l'ont déjà prouvé, en domptant les Lions de l'Atlas, démontrant par cette victoire, qu'il n'étaient pas venus à cette CAN grossir la foule des figurants, mais bien pour montrer qu'ils méritaient autant de respect que les plus grands favoris et qu'ils avaient la ferme intention de gagner.

Les Sénégalais devraient donc éviter toute suffisance et considérer leurs adversaires avec beaucoup de respect, en redoublant de vigilance et surtout d'efficacité - tant dans la maîtrise du jeu que la gestion du ballon - s'ils veulent éviter une énième surprise béninoise, qui finira par consacrer la valeur et la grandeur déjà perceptibles des Écureuils.

Abdoulaye Jamil Diallo

CAN : le Bénin élimine le Maroc et le Sénégal dompte l'Ouganda

Victoire du Bénin contre le Maroc aux tirs aux buts après un match nul (1-1). Le Bénin crée ainsi la surprise en se qualifiant pour les quarts de finale et rencontrera le vainqueur du Match Sénégal-Ouganda, remporté justement par les Lions de la Téranga par 1 but à zéro, inscrit par l'infatigable, l'indéfectible Sadio Mané.

C'est donc parti pour un Sénégal-Bénin qui sera certainement tout aussi alléchant que mémorable, eu égard à l'ascension aussi inattendue que fulgurante des Écureuils, qui semblent d'ores et déjà avoir créé la surprise de cette CAN 2019 ; d'abord en tenant tête aux lions de l'Atlas, avant de les bouter hors de la compétition.

Une surprise qui devrait sonner comme un avertissement aux oreilles d'Alioune Cissé et ses hommes, qui ne devraient surtout pas commettre l'erreur de sous-estimer leurs prochains adversaires.

Abdoulaye Jamil Diallo

Macky chez Alassane : signature de 5 accords de coopération

En visite officielle en Côte d'Ivoire, le président sénégalais Macky Sall s'est entretenu jeudi, à son arrivée, avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara, avant de présider tous deux, dans l'après-midi, à une séance de signature de cinq accords bilatéraux destinés à booster la coopération entre les deux pays.
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Macky Sall est arrivé ce jeudi 20 juin à Abidjan pour une visite officielle de deux jours. Reçu par Alassane Ouattara, dans l'après-midi, le président sénégalais et son homologue ivoirien ont eu un entretien en tête à tête d'environ deux heures d'horloge pour passer en revue les questions du Franc CFA et de la future monnaie unique de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest ainsi que du terrorisme sévissant dans la sous-région sahélienne.

 Les deux chefs d'Etat ont ensuite présidé à une séance de signature d'accords bilatéraux entre les deux pays, en présence de plusieurs de leurs ministres dont - côté sénégalais - Amadou Ba (ministres des Affaires étrangères), Aminata Assomé Diatta (ministre du Commerce), Ndéye Tické Ndiaye Diop (ministre de l’Economie et des Finances), Ismaïla Madior Fall (ancien ministre de la Justice, aujourd’hui ministre d’Etat à la présidence) et Hamidou Samba Kassé (ministre-conseiller chargé de la Communication) ; tandis qu'Alassane Ouattara était, lui, accompagné de son vice-président Daniel Kablan Duncan, du Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, du ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, de celui du Pétrole et de l’énergie, Adbourahmane Cissé, de l’Intégration africaine, Ally Coulibaly, et celle de la Salubrité, Anne Désirée Ouloto.

En tout, cinq accords de coopération ont été signés par les deux parties. Il s'agit notamment d’un accord de coopération dans le domaine de l’énergie et du pétrole, d'un accord de coopération en matière d’habitat social, d’un accord de coopération et d’échanges cinématographiques, d'un protocole de coopération cinématographique entre le ministère ivoirien de la Culture et de la Francophonie et le ministère sénégalais de la Culture et de la Communication, et enfin un accord de coopération commerciale entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Ce vendredi 21 juin, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, visitera la Compagnie ivoirienne de production d’électricité (CIPREL) où il sera accompagné par le vice-président de l'Etat de Côte d'Ivoire, Daniel Kablan Duncan.

Abdoulaye Jamil Diallo
Le président sénégalais Macky Sall est arrivé ce jeudi 20 juin, en fin de matinée, en Côte d'ivoire. Il y effectuera une visite d'amitié de deux jours, a annoncé la présidence ivoirienne. Macky Sall s'entretiendra avec son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, à partir de 17 heures, selon la même source. Au cours de cette visite, les deux chefs d'Etat examineront, ente autres, les voies et moyens pour améliorer les relations bilatérales entre les deux pays.

Otr'Actu

Dans une vidéo, le milliardaire américain Bill Gates fait la promotion d’une machine capable de transformer les excréments en eau potable. Une trouvaille actuellement en expérimentation au Sénégal.

De renommée mondiale, la Fondation Bill & Melinda Gates se mesure depuis 15 ans à des défis de taille pour un monde meilleur. L’association soutient ainsi l’innovation et le progrès en matière de santé afin de lutter contre les mauvaises conditions sanitaires dans les pays en développement.

De renommée mondiale, la Fondation Bill & Melinda Gates se mesure depuis 15 ans à des défis de taille pour un monde meilleur. L’association soutient ainsi l’innovation et le progrès en matière de santé afin de lutter contre les mauvaises conditions sanitaires dans les pays en développement.

Parmi les nobles causes qu’elle soutient, on compte notamment la lutte contre l’infection au VIH, contre la poliomyélite et pour l’accès à l’eau potable. Cette dernière bataille s’est récemment retrouvée sous le feu des projecteurs grâce à une campagne du milliardaire américain dvéoilant une nouvelle invention : l’Omniprocessor.

Cette machine, développée par l’entreprise d'ingénierie environnementale Janicki Bioenergy, tire les avantages des excréments humains en les transformant en quelques minutes en eau potable, en électricité et en cendres. Il fallait y penser.

Une qualité d’eau approuvée


Si la plupart pourrait être rebuté par le principe même du dispositif, ce n’est pas le cas de Bill Gates. Dans la vidéo promotionnelle visible ci-dessus, le célèbre entrepreneur s’est glissé dans la peau du testeur pour gouter l’eau sortant de l’Omniprocessor.


Il explique sur son blog Gates Notes : "J’ai regardé le tas d'excréments se faire acheminer vers une grande cuve. Ils ont fait leur chemin à travers la machine, ont été bouillis et traités. Quelques minutes plus tard, j'ai pu goûter le résultat : un verre d'une délicieuse eau potable". Pour en arriver là, le procédé est relativement simple.

Les excréments sont extraits d’un égout et introduits dans la machine via un tapis roulant. Au cœur du dispositif, les déchets sont brulés afin de dessécher la boue et obtenir des matières solides. Les vapeurs qui se dégagent de cette opération sont ainsi récupérées pour en faire de l’eau.
Cette dernière passe ensuite dans un système de nettoyage permettant d'obtenir "l'eau la plus claire et la plus propre que nous puissions imaginer".

Un dispositif prometteur
La réaction de combustion génère également de l’énergie convertie sous la forme d’électricité. Celle-ci sert, d’une part, pour faire fonctionner l’Omniprocessor, mais peut être également redistribuée sur le réseau local en cas d’excédents. Quant aux excréments, ils sont finalement récupérés sous la forme de cendres sèches pouvant servir de fertilisant.

Parce qu’il fonctionne de manière autonome, l’Omniprocessor peut être utilisé n’importe où à condition d’avoir un système d'égouts approprié. Le dernier modèle développé est capable de produire jusqu'à 86.000 litres d'eau chaque jour, et 250 kilowatts d’électricité à partir des déjections de 100.000 personnes. Il devrait être testé prochainement à Dakar au Sénégal.

A l’heure actuelle, 2,5 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, explique Bill Gates. Un manque qui a des conséquences catastrophiques, notamment sur la mortalité infantile. "Cela prendra peut-être des années avant que ce procédé soit utilisé mondialement. Mais j'ai été vraiment impressionné par la technologie".

"L’usine ne se contente pas d'enlever les excréments humains de l'eau, elle transforme les excréments en un bien avec une véritable valeur pour le marché. C'est l'illustration ultime de cette vieille expression : les ordures d'un homme font le trésor d'un autre", conclut Bill Gates.

Emmanuel Perrin | Gentside

Au Sénégal, un centre pour former les Africains à la cybersécurité

Etudier à Dakar (4/5). L’établissement formera policiers, militaires et civils à la lutte contre le terrorisme, le piratage informatique et la criminalité dans l’espace numérique.

Les ministres français et sénégalais des affaires étrangères ont inauguré, mardi 6 novembre à Dakar, une école de cybersécurité à vocation régionale. « Aucun pays ne peut se prémunir à lui seul des cyberattaques », a déclaré le chef de la diplomatie sénégalaise, Sidiki Kaba, à l’occasion du cinquième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Présenté lors de l’édition précédente du forum, le projet a été conçu pour développer les compétences des pays africains en matière de lutte contre la cybercriminalité et le cyberterrorisme, mais pas seulement. « Cette école n’est pas qu’un projet de défense mais répondra aussi aux besoins de régulation économique dans l’espace numérique », confiait lors de l’annonce de sa création, en novembre 2017, une source haut placée au sein de la Direction de la coopération de sécurité et de défense, organe du Quai d’Orsay qui pilote ce projet : « L’Afrique est en train d’effectuer des sauts technologiques plus rapides que l’Europe sans avoir tous les systèmes de protection nécessaires. Cet établissement permettra aux élites africaines de pallier leurs vulnérabilités informatiques. »

L’une des « priorités du futur »
Impulsée par la France mais portée par le Sénégal, l’idée de ce centre de formation est d’abord une volonté de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, qui voit dans la cybersécurité l’une des « priorités du futur » sur le continent.

« Les phénomènes d’usage d’Internet pour le financement du terrorisme et la diffusion de discours extrémistes encourageant à la radicalisation constituent des menaces pour la stabilité de ces Etats, a expliqué dans un communiqué le ministère français des affaires étrangères. Extorquer de l’argent ou détourner des systèmes de transfert constitue également un défi à la sécurité. En outre, le cyberespace ne connaissant pas de frontière, cette criminalité peut potentiellement affecter les Etats au-delà du continent africain. »

Provisoirement installé à Dakar, au sein des locaux de l’Ecole nationale d’administration (ENA), ce centre de formation disposera bientôt de son propre bâtiment dans la ville nouvelle de Diamniadio, située à une trentaine de kilomètres à l’est de la capitale. Il fera partie du réseau des Ecoles nationales à vocation régionale (ENVR), ces établissements de formation sécuritaire issus de partenariats entre la France et des Etats africains. Il en existe aujourd’hui seize dans dix pays, couvrant des domaines tels que le déminage, le maintien de l’ordre, la sécurité maritime et la protection civile. Deux ENVR ont été créées au Sénégal, l’une pour la formation de l’infanterie, à Thiès, et l’autre pour les officiers de gendarmerie, à Ouakam. Comme pour les autres établissements du réseau, l’école de cybersécurité devra respecter la règle suivante : 30 % d’étudiants nationaux et 70 % en provenance d’autres pays africains.

Si l’école s’adresse en priorité aux policiers et aux militaires, il est prévu qu’elle accepte aussi des civils et forme des jeunes à destination des entreprises. Ses cursus couvriront aussi bien la lutte contre le piratage informatique ou la surveillance d’Internet et des réseaux sociaux que la mise en place de cyberpatrouilleurs et de réseaux étatiques sécurisés.

Succès de la division spéciale
Plusieurs raisons expliquent le choix du Sénégal comme pays d’accueil. « Les Sénégalais possèdent des capacités numériques avancées et nous coopérons activement avec eux dans ce domaine, avance Jay Dharmadhikari, conseiller de Jean-Yves Le Drian. En outre, Dakar organise chaque année les Security Days [sur la sécurité numérique en Afrique] avec des entreprises françaises et le pays a adhéré à la convention de Budapest sur la cybercriminalité en 2016. »

La création de cette ENVR apparaît comme la suite logique des succès de la division spéciale de cybersécurité. Mise sur pied en six mois et opérationnelle depuis juillet 2017, cette structure, qui dépend de la direction de la police judiciaire sénégalaise, a déjà plusieurs faits d’armes. Elle a par exemple permis l’arrestation d’une quarantaine de hackeurs qui s’étaient introduits dans le système informatique de grandes entreprises sénégalaises pour détourner des sommes évaluées à plus de 100 000 euros. La France avait participé à la création de cette unité en fournissant 80 000 euros de matériel et en mettant à disposition un expert technique.

Episode 3 L’Université virtuelle du Sénégal, du numérique au physique
« Internet ne peut pas être une zone de non-droit qui échappe au contrôle de nos sociétés », a souligné Jean-Yves Le Drian, estimant que l’école « permettra de renforcer les capacités des Etats africains à exercer leur souveraineté sur le cyberespace ».

Des pays comme le Tchad, le Cameroun, la République démocratique du Congo (RDC), le Mali, le Gabon et le Niger sont régulièrement épinglés pour des coupures d’Internet et la censure sur les réseaux sociaux, en particulier lors des périodes électorales ou des manifestations d’envergure. N’y a-t-il pas un risque de voir ces enseignements et ces outils de cybersécurité détournés de leur usage afin d’augmenter la surveillance électronique et de limiter la liberté d’expression des populations du continent ? La question reste en suspens.

lemonde.fr

Présidentielle au Sénégal : le PDS se déchire autour de la candidature de Karim Wade

Une succession de lettres a mis le feu aux poudres au Parti démocratique sénégalais (PDS), où certains responsables commencent à questionner la stratégie du « va-tout » autour de la candidature de Karim Wade à l'élection présidentielle, prévue en février prochain.

Faut-il prévoir une alternative à la stratégie du « Karim ou rien » ? C’est une question qui agite le PDS depuis des mois mais que ses principaux responsables prenaient soin jusqu’ici de ne pas aborder, du moins publiquement. L’échange épistolaire peu amène qui vient de se jouer entre Abdoulaye Wade et son homme de confiance – et patron des députés du PDS -, l’avocat Madické Niang, à défaut de trancher le débat, laisse affleurer le clivage qui se joue en interne sur cette question stratégique pour le premier parti d’opposition au Sénégal.

Dans une lettre signée depuis Dubaï, Abdoulaye Wade n’y est pas allé de main morte pour s’attaquer à Madické Niang, accusant explicitement ce dernier de trahison. « Compte tenu des relations que nous avions entre nous, j’étais en droit de penser qu’il n’aurait jamais choisi la forme du coup de poignard dans le dos », assène Gorgui (« le Vieux », en wolof). Cause de son courroux : une missive reçue quelques jours plus tôt et dont Madické Niang serait, à ses yeux, l’instigateur occulte.

« La seconde option »
Le texte en question est pourtant bien flagorneur. Daté du 2 septembre et adressé à « son Excellence Maître Abdoulaye Wade », qualifié notamment de « défenseur des causes justes » et de « visionnaire », il invite celui-ci à « une discussion stratégique sur la présidentielle du 24 février 2019 ». Et surtout à désigner un autre candidat pour le PDS, après le rejet par la Cour suprême du recours formulé par Karim Wade en vue de son inscription sur les listes électorales.

« Cette décision de la Cour suprême nous impose une alternative qui est d’affronter Macky Sall dans la rue au risque de détruire le pays que vous avez construit ou de le battre dans les urnes en choisissant un autre candidat, écrit l’auteur de la lettre, un certain Thierno Birahim Thiobane, qui se présente comme conseiller départemental PDS à Kaolack. Et tout votre cursus politique nous oriente vers la seconde option. »

"À L’UNISSON, LES TÉNORS DU PARTI  ÉVOQUENT PUBLIQUEMENT LA PERSPECTIVE « D’UN BRAS DE FER » AVEC LE RÉGIME POUR IMPOSER LEUR CANDIDAT"

Une tonalité bien différente du mantra répété en boucle ces derniers mois sur « l’absence de plan B » au PDS en vue de la présidentielle de février 2019. À l’unisson, les ténors du parti  évoquent même publiquement la perspective « d’un bras de fer » avec le régime pour imposer leur candidat. « Nous sommes prêts à tout et nous avons l’expérience de la lutte », déclarait ainsi à JA, il y a quelques jours, le porte-parole du parti, Babacar Gaye.

« On n’a fait qu’exprimer une opinion interne au sein du parti, se défend Thierno Birahim Thiobane. Si Abdoulaye Wade a réagi avec une telle véhémence, c’est peut-être parce qu’il est manipulé par son fils. » Et de rappeler que plusieurs élus (notamment cinq députés) et responsables locaux du PDS ont cosigné la missive.

L’un des députés « signataires », Mor Kane, affirme pourtant n’avoir jamais été associé à cette initiative. « On m’a appelé en me demandant quelle devrait être la marche à suivre après le rejet du recours devant la Cour suprême, explique ce dernier à Jeune Afrique. Et j’ai simplement répondu qu’il fallait s’adresser à notre président Abdoulaye Wade, que je respecte beaucoup. Je n’ai jamais vu cette lettre. »

« Une candidature de recours »
Quid du rôle de Madické Niang dans cette affaire ? « Je n’ai jamais été en contact avec lui lors de la rédaction de ce texte », assure Thierno Birahim Thiobane. Même son de cloche du côté de l’intéressé, qui jure dans un communiqué relayé par la presse en ligne sénégalaise n’avoir « jamais trahi Abdoulaye Wade » et « n’être ni de près ni de loin mêlé à l’initiative de Thiombane, que je n’ai jamais rencontré et avec qui je n’ai pas parlé une seule fois ».

Mais dans le même texte, Madické Niang – qui demeurait injoignable ce mardi – révèle aussi avoir envoyé une lettre à l’ancien président, le 3 septembre, où il lui proposait « une candidature de recours en cas de nécessité ». « J’avais choisi cette voie directe et confidentielle parce qu’il s’agit pour moi d’une question importante pour l’avenir du Sénégal qui mérite une réflexion profonde et lucide », estime-t-il.

Un discours à rebours de celui tenu en public depuis des mois par ce haut responsable du PDS. Le même jour, 3 septembre, Madické Niang affirmait ainsi à JA : « Il ne s’agit pas de boycotter l’élection mais de l’empêcher de se tenir sans Karim. »

jeuneafrique.com

Sénégal: Les proches de Khalifa Sall accusent le pouvoir de chercher à l'isoler

Au Sénégal, Khalifa Sall n'est plus maire de Dakar depuis le 5 septembre. Sa révocation par décret présidentiel lui a en effet été directement signifié à la prison. Si l'Etat indique que seule la loi est appliquée, pour ses proches, cette révocation n'a qu'un but : l'affaiblir au sein de la classe politique.

Plus de salaire, plus d'accès aux dossiers de la mairie, ni aux élus et à ses conseillers : y-a-t-il des manœuvres pour isoler politiquement Khalifa Sall, l'ex-maire de Dakar condamné en appel pour escroquerie sur des deniers publics ?

C'est ce que pense son fidèle bras droit Moussa Tine. « Plus personne ne peut aller le voir. Il va se limiter aux visites habituelles de ses amis tous les lundis, souligne-t-il. Donc l'enjeu dans cette affaire-là est d'abord de l'isoler, de semer la zizanie entre les maires et les différents conseillers municipaux, et peut-être en fin de compte d'arriver à une délégation spéciale au niveau de la mairie de Dakar. Ce qui serait une forte violation du droit de suffrage des Dakarois. »

Au sommet de l'Etat, on récuse ses accusations et on vante, au contraire, le bon fonctionnement de la justice, l'application stricte des règles et des lois. Et donc le droit du président Macky Sall de révoquer Khalifa Sall.

Mais pour Moussa Sow, conseiller municipal à Dakar, ce décret n'empêchera pas l'ex-maire de la capitale de participer à la présentielle. « Khalifa Sall en prison, avec ou sans ses droits civiques, il participera aux élections d'une manière ou d'une autre, assure-t-il. Je peux même vous dire qu'il est plus dangereux en prison que dehors. Les Sénégalais n'aiment pas qu'on traite comme ça leurs compatriotes. »

Sans visites autorisées six jours sur sept, Khalifa Sall, s'il reste député, doit donc désormais suivre la vie politique par l'intermédiaire des médias et se retrouve donc, pour la première fois de sa longue carrière, exclu des débats.

rfi