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 Visé par des critiques en France après le refus qui lui est prêté de s'associer à la lutte contre l'homophobie et d'arborer un maillot arc-en-ciel, l'international sénégalais et récent champion d'Afrique Idrissa Gana Gueye a reçu un soutien de poids en la personne du chef de l'État sénégalais et président en exercice de l'Union africaine. Dans un message sur Twitter, Macky Sall a demandé « le respect des convictions religieuses » du footballeur. « Je soutiens Idrissa Gana Gueye », a-t-il dit.

Macky Sall, président du Sénégal apporte officiellement son soutien à Idrissa Gueye dans l'affaire du maillot au flocage LGBT !  

« Je soutiens Idrissa Gana Gueye. Ses convictions religieuses doivent être respectées. »

Au Sénégal l'homosexualité est interdite

Au Sénégal, pays musulman à 95 % et très pratiquant, les relations homosexuelles sont interdites. La loi existante précise que « sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100 000 à 1 500 000 francs (152 à 2 286 euros) quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ». Vainqueurs en février dernier au Cameroun de la première Coupe d'Afrique des nations (CAN) du pays, face à l'Égypte, Idrissa Gana Gueye et ses coéquipiers des Lions de la Téranga sont adulés. Deux raisons qui expliquent à coup sûr le soutien du chef de l'État sénégalais. Et il n'y a pas eu que le sien, aussi bien dans la classe politique que dans la société civile.

les soutiens se sont multipliés

Le ministre des Sports, Matar Bâ, a défendu Gana Gueye en indiquant dans une déclaration à la presse lundi soir que « quand on signe [un contrat avec un club], c'est pour jouer au foot, ce n'est pas pour faire la promotion de quoi que ce soit ou mettre de côté ses convictions ». L'ex-Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, lui, y est allé de son encouragement en lui disant : « Tiens bon, Gaïndé », dans un message sur Twitter accompagné de versets du Coran, avec un clin d'œil il en lien avec le surnom de la sélection nationale le mot « Gaïndé » signifiant « Lion » en langue ouolof. L'écrivain et intellectuel Boubacar Boris Diop, lauréat du très prestigieux prix Neustadt, lui aussi a affirmé sa « solidarité totale avec Idrissa Gana Gueye », sur Twitter. Parallèlement, de nombreux Sénégalais ont mis mardi en statut WhatsApp le message de soutien du président sénégalais ou des photos de Gana Gueye en pèlerinage à La Mecque.

Le Point Afrique

Comment Islam et Chrétienté cohabitent au Sénégal?

 Le Sénégal est un exemple de coexistence pacifique entre différentes communautés religieuses.

« Mon grand-père était musulman. Le jour de mon ordination, il était devant dans l'église à prier avec tout le monde même s'il avait son chapelet. Ce grand-père, pour qui j'ai beaucoup d'estime et à qui je rends encore hommage pour l'éducation qu'il nous a transmise, a des enfants qui sont devenus musulmans et d'autres chrétiens. Ma mère est chrétienne, mais certaines de ses sœurs sont restées musulmanes. Et nous avons toujours vécu en bonne entente et en cohésion », raconte avec émotion l'Abbé Alphonse Birame Ndour, curé de la paroisse Saint-Paul de Grand Yoff à Dakar, dans un entretien avec Apa news vendredi 6 mai. 

Son témoignage, rare dans le monde, est pourtant fréquent dans son pays le Sénégal où la majorité musulmane s'accommode largement des minorités religieuses, chrétiennes notamment. 

« L'histoire du Sénégal est jalonnée de rencontres avec des peuples et des cultures différentes ayant abouti à un métissage au sein des ethnies et des familles », rappelle Cheikh Ahmed Tidiane Sy al Amine, président fondateur du Think Tank GUESS dont le père, Abdoul Aziz Sy Al Amin décédé en 2017 était le sixième khalife générale des Tidjanes (ou Tarika Al Tijaniya, en arabe), une des principales confréries musulmanes soufies au Sénégal, avec les Mourides (Al Mouridiya)  et les Khadres (Al Kadiriya). 

Cette particularité sénégalaise « s'explique par le fait que l'islamisation de nos peuples n'a pas été imposée mais acceptée de fait à la suite des brassages culturels entre les caravanes venues d'Afrique du nord et les autochtones », poursuit cet ancien président du Cadre unitaire de l'Islam, une organisation qui regroupe les principales confréries musulmanes soufies au Sénégal. 

« Nous devons cette situation non seulement à ce que nous avons en commun, c'est-à-dire la famille, la parenté, le sang, mais aussi grâce à la perspicacité et à la sagesse de nos pères devanciers qui, dès le lendemain des indépendances dans les années 60 ont pu installer dans notre pays un souci de l'autre, ce souci du vivre ensemble…», confirme l'Abbé Alphonse Birame Ndour, qui cite comme exemple récent des relations cordiales entre religieux au Sénégal, cette visite de l'Archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye à Serigne Mountakha Mbacké, le khalife général des Mourides, à l'occasion de l'inauguration en 2019 à Dakar de la splendide mosquée Massalikoul Djinan, la plus grande de la ville avec plus de 30000 places assises. Un geste dont il faut se féliciter d'autant que « le Dieu que nous aimons et adorons, n'est pas le Dieu de la division. C'est le Dieu de l'amour, de la paix, de la Concorde et de l'Unité », insiste le curé de Grand-Yoff. 

Pour Cheikh Ahmed Tidiane Sy al amine, il n'y a d'ailleurs pas de « lignes de séparation claires entre les communautés mais plutôt une symbiose ou une émulsion entre les communautés religieuses ». 

Cette « cohabitation » ou « coexistence » que magnifient le curé et le leader musulman est parfois secouée par des propos extrémistes. « Nous notons une tendance à saper l'exception sénégalaise du vivre ensemble en raison de l'émergence de nouveaux courants plus ou moins structurés n'ayant pas les mêmes bases spirituelles que les confréries soufies », regrette Cheikh Ahmed Tidiane Sy.

L'Abbé Alphonse Birame Ndour, lui aussi, déplore « l'émergence de nouveaux prédicateurs qui n'hésitent pas à mettre sur le dos de l'autre des accusations infondées et insensées ». Ce qui, selon le curé, « ne peut pas manquer de susciter l'émoi et l'émotion et même parfois des réactions violentes de la part de ceux qui se sentent visés ». Pour faire face à ces discussions qui menacent la bonne entente entre confessions au Sénégal, le catholique et le musulman souhaite des mesures fortes de la part des autorités politiques. 

Pour l'Abbé Alphonse Birame Ndour, il est urgent que le pouvoir fasse « respecter la laïcité de l'Etat sénégalais ». Et Cheikh Ahmed Tidiane Sy al Amine de conclure : «Il  faut introduire dans le cursus scolaire l'enseignement obligatoire des valeurs de tolérance et de paix portées par les grandes figures religieuses aux générations actuelles et futures ». Il propose également « la régulation des réseaux sociaux, lieux propices à tous les débordements quitte à durcir la loi sur toutes les formes d'incitation à la violence ou à la haine entre communautés ».

Source : APA


Le président sénégalais s’est adressé à la nation à la veille du 62e anniversaire de l’indépendance du pays. Alors que les musulmans ont entamé ce dimanche 3 avril le ramadan et que les chrétiens sont en plein carême, le chef de l’État a insisté sur les enjeux du prix des denrées et de l’autosuffisance alimentaire.

Après deux ans sans célébration pour cause de Covid-19, une cérémonie de prise d’armes suivie d’un défilé militaire « petit format » à la place de l’Indépendance commémorera ce lundi 4 avril le 62e anniversaire du Sénégal. Mais le discours du président Macky Sall était surtout un appel au rassemblement, dans un contexte d’augmentation des prix liée à la guerre en Ukraine.

« Considérant le risque élevé de pénurie et de flambée des prix en raison de la crise mondiale, j’appelle à une mobilisation générale pour accroitre et valoriser davantage nos produits agricoles, d’élevage et de pêche », a-t-il déclaré.

« Relever le défi de l’autosuffisance alimentaire »

Le président sénégalais a également détaillé avoir baissé les prix des denrées de première nécessité et augmenté la subvention du riz local pour aider les ménages. « Mais, pour être à l'abri des aléas de la conjoncture internationale, nous devons faire preuve de résilience en gagnant au plus vite la bataille de la souveraineté alimentaire. Ce sont des investissements massifs que l’état continue de consacrer à la modernisation et à la diversification des secteurs de l’élevage, de la pêche et de l’agriculture. Relever le défi de l’autosuffisance alimentaire, c’est aussi facilité les échanges entre les zones de production et les marchés. »

Alors que cette fête d’indépendance a pour thème les forces de défense et de sécurité et la résilience nationale, Macky Sall a aussi insisté sur la poursuite du « programme de renforcement des capacités opérationnelles de l’armée » afin qu'elle soit prête à assurer la défense du territoire national « dans un contexte mondial agité et incertain. »

Source: rfi



Le Sénégal, à l'instar de 34 autres pays, n'a pas souhaité se prononcer sur la guerre menée par la Russie en Ukraine. Une préoccupation majeure qui mobilise l'Organisation des nations unis depuis l'éclatement du conflit, la semaine dernière, et qui a conduit, ce mercredi, au vote d'une résolution exigeant que « la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine ». 

141 pays sur les 193 de l'Assemblée générale ont approuvé la résolution portée par l'Union européenne (UE), en coordination avec l'Ukraine, qui « condamne la décision de la Russie d'accentuer la mise en alerte de ses forces nucléaires » et exhorte Moscou à retirer « immédiatement, complètement et sans conditions, toutes ses forces militaires » d'Ukraine. 

Cinq pays ont voté contre ; il s'agit notamment de la Russie, du Bélarusse, de la Corée du Nord, de la Syrie et de l'Érythrée. 35 pays se sont abstenus dont 17 pays africains.  Il s'agit notamment de l'Algérie, de l'Angola, de l'Afrique du Sud, du Burundi, de la Centrafrique, du Congo, de la Guinée équatoriale, de Madagascar, du Mali, du Mozambique, de la Namibie, du Sénégal, de l'Ouganda, du Soudan, du Soudan du Sud, de la Tanzanie et du Zimbabwe.

Cette résolution tombe à la suite de plus de deux jours d'interventions successives à la tribune de l'Onu. La Russie, elle, justifie son offensive de grande envergure par la menace que constitue pour sa sécurité le désir affiché par l'Ukraine d'intégrer l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan).

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile


Sanctions de la Cédéao contre le Mali : grosse perte pour le Sénégal ?

Des chauffeurs maliens oisifs errant devant le port de Dakar. Cela fait déjà une semaine que Lamine et Cheikh espèrent un allègement de l’embargo et de la fermeture des frontières des pays de la Cédéao avec leur pays.

"Nous, nous sommes des chauffeurs. Nous venons chercher les véhicules pour le Mali. Depuis lundi jusqu’à présent, tout est bloqué", a déclaré Lamine Dagamaissa, chauffeur de véhicules d’occasion en transit.

"Franchement, nous sommes en difficulté ici. Nous avons des familles qui sont au Mali, et il y a des centaines de véhicules ici. Ça c’est une perte pour nous ! Ça ne va pas car les véhicules sont des commandes, regrette Cheikh Koné", lui aussi chauffeur.

Le plus grand perdant

Le plus grand perdant, c’est le Sénégal, affirment plusieurs exportateurs sénégalais qui ont préféré garder l’anonymat.

Pour El-hadj Matabara Dieye, chef transit à Transit moderne du Sénégal, les pertes seront énormes à court terme, non seulement au port de Dakar mais aussi dans plusieurs autres secteurs d’activité.

"Si ça perdure, il y aura des conséquences vraiment extraordinaires dans ce port. Imaginez que tous les conteneurs qui devraient être acheminés au Mali restent là. Notre port sera bourré de conteneurs et il n’y aura plus de places pour recevoir les navires qui vont arriver. C’est ça notre inquiétude. Le pays perd dans la mesure où les débarquements, les transports, les camions qui prenaient leur carburant ici pour aller au Mali, toutes leurs marchandises passent par le Sénégal. Donc économiquement, nous serons impactés", a souligné El-hadj Matabara Dieye.

Selon l’économiste Ndongo Samba Sylla, qui a cité dans l’un de ses tweets l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, "le Mali, comme destination à l’exportation, avec 474 milliards de francs CFA en 2020, est plus important pour le Sénégal que tous les pays de l’Union européenne réunis."

Il en déduit qu’en acceptant les sanctions de la Cédéao contre le Mali, le Sénégal se tire une balle dans le pied.

Auteur: Robert Adé

Sénégal : Thione Seck tire sa révérence


C'est avec consternation que la monde de la culture sénégalaise a appris aujourd'hui le décès d'un des monuments de la musique sénégalaise, en l’occurrence l'artiste musicien et parolier hors-pair Thione Ballago Seck, décédé ce dimanche 14 mars 2021, des suites d'une courte maladie.

Dès l'annonce de la nouvelle, une foule de fans et de collaborateurs de l'artiste a assailli son domicile dakarois, surpris et abasourdis par la soudaineté de la nouvelle.

Les témoignages sont unanimes : l'homme était un musulman pieux, véridique, d'une sincérité et d'une simplicité touchantes, en dépit de sa grande popularité et de son insigne succès.

L'artiste est et restera un des piliers de la musique sénégalaise de par sa contribution considérable à la promotion du style musical sénégalais le plus populaire, le Mbalax, qu'il a su allier, avec maestria, aux styles oriental, indien et latino, lui conférant ainsi la touche unique et doublement adulée des Sénégalais qui distingue sa musique. Un succès dû à son entrée précoce dans le monde de l'art où il s'est distingué par des débuts rayonnants, à seulement 19 ans, au très populaire Orchestra Baobab de Dakar.

Le Sénégal perd ainsi un de ses illustres artistes musiciens et chanteurs ayant marqué sa musique de la période post-indépendances à nos jours.

Mais la relève pour Thione est bien assurée à travers notamment le legs porté par son fils Waly Ballago Seck, qui depuis plusieurs années maintenant, séduit de sa voix mélodieuse les foules, de Dakar à Bamako, jusque dans les capitales occidentales où il fait le bonheur de la diaspora sénégalaise et africaine.

Thione Seck tire ainsi sa révérence à 66 ans, laissant derrière lui un riche patrimoine musical ainsi qu'un fils désormais devenu la coqueluche des mélomanes sénégalais. Adieu l'artiste, ton travail n'aura pas été vain !



Abdoulaye Jamil Diallo

Idrissa Gueye signe son entrée officielle au PSG

Idrissa Gana Gueye est depuis ce mardi officiellement joueur du Paris Saint-Germain. Le Sénégalais de 29 ans, parti de Lille en 2015 pour la Premier League, vient ainsi consolider le milieu de terrain du club parisien.

Cinquante-troisième Africain et seulement huitième joueur sénégalais ayant jusqu’ici rejoint le PSG, selon le décompte du club, Idrissa aurait été, selon nos sources, acheté pour 30 millions d’euros au club anglais d’Everton. Il s’est engagé ce mardi pour un contrat de quatre ans, et jouera pour le champion de France jusqu ‘en 2023, sous le numéro 27 qu’endossait un certan Javier Pastore, estampé de son nom de joueur Gana.

Gana, justement, un nom que lui aurait donné son père, rappelle Idrissa, en souvenir de son grand-père, même si l’international sénégalais n’a décidé de l’endosser que plus récemment après son départ de Lille en 2015, après avoir longtemps joué sous le patronyme de Gueye.

D’aucuns disent que sa prestation lors de la dernière CAN a été décisive dans la motivation du choix du Paris Saint-Germain, qui recherchait activement un milieu de terrain de haute facture.

Abdoulaye Jamil Diallo - S'informer Utile

Mémoires de l'ancien président sénégalais Abdou Diouf

« Tant que la fortune te sourit, tu auras beaucoup d'amis, si les nuages se montrent, tu te retrouveras seul », écrit l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, dans ses Mémoires publiés aux Editions Seuils. Un livre riche en anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres. S'informer Utile vous en présente ici un extrait.
« C'est à partir du moment où je fus relevé de mes fonctions de gouverneur du Sine-Saloum que, pour la première fois, je fus véritablement confronté à l'ingratitude des hommes.
 
J'ai pu alors constater que, tant que vous êtes une autorité, les hommes vous sont fidèles et sont à vos pieds, mais dès que vous êtes en disgrâce, ou qu'ils vous y croient, certains d'entre eux n'ont plus de considération pour vous et vous tournent le dos.

C'est le cas de ce grand chef religieux qui, lorsque j'étais encore gouverneur, m'avait demandé de lui installer une coopérative dans un village de la région. Au moment de quitter mes fonctions, j'ai pensé qu'il valait mieux prendre l'arrêté avant de partir, afin que mon successeur puisse finaliser rapidement le projet. J'avais fait cela avec un zèle qui correspondait au respect que je vouais à ce guide.

J'ai donc signé l'acte et je voulais lui dire au téléphone de ne pas s'inquiéter , puisque j'avais tout fait. J'ai eu une grande surprise. Un de ses disciples m'a fait attendre longtemps et, à la fin, quelqu'un d'autre a pris l'appareil pour me dire : «  Gouverneur, le marabout vous salue bien, il m'a chargé de vous dire qu'il est très occupé en ce moment mais qu'il vous souhaite le meilleur ».
Je lui ai répondu que c'était tout juste pour lui dire que j'avais signé l'arrêté pour la coopérative. Dans mon for intérieur, je me disais que ce n'était pas possible qu'il me traitât ainsi .

Que dire également du comportement de cet homme qui était toujours dans nos cortèges à crier à tue - tête : « Maintenant nous avons le meilleur gouverneur du pays, un gouverneur qui nous porte bonheur ».  Il le faisait avec tout ce qu'ont pouvait imaginer comme obséquiosité, louanges, ovations et autres envolées dithyrambiques.

Pourtant, quand j'ai quitté mes fonctions, il ne savait pas encore que j'étais affecté à un nouveau poste et un jour, en sortant du ministère des Affaires étrangères, je l'ai aperçu devant la pharmacie du Rond- Point et me suis dirigé vers lui.
Il m'a aussitôt tourné le dos et j'ai compris que, s'il avait agit de la sorte, c'est qu'il ne voulait pas se compromettre avec quelqu'un qui était en disgrâce ou en tout cas qui était considéré comme tel.
Pour le jeune homme de 27 ans que j'étais, qui croyait à tant d'idéaux, voir les hommes se comporter cette façon fut un choc. 

Et me sont revenus en mémoire mes jeunes années de latinistes au lycée Faidherbe et les vers qu'Ovide, exilé par Auguste au bout du monde, à Tomis, sur les bords de la mer Noire, écrivait dans les Tristes : « Tant que la fortune te sourit, tu auras beaucoup d'amis, si les nuages se montrent, tu te retrouveras seul ». 
Il y a eu certes ce griot et ce grand chef religieux que j'admirais tant, mais il y a eu bien d'autres encore ».

Abdou Diouf, Mémoires - Editions Seuil.