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Au Burkina Faso, un sentiment anti-français diffus

Confronté à une crise djihadiste croissante, le pays sahélien doit faire appel à l’aide de Paris alors que son opinion publique dénonce une présence militaire étrangère.

Dans le cadre d’une tournée au Sahel, la ministre française des armées, Florence Parly, a atterri, lundi 4 novembre après-midi, au Burkina Faso, pays fragilisé par les attaques djihadistes et où la question de la présence militaire française fait débat.

Cette visite intervient près d’un an après la signature d’un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération entre la France et le Burkina et alors que la force française « Barkhane » multiplie les opérations dans le pays, plongé dans une grave crise sécuritaire. Les attaques terroristes ont tué plus de 600 personnes depuis 2015 et provoqué le déplacement forcé d’un demi-million de civils.

A la demande des autorités burkinabées, « Barkhane » a dû intervenir à deux reprises en septembre au nord du pays pour suppléer des forces de sécurité locales sous-équipées, mal formées, démoralisées et désorganisées. « Environ 80 soldats français » et deux hélicoptères britanniques ont ainsi été envoyés du 13 au 16 pour sécuriser la ville de Djibo, qui menaçait de subir « une attaque d’envergure ». Selon un haut gradé de la police, cette montée en puissance de la force française au Burkina Faso est un « mal nécessaire ». « On aimerait s’en passer, mais on n’y arrivera pas tout seul, on a besoin d’aide c’est clair, même si la hiérarchie ne veut pas l’assumer officiellement », ajoute-t-il.

« Syndrome de l’ancienne puissance coloniale »
L’opinion publique vient rappeler régulièrement aux autorités que les interventions françaises ne sont pas nécessairement les bienvenues. « Armée française, hors du Burkina et d’Afrique ! » Le slogan a le mérite d’être clair. Le 12 octobre, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées devant la Bourse du travail de Ouagadougou pour dénoncer le « terrorisme et la présence de bases militaires étrangères » sur le continent. Menace djihadiste, trafic d’armes, pauvreté, « pillage » des ressources naturelles… La faute à « la Françafrique ! », clamaient les manifestants qui soupçonnent la France de vouloir établir « une nouvelle base militaire à Djibo ».

Paris et Ouagadougou ont démenti cette rumeur tenace. « On a reçu beaucoup d’appels et de questions à ce sujet, certains de nos auditeurs restent convaincus qu’une base française est en construction, rapporte Hyacinthe Sanou, le directeur des rédactions de la Radio Omega, la France déchaîne toujours autant les passions, on la soupçonne de tout et son contraire, c’est le syndrome de l’ancienne puissance coloniale. » Tantôt admirée, tantôt détestée, elle ne cesse d’alimenter les fantasmes. « Il y a une posture paradoxale, analyse Cyriaque Paré, journaliste et docteur en sciences de l’information et de la communication, certains Burkinabés aiment critiquer la présence française tout en exigeant plus de ses forces militaires. »


Les contempteurs du « néocolonialisme français » se nourrissent aux sources révolutionnaires et anti-impérialistes de l’ancien président Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987. Mais, avant lui, le père de l’indépendance burkinabée, Maurice Yaméogo, avait refusé de signer un « accord de défense » avec la France en 1961, entraînant le démantèlement de la base militaire française de Bobo-Dioulasso, à l’ouest du pays, l’une des plus importantes de la région à l’époque.

« Le petit plus »
Souci d’indépendance, héritage sankariste remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré à la suite d’une insurrection population en 2014, le gouvernement actuel a toujours été réticent à demander de l’aide à la France. « Il est tiraillé entre la mémoire et les idées de Sankara, dont il se réclame, et la réalité du terrain et de son armée qui manque de moyens. Il se voit obligé de faire de la realpolitik », observe un politologue et ancien diplomate burkinabé.

En décembre 2018, la France et le Burkina Faso ont signé un « accord intergouvernemental de défense » pour renforcer la coopération militaire entre les deux pays. A la demande de Ouagadougou, « Barkhane » opère depuis le Niger et le Mali voisins, au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Les autorités burkinabées sont acculées, sans capacité de réaction et nous appellent à l’aide tout en nous demandant de rester discrets », confie une source sécuritaire à Paris. Pourtant, la situation ne cesse de s’aggraver. « Cette guerre ne peut pas se mener tout seul aujourd’hui, elle a besoin de synergie avec les pays de la sous-région et les autres forces. […] Certaines opérations françaises nous apportent le petit plus, la puissance de feu qu’on peut ne pas avoir », concède Rémis Fulgance Dandjinou, le ministre de la communication burkinabé.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance) - Monde

Mali : une attaque terroriste contre des militaires fait 54 morts

C’est un véritable carnage et le bilan n’est pour l’instant que provisoire. L’armée malienne a essuyé vendredi une de ses plus grosses pertes depuis plusieurs années avec la mort de 53 soldats et d’un civil dans une « attaque terroriste » contre un camp militaire à Indelimane, près de la frontière avec le Niger. Le ministre malien de la Communication, Yaya Sangaré, a également fait état de « dix rescapés » et de « dégâts matériels importants ».

Une attaque pour le moment non revendiquée
Le gouvernement malien a pour sa part fait savoir vendredi soir qu’il « condamnait » cette « attaque terroriste qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels du côté des Forces nationales de défense et de sécurité ». « Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants », a ajouté le gouvernement, sans donner de précisions sur ces derniers. L’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours. Cependant les violences djihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires ayant fait des centaines de morts.

20minutes

La France confirme le rapatriement des djihadistes français détenus en Syrie

La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a précisé, jeudi sur RTL, que les autorités françaises étudiaient « plusieurs options ».

La question du sort des djihadistes français détenus dans les prisons françaises et par les Kurdes en Syrie se pose avec acuité aux autorités françaises.

La ministre de la justice Nicole Belloubet a d’une part confirmé, jeudi 31 janvier sur RTL, qu’une « trentaine » de djihadistes ayant purgé leur peine allaient sortir de prison en 2019. « Lorsque nous sommes face à des détenus de ce type, il y a une évaluation de leur dangerosité, il y a un placement dans un quartier étanche. A leur sortie, il y a évidemment un suivi extrêmement strict par les services de renseignement territoriaux », a précisé Nicole Belloubet.

Concernant le retour de ceux détenus en Syrie, « Nous avons fait un choix, qui est celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France », a déclaré la garde des sceaux, tout en précisant que les autorités françaises étudiaient « plusieurs options ».

« La situation nouvelle, qui est liée notamment au retrait des forces américaines [de la région], a bouleversé la donne et évidemment nous nous préparons à un éventuel retour des Français qui sont actuellement au nord de la Syrie. »

Lire nos informations : Le retour des djihadistes français détenus en Syrie n’est plus un tabou
« 75 % d’enfants »
La ministre a confirmé au passage un changement de doctrine de Paris, qui affirmait jusqu’alors que les djihadistes français devaient être jugés par les autorités locales.

« Au moment où je vous parle, rien n’est certain, évidemment. Mais ce n’est plus le seul scénario et il va de soi que si les Français qui sont détenus par les Kurdes devaient être remis en liberté, expulsés, nous avons, je crois, collectivement plutôt intérêt à nous assurer de ce qu’ils deviennent plutôt que de les laisser libres sans savoir où ils sont. »

Elle a confirmé que les adultes qui reviendront en France seraient interpellés à leur arrivée mais précisé que ces Français détenus par les Kurdes syriens dans des camps étaient en majorité des enfants. « Nous pensons qu’à peu près à 75 % ce seraient des enfants de moins de 7 ans », a déclaré Nicole Belloubet. Elle a cependant dit ne pas être en mesure de préciser à ce stade le nombre total de ressortissants français concernés.


Mercredi soir, sur France Inter, Edouard Philippe a également défendu la nouvelle position française : « S’ils sont expulsés, je préfère qu’ils soient jugés et condamnés, sévèrement (…) punis en France plutôt qu’ils se dispersent dans la nature pour fomenter d’autres actions y compris contre notre pays », a-t-il déclaré.

Un retour critiqué
Plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite ont dénoncé l’éventuel retour de ces djihadistes, le député LR Pierre-Henri Dumont appelant même à des « assassinats ciblés ».

Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait affirmé que la doctrine française n’avait « jamais varié ». « Ceux qui peuvent être jugés dans des Etats qui ont des institutions qui permettent de les juger » seraient jugés « là-bas », a-t-il dit. Quant aux Etats « qui n’auraient pas ces institutions, si les forces qui ont la garde de combattants terroristes français prenaient la décision de les expulser vers la France, ils seraient immédiatement remis à la justice », a-t-il expliqué.

Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a expliqué de son côté que les enfants des djihadistes concernés feraient l’objet d’un « traitement spécial, au cas par cas, en relation avec la Croix-Rouge internationale et sous le contrôle des autorités judiciaires françaises. »

lemonde.fr

Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb révèle ce vendredi matin qu’un projet d’attentat a été déjoué. Deux hommes d’origine égyptienne ont été arrêtés à Paris il y a une semaine.
Un nouvel attentat a été déjoué en France et deux hommes d’origine égyptienne ont été arrêtés, a annoncé vendredi le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sans préciser la date ni le lieu.

« Il y avait deux jeunes gens d’origine égyptienne qui s’apprêtaient à commettre un attentat, avec soit de l’explosif soit à la ricine, ce poison […] très fort », a déclaré le ministre sur RMC et BFMTV. Selon lui, les deux hommes échangeaient sur la messagerie Telegram, où ils ont été repérés. Ils disposaient de « tutoriels » pour fabriquer des poisons à base de ricine.

Selon une source proche de l’enquête interrogée par l’AFP, l’interpellation a eu lieu dans le XVIIIe arrondissement de Paris vendredi 11 mai, veille de l’attaque au couteau menée par le djihadiste d’origine tchétchène Khamzat Azimov.

Selon les informations du Parisien, c’est bien la messagerie Telegram qui a mené à ces deux hommes. En scrutant les réseaux sociaux, notamment un compte particulièrement actif dans la sphère pro-djihadiste, la DGSI est parvenue à identifier un certain M.M., né en 1998 en Egypte. A son domicile, ont été retrouvés un sac contenant de la poudre noire, extraite d’un bloc de pétards, plusieurs supports numériques contenant notamment des tutoriels de fabrication d’explosif et une vidéo expliquant comment utiliser un poison puissant.


Interpellé avec O.M., né la même année en Egypte, M.M. a, toujours selon les informations du Parisien, affirmé qu’un individu - non identifié à ce jour — lui avait demandé via Telegram de se procurer le bloc de pétards pour fabriquer l’explosif lui permettant de commettre un attentat en France.

M.M. a tenté de minimiser ses intentions. Mais l’exploitation des éléments recueillis contredit ses déclarations : l’homme, étudiant âgé de 20 ans, fiché S depuis janvier et surveillé par la DGSI, avait en réalité accepté de réaliser cette mission. Il a reconnu en garde à vue être proche de la mouvance djihadiste, dont il consultait les vidéos de propagande. Il était prêt à mourir en martyr en se faisant exploser.

Il a été mis en examen et écroué. O.M. a été remis en liberté.

Correctement extraite de la graine de ricin - une fleur courante —, et fortement concentrée, la ricine est potentiellement 6 000 fois plus puissante que le cyanure. C’est ce toxique qui était utilisé dans les fameux « parapluies bulgares » du temps de la guerre froide.

Le troisième projet d’attentat déjoué depuis janvier
Depuis le 1er janvier 2018, la France a connu deux attentats majeurs, dans l’Aude, à Carcassonne et Trèbes le 23 mars, et à Paris le 12 mai. Mais les services de renseignement et de sécurité français ont déjoué trois projets d’attentats. En dévoilant ce projet, ce vendredi, le ministre de l’Intérieur n’en est pas à une première. Fin février, il avait déjà révélé qu’une personne « radicalisée » et « suivie » avait été interceptée pour avoir fomenté un projet d’attentat dans l’Ouest, vraisemblablement dans un stade de football. Mi-janvier, un homme a aussi été arrêté dans la région de Nîmes pour avoir voulu s’attaquer aux forces armées. Âgé de 33 ans, il avait prêté allégeance à Daech dans une vidéo.

En 2017, vingt projets d’attentat avaient été stoppés au stade du projet.

leparisien

Vidéo - Procès Salah Abdeslam: ce qu'il faut retenir de la première journée



S'il s'était montré plus bavard il y a deux ans, au lendemain de son arrestation mouvementée à Molenbeek, Salah Abdeslam s'est cloîtré ce lundi dans un quasi-mutisme qu'il oppose désormais à la justice, et ne reconnaît qu'avoir "loué des voitures ainsi que des hôtels (...) à la demande" de son frère, un des kamikazes du 13-Novembre. 

Paris: l'assaillant du Louvre "formellement identifié"


L'homme qui a attaqué vendredi des militaires près du musée du Louvre à Paris a été "formellement identifié" comme étant Abdallah El-Hamahmy, un Egyptien de 29 ans, a-t-on appris mercredi de sources proches de l'enquête.

L'homme, grièvement blessé par des tirs de riposte des soldats, avait commencé à parler lundi aux enquêteurs et décliné cette identité. "Suite aux vérifications, il n'y a désormais plus de doutes sur son identité", ont précisé ces sources. Son état de santé s'étant fortement dégradé mardi, sa garde à vue avait été levée en début de soirée.

Face aux enquêteurs, Abdallah El-Hamahmy a expliqué n'avoir pas voulu s'en prendre aux militaires mais avoir l'intention de mener une action fortement symbolique contre la France, en dégradant des oeuvres du musée, le plus fréquenté du monde, avec les bombes de peinture retrouvées dans son sac à dos.

Une version totalement contradictoire avec son arrivée sur les lieux vendredi matin, une machette de 40 cm dans chaque main, fonçant vers les militaires en patrouille en criant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand, en arabe). Un soldat avait été très légèrement blessé.

L'enquête se poursuit sur le passé et les motivations de ce jeune homme apparemment sans histoires, diplômé en droit et cadre commercial dans une entreprise aux Emirats arabes unis.

Il était légalement entré comme touriste en France le 26 janvier en provenance de Dubaï, avant de séjourner dans une location à la semaine proche de la prestigieuse avenue des Champs-Elysées.

Aucune revendication n'a été émise à ce stade pour cette attaque et aucune allégeance à un groupe jihadiste n'a été trouvée lors de la perquisition dans l'appartement loué à Paris.

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle.

"Lorsque son état de santé sera déclaré compatible par le corps médical, il sera vu par le juge d'instruction" en vue d'une inculpation puis d'un éventuel placement en détention provisoire, avait affirmé mardi une source judiciaire.

Cette attaque a ravivé de douloureux souvenirs en France, où une série d'attentats jihadistes ont fait 238 morts en 2015 et 2016, et qui vit sous le régime de l'état d'urgence depuis quinze mois.

AFP

"Le ministre de l’Intérieur est en déplacement mais il suit très attentivement la situation. Il est informé en permanence. Il se rendra dès son retour au chevet du militaire qui a été blessé, et à la rencontre de ses camarades qui sont intervenus, comme des policiers", a-t-il ajouté, après avoir salué "la réactivité des personnels du Louvre" et le "grand professionnalisme des militaires et des policiers".


Au cri d'"Allah Akbar", un homme a attaqué à l'arme blanche vendredi des militaires en faction à l'entrée de la très touristique galerie du Carrousel du Louvre à Paris, qui ont riposté, le blessant très grièvement. Il s'agit "visiblement" d'une "attaque à caractère terroriste", a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en déplacement à Bayeux. Le parquet antiterroriste a été saisi de l'enquête.

Source : franceinfo

Attaque au Louvre: les enquêteurs sur la piste d'un Egyptien



L'homme, grièvement blessé au ventre par un tir de défense d'un des soldats, était toujours hospitalisé à l'hôpital Pompidou en début de soirée et son pronostic vital était "très engagé", a affirmé le procureur François Molins lors d'une déclaration à la presse.

Si son identité n'est pas "formellement établie" selon le procureur de Paris, les investigations menées sur son téléphone portable, sur les fichiers de visas européens et lors d'une perquisition dans un appartement du VIIIe arrondissement de Paris mènent à un homme entré légalement en France le 26 janvier par un vol en provenance de Dubaï.

"Ces recherches ont permis de cibler un individu âgé de 29 ans et de nationalité égyptienne. La photographie enregistrée sur (le fichier) Visa Bio correspond à celle de l'auteur de l'attaque. Cet individu ne ressort pas comme étant connu du fichier automatisé des empreintes digitales français", a déclaré M. Molins.

Les investigations devront encore "déterminer les motivations de l'auteur et découvrir s'il a agi seul, spontanément, ou au contraire sur instruction", a expliqué François Molins.


- "Une machette dans chaque main"-

Les investigations permettent de retracer son parcours à Paris, où il est arrivé avec un visa touristique le 26 janvier.

Il a loué une voiture le lendemain de son arrivée puis acheté le 28 janvier en liquide deux machettes "de 40 centimètres chacune" dans une armurerie près de la place de la Bastille.

C'est avec ces deux machettes qu'il a attaqué vendredi vers 09H50 quatre militaires en patrouille au sous-sol de la galerie marchande du Carrousel du Louvre, "dans une zone en amont du point de contrôle des sacs", a précisé le procureur de Paris.

Vêtu d'un T-shirt noir à tête de mort et "armé d'une machette dans chaque main, bras levés et pliés derrière la tête", "il s'est précipité sur eux en criant +Allah Akbar+" et a "frappé à la tête un premier militaire", a retracé François Molins.

Après avoir tenté de repousser l'assaillant une première fois sans user de son arme, un deuxième soldat a ouvert le feu, à quatre reprises, le blessant "très grièvement". L'individu était également porteur d'un sac à dos, "contenant des bombes aérosol de peinture".

Le soldat, blessé légèrement au cuir chevelu a été pris en charge à l'hôpital militaire Percy de Clamart. "Il va bien", a affirmé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, lors d'une visite sur le site de l'attaque avec ses homologues de l'Intérieur et de la Culture, Bruno Le Roux et Audrey Azoulay.

Ces militaires du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) de Pamiers font partie des 3.500 militaires de Sentinelle déployés à Paris.

"J'étais dans les escaliers quand j'ai entendu des coups de feu (...) C'était bizarre, personne ne savait quoi faire, j'ai vu des gens courir, tout le monde était paniqué", raconte Svetlana, une architecte travaillant dans la galerie, qui s'est cachée dans un vestiaire.

Environ 1.200 personnes se trouvant dans le musée ou la galerie commerciale ont été confinées durant plusieurs heures, le temps que les démineurs s'assurent que les sacs à dos de l'assaillant ne contenaient pas d'explosifs.

Le musée du Louvre rouvrira samedi, a annoncé Audrey Azoulay.

- Condamnation des Emirats -

Le gouvernement des Emirats arabes unis a condamné ce "crime odieux" et assuré la France de "sa pleine solidarité" en se tenant "à ses côtés dans les mesures qu'elle entreprend pour préserver sa sécurité".

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a fait part de sa "consternation" après cette agression.

Depuis les attaques du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo, les attentats et tentatives se sont succédé en France, faisant 238 morts. Les assaillants, pour la plupart téléguidés par l'EI, ont multiplié les cibles, des lieux de culte (Villejuif en avril 2015, Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016) aux attaques contre les policiers ou militaires.

Le 13 juin 2016, un jihadiste se réclamant de l'EI, Larossi Abballa, a ainsi tué un policier et sa compagne dans leur pavillon de Magnanville (Yvelines).

L'attaque du Louvre intervient deux ans jour pour jour après l'attaque au couteau de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, par un homme qui avait été aussitôt arrêté.

"Porter un uniforme, (...) c'est être une cible", a rappelé le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, en appelant les forces de l'ordre à "la plus grande vigilance".

Le Point | Crédits Photo : AFP/Alain Jocard
Une semaine après les attentats terroristes qui ont ensanglanté Bruxelles, le 22 mars, Anne Hidalgo a reçu Yvan Mayeur, le bourgmestre de la capitale belge, en grande pompe, mardi 29 mars, à l’hôtel de ville de Paris. C’est la première fois qu’un élu non parisien s’exprimait dans l’enceinte de l’hémicycle municipal.


« Nous sommes deux villes sœurs meurtries de la même façon et victimes du même groupe terroriste » a déclaré M. Mayeur après les attaques qui ont tué 35 personnes et entraîné plus de 300 blessés dans la capitale belge et à l’aéroport de Zaventem. M. Mayeur a expliqué venir chercher « un partage d’expérience » auprès de la maire de la capitale française « pour reconstruire et défendre nos villes et nos citoyens », estimant qu’« au-delà des relations entre les Etats, les villes doivent travailler ensemble ».

Pour Mme Hidalgo qui s’était rendue à Bruxelles le 23 mars, il s’agissait de mettre en valeur « la solidarité » entre les deux villes.

Engagement européen

En venant à Paris, M. Mayeur a aussi délivré un message qui fait écho à celui de Mme Hidalgo sur la réponse sociale à apporter à la radicalisation djihadiste d’une partie de la jeunesse. Reconnaissant qu’il existe « une base arrière du djihadisme dans certains quartiers » de sa ville, M. Mayeur a fustigé « les replis sur soi et la ségrégation spatiale, la ghettoïsation » qui « sont les levains des drames que nous avons vécus et sans doute d’autres à venir (…) Ces actes de violence aveugle ne peuvent bénéficier d’aucune excuse », a-t-il poursuivi, mais « il est du devoir de nos sociétés de rendre intelligible ces phénomènes de radicalisme ».

Une position en tout point semblable à celle de Mme Hidalgo au lendemain des attentats de novembre 2015 à Paris. La maire de Paris avait alors appelé à « nous poser des questions sur l’état de notre société. Pourquoi y a-t-il des jeunes, des jeunes Français, pourquoi ces jeunes se sont-ils laissé emporter par une idéologie de mort ? », s’était-elle interrogée, le 3 décembre, en présence de Manuel Valls.

« Ces questions, il faut se les poser non pas pour excuser », avait-elle ajouté prenant le contre-pied du premier ministre pour qui « il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser », avait réaffirmé, de son côté, M. Valls, le 9 janvier.

La visite de M. Mayeur, mardi, devait être aussi l’occasion pour Mme Hidalgo d’affirmer son engagement européen. « Parce que c’est l’Europe qui est visée, c’est aussi à l’échelle de l’Europe que nous devons combattre ces fanatiques, trouver des solutions communes pour renforcer notre sécurité, s’unir autour des valeurs que nous avons en partage », a-t-elle déclaré à la tribune de l’hémicycle parisien avant les applaudissements de tous les groupes politiques au discours du maire de Bruxelles.

Source : Le Monde

Terrorisme : vastes coups de filet policiers en Europe

Une semaine après les attentats de Bruxelles, dont le bilan a été réévalué à 35 morts après le décès de 4 personnes à l’hôpital, les coups de filets des polices européennes s’intensifient et de nombreuses arrestations sont intervenues en Belgique, en France, mais également aux Pays-Bas, en Italie, et en Allemagne. Toutes ces opérations ne sont pas liées aux attaques du 22 mars, mais elles témoignent des ramifications de la nébuleuse terroriste sur le continent et de l’ampleur de la menace.


L’enquête sur les attentats de Bruxelles a subi, lundi, un revers. Fayçal Cheffou, qui avait été interpelé et soupçonné d’être le « troisième homme » de l’aéroport, a finalement été remis en liberté. Selon les médias belges, il avait été identifié par le chauffeur de taxi ayant mené les terroristes à l’aéroport, mais les enquêteurs ne sont pas parvenus à confirmer sa participation à l’attaque. Les autorités ont donc diffusé, lundi, un nouvel appel à témoin, via la mise en ligne de la vidéo sur laquelle les trois terroristes poussent leur chariot à bagages, quelques minutes avant les explosions à l’aéroport de Zaventem. Elles sont donc toujours à la recherche de la moindre information pouvant les aider à identifier formellement cet individu dissimulé derrière son chapeau et ses lunettes.

Par ailleurs, en Allemagne, deux hommes ont également été arrêtés, dans les régions de Giessen et Dusseldorf. Selon le « Spiegel », ils auraient eu des liens avec l’équipe qui a perpétré les deux attaques de Bruxelles.
La Belgique a, en outre, demandé à l’Italie l’extradition de Djamal Eddine Ouali, un Algérien arrêté samedi par la police italienne, qui est soupçonné d’avoir fourni de faux documents d’identité à des réseaux terroristes, en particulier à certains des auteurs de l’attaque du 13 novembre 2015, à Paris.

La justice belge a aussi procédé à une vague d’interpellations, dans la journée de dimanche, et a annoncé, le lendemain, avoir inculpé trois personnes pour des affaires de terrorisme, tout en précisant qu’il n’y avait « pas de lien direct » avec les attaques de mardi dernier.

Une opération musclée

Les rues de Bruxelles avaient été, à nouveau, le théâtre d’une opération musclée, vendredi, avec l’arrestation, à une station de tramway de la commune de Schaerbeek, d’un homme présenté sous le nom d’Abderamane A. Cette fois, ce sont les ramifications autour de Reda Kriket, arrêté jeudi soir à Argenteuil, en région parisienne, qui expliquent cette intervention des forces de police belges, au cours de laquelle le suspect a reçu une balle dans la jambe. Il a été inculpé pour « participation aux activités d’un groupe terroriste », de même qu’un autre homme, Rabah N., également arrêté à Bruxelles. Abderamane A. n’est pas inconnu des polices européennes : en 2005, il avait été condamné à 7 ans de prison, en France, pour avoir apporté, en 2001, un soutien logistique aux assassins du commandant Massoud, en Afghanistan. Quant à Reda Kriket, il est soupçonné d’avoir été à un stade « avancé » dans la préparation d’un attentat, selon le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Un autre Français, Anis B. , en lien avec le même Reda Kriket, a enfin été arrêté, cette fois à Rotterdam. La police néerlandaise a retrouvé chez cet homme de 32 ans « des téléphones, des cartes SIM, des disques durs, de l’argent, des munitions et des drogues ». Il devrait être extradé rapidement vers la France. Trois autres individus ont, par ailleurs, été interpellés par la police néerlandaise, également soupçonnés de liens avec le terrorisme, sans plus de précisions.

Sur un plan plus politique, le week-end de Pâques a été marqué, dans la capitale belge, par l’irruption de plus de 300 militants d’extrême-droite sur la place de la Bourse, devenue lieu de commémoration. « On est des hooligans », « on est chez nous », ont-ils scandé avant d’être dispersés par la police avec des canons à eau. Un épisode qui a donné lieu à une passe d’armes au plan politique, le maire de Bruxelles se disant « scandalisé » du manque d’anticipation du ministre de l’Intérieur dans cette affaire.

Source : Les Echos

Marrakech Security Forum : s’unir pour vaincre le terrorisme

La ville de Marrakech a récemment abrité un forum international sur la lutte contre le terrorisme, qui s’est tenu du 12 au 13 février, au moment même où deux pays de l’Afrique subsaharienne, en l’occurrence le Mali et le Nigéria, étaient endeuillés par de nouveaux attentats sanglants perpétrés par les groupes djihadistes.
Le Marrakech Security Forum, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a ainsi vu la participation de plusieurs dizaines de responsables civils et militaires, ainsi que de spécialistes de questions sécuritaires et de lutte contre le terrorisme. Il faut dire que pratiquement tous les pays de l’espace sahélo-subsaharien font aujourd’hui l’objet de menaces réelles d’attaques des groupes islamistes. Les groupes affiliés à l’Etat islamique se sont fortement ancrés en Lybie, au Mali et au Nigéria et tendent à étendre leur action sur d’autres pays d’Afrique du Nord et de la sous-région subsaharienne, notamment après avoir multiplié leurs attaques au Cameroun et au Niger, régulièrement frappés par des attentats-suicides de femmes kamikazes.
Au moment où la coalition occidentale envisage une intervention en Libye, la rencontre de Marrakech souligne l’importance d’une collaboration et d’une coordination générales des différents Etats, et appelle au partage des renseignements pour une lutte concertée en vue de contenir les menaces dites « mutantes » des groupes terroristes, qui veulent installer la psychose au sein de leur zone d’action, frappant hôtels et marchés pour saper le moral des populations et freiner l’affluence touristique, ressource importante des pays de la sous-région.
Une collaboration interétatique est inévitable, a souligné Samba Fall, patron de la Direction générale du renseignement extérieur du Sénégal, qui a appelé à une coordination au niveau des différents Etats pour faire face aux menaces multiples et variées des groupes terroristes.
Selon plusieurs participants à ce forum, la lutte contre le terrorisme ne pourra être efficace que si elle est menée d’un front commun, notamment par le partage des moyens de lutte et des renseignements, dès lors que la menace reste commune et n’épargne aucun des Etats de la sous-région.

Qui est Abdelhamid Abaaoud, commanditaire présumé des attentats?

Plus de quarante-huit heures après les attentats qui ont fait au moins 129 morts vendredi 13 novembre, l'enquête progresse. Ce lundi matin, on apprend que le commanditaire des attentats aurait été identifié. Il s'agirait d'Abdelhamid Abaaoud, qui se trouverait en Syrie.

Il se fait appeler Abou Omar. Les enquêteurs s’intéressent de très près à lui, car ils le soupçonnent d’être le commanditaire des attentats de Paris. Mais son nom est déjà apparu dans plusieurs enquêtes de l'antiterrorisme en France. Notamment dans l'investigation sur un projet d'attentat déjoué contre une salle de concerts, selon une source proche du dossier.

Abdelhamid Abaaoud est un des jihadistes belges les plus connus. Le passé terroriste de cet homme de 27 ans d’origine marocaine est déjà bien chargé. Ayant grandi dans le quartier bruxellois de Molenbeek, où la police a procédé ce week-end à sept interpellations, il a rejoint les rangs de l’organisation Etat islamique début 2013 et connaît très bien Salah Abdeslam, recherché par toutes les polices européennes et suspecté d’être le huitième homme des attaques parisiennes.

Abou Omar s’est beaucoup affiché sur les réseaux sociaux, postant des vidéos de lui appelant au jihad et exhortant les Belges à rejoindre l’organisation Etat islamique sur sa propre page Facebook. Il est passé sur toutes les chaînes d’info pour avoir tracté derrière son pick-up des cadavres en Syrie. L'homme est considéré comme l'un des bourreaux les plus actifs du groupe EI en Syrie, où il se trouverait actuellement.

Révélateur d'une faille sécuritaire béante

Abdelhamid Abaaoud avait été identifié en janvier dernier comme le cerveau des attaques déjouées à Verviers en Belgique. Pour les enquêteurs, il était le donneur d'ordres et celui qui finançait l'opération. Ses plans avaient échoué grâce à l’intervention des autorités qui avaient abattu deux membres du commando. Un an plus tôt, le jihadiste avait fait la « Une » des journaux belges pour avoir enrôlé son frère de 13 ans.

A la suite des attentats ratés de Verviers, Abdelhamid Abaaoud avait nargué les autorités belges en parvenant à regagner la Syrie alors qu’il était recherché par toutes les polices d’Europe. Arrivé en Syrie, il avait bravé les autorités en diffusant une interview dans le magazine officiel du groupe Etat islamique.

Si la piste Abou Omar se confirme, elle serait le révélateur d’une faille sécuritaire béante en Belgique et en Europe. A ce stade, les enquêteurs ont établi un lien entre lui et Brahim Abdeslam (frère de Salah Abdeslam), 31 ans, l'un des jihadistes qui s'est fait exploser boulevard Voltaire vendredi 13 novembre à Paris. Le Français a résidé en Belgique, à Molenbeek justement, cette banlieue de Bruxelles connue pour être un fief islamiste.

rfi

Attentats à Paris: carnage dans la salle de concert du Bataclan

REUTERS/Christian Hartmann
Au moins 82 morts étaient à déplorer à l'issue de la prise d'otage qui s'est déroulée dans la nuit du 13 au 14 novembre dans la salle de spectacle du Bataclan à Paris, ont annoncé les autorités. Les quatre assaillants présumés sont morts dans l'assaut des forces du Raid.

Les forces de l'ordre sont intervenues peu avant 00h30 ce samedi, trois heures après l'arrivée des assaillants au Bataclan.
Quatre détonations sèches ont alors été entendues, rapporte notre journaliste sur place Olivier Rogez. Après une minute plutôt silencieux, quatre autres détonations un peu plus sourdes ont retenti.


Les quatre assaillants de la salle de concert du Bataclan sont morts lors de l'assaut qui s'est terminé vers 1h du matin. L'assaut policier « a été extrêmement difficile : les terroristes s'étaient enfermés à l'étage, ont explosé et avaient des ceintures d'explosifs », a affirmé à la presse le préfet de police Michel Cadot. « Trois d'entre eux se sont fait sauter avec leurs ceintures d'explosifs et un quatrième, lui aussi porteur d'une ceinture, a été touché par la police avant exploser en tombant », a précisé une source proche de l'enquête. Ce qui correspondrait probablement aux dernières détonations entendues aux alentours de la salle de concert.

Le Bataclan, célèbre salle de spectacle parisienne de 1 500 places affichait complet selon les sites de réservation ce vendredi soir pour un concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal. « En plein concert on a entendu comme des pétards, des étincelles, ça tirait énormément, je pense qu'ils étaient deux ou trois, ça tirait dans le tas, le groupe ne s'en est pas rendu compte sur le coup mais seulement après quelques secondes », a témoigné une spectatrice sur BFMTV.

Tirs « à l'aveugle » dans la foule

Les assaillants « ont tiré en plein dans la foule en criant "Allah Akbar" [Dieu est le plus grand ndlr] », a rapporté un autre témoin sur France Info. Julien Tierce, un journaliste d'Europe 1 présent dans la salle du Bataclan, a lui aussi témoigné de la fusillade. « Je me trouvais à l'intérieur de la salle de concert quand plusieurs individus armés sont rentrés en plein concert », a-t-il rapporté au micro de la radio privée.


« Deux ou trois individus non masqués sont rentrés avec des armes automatiques de type kalachnikov et ont commencé à tirer à l'aveugle sur la foule, explique-t-il. Ça a duré une dizaine, une quinzaine de minutes. Ça a été extrêmement violent et il y a eu un vent de panique, tout le monde a couru vers la scène, il y a eu des scènes de piétinement, je me suis moi-même fait piétiner. »

Il raconte avoir vu « beaucoup de personnes blessées par balle. [...] Les assaillants ont eu tout le temps de recharger à au moins trois reprises, décrit-il. Ils n'étaient pas masqués, maîtres d'eux-mêmes. Ils étaient très jeunes », ajoute-t-il.

Evacuation des blessés et des morts

Ce samedi matin vers 5h, les derniers rescapés du Bataclan ont fini d'être évacués en bus, rapporte notre journaliste sur place. Ils ont auparavant été entendus par des officiers de police dans les cafés alentours. Ces policiers voulaient recueillir leurs témoignages afin de commencer leur enquête.

C'est ensuite la police scientifique qui a investi la salle de concert pour les analyses balistiques et pour récupérer notamment des douilles. Un véhicule des services funéraires a également été aperçu, probablement afin de commencer l'évacutation des corps qui se trouvent a priori toujours au Bataclan.

« La France ne se laissera pas impressionner »

Le président François Hollande s'est rendu sur les lieux de la salle de spectacle dans le XIe arrondissement de la capitale. Le chef de l'Etat s'est entretenu avec les secouristes ayant pris en charge les nombreuses victimes de la prise d'otages survenue vendredi soir.

Accompagné du Premier ministre, Manuel Valls, du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, ainsi que du préfet de police et du maire de Paris, Anne Hidalgo, le président français a fait « le point » avec le chef des pompiers et du Samu, a indiqué l'Elysée, saluant devant les médias « les services de secours ».

François Hollande a affirmé samedi que la France allait mener un combat « impitoyable » contre le terrorisme, après les attentats qui ont fait au moins 120 morts vendredi soir à Paris. « Nous voulions être là, parmi ceux qui ont vu ces choses atroces, pour dire que nous allons mener le combat, qu'il sera impitoyable », a affirmé le chef de l'Etat devant la salle de spectacle. « La France est déterminée, unie, rassemblée et ne se laissera pas impressionner », face à la « barbarie » et « l'abomination ».

rfi

«Jihadi John» : le bourreau de l'EI ciblé par une frappe américaine

L'armée américaine a mené jeudi un raid aérien en Syrie visant «Jihadi John», ce Britannique du groupe jihadiste Etat islamique (EI) visible dans des vidéos dans lesquelles il exécutait des prisonniers.
La mort du bourreau de l'EI n'a pas été confirmée pour l'instant.
Un porte-parole du Pentagone, Peter Cook, indique ne pas savoir si Mohammed Emwazi, de son vrai nom, avait été tué. «Nous sommes en train d'évaluer les résultats de l'opération de cette nuit (ndlr: de jeudi à vendredi) et fournirons des informations supplémentaires de manière appropriée, déclare t-il dans un communiqué. Selon le Pentagone, le bombardement aérien a eu lieu à Raqa, capitale de facto du «califat» autodéclaré de l'organisation extrémiste, dans le nord de la Syrie.

Une frappe de drone


La chaîne d'information CNN et le quotidien Washington Post, citant des responsables américains, affirment que la frappe provenait d'un drone et que la cible avait été repérée il y a plusieurs jours par le renseignement américain. «Emwazi, un citoyen britannique, a pris part aux vidéos montrant les meurtres des journalistes américains Steven Sotloff et James Foley, du travailleur humanitaire américain Abdul-Rahman Kassig, des travailleurs humanitaires britanniques David Haines et Alan Henning, du journaliste japonais Kenji Goto et d'un certain nombre d'autres otages», indique le communiqué du quartier général de la Défense américaine. Mohammed Emwazi, un programmeur informatique de Londres, est né au Koweït en 1988 d'une famille apatride d'origine irakienne. Ses parents avaient déménagé en Grande-Bretagne en 1993, après avoir perdu tout espoir d'obtenir la nationalité koweïtienne.

«Jihadi John» était devenu l'incarnation de la cruauté du groupe EI, visible dans plusieurs vidéos de décapitations de prisonniers occidentaux, toujours vêtu de noir, masqué et couteau à la main. L'homme est apparu sur des images de propagande macabre au côté de captifs américains, britanniques et japonais en combinaison orange, juste avant leur exécution, proférant avec un accent britannique des menaces à l'encontre des gouvernements concernés. Seuls ses yeux étaient visibles.

L'incarnation de la cruauté du groupe EI

Il était apparu pour la première fois dans une vidéo en août 2014 montrant la décapitation de James Foley, un journaliste indépendant de 40 ans porté disparu en Syrie depuis novembre 2012. La vidéo, intitulée «Un message à l'Amérique», avait suscité des condamnations dans le monde entier. Deux semaines plus tard, un autre otage américain, Steven Sotloff, subissait le même sort des mains du tueur. Il figurait aussi à l'image lors des décapitations du travailleur humanitaire britannique David Haines, du chauffeur de taxi de Manchester Alan Henning, de l'américain Peter Kassig, et des otages japonais Haruna Yukawa puis Kenji Goto. Les témoignages sur Mohammed Emwazi retracent l'itinéraire d'un jeune Londonien d'origine koweïtienne sans problème, fan de football et de jeux vidéo, jusqu'à sa radicalisation pour devenir un tueur décrit comme «froid, sadique et impitoyable».

La frappe intervient au moment où l'armée américaine apporte un soutien aérien à une offensive majeure des peshmergas kurdes contre l'EI sur le mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, et alors que doit se tenir une réunion internationale samedi à Vienne sur les perspectives de transition politique en Syrie.

L'EI contrôle de vastes territoires en Syrie, déchirée depuis 2011 par un conflit de plus en plus complexe qui a fait plus de 250.000 morts, et en Irak. Mais le groupe jihadiste semble reculer dernièrement, attaqué dans les deux pays par les armées nationales et pilonné par les aviations russe (en Syrie) et de la coalition internationale menée par les Etats-Unis (en Syrie et en Irak).

leparisien

L'armée égyptienne tue des touristes mexicains en traquant des jihadistes

Des soldats devant l'hôpital où se trouvent les touristes mexicains,
dans la banlieue du Caire, le 14 septembre 2015 Mohamed El-Shahed
Les forces de sécurité en Egypte ont tué 12 personnes, dont des touristes mexicains, dans le désert occidental égyptien, assurant lundi avoir pris pour cible leurs véhicules "par erreur" en pourchassant des jihadistes.

Mexico a exigé une enquête "rapide" et "exhaustive" sur ce drame survenu dimanche et qui a provoqué la mort d'au moins deux Mexicains.


Ils ont été tués par "une attaque avec des bombes lancées d'un avion et des hélicoptères" alors que le groupe de touristes s'était arrêté pour déjeuner, a indiqué la ministre mexicaine des Affaires étrangères, Claudia Ruiz Massieu, se fondant sur des témoignages de survivants.

Selon le président du Mexique, Enrique Pena Nieto, 14 Mexicains faisait partie du convoi visé.

Les Etats-Unis ont indiqué que leur ambassade au Caire était en contact avec les autorités au sujet d'informations de presse concernant "la présence possible d'un citoyen américain" dans le convoi.

- Zone interdite -

Le drame est survenu à un endroit encore indéterminé alors que le groupe était en chemin entre Le Caire et l'oasis de Bahariya, à 350 km au sud-ouest de la capitale. Les autorités égyptiennes assurent que le convoi se trouvait dans une zone interdite aux touristes.

Ce très vaste désert, dont les oasis sont très prisées, abrite des groupes jihadistes dont la branche égyptienne de l'Etat islamique (EI) responsable de nombreux attentats contre les forces de sécurité. La zone est depuis longtemps déconseillée aux voyageurs par les ambassades occidentales.

Le ministère de l'Intérieur égyptien a expliqué que des forces de la police et de l'armée "qui pourchassaient des terroristes, dans le désert occidental, ont ouvert le feu par erreur sur quatre pick-up transportant des touristes mexicains". "Douze personnes ont été tuées et 10 blessées parmi les touristes mexicains et des Egyptiens" qui les accompagnaient.

Les médias mexicains ont identifié l'un des Mexicains tués comme Rafael Jose Bejarano Rangel, un musicien de 40 ans dont la mère a été blessée dans l'attaque.

Six touristes mexicains ont été blessés et sont dans un état stable à l'hôpital du Caire, selon Mexico.

Les autorités égyptiennes n'ont pas précisé le nombre de Mexicains tués, ni quel type d'arme a touché les voitures. Le ministre du Tourisme Khaled Ramy a cependant précisé que sept Mexicains étaient blessés.

Selon un haut responsable du ministère du Tourisme, les touristes et leurs accompagnateurs ont quitté la route pour s'enfoncer dans le désert, dans une zone interdite.

- "Changement de stratégie" -

Un officier de police a expliqué qu'une opération des forces spéciales était en cours dimanche à 150 kilomètres à l'ouest de Bahariya, impliquant des renforts aériens.

Le même jour, l'EI en Egypte annonçait dans un communiqué avoir "résisté à une opération de l'armée dans le désert occidental".

Les groupes jihadistes revendiquent régulièrement des attentats meurtriers visant les forces de l'ordre, en particulier dans la péninsule désertique du Sinaï, dans l'est du pays, leur principal bastion.

Ces attaques se sont multipliées -y compris au Caire- depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013 et que le nouveau pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi réprime les partisans du chef de l'Etat déchu.

Des centaines de policiers et soldats ont été tués dans ces attentats.

Les forces de sécurité ont après la destitution de M. Morsi tué plus de 1.400 de ses partisans. Des dizaines de milliers de pro-Morsi ont été emprisonnés et des centaines -dont M. Morsi lui-même- condamnés à mort en première instance dans des procès de masse expéditifs.

Visant d'ordinaire la police et l'armée en représailles à la répression, certains groupes affiliés à l'EI ont semblé changer de stratégie en commençant à s'attaquer à des Occidentaux, espérant, selon les experts, toucher le gouvernement au portefeuille en effrayant les touristes, qui boudent le pays des pharaons depuis 2011, et les investisseurs étrangers.

Le 13 août, l'EI a annoncé avoir décapité un Croate travaillant pour une compagnie française, enlevé à la lisière du désert occidental, non loin du Caire. Un an auparavant, le même groupe avait revendiqué le meurtre d'un Américain dans la même zone.

RTL

Attaque du Thalys : Pourquoi Facebook a désactivé le compte d'Ayoub El Khazzani

Le profil a été fermé ce samedi alors que le terroriste présumé était entendu par la police. Ce dernier doit être présenté aux juges antiterroristes en fin de journée, après quatre jours de garde à vue.

Samedi, la page Facebook d'Ayoub El Khazzani, le tireur présumé du Thalys interpellé vendredi et entendu depuis quatre jours par la police, a été désactivée alors qu'il
était en garde à vue. Qui a donc eu accès à son profil? Un éventuel complice? Contactée par Le Figaro, l'entreprise Facebook France a affirmé qu'elle avait elle-même désactivé le profil du jeune homme de 25 ans ce samedi. 

«Conformément à notre politique anti-terrorisme très ferme, le compte a été fermé car il ne respectait pas les conditions générales d'utilisation de Facebook», a affirmé le réseau social, tout en faisant référence à la section «Organisations dangereuses» de sa charte. Sous cet onglet, l'entreprise écrit: «Nous n'autorisons pas la présence sur Facebook d'organisations impliquées dans les activités terroristes et criminelles organisées».

Pour des raisons de confidentialité, le réseau social a toutefois refusé d'en dire plus sur l'origine de cette décision. Le compte a-t-il été fermé à la demande de la police? Ou bien des internautes ont-ils signalé un contenu inapproprié figurant sur le profil? Quoi qu'il en soit, cette information écarte de fait l'hypothèse selon laquelle un(e) éventuel(le) complice aurait désactivé le compte du suspect au moment où ce dernier était entendu par la police.

Actuellement, le compte n'est plus référencé sur Facebook. Mais d'après une copie de la page d'accueil du compte d'Ayoub El Khazzani, circulant sur les réseaux sociaux, son profil indiquait qu'il habitait en Espagne, qu'il était originaire de Tétouan, au Maroc et qu'il avait 79 amis. Sa dernière activité sur le réseau social remonterait au 8 mai 2015, deux jours avant que sa fiche «S» ne «sonne» à Berlin. Ville à partir de laquelle il s'est envolé pour Istanbul, disparaissant des écrans radars des services de renseignements.

 Mardi après-midi, la page Facebook d'une de ses soeurs, qui vit à Bruxelles depuis plusieurs années selon le journal flamand De Standaard, n'était plus accessible, rapporte l'AFP qui avait pu consulter ce matin même le profil qui n'avait pas été actif depuis plusieurs mois.
4343 demandes de données en 2014

Mardi, les enquêteurs tentaient toujours d'éclairer les zones d'ombre qui entourent le parcours du suspect, un jeune Marocain de 25 ans. Photos, amis, messages privés… L'analyse de son profil Facebook pourra peut-être révéler d'éventuelles complicités et mettre en lumière les motivations du suspect. Pour accéder au profil, les enquêteurs doivent au préalable formuler une demande auprès du réseau social et suivre une procédure bien spécifique. 

Selon le dernier rapport semestriel publié par Facebook concernant les affaires criminelles en France, les autorités françaises ont transmis 4343 demandes de données sur toute l'année 2014, dont 2094 demandes entre juillet et décembre 2014. Sur cette dernière période, Facebook y a répondu favorablement dans 42% des cas (environ 890 demandes), le réseau social rejetant les requêtes trop vagues ou imprécises.

Depuis les attentats de janvier 2015, Facebook et Twitter ont renforcé leurs coopérations avec les services de police. Une réunion entre Bernard Cazeneuve et les géants du Web (Twitter, Google, Facebook, Apple et Microsoft) s'est tenue place Beauvau en avril dernier. L'objectif de cette rencontre: donner de nouveaux outils aux policiers français. 

À cette occasion, le ministre de l'Intérieur avait fait plusieurs annonces, parmi lesquelles la mise en place d'un système de signalement simplifié pour faciliter le travail des agents chargés de repérer les contenus violents et leurs auteurs.

lefigaro.fr

Les bourses européennes résistent au krach chinois

Un trader de la banque KBC à Bruxelles, le 25 août 2015. REUTERS/Yves Herman
Les bourses européennes sont toutes reparties à la hausse mardi : le CAC 40 a clôturé à plus de 4%, Londres à plus de 3%. Un rebond bienvenu, après la débâcle de lundi : l'ensemble des bourses mondiales avaient plongé. En revanche, la chute continue pour les bourses chinoises. Shanghaï a fini la journée à près de -7%, alors qu'elle s'était déjà enfoncée à -8,5% au début de la semaine. Les bourses européennes et asiatiques semblent donc résister à l'effondrement
de la Bourse chinoise.

Les Bourses du monde entier se sont fait peur, mais la chute des cours en début de semaine semble finalement due à un mouvement de panique ponctuel, plus qu'à une vraie débâcle de fond. En assistant à l'effondrement de la Bourse de Shanghaï, les investisseurs se sont inquiétés des conséquences du ralentissement chinois sur la croissance mondiale. Mais après ce mouvement de défiance, les marchés se sont presque tous repris mardi. A part les bourses chinoises, seules Tokyo et Hong Kong ont clôturé à la baisse.
La situation est bien différente en revanche pour les marchés chinois. La Bourse de Shanghaï poursuit sa déroute. Une déroute qu'elle a amorcée à la mi-juin : depuis cette date, l'indice de Shanghaï a perdu plus de 40% de sa valeur.
Plusieurs facteurs expliquent cette chute. D'abord, il faut savoir que les cours de la Bourse chinoise ont grimpé très haut l'an dernier : jusqu'à 150% en un an. Des taux complètement déconnectés de l'économie réelle. Selon de nombreux experts, le dévissage actuel, c'est une sorte de réévaluation de la situation. Pour l'économiste Jean-Marc Daniel, « les bourses sont montées à des niveaux très élevés à cause de politiques monétaires très accommodantes. Celles-ci recherchent l'inflation : le prix des actions monte, mais pas le prix des biens de consommation courants. Il y a donc une sorte de correction naturelle qui se réalise, ce qui n'est pas inquiétant. »
Ralentissement de la croissance
Mais la chute des marchés chinois s'explique aussi par un ralentissement de la croissance. Depuis quelque temps, les principaux indicateurs économiques chinois sont dans le rouge. Le mois dernier, les exportations ont chuté de plus de 8%. Et l'indice de la production manufacturière a atteint son plus bas niveau depuis six ans. Quant à la croissance, Pékin l'estime à 7% cette année, ce qui serait le plus faible score de la Chine depuis un quart de siècle. Sans compter que la plupart des analystes considèrent que ces prévisions sont largement surévaluées par les autorités chinoises.
Dans ce contexte, les entreprises chinoises font directement les frais de ce coup de frein. « Depuis le milieu des années 80, la réponse aux difficultés économiques a toujours été une accumulation de dettes, explique Jean-Marc Daniel. A présent, on purge les dettes d'un certain nombre d'acteurs économiques. En 2008, c'étaient les dettes des ménages américains. Depuis 2010, on purge les dettes des Etats européens... Et aujourd'hui, c'est au tour des entreprises chinoises, qui sont très endettées. Ce surendettement explique d'ailleurs la baisse de la valorisation des entreprises chinoises. »
Des mesures attendues
La fébrilité des marchés s'explique aussi par le fait que les investisseurs attendent des mesures fermes de la part de Pékin. Dans ce contexte, la banque centrale chinoise a annoncé mardi qu'elle abaissait à nouveau ses taux d'intérêt, pour la cinquième fois depuis novembre. Une mesure destinée à relancer la croissance, et à apaiser les marchés. D'ailleurs les bourses européennes ont tout de suite réagi positivement à cette annonce. Pourtant, jusqu'ici, ces mesures ne sont pas parvenues à enrayer le ralentissement de la croissance.
Quant à la dévaluation du yuan, à laquelle la Chine a procédé à plusieurs reprises il y a deux semaines, elle avait notamment pour but de relancer les exportations. Mais les effets de cette mesure ne se feront pas sentir avant l'an prochain. Surtout, cette annonce a elle aussi contribué à l'affolement des marchés.
Peu de conséquences mondiales
Finalement, le krach boursier du début de semaine aura surtout des conséquences pour les Chinois eux-mêmes. D'abord pour les épargnants, qui sont très nombreux à investir de l'argent en bourse, parfois pour des sommes folles. Avec la chute des titres, ils risquent de perdre beaucoup. Les entreprises chinoises, cotées en bourses, sont elles aussi évidemment en première ligne. Sans compter que cet épisode risque de coûter cher à l'Etat lui-même, qui va injecter des milliards de yuans dans le système pour restaurer la confiance.
Mais la chute des marchés risque d'avoir finalement assez peu de conséquences sur l'économie mondiale à court terme : d'après les experts, un ralentissement de la Chine n'amputerait que très peu la croissance des PIB américains et européens. Mais pour les années à venir, c'est un peu plus flou
rfi

Attaque du Thalys: le suspect réfute l'intention terroriste

Un train Thalys en gare de Bruxelles-Midi, le 8 décembre 2014 /Reuters (François Lenoir)
Ayoub el-Khazzani est toujours entendu dans les locaux de la Sdap, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, à Levallois-Perret en région parisienne. L'homme qui a blessé vendredi deux passagers dans un train transfrontalier Thalys nie avoir effectué un séjour en Syrie, ce qu'affirment pourtant les services de renseignement espagnols. Après deux jours de garde à vue, il réfute également toute intention terroriste. Sa garde à vue peut se poursuivre jusqu'à mardi.

Un homme chétif et hagard, médusé d'entendre qu'il est accusé d'acte terroriste : voilà l'image décrite
par maître Sophie David, l'avocate d'Ayoub el-Khazzani. « Il est médusé du caractère terroriste qui est attribué à son action, tentative d'assassinat. Lui me dit que non. Parce que pour lui, il n'y a pas eu de coup de feu, il dit que la kalachnikov n'a pas fonctionné et qu'il a été maîtrisé immédiatement sans qu'un coup de feu ait été tiré », confie le défenseur du suspect, qui précise que son acte serait inspiré par des besoins d'argent.

El-Khazzani assure avoir trouvé par hasard dans un parc bruxellois une valise qui contenait une kalachnikov et un téléphone. Et il aurait eu l'idée de s'en servir pour braquer et rançonner les passagers du Thalys Amsterdam-Paris. « Il dit que providentiellement, il a trouvé une valise avec une arme. Lui ne parle que de la kalachnikov, avec un téléphone dans cette valise, cachée dans le jardin public qui se trouve juste à côté de la gare du Midi à Bruxelles. Donc, il a pris les armes et il est monté dans ce train, pour effectivement rançonner les passagers et il pensait ensuite, en tout cas c'est ce qu'il déclare, sauter par la vitre du train pour s'échapper. »

Une histoire farfelue, qui pourrait être une stratégie, selon des spécialistes de la lutte antiterroriste, pour qui il s'agit avant tout de nier toute implication dans un acte terroriste, afin d'alléger la peine encourue. Mais le calcul ainsi prêté à Ayoub el-Khazzani est « assez naïf », fait remarquer Claude Moniquet, conseiller de plusieurs gouvernements en matière de sécurité. « Comment faire croire à un braquage dans un train ? C'est une idée absurde », selon M. Moniquet. « Qu'aurait-il fait une fois qu'il aurait sauté par la fenêtre, au milieu des champs avec sa kalachnikov et son sac plein d'argent ? On a du mal à visualiser. »

Qui est donc réellement el-Khazzani ? Un électron libre inspiré par la cause jihadiste ? Ou fait-il partie d'un réseau ? Le suspect nie avoir voyagé en Syrie, ce qu'affirment pourtant les services de renseignement espagnols. Son profil d'islamiste radical repéré par quatre pays européens (France, Espagne, Belgique, Allemagne) oriente néanmoins sur la piste d'une attaque terroriste. Mais selon leurs propres termes, les enquêteurs des services antiterroriste à Levallois-Perret se heurtent toujours à une « tête de mule ».


rfi

Syrie : Daech continue de détruire la cité antique de Palmyre



Daech poursuit son entreprise de destruction de la cité antique de Palmyre, ville classée au Patrimoine mondial de l'humanité. Les jihadistes du groupe terroriste, qui contrôlent une bonne partie de la Syrie et de l'Irak, ont fait exploser le temple de Baalshamin, a affirmé dimanche à l'AFP le directeur des Antiquités de Syrie.

«Daech a placé aujourd'hui une grande quantité d'explosifs dans le temple de
 Baalshamin avant de le faire exploser. Le bâtiment est en grande partie détruit, a indiqué Maamoun Abdulkarim. La cella (partie close du temple) a été détruite et des colonnes autour se sont effondrées».

Le temple de Baalshamin a commencé à être érigé en l'an 17 puis a été agrandi et embelli par l'empereur romain Hadrien en 130. Baalshamin est le dieu du ciel phénicien. «Nos plus sombres prédictions sont malheureusement en train de se réaliser», a déploré Maamoun Abdulkarim.

Les jihadistes «ont commis des exécutions dans le théâtre antique, ils ont détruit en juillet la fameuse statue du Lion d'Athéna, qui se trouvait à l'entrée du musée de Palmyre, et ont transformé le musée en tribunal et en prison. Ils ont également assassiné mardi l'ancien directeur des Antiquités de la ville Khaled al-Assad», a-t-il poursuivi.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé la destruction de ce monument historique. Fin mai, les jihadistes ont pris aux forces du régime syrien la ville de Palmyre et sa cité antique mondialement connue classée par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.

leparisien.fr